Invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022

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Invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de la guerre russo-ukrainienne.
(carte détaillée par ville (en))
Informations générales
Date Depuis le
(8 mois et 9 jours)
Lieu Ukraine[Note 1]
Issue En cours (liste des engagements - contrôle des villes - chronologie des événements)
Belligérants
Drapeau de la Russie Russie
Soutenues par :
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie[Note 3]
Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Commandants
Vladimir Poutine
Sergueï Choïgou
Valeri Guerassimov
Alexandre Dvornikov
Guennadi Jidko
Sergueï Sourovikine
Oleg Salioukov
Nikolaï Ievmenov
Igor Kostioukov
Nikolaï Patrouchev
Sergueï Narychkine
Mikhaïl Mizintsev
Drapeau de la République populaire de Donetsk Denis Pouchiline
Drapeau de République populaire de Lougansk Leonid Passetchnik
Forces en présence
Drapeau de la Russie
~175 000[11] à 190 000 hommes (en février 2022)[12]

150 000 à 200 000 (en septembre 2022)[13]


Drapeau de la Tchétchénie 10 000 Kadyrovtsy[14]
Drapeau de la Russie + de 1 000 mercenaires du Groupe Wagner (en mars 2022)[15] puis moins de 8 000 (en octobre 2022)[16].
Drapeau de la République populaire de Donetsk 20 000 soldats[17]
Drapeau de République populaire de Lougansk 14 000 soldats[17]
Drapeau de l'Ukraine
300 000 hommes (en février 2022)[18]
700 000 à 1 000 000 d'hommes (en juillet 2022)[19]
Pertes
Drapeau de la Russie
5 937 morts
(selon la Russie, à la date du 21 septembre)[58]

6 083 morts confirmés
(selon Important Stories, à la date du 14 octobre)[59]

6 476 morts confirmés
(selon BBC News Russian et Mediazona, à la date du )[60]

15 000 morts
45 000 blessés
(selon les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Estonie, à la date du 20 juillet)[61],[62],[63]

70 000 à 80 000 morts et blessés (20 000 morts)
(selon les États-Unis, à la date du 8 août)[64]

46 250 morts
98 000 à 117 000 blessés
(selon l'Ukraine, à la date du 26 août)[65],[66]

Drapeau de la République populaire de Donetsk
2 767 morts
11 595 blessés
(selon la RPD, à la date du 18 août)[Note 7]

Drapeau de République populaire de Lougansk
500 à 600 morts
(selon la Russie, à la date du 5 avril)[Note 8]


Drapeau de l'Iran
~ 10 morts[70]


Pertes matérielles russes
Drapeau de l'Ukraine
10 000 morts
30 000 blessés
(selon l'Ukraine, à la date du )[71],[72]

+ de 23 000 morts
(selon la Russie, à la date du )[73]

+ de 193 000 morts et blessés
(selon la RPD, à la date du )[74]
Pertes matérielles ukrainiennes
Civils :
Drapeau de l'Ukraine 12 000 à 28 521 morts au moins
(estimation du gouvernement de l'Ukraine, à la date du 7 août)[20][Note 4]
Drapeau de la République populaire de DonetskDrapeau de République populaire de Lougansk 913 morts
3 011 blessés (selon la RPD et la RPL, sur leurs territoires à la date du 18 août)[42][Note 5]
500 000 déportés en Russie (selon l'Ukraine)[45]
37 citoyens étrangers tués[Note 6]
≈ 5,8 millions de réfugiés et + de 6 millions de déplacés internes
(selon l'ONU, à la date du 15 mars)[55],[56]
5 587 civils tués et 7 890 blessés confirmés (dont 302 tués dans les provinces séparatistes, selon l'ONU au 21 août, mais le HCDH estime que les chiffres réels sont considérablement plus élevés)[57]
Pertes humaines

Guerre russo-ukrainienne

Batailles


Offensive du Nord (Jytomyr (en), Kiev (en))


Offensive du Nord-Est (Tchernihiv (en), Soumy, Kharkiv)


Offensive de l'Est (Donetsk, Louhansk)


Offensive du Sud (Mykolaïv, Kherson, Zaporijjia)


Frappes aériennes dans l'Ouest de l'Ukraine


Guerre navale


Crimée


Débordement


L'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 est une grande campagne militaire aérienne, maritime et terrestre, lancée le sur ordre du président russe Vladimir Poutine, à partir de la Russie, de la Biélorussie et des territoires ukrainiens occupés par les Russes depuis la guerre russo-ukrainienne de 2014, à savoir : la Crimée et les « républiques populaires » de Donetsk et de Lougansk.

Malgré la chute de Kherson dans les premiers jours de l'invasion, les Ukrainiens repoussent les offensives russes contre Kiev, contre Kharkiv et contre le nord ; ils retardent l'avancée des Russes avec des défenses prolongées de Marioupol et de Severodonetsk, contrecarrant les espoirs russes d'une victoire rapide.

