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BORIS VIAN EN QUINZE
VOLUMES |
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| DE TOUT CŒUR | |||||||
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Je suis contente. Et je partage l'émotion de la Direction des éditions FAYARD et de tous ceux qui participèrent à la parution des quinze volumes des Œuvres complètes de Boris VIAN. Le travail soutenu par toute l'équipe pendant six années et plus pour certains, a permis la parution de ce que l'on peut considérer aujourd'hui comme étant le " Grand Opéra de Boris VIAN ". Le travail accompli, je remercie du fond du cœur ceux par qui le fabuleux événement a pu avoir lieu. Aujourd'hui, ce " Grand Opéra " existe et trône en bonne place aux côtés des œuvres d'auteurs qui sont la richesse de notre patrimoine littéraire. L'idée des Œuvres complètes est née dès la fin des années 60. Elles devaient se nommer " Les Œuvres Totales ", préfacées par MAC ORLAN et éditées par Jacques LECAT. Parallèlement, des travaux sur l'œuvre de Boris VIAN ont été entrepris par l'éminent et regretté Noël ARNAUD. L'enthousiasme et les recherches de ce grand ami firent connaître au public de nombreux inédits. Noël ARNAUD disparut malicieusement un premier avril de l'an 2003. Du temps de Boris, quelques titres avaient paru chez des éditeurs littéraires et chez des éditeurs musicaux, qu'il faut saluer pour leur témérité prémonitoire. Les éditeurs d'HALLUIN, du vivant de Boris VIAN, et LOSFELD après sa mort virent que Boris avait du talent et que Vernon SULLIVAN était bien plus qu'un auteur à scandale.
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Le collège de 'Pataphysique souffla sur le feu et apporta sa pierre " philo-pataphysique " à l'édifice qui naissait des flammes. Grâce aux chercheurs passionnés qui se multiplièrent et grâce au soutien sans faille de mes plus proches collaborateurs qui se donnèrent sans faiblir à mes côtés, l'œuvre a conquis l'audience publique qui l'attendait. L'intérêt grandissant du public nécessita la création en 1963 des " Amis de Boris VIAN " dont la présidence fut assurée par Claude LEON, un grand ami " ingénio-jazzman " de Boris. Les membres d'honneur aux noms prestigieux et à la grande amitié me furent d'un grand secours moral pour poursuivre jusqu'à la création de la FONDACTION BORIS VIAN en 1981, dont les buts et la structure donnèrent une plus grande efficacité à la diffusion de l'œuvre et qui profitèrent plus tard aux Œuvres complètes .
Puis Christian BOURGOIS prend avec passion le relais de
Jean-Jacques PAUVERT. Il risque la réédition de " J'irai
cracher sur vos tombes " encore interdit à l'époque et met, avec
les éditions 10/18, Boris VIAN entre toutes les mains. La finesse de discernement de Jacques CANETTI met les
chansons de Boris sur les lèvres des plus grands interprètes. Puis, les éditions FAYARD vinrent, avec leur grande
machinerie, leurs cadres supérieurs, leurs techniciens spécialisés. Elles
érigèrent le grand édifice dont nous ôtons le voile
aujourd'hui. Les Œuvres complètes rassemblent et présentent l'œuvre de Boris
VIAN. Elles ne s'étendent pas sur la vie de l'auteur, bien que l'on
puisse la suivre en filigrane à travers les présentations de textes.
N'ayant pas pour rôle de doubler les multiples thèses et travaux effectués
de par le monde, les Œuvres complètes de Boris VIAN se sont
attachées à montrer que l'œuvre de Boris VIAN est et sera toujours
bien vivante. Je dois saluer et remercier les précurseurs, François
CARADEC, chez HORAY, David NOAKES, premier thésiste,
venu d'Amérique, les regrettés Jacques BENS et Henri
Blavier, Alain COSTES, Lucien MALSON, Henri
BAUDIN, Michel FAURE, Luc ETIENNE, Anne Clancier et déjà
Claude RAMEIL, Georges UNGLIK et Guy LAFORET.
