Granma International Édition en français
TEXTE seulement
La Havane, Cuba, Jeudi 21 octobre 2004
Je suis entier
Hier, à l’issue de son émouvant discours devant la première promotion d’instructeurs d’art, sur la place Ernesto Che Guevara de Santa Clara, et alors qu’il regagnait son siège en saluant la foule, le président Fidel Castro a trébuché contre le bord du trottoir et est tombé de face, se protégeant instinctivement de ses bras tendus de ce qui aurait été un coup sévère au visage et à la tête. Aidé de plusieurs camarades il a pu gagner son siège, d’où il a demandé un micro pour s’adresser en ces termes à la population:
Chers diplômés,
Habitants de Villa Clara et autres invités,
Je vous demande pardon d’être tombé (Applaudissements et exclamations).
Sûrement... Je crois —et je le dis pour éviter les spéculations— m’être fracturé un genou et peut-être aussi un bras, ce n’est pas encore certain, mais je suis entier (Rires et applaudissements).
Je regrette seulement le mauvais moment que je vous fais passer, la peine que je peux vous faire (Applaudissements et exclamations).
À présent, ce qui m’intéresse c’est de voir la photo de ma chute, la presse internationale l’a filmée et demain elle sera sûrement à la une des journaux (Rires); mais croyez-moi, je ne ressens aucune tristesse, cette cérémonie à laquelle nous venons d’assister me remplit de satisfaction (Applaudissements), ce fut une des expériences les plus agréables de ma vie, et j’ai vécu beaucoup d’expériences agréables à côté desquelles rien n’a d’importance.
De sorte que vous pouvez être sûrs que je ferai tout pour me rétablir le plus rapidement possible; mais, comme vous pouvez le voir, je peux parler même s’ils me plâtrent, et je peux continuer mon travail (Rires et applaudissements). Ah, voilà une voiture, parce que je ne veux pas m’en aller d’ici en ambulance, je m’en vais en jeep, cette voiture ne me plaît pas (Rires). Il n’y a pas de jeep? Bien, il n’y a pas de jeep, on ne peut donc pas me faire ce plaisir.
Je vous quitte, mais je vais vous demander quelque chose: de ne pas annuler le spectacle culturel, auquel un grand nombre d’artistes ont travaillé, et s’il vous plaît, pas de tristesse, je veux de la gaîté, je veux du bonheur pour tous (Applaudissements prolongés).
Plus tard, à la fin du gala, le président a appelé les organisateurs et leur a demandé leurs impressions sur le spectacle culturel et sur la remise des diplômes aux jeunes instructeurs d’art qui y ont participé. En apprenant que les nouveaux diplômés, préoccupés par son état de santé, avaient demandé d’annuler l’activité récréative finale organisée à leur intention, Fidel a tenu à leur adresser ce message :
«Je vous prie instamment de faire en sorte que cette activité ait lieu. Je me sens bien et je fais tout ce qu’il faut pour me rétablir le plus rapidement possible. Je ne me sentirais pas à l’aise si vous suspendiez l’activité. Je vous souhaite beaucoup de bonheur et toute la joie que vous méritez pour la manière dont vous vous êtes acquittés de votre tâche.»
Alors que les nouveaux diplômés, encore réunis sur la place Ernesto Che Guevara, étaient informés du contenu de ce message, le président a téléphoné pour connaître leur réponse et les jeunes ont insisté pour entendre de sa propre voix des nouvelles de sa santé. Le chef de la Révolution a demandé qu’on approche le téléphone d’un micro et il a dialogué durant plus de 15 minutes avec les jeunes, en particulier avec deux des meilleures élèves de la promotion. Fidel a voulu connaître des détails sur l’activité récréative, demandant qu’on le tienne au courant du déroulement de la fête et qu’on la filme. Ces nouvelles rassurantes ont soulagé les nouveaux travailleurs de la culture, qui hier ont reçu la juste récompense de quatre ans d’effort soutenu.
- Note
d’information
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Plus de 3 200 instructeurs d’art reçoivent leur
diplôme
SANTA CLARA.- Le président Fidel Castro Ruz est intervenu ce 20 octobre lors de la cérémonie de remise de diplômes à la première promotion d’instructeurs d’art des quinze écoles du pays, qui a eu lieu sur la place Commandante Ernesto Che Guevara dans le cadre de la Journée de la culture cubaine.
Le leader de la Révolution a remis aux 15 meilleurs élèves de la promotion leur diplôme et le livre Paroles aux intellectuels, portant cette dédicace: «Je vous félicite pour avoir achevé vos études à l’École d’instructeurs d’art, nous comptons sur vous dans cette bataille pour faire de notre peuple le plus instruit et le plus libre au monde».