À la fin de l'été 2022, les Russes occupent des parties de cinq oblasts d'Ukraine : la plupart des oblasts de Kherson et de Louhansk, une grande partie des oblasts de Zaporijja et de Donetsk, ainsi que des parties de l'oblast de Kharkiv. Cherchant à couper l'accès à la mer, les Russes prennent le contrôle de la côte de l'Ukraine continentale sur la mer d'Azov ; cependant leur avancée vers Odessa et le Danube, le long de la côte de la mer Noire, est entravée par leur incapacité à capturer rapidement Mykolaïv ou à tenir l'île des Serpents.

L'invasion intervient huit ans après le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne qui suit l'invasion (uk) et l'annexion russes de la Crimée, ainsi que le début de la guerre du Donbass à partir du printemps 2014 ; ces actions sont nées de l'opposition russe au mouvement Euromaïdan de 2013-2014. En 2021, les tensions s'intensifient, d'abord par un renforcement militaire russe prolongé aux frontières ukrainiennes avec la Russie, la Biélorussie et la Crimée sous occupation russe, puis, le , par la reconnaissance russe de l'indépendance des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, deux zones séparatistes de la région du Donbass, dans l'est de l'Ukraine. Après une incursion des forces armées russes dans le Donbass, une offensive générale aérienne, maritime et terrestre est déclenchée sur l'ensemble du territoire ukrainien le .

À son déclenchement, cette invasion est considérée comme la plus importante opération militaire qu'ait connue l'Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La Russie est accusée, notamment par les Occidentaux — soit l'Union européenne (UE), le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l'Australie — ainsi que par le G7, de mener une guerre d'agression contre l'Ukraine[75], action condamnée ou déplorée par la grande majorité de la communauté internationale. Une série sans précédent de sanctions économiques, culturelles et sportives est progressivement mise en place contre la fédération de Russie, tandis que plusieurs pays, parmi lesquels des États membres de l'OTAN et des États membres de l'Union européenne, apportent leur aide à l'Ukraine attaquée en fournissant notamment du matériel militaire offensif et défensif, de la nourriture, du matériel médical et d'importantes aides financières. La solidarité européenne s'exprime également par l'accueil de réfugiés ukrainiens. En préalable aux discussions ou négociations, le régime de Poutine exige le renversement du régime ukrainien, ce qu'il appelle la « dénazification » de l'Ukraine, la dissolution de son armée, la neutralité du pays, la reconnaissance de l'appartenance de la Crimée à la Russie et l'indépendance des deux « républiques populaires » du Donbass dont les séparatistes ne contrôlaient qu'une partie depuis 2014.

Les forces russes sont accusées de nombreux crimes de guerre pendant le conflit, notamment des frappes visant délibérément les populations civiles dans les villes encerclées[76], ainsi que de massacres de civils (comme dans les environs de Kiev) découverts après qu'elles se sont retirées pour se repositionner à l'est et au sud[77]. Ce repositionnement russe est destiné à conquérir l'intégralité du Donbass et créer une continuité territoriale le long de la côte de la mer d'Azov, jusqu'à la péninsule de Crimée annexée par la Russie en 2014[78], voire plus loin, jusqu'à Odessa et au-delà, pour rejoindre la république séparatiste russophone autoproclamée de Transnistrie[79].

En Russie, l'invasion est officiellement appelée « opération militaire spéciale », et dans le cadre de la propagande d'État et du strict contrôle du récit imposé à la population, l'utilisation de plusieurs mots, parmi lesquels « invasion », « guerre », « bombardements de villes » ou « pertes civiles », est réprimée par la loi et passible de prison, tandis que les réseaux sociaux sont censurés, tout comme l'ensemble des médias locaux, dont plusieurs qui ne sont pas dans la ligne du régime ont dû fermer[80],[81],[82].

L'invasion a des répercussions internationales, aussi bien dans la crise énergétique mondiale de 2021-2022 que dans la crise alimentaire de 2022. En septembre 2022, après une contre-offensive de l'armée ukrainienne qui lui a permis de reconquérir plusieurs milliers de kilomètres carrés dans la région de Kharkiv, Vladimir Poutine décrète la « mobilisation partielle » de la population masculine russe, tandis que des référendums sont organisés à la hâte dans quatre régions occupées de l'est et du sud ukrainiens. Ceux-ci, jugés fictifs et illégaux par la communauté internationale, débouchent sur un processus d'annexion au territoire russe, concrétisé officiellement à Moscou le 30 septembre 2022, et à des menaces de le défendre comme tel, en n'excluant pas l'usage de l'arme nucléaire.

