From: =?Windows-1252?Q?Enregistr=E9_par_Windows_Internet_Explorer=A07?= Subject: T Date: Thu, 24 Apr 2008 05:01:20 +0200 MIME-Version: 1.0 Content-Type: multipart/related; type="text/html"; boundary="----=_NextPart_000_03D6_01C8A5C8.3C92E040" X-MimeOLE: Produced By Microsoft MimeOLE V6.0.6000.16545 This is a multi-part message in MIME format. ------=_NextPart_000_03D6_01C8A5C8.3C92E040 Content-Type: text/html; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Location: http://cinemanageria.ifrance.com/abc_cineastes/t.htm T
T

Tachella, = Jean-Charles

Jean-Charles Tachella
(1925- = )
Cin=E9aste=20 fran=E7ais

Cin=E9aste issu de la critique de = cin=E9ma et=20 qui fut longtemps sc=E9nariste avant de passer =E0 la = r=E9alisation avec Voyage=20 en Grande Tartarie (1974). Apr=E8s ce premier film au ton tr=E8s = original, il=20 r=E9alisa Cousin cousine (1975) qui fut un grand succ=E8s = commercial,=20 jusqu'aux =C9tats-Unis. Il n'obtint pas la m=EAme r=E9ussite dans = ses films=20 suivants malgr=E9 les qualit=E9s d'Escalier C (1985) et les = aspects=20 autobiographiques =E9mouvants de Travelling avant (1987).

Tanaka, Kinuyo

Kinuyo = Tanaka
(1910-1977)
Com=E9dienne et=20 r=E9alisatrice japonaise

N=E9e =E0 Yamaguchi, Kinuyo Tanaka = passe son=20 enfance =E0 Osaka et s'oriente vers la musique, avant de passer un = contrat=20 de com=E9dienne avec la firme Shochiku.

Elle tourne d'abord dans Une femme de l'=E9poque Genroku = (Genroku onna,=20 1924) de Hotei Nomura, puis acc=E8de au vedettariat avec R=EAve = intime=20 (Hazukashii yume, 1927) de Heinosuke Gosho, avec qui elle tourne = de=20 nombreux autres films, parmi lesquels Histoire de Kinuyo (Kinuyo=20 monogatari, 1930), la Danseuse d'Izu (Izu no odoriko, 1933) = d'apr=E8s=20 Yasunari Kawabata et L=E0 o=F9 l'on voit les chemin=E9es (Entotsu = no mieru=20 basho, 1953).

En cinquante ans de carri=E8re, elle construit une image = attachante de=20 femme =E0 la fois courageuse et fragile. Elle tourne dans plus de = 230 films,=20 dont 18 sous la direction de son =E9poux Hiroshi Shimizu, et = devient si=20 populaire que son pr=E9nom figure dans les titres de certains de = ses films,=20 comme le Docteur Kinuyo (Joi Kinuyo sensei, 1937) et Premier amour = de=20 Kinuyo (Kinuyo no hatsukoi, 1940), tous deux r=E9alis=E9s par = Hiromasa Nomura,=20 avec qui elle tourne un autre grand succ=E8s, Aizen katsura = (1938).

Kinuyo Tanaka a travaill=E9 avec les plus grands r=E9alisateurs = du cin=E9ma=20 japonais dont Yasujiro Shumazu pour le Koto et Sasuke (Okoto to = Sasuke,=20 1935) d'apr=E8s Junichiro Tanizaki, Naruse Mikio pour = Ok=E2san (1952),=20 Keisuke Kinoshita pour la Ballade de Narayama (Narayama bushi-ko, = 1958) et=20 le Parfum de l'encens (Koge, 1967), Akira Kurosawa pour = Barberousse=20 (Akahige, 1965), Ozu Yasujiro pour les = Soeurs=20 Munakata (Munakata shimai, 1950) et Fleurs d'=E9quinoxe = (Higanbana, 1956) et=20 surtout Mizoguchi Kenji, dont = elle est=20 l'interpr=E8te favorite pendant presque quinze ans. Il la dirige = dans la=20 Femme de Naniwa (Naniwa onna, 1940), les Trois Danjuro (Danjuro = sandai,=20 1944), la L=E9gende de Musashi Myamoyo (Myamoto Musashi, 1945), la = Victoire=20 des femmes (Joei no Shiori, 1946), Cinq femmes autour d'Utamaro = (Utamaro o=20 meguru gonin no onna, 1946), l'Amour de l'actrice Sumako (Joyu = Sumak no=20 koi, 1947), Femmes dans la nuit (Yoru no onna tachi, 1948), Flamme = de mon=20 amour (Waga koi wa Moenu, 1948), Oyusama (1951), la Dame de = Musashino=20 (Musashino fujin, 1951), la Vie d'O'Haru, femme galante (Saikaku = ichidai=20 onna, 1952), les Contes de la lune vague apr=E8s la pluie (Ugetsu=20 Monogatari, 1953), l'Intendant Sansho (Sansho dayu, 1954) et Une = femme=20 dont on parle (Uwasa no onna, 1953).

