ordiecole.com : simon wiesenthal (1908-2005)
Simon Wiesenthal s'est éteint
mardi 20 septembre 2005 à son domicile de Vienne, en Autriche, à l’âge de 96
ans. Cette grande conscience de
Serge Klarsfeld, de l'Association
des déportés juifs de France, a fait part de sa "tristesse profonde",
tandis que le CRIF soulignait "la ténacité exemplaire de cet homme (qui) a
permis de faire traduire en justice des centaines de criminels nazis".
Simon Wiesenthal est né le 31
décembre 1908 dans une famille de marchands à Buczacs, un petit village près de
la ville ukrainienne de Lvov dans ce qui était alors l’empire austro-hongrois.
Après des études à Prague et
Varsovie, il obtenait un diplôme d’ingénieur en 1932. Après avoir travaillé
dans la construction en Union soviétique, il était ensuite retourné à Lvov pour
y décrocher son diplôme d’architecte avant que les Russes puis les Allemands
n’occupent la ville et le début de la terreur.
Après la seconde guerre mondiale,
Simon Wiesenthal devait, après avoir survécu à
Débusqué en Argentine, Eichmann
avait été enlevé par des agents des services secrets israéliens en 1960 avant
d’être jugé et pendu pour crimes commis contre les juifs. Wiesenthal avait
souvent été accusé d’avoir exagéré son rôle dans cette capture. Il n’a jamais
revendiqué sa responsabilité seule dans cette capture mais avait toujours
affirmé savoir dès 1954 où se cachait Eichmann sans que personne ne le croit en
Israël.
La capture d’Eichmann était
"un travail d’équipe réalisé par de nombreuses personnes qui ne se
connaissaient pas", avait souligné Wiesenthal à l’Associated Press en
1972. "Je ne sais pas si et dans quelle mesure les informations que j’ai
envoyées en Israël ont été utilisées".
Son grand regret aura été de
n’avoir pas pu faire traduire en justice le Dr Josef Mengele, l’"Ange de
"Quand l’Histoire reviendra
sur cela, je veux que les gens sachent que les Nazis n’ont pas pu tuer des
millions de gens et s’en tirer", avait-il dit une fois.
La quête de sa vie a commencé à
la libération par les troupes américaines du camp de concentration de Mathausen
en Autriche où Wiesenthal était prisonnier en mai 1945. C’était-là son
cinquième camp de la mort parmi la dizaine de camps nazis où il a séjourné.
Il ne pesait plus que 45 kilos
quand il a été libéré. Il avait expliqué qu’il s’était alors rapidement rendu
compte qu’il "ne pouvait y avoir de liberté sans justice", et avait
décidé de consacrer "quelques années" à la justice. "Ces années
se sont transformées en décennies", avait-il ajouté.
Toute sa vie durant, il aura
oeuvré pour que l’expérience juive reste une leçon pour l’humanité. Mais s’il se
disait effondré par les atrocités commises par les Serbes par les Albanais du
Kosovo, il tenait à souligner que personne ne devait confondre cette tragédie
avec le massacre de six millions de juifs.
"Nous vivons à une époque de
vulgarisation du mot ’Holocauste’", avait-il déploré dans une interview à
l’Associated Press en mai 1999. "Ce qui est arrivé aux juifs ne peut en
aucun cas être comparé avec tous les autres crimes. Chaque juif était sous le
coup d’une condamnation à mort sans en connaître la date".
"La chose la plus importante
que j’ai faite est de combattre contre l’oubli et de garder le souvenir intact.
Il est primordial de faire savoir aux gens que nous n’oublions pas nos
ennemis", avait souligné Simon Wiesenthal.
(avec AP)
Le site internet Simon Wiesenthal Center