Contexte

Ukraine et Russie, nouveaux pays

Dislocation de l'URSS et conséquences

Avant la dislocation de l'Union soviétique, la République socialiste fédérative soviétique de Russie conclut, le , avec la République socialiste soviétique d'Ukraine un traité de reconnaissance mutuelle de la souveraineté de chaque État[83], puis un accord de reconnaissance des frontières ukrainiennes par la Russie entériné par les accords d'Alma-Ata du et l'accord établissant la Communauté des États indépendants[83]. Après la dislocation en 1991, l'Ukraine et la Russie continuent à entretenir des liens étroits. En 1994, l'Ukraine accepte d'abandonner son arsenal nucléaire et signe le mémorandum de Budapest assurant l'intégrité territoriale et l'indépendance politique de l'Ukraine[83],[84]. Cinq ans plus tard, la Russie est l'un des signataires de la charte de sécurité européenne, où sont notamment affirmés l'inviolabilité des frontières et des territoires, ainsi que « le droit naturel de tout État participant de choisir ou de modifier librement ses arrangements de sécurité, y compris les traités d'alliance, en fonction de leur évolution »[83],[85]. Le , un traité d'amitié russo-ukrainien est signé, réaffirmant un engagement bilatéral à « respecter l'intégrité territoriale et l'inviolabilité des frontières », plus contraignant que le mémorandum qui incluait d'autres pays et ne créait pas d'obligation réciproque[83]. D'autres traités bilatéraux sont signés après 2000, comme l'accord sur la frontière entre l'Ukraine et la Russie du ou encore les accords concernant la flotte de la mer Noire, donnant à la Russie des droits de location sur des bases en Crimée, ce qui implique de facto une reconnaissance de la souveraineté de l'Ukraine sur la péninsule[83].

La révolution de février 2014, en Ukraine.

Bien que l'Ukraine soit un pays indépendant reconnu depuis 1991, elle est perçue par les dirigeants russes comme faisant partie de leur sphère d'influence en raison du fait qu'elle est une ancienne république constitutive de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). En 2008, le président russe Vladimir Poutine se prononce contre l'adhésion des anciennes républiques socialistes soviétiques de l'URSS à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN)[86]. Les États-Unis sont favorables à l'adhésion de l'Ukraine[87], tandis que d'autres pays, notamment la France et l'Allemagne, s'y montrent réticents à la suite de la deuxième guerre d'Ossétie du Sud, qui avait éclaté cette même année en Géorgie[88].

Évolution des relations entre la Russie et l'Ukraine après Euromaïdan

Après des semaines de manifestations de grande ampleur lors du mouvement Euromaïdan (entre 2013 et 2014), Viktor Ianoukovytch, le président ukrainien pro-russe de l'époque, et les dirigeants de l'opposition parlementaire ukrainienne signent, le , un accord de règlement prévoyant des élections anticipées. Le lendemain, après la révolution de février 2014, Ianoukovytch fuit Kiev après un vote du parlement ukrainien le destituant de sa fonction présidentielle[89]. Cependant, les dirigeants de certaines régions russophones de l'est de l'Ukraine déclarent rester fidèles à Ianoukovytch, ce qui provoque des manifestations[90]. L'abrogation, le 23 février 2014, de la loi de 2012 sur les langues régionales, retirant le statut de langue officielle à de nombreuses langues dont le russe dans 13 des 27 régions, provoque un émoi dans ces communautés russophones de par leur attachement culturel à la Russie[91], menant à la création de « brigades d'autodéfense » en opposition avec les brigades révolutionnaires à Kiev[92]. Ces événements sont suivis par l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 et par la guerre du Donbass, qui débute en avril 2014 avec la création des républiques populaires autoproclamées de Donetsk (la RPD) et de Lougansk (la RPL), soutenues militairement par la Russie[93],[94], marquant ainsi le début du conflit russo-ukrainien.

Évolution des relations après l'arrivée au pouvoir du président Zelensky

Le , le président ukrainien Volodymyr Zelensky approuve une nouvelle stratégie de sécurité nationale de l'Ukraine qui prévoit « le développement du partenariat distinctif avec l'OTAN avec pour objectif l'adhésion à l'OTAN »[95]. Le , il signe un décret approuvant la « stratégie de désoccupation et de réintégration du territoire temporairement occupé de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol ».

En , Poutine publie un essai intitulé De l'unité historique des Russes et des Ukrainiens, dans lequel il réaffirme son opinion que les Russes et les Ukrainiens sont « un seul peuple » (Nation de tous les Russes)[96]. L'historien américain Timothy Snyder qualifie les idées de Poutine d'impérialistes[97]. Le journaliste britannique Edward Lucas les décrit comme du révisionnisme historique[98]. D'autres observateurs arguent que le dirigeant russe a une vision déformée de l'Ukraine moderne et de son histoire[99],[100],[101].