Avant la cérémonie, Fidel a dédié une gerbe au commandant Ernesto Guevara et à ses compagnons de la guérilla bolivienne, dans le Mémorial où reposent leurs restes.
Étaient aussi présents à l’émouvante cérémonie des proches des cinq Cubains emprisonnés aux États-Unis, Juan Miguel Gonzalez et son fils Elian, et des dirigeants du Parti et l’Union des Jeunesses communistes.
À l’ouverture de la cérémonie est intervenu
Abel Prieto Jiménez, membre du Bureau politique et ministre de la Culture, et au
nom des diplômés Anyelin Diaz Oviedo a assuré qu’elle et ses camarades de
promotion sont prêts à aller partout où on aura besoin d’eux. (Ifrain Sacerio
et Pedro de la Hoz) •
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La tragédie ne concerne pas seulement les
États-Unis
• Chaque jour meurent des soldats
nord-américains. Presque tous proviennent de localités relativement peu
importantes de l’Union, et les cruelles nouvelles se traduisent en drame pour
chaque famille, mais ceci n’est pas encore la principale préoccupation du pays.
Pourtant...
PAR JUANA CARRASCO
MARTIN, spécialement pour Granma international
DAVID Waters, d’Auburn, petite ville californienne, fut un adolescent difficile qui voulait donner un but à sa vie. Il crut le faire en s’enrôlant dans les forces armées de son pays et il était fier de servir dans leurs rangs; mais il vient de trouver la mort en Irak. Il avait 19 ans...
À Honolulu, Hawaï, Jeungiing Na Kim était attendu par son fils né le 7 septembre. Il n’a pas eu l’occasion de le connaître. Le jeune homme, âgé de 23 ans, est mort lorsque sa patrouille a été attaquée à Ramadi le 6 octobre, exactement une semaine après qu’un autre soldat d’Hawaï appartenant à la même unité ait succombé aux blessures causées par l’explosion d’une bombe placée sur une route. Le quotidien The Honolulu Star ne mentionnait pas son nom dans l’information datée du 12 octobre, mais il signalait que depuis le début de la guerre en Irak, en mars 2003, 14 soldats et un civil en rapport avec Hawaï ont trouvé la mort dans des «actions hostiles», outre quatre autres en Afghanistan...
Laura Watson, de Racine, n’oubliera jamais la date du 9 mars, car ce jour-là le marine Daniel Wyatt la demanda en mariage à huit heures du matin, et douze heures plus tard il recevait sa feuille de route. Mardi dernier, soit quelques semaines plus tard, Daniel mourait dans la province de Babii, en Irak...
La mort a aussi fauché deux jeunes de North Country, dans l’état du New Hampshire, en l’espace d’une semaine. Alan J. Burguess, 24 ans, de Landaff, a été touché par la mitraille d’une bombe posée en bordure d’une route à Mossoul et est décédé dans un hôpital de campagne des suites de ses blessures. Auparavant, Jeremy Regnier, 22 ans, de Littleton, avait trouvé la mort à Bagdad. Burguess n’était pas marié, mais il laisse un enfant de quatre ans...
La liste est longue. Octobre s’annonce comme un des mois les plus meurtriers pour les Nord-Américains détachés en Irak. Cette fin de semaine,10 soldats ont péri en 24 heures seulement, et cela a coïcidé avec un fait à ce jour inédit: un peloton de réservistes appartenant à la 343e Compagnie Quatermaster de Caroline du Sud a été mis aux arrêts pour avoir refusé d’exécuter des ordres qu’ils considéraient comme une mission suicide: réapprovisionner en carburant la localité de Taji, située au nord de Bagdad, dans un convoi qui les conduirait de leur caserne à la base aérienne Tallin, au sud de Nassiriyah.
Les convois de combustible dans le dit Triangle sunnite sont toujours attaqués ou «tout au moins dans 99% des cas, selon un des soldats», et les camions sont extrêmement vulnérables: ils ne peuvent pas parcourir plus de 40 miles à l’heure, et les militaires assis dans leur cabine constituent des cibles parfaites. Généralement ils sont escortés par des véhicules blindés Humvees et par des hélicoptères, mais à cette occasion ce n’était pas possible... car on a besoin de davantage de soldats sur les théâtres d’opérations.
Rappelons ce simple fait: la grande majorité des personnes enlevées en Irak sont précisément des chauffeurs de camions des compagnies contractantes et beaucoup parmi ces dernières renoncent à leurs affaires sous la pression d’une résistance aux multiples visages et méthodes, et qui croît de jour en jour. Raison pour laquelle les militaires nord-américains ont dû réassumer cette tâche, et la mutinerie du peloton de Tallin en est le résultat.