Elle est =E9galement la r=E9alisatrice de six films, dont = Lettre d'amour=20 (Koibumi, 1953) et l'Amour sous la croix (Ogin Sama, 1962).

Parmi ses derni=E8res apparitions =E0 l'=E9cran, on doit citer = : Bordel n=B0 8=20 =E0 Sandakan (Sandakan hachuban shokan bokyo, 1974) de Kei Kumai = et la=20 Berceuse de la grande terre (Daiichi no komoriuta, 1976) de Yasuzo = Masumura.

Tanner,=20 Alain

Alain Tanner
(1929-=20 )
Cin=E9aste suisse, l=92une des principales personnalit=E9s du = renouveau du=20 cin=E9ma suisse francophone

N=E9 =E0 Gen=E8ve, fils d=92un artiste = peintre, Alain Tanner=20 s=92orienta tr=E8s jeune vers le cin=E9ma, =E9tudiant avec Claude Goretta au = British Film=20 Institute de Londres. R=E9alisateur de nombreux documentaires = (Ramuz,=20 passage d=92un po=E8te, 1961; les Apprentis, 1964), il s=92imposa = dans le=20 long-m=E9trage de fiction avec Charles, mort ou vif (avec = Fran=E7ois Simon,=20 1969), chronique douce-am=E8re qui r=E9v=E9lait un temp=E9rament = combatif derri=E8re=20 une certaine soif d=92utopie. Dans les ann=E9es 1970, Alain Tanner = fut=20 l=92auteur de plusieurs films parfaitement repr=E9sentatifs de = l=92esprit de son=20 temps : la Salamandre (avec Bulle Ogier, 1971), le Milieu du monde = (avec=20 Philippe L=E9otard, 1974), Jonas qui aura vingt-cinq ans en l=92an = 2000 (avec=20 Jean-Luc Bideau, 1976). Il a souvent d=E9crit les r=EAves qui se = heurtent =E0 un=20 ordre social contraire, voire oppressif : le Retour d=92Afrique = (1973), les=20 Ann=E9es Lumi=E8re (Light Years Away, 1980), Dans la ville blanche = (1983,=20 tourn=E9 =E0 Lisbonne avec Bruno Ganz), No Man=92s Land (avec = Hugues Quester,=20 1985). Apr=E8s la Femme de Rose Hill (1989), l=92Homme qui a perdu = son ombre=20 (1991) et le Journal de Lady M (1993), il revint au documentaire = en 1995,=20 avec les Hommes du port.

Alain Tanner a =E9t=E9 le premier des jeunes cin=E9astes = suisses =E0 s=92imposer,=20 non sans peine, hors des fronti=E8res helv=E9tiques. Il a = d=92abord =E9t=E9, avec Claude Goretta, = l=92animateur d=92un=20 cin=E9-club genevois, en 1951. Il lui =E9tait =E0 l=92=E9poque = impossible de =ABpasser=20 =E0 la r=E9alisation=BB, car la t=E9l=E9vision suisse n=92existait = pas encore. Il=20 partit donc pour Londres, o=F9 il fr=E9quenta la Cin=E9math=E8que = et les milieux=20 du free cinema, dont l=92impact sera visible sur son oeuvre. Il y = r=E9alise,=20 avec Goretta, un premier = essai de=20 =ABcin=E9ma direct=BB, Nice Time (1957, sur la vie nocturne =E0 = Piccadilly), qui=20 sera prim=E9 =E0 Venise et lui vaudra un engagement =E0 la B.B.C. = Son permis de=20 travail n=92ayant pas =E9t=E9 renouvel=E9, il se d=E9cide =E0 = rentrer en Suisse, mais=20 s=92arr=EAte =E0 Paris. Il y prend contact avec la nouvelle vague = et est=20 assistant de divers films.