Pandémie de Covid-19

En parallèle, l'Ukraine fait face à un pic épidémique dû au variant Omicron du SARS-CoV-2, virus responsable du Covid-19, avec 60 % de tests positifs à la mi-février. Cela s'explique en partie par le faible taux de vaccination de la population (seulement 35 %)[102], et ce pic était prévu depuis début janvier par les institutions sanitaires ukrainiennes[103]. Il affaiblit à la fois la population et les soldats ukrainiens.

Concentration de troupes aux frontières

Alertes des États-Unis

En octobre 2021, les services de renseignement américains et britanniques informent leurs alliés européens de « la possibilité d'une intervention russe en Ukraine », sans toutefois partager les preuves avant qu'une décision de la Maison-Blanche n'entérine la création d'un processus de collaboration avancé à la mi-novembre entre les agences de renseignement américaines, britanniques, françaises, allemandes et italiennes[104]. Ce « groupe des cinq » se réunit régulièrement avec comme membres Simon Gass (en) pour les services britanniques (Joint Intelligence Committee), Avril Haines comme directeur du renseignement national américaine (DNI), Elisabetta Belloni du Département de l'information pour la sécurité italien, Laurent Nuñez de la Coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRTL) française et Johannes Geismann chargé des services de renseignement allemands[104]. Le , des documents du renseignement américain fuitent dans la presse[105]. Selon un article du Washington Post publié en , le directeur de la Central Intelligence Agency, William Joseph Burns, déclare au président Zelensky le que l'invasion russe commencerait par une attaque contre l'aéroport de Hostomel. Selon Burns, la bataille de Kiev débuterait à Hostomel, dont les pistes accueillent des avions de transport militaire lourds pouvant transporter de nombreux soldats russes[106],[107]. Le , le cercle de réflexion Center for Strategic and International Studies publie une analyse d'un possible plan d'invasion de l'Ukraine par la Russie, fondé sur des images satellitaires montrant les positions des forces russes, et détaillant la possibilité qu'un des axes de l'offensive emprunte le territoire biélorusse[108].

Entre mi-janvier et mi-février 2022, le gouvernement des États-Unis alerte publiquement et régulièrement au sujet d'une possible invasion imminente de l'Ukraine par la Russie, détaillant qu'elle « commencerait probablement par des bombardements aériens et des tirs de missiles qui pourraient évidemment tuer des civils », voire qu'elle pourrait inclure un « assaut rapide », et conseillant à l'Ukraine de « se préparer à des jours difficiles »[109],[110],[111]. Dans le groupe des cinq, les renseignements américains communiquent à leurs homologues qu'ils s'attendent à une attaque lorsque les conditions météorologiques seront favorables aux Russes, c'est-à-dire lorsqu'il fera froid. Cette prévision se révèlera parfaitement juste[112]. Les Européens restent sceptiques quant à cette possibilité, estimant qu'une résolution diplomatique est encore possible, même après la reconnaissance de l'indépendance des républiques séparatistes du Donbass et de Lougansk par la Russie le [113],[114],[115], ce que le journal Der Spiegel qualifie de « diplomatie de dernière minute »[116]. Même l'Ukraine, par la voix de Zelensky, dénonce le les accusations américaines anxiogènes, déclarant « qu'aucune information certaine à 100 % » ne leur est parvenue[117]. D'après le chef d'état-major des armées françaises Thierry Burkhard, il y a eu des divergences entre les renseignements français et anglo-saxons, les premiers pensant que le coût pour les Russes d'une conquête militaire de l'Ukraine serait bien trop élevé, et que ceux-ci avaient d'autres options qu'ils privilégieraient[112],[118]. Pour plusieurs analystes, le manque de réceptivité des Européens vis-à-vis des alertes répétées des Américains et Britanniques peut s'expliquer par la communication anglo-saxonne autour de leurs précédentes guerres, notamment de la guerre d'Irak, déclenchée sur un mensonge concernant la présence d'armes de destruction massive[112],[119],[120]. Pour Dominic Grieve, ancien président du comité parlementaire chargé du contrôle des services de renseignement britanniques (ISC), la justesse des prédictions des plans du gouvernement russe par les renseignements anglo-saxons s'explique par leur rapprochement antérieur à celui des Européens avec l'Ukraine[104]. Toutefois, certaines prédictions américaines ne se sont pas réalisées, par exemple la chute rapide de l'Ukraine[121], la participation directe de la Biélorussie au conflit[122] ou des essais russes d'armes nucléaires à la frontière[123].