Il y a en Irak 140 000 Nord-Américains et ces jours-ci se pose à nouveau la question de savoir s’ils sont assez ou pas pour jouer ce rôle de conquistadors. Le thème a même été soulevé à la rencontre électorale entre George W. Bush et John Kerry.
Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense, essaie de faire en sorte que les pays coalisés augmentent leur présence et que d’autres nations les rejoignent. Mais la Pologne a déjà annoncé qu’elle réduirait ses forces en janvier, et en Grande-Bretagne le débat politique vire au rouge car il semblerait que le premier ministre Tony Blair soit prêt à accepter que les troupes britanniques stationnées dans la zone relativement tranquille de Bassorah assument des tâches hautement dangereuses à Bagdad, Falloujah et Iskandariya.
La démoralisation est un danger additionnel qui se fait jour. Un récent sondage effectué parmi les soldats et leurs familles a montré que l’Administration Bush n’a pas tenu compte du nombre de militaires nécessaires en Irak (62% des personnes interrogées) et qu’il a accumulé trop de pression de combat sur les forces de la réserve et la Garde nationale, mal entraînées si on les compare aux troupes régulières (59% des réponses). Les familles se sont montrées beaucoup plus dures que les soldats eux-mêmes.
Si ce point de vue critique est perçu par un groupe de population plus favorable à la politique de Bush en ce qui a trait non seulement à l’Irak mais aussi à d’autres aspects de sa gestion, on comprend qu’affleurent les germes de la démoralisation.
Ce même sondage a révélé que le quart des personnes consultées considèrent que le recrutement doit être réinstauré, les trois quarts restants estimant le contraire, et six militaires des troupes régulières sur dix ont dit être suffisamment entraînés et équipés, tandis que quatre gardes nationaux et réservistes sur dix ont donné la même réponse...
La réalité est que les Nord-Américains
continuent de mourir. Le chiffre dépasse déjà
1 100. Et ils continuent aussi
de tuer lors de cruelles attaques qui dans les jours qui viennent doivent
s’intensifier encore sur Falloujah.
Cette fin de semaine, de violents combats se
sont déroulés sur l’autoroute située à l’est de la ville et dans la zone sud de
celle-ci entre les forces US et les insurgés; des policiers irakiens qui
revenaient d’un entraînement en Jordanie sont tombés dans une embuscade et neuf
d’entre eux ont été tués; le chemin qui conduit à Bagdad a été totalement bloqué
et les habitants sont constamment victimes de raids aériens et d’artillerie
tandis que les explosions résonnent dans toute la ville et que d’épaisses
colonnes de fumée noire montent sur les quartiers d’Askari (est) et de Shuhada
(sud). Les hôpitaux ne suffisent pas. Les familles quittent leurs foyers et les
soldats nord-américains ne peuvent toujours pas entrer dans Falloujah et
conquérir la ville
sacrée.
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L’insuffisance de vaccins pourrait coûter 20
milliards de dollars aux États-Unis
NEW YORK.- Pour la deuxième semaine consécutive, des milliers de personnes à New York et dans d’autres villes ont fait la queue dans les centres médicaux pour se faire immuniser contre la grippe, le pays n’ayant pas connu une telle pénurie de ce vaccin depuis des dizaines d’années, a informé Notimex.
Le spectacle de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants de tous les âges, qui appartiennent surtout aux minorités noire et hispanique ( les secteurs les plus pauvres de la population) évoque plutôt le tiers monde que l’image des États-Unis habituellement diffusée à l’étranger.
L’histoire se répète dans presque tout le pays et alors qu’a lieu le dernier sprint de la course à la présidence, et des experts craignent que l’insuffisance de vaccins se traduise par des pertes économiques de quelque 20 milliards de dollars au titre des heures de travail perdues à cause de la maladie.
«Je suis venue tôt pour pouvoir être vaccinée, je suis ici depuis 5 heures du matin et j’attends mon tour», a déclaré ce lundi Marta Lopez, une Mexicaine qui se trouvait dans le centre médical pour immigrés du sud-est de Manhattan.
Comme elle, la majorité de ceux qui font la queue ne sont pas entièrement couverts par l’assurance sociale et ils cherchent à se faire vacciner avant que la grippe se propage et avant que l’augmentation de la demande accentue la crise du manque d’approvisionnement.
Le représentant médical de New York, Thomas Frieden, a indiqué en fin de semaine que la ville pourrait satisfaire la demande de vaccins si les personnes en bonne santé d’entre 2 et 65 ans laissaient les doses à ceux qui en ont besoin.
Les enfants, les personnes âgées et les personnes dépourvues de
défense immunitaire courent les plus grands risques de contracter la maladie ou
de mourir des suites de
complications.
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Directeur général: Frank
Aguero Gomez
Directeur éditorial: Gabriel Molina Franchossi
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