En 1961, de retour =E0 Gen=E8ve, il commence =E0 r=E9aliser des = documentaires=20 pour la t=E9l=E9vision suisse romande : la fiction ne = l=92int=E9resse pas.=20 Travaillant au cachet, il reste assez libre quant au choix de ses = sujets.=20 Mais, lorsque sa collaboration se d=E9veloppe (1964-1968), il = prend=20 conscience des contraintes techniques du reportage. En 1968, il = participe,=20 avec Goretta, Lagrange, = Roy et=20 Soutter, =E0 la fondation du =ABgroupe des Cinq=BB, qui entend = faire du vrai=20 cin=E9ma en coproduction avec la t=E9l=E9vision. De la p=E9riode = ant=E9rieure, on=20 retiendra surtout Les Apprentis, essai de =ABd=E9couverte=BB de la = jeunesse=20 urbaine au travail (1964), qui a souffert de devoir =EAtre = tourn=E9 en 35=20 millim=E8tres. L=92effort ult=E9rieur du cin=E9aste consistera =E0 = introduire dans=20 le film de fiction (seule production ind=E9pendante possible) les = progr=E8s de=20 l=E9g=E8ret=E9 et de maniabilit=E9 qu=92il n=92a pu imposer aux = cadres trop rigides de=20 la t=E9l=E9vision.

Il s=92en fallut de peu que son premier long-m=E9trage, Charles = mort ou vif=20 (1969), essai sur l=92ali=E9nation de l=92individu et sur ses = tentatives=20 d=92=E9chapp=E9es sur le mode ludique, ne trouve pas de = distributeur. Mais le=20 succ=E8s parisien, puis mondial, de La Salamandre (1971), qui a = b=E9n=E9fici=E9 de=20 la loi d=92aide =E0 la production vot=E9e en 1970, tire Tanner de = l=92obscurit=E9.=20 Ce film, plus riche et mieux d=E9velopp=E9 que le pr=E9c=E9dent, = repose sur le=20 m=EAme th=E8me, vu au f=E9minin, et b=E9n=E9ficie de = l=92interpr=E9tation de Bulle=20 Ogier. Entre-temps, les deux films recueillent le b=E9n=E9fice = moral de toute=20 une campagne de s=E9lections dans les festivals les plus divers, = de Cannes=20 jusqu=92=E0 San Antonio (Texas University).

Tanner, loin de se r=E9p=E9ter, a cherch=E9 =E0 se renouveler = en m=EAme temps=20 qu=92il accentuait sa critique contestataire de la soci=E9t=E9 = suisse. Mais ses=20 films suivants, Le Retour d=92Afrique (1973) et Le Milieu du monde = (1974),=20 ont quelque peu d=E9=E7u, par leur recours =E0 des proc=E9d=E9s = m=E9lodramatiques qui=20 jurent avec leur volont=E9 de modernisme. Le d=E9sir du cin=E9aste = de coller aux=20 probl=E8mes qu=92il =E9voque se r=E9v=E8le =E7=E0 et l=E0 aussi = =E9troit que ces probl=E8mes=20 eux-m=EAmes. L=92honn=EAtet=E9 de Tanner, son refus des solutions = toutes faites ou=20 des g=E9n=E9ralisations h=E2tives se retournent contre lui, en = m=EAme temps que=20 son m=E9pris de l=92esth=E9tique (supportable dans La Salamandre) = devient=20 lassant. Il y a davantage de fantaisie (en m=EAme temps que de = gravit=E9=20 vraie) dans Jonas qui aura vingt-cinq ans en l=92an 2000, = r=E9alis=E9 en 1976,=20 o=F9 sont abord=E9s des probl=E8mes tels que la tol=E9rance, = sexuelle ou autre, et=20 l=92=E9cologie, =E0 un meilleur niveau d=92universalit=E9. Tanner = demeure d=92ailleurs=20 un cin=E9aste de l=92ali=E9nation exorcis=E9e, donc de l=92utopie = : seulement,=20 celle-ci a tendance de plus en plus nettement =E0 se concentrer = dans un=20 destin individuel, que ce soit sous le signe de l=92adolescence = (Les Ann=E9es=20 lumi=E8re, 1981), du retrait hors du monde (Dans la ville blanche, = 1983) ou=20 de la possession =E9rotique (le fulgurant et inclassable Une = flamme dans mon=20 coeur, 1987). Toujours, cependant, le r=E9el revient et d=E9nature = violemment=20 cette autarcie revendiqu=E9e (La Femme de Rose Hill, 1989).