De son côté, la Russie dément à plusieurs reprises tout projet d'invasion de l'Ukraine[124],[125],[126]. Le , Valeri Guerassimov, le chef de l'État-major général des forces armées russes, déclare que : « Les informations diffusées dans les médias faisant état d'une prétendue invasion imminente de l'Ukraine par la Russie sont un mensonge »[127]. Le , une semaine seulement avant le début de l'offensive, le Ministère russe des Affaires étrangères déclare : « Aucune "invasion russe" de l'Ukraine, qu'annoncent depuis l'automne dernier des responsables américains et leurs alliés, n'a lieu et n'est prévue »[128],[124].

Préparations stratégiques

À la mi-janvier 2022, la Russie et la Biélorussie amassent des troupes pour une nouvelle série d'exercices militaires conjoints à la frontière ukrainienne le mois suivant[129],[130], dont des tests de missiles[131]. Des vidéos témoignant de mouvements de troupes et d'armes lourdes russes en direction de la frontière ukrainienne circulent sur les réseaux sociaux[132].

Le 22 janvier, The Times rapporte que le chef de l'Opération des forces conjointes, le lieutenant-général Oleksandr Pavliouk, a déclaré au journaliste britannique Anthony Loyd (en) à Popasna que les Russes commenceraient l'invasion le [133]. Les exercices militaires conjoints russo-biélorusses doivent se terminer à cette date, tout comme les Jeux olympiques d'hiver de 2022 à Pékin ; selon The Times, Poutine ne souhaite peut-être pas gâcher le spectacle de son allié chinois potentiel[133]. Selon Pavlyuk, les Russes avaient déjà déployé 54 groupes tactiques de bataillon (BTG), et Kiev est désormais à portée de certains des 36 systèmes de missiles balistiques à courte portée Iskander dont ces BTG sont équipés[133]. Pavlyuk déclare que les Russes attaqueront probablement depuis plusieurs directions afin de s'emparer de huit régions orientales de l'Ukraine et de couper l'accès à la mer Noire. Une telle invasion — occupant les villes de Kharkiv, Odessa et Dnipro — donnerait à la Russie la plupart des capacités militaires et industrielles de l'Ukraine[133].

Pavlyuk affirme que la Russie subirait de lourdes pertes, car les Ukrainiens sont prêts à résister. Il affirme qu'un demi-million d'Ukrainiens avaient jusqu'alors souffert de la guerre, ont déjà beaucoup perdu dans la guerre du Donbass, et étaient prêts à combattre les Russes « à mains nues »[133]. Pavlyuk lui-même commande 52 000 soldats dans le cadre de l'Opération des forces conjointes et déclare que 100 000 volontaires ukrainiens étaient prêts à rejoindre la Force de défense territoriale. En référence à la décision de l'Allemagne de bloquer la fourniture d'armes à l'Ukraine par le biais de l'Agence OTAN de soutien et d'acquisition, Pavlyuk critique la réponse des nations européennes aux plans d'invasion russes — la comparant à la réticence des nations européennes à agir en 1939 — et déclarant que le Royaume-Uni et les États-Unis avaient été les seuls alliés indéfectibles de l'Ukraine. Dans le cas d'une victoire russe, Pavlyuk prédit une invasion russe des pays baltes et la fin de l'Union européenne[133].

Fin janvier, le gouvernement chinois nie officiellement avoir demandé au gouvernement russe de retarder son invasion de l'Ukraine jusqu'après le , date à laquelle les Jeux olympiques se termineraient. (L'invasion russe de la Crimée au début de la guerre russo-ukrainienne commence à la fin des Jeux olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi.)[134],[135],[136],[137],[138].

Le , les dirigeants européens et américains estiment alors que plus de 100 000 soldats russes sont massés près de la frontière ukrainienne, ce que les Américains voient comme une préparation de l'armée russe à l'invasion de l'Ukraine[139],[140]. Face à l'augmentation de tension à la frontière, les Britanniques ainsi que les pays baltes envoient, avec l'accord des États-Unis, plus de 850 millions de dollars de missiles et autres armes américaines à l'Ukraine fin janvier 2022[109],[141].

Dans ce contexte, les États-Unis envoient un premier contingent de soldats en Pologne en renfort pour défendre les pays de l'OTAN « contre toute agression » le [142],[143], puis d'autres contingents de 7 000 soldats parmi les alliés de l'OTAN en Europe de l'Est le [144].

Évacuation des républiques de Donetsk et Lougansk

Le , le chef de la république populaire de Donetsk (RPD), Denis Pouchiline, enregistre une vidéo annonçant l'évacuation de la RPD, en raison d'une prétendue attaque ukrainienne imminente. La vidéo n'est pas publiée[145]. Le même jour, Leonid Passetchnik, chef de la république populaire de Lougansk (RPL), enregistre une vidéo similaire annonçant l'évacuation de la république autoproclamée[146]. Le Pouchiline et Passetchnik publient les vidéos enregistrées le , avec leurs métadonnées originales[145],[146] Selon BBC News et Libération, le préenregistrement par les autorités pro-russes des vidéos annonçant l'évacuation suggère que l'escalade précédant l'invasion russe sont planifiées à l'avance[145],[146],[147].