Et puis les grands bâtisseurs de l'édifice : Claude
DURAND et Olivier BETOURNE, Président et Vice-Président des
éditions FAYARD, qui nous ont donné les moyens de mener à bien ce
grand projet. Sophie GRANDJEAN, la tenace directrice d'édition du projet
qui a coordonné les moyens avec une très amicale efficacité malgré la
complexité du projet. Gilbert PESTUREAU, universitaire français à Chicago, déjà
auteur d'ouvrages sur Boris VIAN. Il prit les choses en main avec
mon accord et nous avons constitué l'équipe. Pour sa part, il fit des
romans de VIAN son pain quotidien. Il disparut hélas trop tôt pour voir
l'œuvre accomplie. Marc LAPPRAND, universitaire à Victoria, au Canada, déjà au
sein de l'équipe par ses travaux vianesques, prit la relève de Gilbert
pour assurer, à son tour, la lourde tâche de la direction littéraire qu'il
augmenta de la charge du cinéma, des comédies musicales et des spectacles
en plus des nouvelles et chroniques. Claude RAMEIL, un ami de la première heure, discret, l'œil
malicieux et d'une exquise gentillesse, travailleur acharné -le meilleur
spécialiste aussi de Raymond QUENEAU-, se plongea jusqu'au cou,
sans jamais s'enliser, dans le jazz que Boris aimait tant. Georges UNGLIK, jeune homme sage d'une passion patiente et
plein d'humour. Il vint un jour à la FONDACTION BORIS VIAN et prit
sur ses épaules l'historique, le classement et les recherches concernant
toutes les chansons de VIAN, avec une précision monacale. Guy LAFORET, en poste pédagogique au Caire depuis de longues
années, mit un point d'honneur à revoir pour les circonstances ses travaux
sur " Le Traité de civisme ". Son regard limpide et
toujours souriant a fait revivre un des projets qui tenait tant au cœur de
Boris. Quant au jeune François ROULMANN, fringant bibliophile,
collectionneur précoce et libraire averti, il mit toute la fougue de sa
jeunesse à débroussailler la bibliographie de Boris VIAN, ce qui ne
fut pas une mince affaire et qui ne fut pas pour effrayer son éternelle
bonne humeur. Puis arrivèrent, fort à propos, trois jeunes et jolies étudiantes
faisant travaux universitaires sur le théâtre de Boris VIAN :
Julie CAÏN, Christelle GONZALO et Barbara MALINA.
Julie est restée plusieurs mois à la FONDACTION BORIS VIAN à
faire des recherches, ce qui lui permit aussi de présenter un mémoire
salué par ses professeurs. Barbara est de Cologne en Allemagne et travaille brillamment à une
thèse sur le théâtre de Boris VIAN. Christelle a elle aussi défriché les écrits théâtraux et beaucoup
plus puisqu'elle a soutenu en histoire culturelle un mémoire
particulièrement riche qui obtint, pour son approche et sa recherche, les
félicitations de tout l'aréopage professoral dont Pascal ORY. Les travaux
intelligents de ces trois jeunes filles nous ont été du pain
béni. Et puis voici Nicole BERTOLT, personne de l'ombre dit-elle,
et pourtant la plus solaire. Elle s'est remise en tête tous les airs des
chansons de Boris VIAN pour reprendre, après Georges UNGLIK,
le volume " Chansons " ; elle est intervenue également sur
le " Manuel de Saint-Germain-des-Prés " et le
" Théâtre ". Depuis 23 ans, avec passion, elle soutient,
organise, rédige, reçoit, recherche, console, se déplace. Personne
inspirée, elle est notre bras droit et notre bras gauche. N'a jamais
failli à sa fonction de Directrice générale pour la Cohérie Boris
VIAN et Directrice du Patrimoine pour la Fondaction. C'est la
meilleure mission que nous pouvions lui confier. Pour terminer, j'en viens à d'DEE, qu'il est convenu
d'appeler Monsieur d'DEE, parce que son nom est trop court.
Complice de la première heure, infatigable artisan de la défense de
l'esprit de Boris VIAN. Avec sa complicité, j'ai créé la
FONDACTION BORIS VIAN en 1981, dont nous sommes tous les deux les
Présidents. Artiste protéiforme, il s'intéresse à plein de choses et sait
en faire un grand nombre avec un certain éclectisme. Par deux fois, Boris
a salué ses talents en lui consacrant quelques lignes élogieuses qui
furent éditées en leur temps. Ses présentations des dix pièces théâtrales
du tome 9 et du " Manuel de Saint-Germain-des-Prés " dans
le tome 14 des Œuvres complètes valent le détour. Grâce à son courage
et sa tenacité, nous avons fait beaucoup ensemble et nous continuerons
dans cette voie-là. Encore merci à tous et merci au public dont le nombre croissant
exprime la force vive de l'œuvre de Boris VIAN. Ursula VIAN KÜBLER |
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