Tarantino, Quentin

Quentin Tarantino
(1963- = )
R=E9alisateur,=20 sc=E9nariste et acteur am=E9ricain

N=E9 =E0 Knoxville (Tennessee), = Quentin=20 Tarantino grandit dans la banlieue sud de Los Angeles en = Californie, et se=20 forge une culture cin=E9matographique en regardant les films de = s=E9rie B =E0 la=20 t=E9l=E9vision et en visionnant de nombreuses cassettes vid=E9o. = Apr=E8s avoir=20 abandonn=E9 ses =E9tudes, il devient un cin=E9phile =E9rudit, = s=92int=E9ressant aussi=20 bien aux films commerciaux de Hong Kong qu=92aux oeuvres de Sergio Leone, Robert Bresson, Jean Cocteau, Jacques Demy, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Melville = ou encore Fran=E7ois Truffaut. = Employ=E9 dans=20 une soci=E9t=E9 d'archives vid=E9o, Quentin Tarantino joue, par = ailleurs, la=20 com=E9die dans des s=E9ries t=E9l=E9vis=E9es ou dans les films de = ses amis et =E9crit=20 quelques sc=E9narios, respectivement r=E9alis=E9s par Tony Scott - = True Romance,=20 1993 -, Oliver Stone - Tueurs n=E9s (Natural Born Killers), 1994 - = et Robert=20 Rodriguez - Une nuit en enfer (From Dusk Till Dawn), 1995 -, dont = il est=20 =E9galement le producteur et l'interpr=E8te.

Il r=E9alise son premier film, Reservoir Dogs (1992), en = coproduction=20 avec le r=E9alisateur Monte Hellman. Le film surprend par l'audace = et=20 l'invention d'une mise en sc=E8ne =E9clat=E9e o=F9 la violence est = tr=E8s pr=E9sente.=20 Cette histoire de gangsters, sauvage et sophistiqu=E9e, lui permet = de=20 tourner Pulp Fiction (1994), film noir dont le sujet s'inspire du = style=20 des magazines populaires (les pulp magazines d=E9signent en effet = une=20 litt=E9rature dite =ABde gare=BB), mais qui s'inscrit = parall=E8lement en images et=20 en sons dans une structure narrative non lin=E9aire. Le film est = servi par=20 des com=E9diens remarquables : Tim Roth, John Travolta, Samuel L. = Jackson et=20 Bruce Willis. La virtuosit=E9 de la mise en sc=E8ne et les = trouvailles=20 visuelles impressionnent le jury du festival de Cannes qui lui = donne la=20 palme d'or, tandis que la bande originale atteint le sommet des=20 hit-parades.

Quentin Tarantino signe alors l=92un des sketches de Four Rooms = (1996),=20 qu'il produit et interpr=E8te =E9galement, puis r=E9alise Jackie = Brown (1997),=20 d'apr=E8s le roman Rum Punch de Elmor Leonard. Ce film marque le = retour =E0=20 l'=E9cran de la com=E9dienne noire Pam Grier et surprend le public = par sa=20 rigueur et par son absence d'effets de violence.

En quelques films et moins de dix ans, Quentin Tarantino s'est = impos=E9=20 comme l=92un des plus int=E9ressants cin=E9astes am=E9ricains de = la fin du=20 XXe si=E8cle.

Tarkovski,=20 Andre=EF

Andre=EF=20 Tarkovski
1932-1986
Cin=E9aste russe

Cin=E9aste russe dont les oeuvres aux = fortes=20 convictions religieuses se heurt=E8rent au pouvoir communiste.