Incidents précurseurs

Le , la Russie prétexte une agression ukrainienne après qu'un présumé ou prétendu obus d'artillerie ukrainien a atterri dans la région russe de Rostov près de la frontière russo-ukrainienne, alors que les deux pays sont entrés dans une crise diplomatique[148].

Le , le gouvernement russe affirme que les bombardements ukrainiens ont détruit une installation frontalière du Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie (FSB), à la frontière russo-ukrainienne et que les forces russes ont abattu cinq soldats ukrainiens qui tentaient de franchir la frontière. L'Ukraine nie être impliquée dans les deux incidents et les a qualifiés d'opérations sous fausse bannière.

Le même jour, dans un discours précédant l'invasion russe de l'Ukraine, Poutine développe sa vision de l'Histoire niant l'existence d'une identité ukrainienne, l'Ukraine moderne ayant à ses yeux « été entièrement créée par la Russie, plus précisément par l'URSS. Lénine, Staline, Khrouchtchev ont successivement façonné l'Ukraine en arrachant à la Russie des parties de son territoire historique », expose-t-il[149]. Ses allégations, comme le prétendu « génocide » des populations russophones du Donbass, « la volonté de l'Ukraine de se doter de l'arme nucléaire », « la volonté de l'OTAN d'y intégrer l'Ukraine, menaçant la sécurité de la Russie » et le fait de comparer l'Ukraine à un « pays à dénazifier » (en référence aux faits de collaboration en Ukraine durant la Seconde Guerre mondiale et à l'actuelle milice ukrainienne du Régiment Azov[150],[151]), relèvent du pur mensonge selon le chercheur Jean-Sylvestre Mongrenier de l'Institut Thomas-More. Celui-ci explique que Poutine se pose de longue date en « rassembleur des terres russes » et qu'il « veut s'emparer de territoires autrefois conquis et dominés, en dépit du fait que les États post-soviétiques sont reconnus sur le plan international et représentés à l'Organisation des Nations unies »[152]. À son apogée, le Régiment Azov aurait compté jusqu'à 4 000 membres, le parti d'extrême-droite Svoboda soupçonné d'être pronazi n'a récolté que de très faibles suffrages aux élections législatives de 2019, au profit de la victoire historique de Zelensky, d'origine juive[150].

Reconnaissance russe de l'indépendance de la RPD et de la RPL

Le 22 février, ayant officiellement reconnu les deux républiques populaires comme indépendantes, Poutine ordonne aux forces armées russes d'entrer ouvertement en Ukraine pour « maintenir la paix ». Le 22 février marque le huitième anniversaire d'une réunion nocturne en 2014, au cours duquel Poutine prétendra plus tard s'être résolu à envahir l'Ukraine pour opérer « le retour » de la Crimée par la force des armes[153],[154]. La date était également le jour où le président ukrainien pro-Poutine avait fui Kiev et avait été démis de ses fonctions par le parlement ukrainien lors de la révolution ukrainienne de 2014. Le 27 décembre 2021, Vladimir Jirinovski déclare à la Douma d'État que l'année à venir « ne sera pas une année pacifique, ce sera l'année où la Russie redeviendra une puissance », a prédit précisément que l'attaque russe commencerait à quatre heures du matin du 22 février 2022[155],[156].

Forces en présence

Ukraine

Selon la publication spécialisée The Military Balance, l'Ukraine se classe, pour ce qui est de l'importance de ses forces armées, au deuxième rang des pays de l'ex-URSS avec 196 000 militaires au début de 2022, 4,5 fois inférieure à la Russie et trois fois supérieure à l'Azerbaïdjan, qui occupe la troisième place. Concernant l'effectif total des forces armées, les forces terrestres comptent environ 125 600 soldats, les troupes d'assaut aéroportées 20 000, l'armée de l'air 35 000 et la marine 15 000. Selon le New York Times, les Forces armées ukrainiennes sont parmi les plus importantes d'Europe. Elles comprennent 70 000 militaires d'active et 100 000 réservistes et membres des forces de défense territoriale, dont au moins 100 000 militaires sont des anciens combattants, et 27 000 formés par des spécialistes américains, selon Business Insider, notamment sur la conduite de la guérilla.

Selon The Military Balance, fin 2021-début 2022, l'Ukraine avait de 124 à 132 avions militaires, de 46 à 55 hélicoptères et 3 309 véhicules blindés de combat en service.

Selon l'agence de presse Associated Press, l'armement ukrainien comprend à la fois des systèmes soviétiques obsolètes et des systèmes occidentaux modernes. Les premiers, en particulier, comprennent les obusiers, les lance-roquettes multiples et les missiles balistiques à courte portée. Les seconds comprennent des missiles antichars Javelin, de missiles antiaériens Stinger et de drones Bayraktar.

Le budget militaire de l'Ukraine pour 2022 était d'environ 5 milliards de dollars, soit 10 fois moins que celui de la Russie.

Russie

À la fin de 2021 et au début de 2022, les forces armées de la fédération de Russie comptaient environ 900 000 personnes en service actif, dont 280 000 dans les forces terrestres, 45 000 dans les forces aéroportées et 165 000 dans les Forces aérospatiales. Les troupes internes[pas clair] et autres formations paramilitaires comptent 554 000. Le nombre total de la réserve est de deux millions de personnes.

Selon le site Internet Global Firepower Index, la Russie se classe au premier rang mondial quant au nombre de chars (plus de 13 000), de pièces d'artillerie automotrices (plus de 6 000) et de systèmes de missiles (environ 4 000). Les données de The Military Balance donnent les estimations suivantes du volume d'équipements militaires en service dans le pays :

  • avions militaires : de 1 172 à 1 391 ;
  • hélicoptères : de 821 à 948 ;
  • véhicules blindés de combat : plus de 15 847 ;
  • artillerie : plus de 4 894.

Le budget militaire de la fédération de Russie pour 2022 était de 48 milliards de dollars.

Selon la BBC, environ 35 000 soldats russes sont déployés aux frontières avec l'Ukraine en temps normal. Cependant, au , la Russie a concentré près des frontières de l'Ukraine (y compris sur le territoire de la Biélorussie et en Crimée), de 169 à 190 000 soldats selon les États-Unis et 149 000 selon le ministre de la Défense de l'Ukraine. Le 28 février, le représentant officiel du ministère de la Défense de la fédération de Russie, Igor Konachenkov, a déclaré que seuls les militaires de carrière participent aux hostilités, mais le 9 mars, il a admis que plusieurs conscrits avaient été capturés par les autorités ukrainiennes, tout en affirmant que la plupart avaient été ramenés en territoire russe[157].

Selon l'Associated Press, les armes russes utilisées lors de l'invasion comprennent des missiles de croisière Kalibr, des systèmes de missiles Iskander, des systèmes de lance-roquettes multiples Pion, des obusiers automoteurs, Uragan, Smerch, Grad « Hyacinth », « Acacia ».

Le 26 mars l'Ossétie du Sud fait savoir qu'elle envoie des troupes pour combattre aux côtés des Russes[158].

Selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW) en , le recrutement de bataillons de volontaires russes était en cours pour reconstituer les forces russes en l'Ukraine sans mobilisation générale en Russie. Au , l'Ossétie du Nord-Alanie avait déjà déployé un bataillon de volontaires en Ukraine et la Tchétchénie avait déployé plus d'un de ces batillons. Le kraï du Primorié entraînait un bataillon de volontaires. Le Tatarstan, la Bachkirie, le kraï de Perm et l'oblast de Tcheliabinsk entraînaient déjà plusieurs de ces bataillons, tandis que la Tchouvachie, le kraï de Krasnoïarsk, l'oblast de Nijni Novgorod, l'oblast de Koursk et l'oblast de Mourmansk avaient tous annoncé le début du recrutement de leurs propres bataillons[159].

Mobilisation

Dans la matinée du , un discours pré enregistré de Vladimir Poutine est diffusé, dont la principale annonce est une « mobilisation partielle » des citoyens réservistes. Le gouvernement russe entend mobiliser 300 000 réservistes (sur un potentiel de 25 000 000 mobilisables) ; les hommes ayant une formation spécialisée (tankistes, servants de pièces anti aérienne...) seront mobilisés en priorité[160],[161]. La veille, en vertu d'amendements adoptés par la Douma, la loi prévoit désormais dix ans de prison pour les citoyens qui ne répondent pas à l'ordre de mobilisation. Et la même peine pour ceux qui se rendent sans combattre[162].

Républiques séparatistes du Donbass

L'effectif des forces armées de la RPD au début de 2022, selon The Military Balance, était de 20 000 personnes ; pour la RPL, 14 000 personnes. Les troupes des deux républiques autoproclamées disposaient de véhicules blindés de combat, d'artillerie et de lance-roquettes, ainsi que de systèmes de défense aérienne. Selon la partie ukrainienne, entre fin 2019 et mi-2020, la RPD et la RPL étaient armées de :

  • plus de 480 chars ;
  • 914 véhicules blindés de combat ;
  • 720 pièces d'artillerie et mortiers ;
  • plus de 200 systèmes de lance-roquettes multiples.

Russie et alliés

Drapeau de la Russie Russie
(président Vladimir Poutine)
Drapeau de la République populaire de Donetsk RPD
(président Denis Pouchiline)
Drapeau de République populaire de Lougansk RPL
(président Leonid Passetchnik)
Ministère de la défense
(Sergueï Choïgou)
Ministère de l'intérieur
(Vladimir Kolokoltsev)
Forces supplémentaires Forces séparatistes de la guerre du Donbass

Ukraine et alliés

Drapeau de l'Ukraine Ukraine (président Volodymyr Zelensky) Volontaires étrangers
Ministère de la Défense (Oleksiy Reznikov)
Ministère de l'Intérieur (Denys Monastyrsky)
Forces supplémentaires

Comparatif des pertes militaires matérielles

Cette liste ne comprend que les véhicules et équipements détruits pour lesquels des preuves photographiques ou vidéographiques sont disponibles. Par conséquent, la quantité d'équipements détruits est supérieure à celle enregistrée ici. Les armes légères, les missiles antichars, les MANPADS, les munitions, les véhicules civils, les remorques et les équipements abandonnés (y compris les aéronefs) ne figurent pas dans cette liste.

Pertes au 18 octobre 2022
Russie et alliés (7 396)[165] Équipements Ukraine et alliés (2 010)[166]
1 393 Chars 317
675 Véhicules blindés de combat 168
1 570 Véhicules de combat d'infanterie 314
240 Véhicules blindés de transport de troupes 167
39 Véhicules blindés de haute protection contre les mines 18
157 Véhicules de transport de troupes 195
177 Postes de commandement et postes de communication 7
231 Véhicules et équipements du génie 30
27 Systèmes de missiles antichars automoteurs 20
23 Mortiers lourds -
69 Véhicules et équipements de soutien d'artillerie 18
116 Pièces d'artillerie remorquée 62
243 Artillerie automotrice 69
142 Lance-roquettes multiples 29
15 Canons antiaériens 4
20 Canons antiaériens automoteurs 3
78 Systèmes de missiles sol-air 51
16 Radars et équipements de communication 27
16 Moyens de brouillage radar 1
63 Aéronefs 53
53 Hélicoptères 15
138 Drones de combat 38
4 Trains logistiques -
1 882 Camions, autres véhicules dont tout-terrain 379
11[Note 9] Navires de guerre[167] 20[168],[Note 10]

Déroulement chronologique détaillé

Allocution du président russe Vladimir Poutine déclarant le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février 2022 (sous-titrée en russe et en anglais)[169].

Dans une allocution télévisée surprise, vraisemblablement préenregistrée, le président russe Vladimir Poutine annonce le vers h 30 heure de Moscou (UTC+3) le début de l'invasion de l'Ukraine par les forces russes[170],[171]. À son déclenchement, cette attaque militaire est considérée comme la plus importante qu'ait connue l'Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale[172],[173],[174],[175].

Le bombardement russe de Kiev a commencé peu après h du matin le [176],[177]. Le premier groupe tactique de bataillon régulier des forces terrestres russes à entrer en Ukraine pendant la guerre du Donbass a traversé la frontière dans la nuit du 24 août 2014 - le jour de l'Indépendance ukrainienne[176].

L'opération militaire complète consiste à déployer des divisions d'infanterie, soutenues par des unités blindées et un soutien aérien dans l'est de l'Ukraine, appuyés par des dizaines d'attaques de missiles dans l'est et l'ouest de l'Ukraine[178],[179]. Les principales attaques d'infanterie et de division de chars sont lancées par quatre offensives distinctes, créant un front nord (lancé vers Kiev), un front sud (lancé depuis la Crimée), un front sud-est et un front de l'est (lancés depuis l'oblast de Louhansk et le Donbass)[180],[181]. Ces quatre incursions traversent l'Ukraine en s'enfonçant de 100 à 200 kilomètres à l'intérieur des frontières ukrainiennes, encerclant ainsi les principales villes. Le 20 mars, les quatre fronts forment un périmètre de manière significative à l'intérieur de toute la frontière de l'est de l'Ukraine, les forces russes commençant à consolider les lignes de communication et de soutien entre les quatre principaux fronts tout en assiégeant Marioupol, Kiev, Louhansk et de nombreuses autres villes d'importance stratégique[180],[181]. Une vaste campagne de bombardements est également menée avec des dizaines de frappes de missiles à travers toute l'Ukraine, jusqu'à Lviv, à l'ouest du pays[182],[183].

Le , alors que l'armée russe est forcée de se retirer des alentours de Kiev[184],[185], le ministère russe de la Défense annonce que la « première étape » de ce qu'ils appellent « l'opération militaire en Ukraine » est accomplie avec succès, l'armée russe se concentrant désormais sur la « libération du Donbass »[186],[187]. Le 8 avril 2022, le général Alexandre Dvornikov est nommé à la tête des opérations militaires en Ukraine, menées sur quatre fronts[188],[189],[190] :