Fils du po=E8te Arseni Tarkovski, Andre=EF Tarkovski grandit = dans le milieu=20 artistique de Peredelkino, pr=E8s de Moscou. Il =E9tudia la = musique et la=20 peinture avant d=92entreprendre des =E9tudes =E0 l=92=E9cole = cin=E9matographique=20 d=92=C9tat, o=F9 il se forma aupr=E8s du r=E9alisateur Mikha=EFl = Romm pendant la=20 p=E9riode qui suivit la mort de Staline. Il r=E9alisa son premier = court=20 m=E9trage (Katok i Skripka) en 1961, puis relata les aventures = d=92un jeune=20 espion pendant la Seconde Guerre mondiale dans son premier film = intitul=E9=20 l=92Enfance d=92Ivan (Ivanovo Detstvo, 1962). Ce long m=E9trage = remporta le lion=20 d=92or au festival de Venise en 1962 et fit de Tarkovski le chef = de file=20 d=92une nouvelle g=E9n=E9ration de cin=E9astes sovi=E9tiques.

Dans Andre=EF Roublev, Tarkovski a eu pour ambition de = r=E9aliser une =E9tude=20 compl=E8te de la Russie m=E9di=E9vale en s=92appuyant sur le = personnage d=92un moine=20 peintre d=92ic=F4nes du XVe si=E8cle. La vision de = Tarkovski fut mal=20 accueillie par les autorit=E9s de son pays et le film, r=E9alis=E9 = entre 1964 et=20 1967, ne sortit en salle qu=92en 1971. Le Miroir (Zerkalo, 1974),=20 autobiographie fond=E9e sur des bribes de souvenirs de son enfance = et des=20 po=E8mes de son p=E8re, offrait le portrait d=92une = g=E9n=E9ration; il fut suivi de=20 Stalker (1979) qui, apr=E8s Solaris (1972), marqua le retour de = Tarkovski =E0=20 la science-fiction. Le film fut consid=E9r=E9 comme une = all=E9gorie religieuse=20 et provoqua de nouvelles tensions avec les autorit=E9s = sovi=E9tiques.

Apr=E8s avoir r=E9alis=E9 Nostalghia (Nostal=92gija, 1983) en = Italie, Tarkovski=20 annon=E7a publiquement en 1984 qu=92il ne retournerait plus en = URSS. Il tourna=20 en Su=E8de son dernier film, le Sacrifice (1986).

Apr=E8s le bruit et la fureur d'un monde pr=E8s =E0 basculer = dans=20 l'Apocalypse, gr=E2ce =E0 l'=E9trange sacrifice d'Alexandre, = personnage=20 principal du film et double du r=E9alisateur, l'oeuvre de = Tarkovski peut=20 s'achever sur l'image apais=E9e d'un petit enfant au pied d'un = arbre mort=20 qui reverdira peut-=EAtre.

Sept longs m=E9trages auront suffi pour imposer Andre=EF = Tarkovski comme=20 l=92un des plus importants cin=E9astes de notre temps. Par ses = sujets, ses=20 registres et ses styles, son oeuvre, au premier abord, nous = appara=EEt=20 h=E9t=E9rog=E8ne. Quels liens nouer, en effet, entre la fresque = historique=20 d=92Andrei Roublev, ins=E9r=E9e dans une chronique de la Russie = soumise au joug=20 des Tartares =E0 l=92aube du XVe si=E8cle, et l=92=E9criture = brillante de L=92Enfance=20 d=92Ivan o=F9 le r=E9el s=92unit indissociablement =E0 = l=92imaginaire en une sorte de=20 =ABsurr=E9alisme socialiste=BB - selon le mot de Sartre - pour = d=E9noncer, au=20 travers du portrait d=92un enfant d=E9truit par l=92histoire, = l=92horreur de toute=20 guerre ? Quels rapports =E9tablir entre l=92inspiration = autobiographique, la=20 structure a-chronologique du Miroir, le r=E9cit m=E9taphorique de = Nostalghia,=20 les registres proches de la science-fiction de Solaris ou de = Stalker, et=20 la parabole biblique sugg=E9r=E9e par Le Sacrifice ? En = r=E9alit=E9, Andrei=20 Tarkovski nous propose une vision du monde qui, par-del=E0 cette = diversit=E9,=20 fonde l=92unit=E9 et la coh=E9rence d=92une oeuvre par essence = po=E9tique et=20 contemplative.

Le Sacrifice (1996) = d=92Andre=EF. Splendide=20 m=E9ditation sur la fin (fin des temps, fin de l=92homme). Le = Sacrifice est=20 aussi le testament de Tarkovski

La Russie et l=92enfance

Fils du po=E8te Arseni Tarkovski, Andrei Tarkovski est n=E9 le = 4 avril 1932=20 =E0 Zavraji=E9, sur les bords de la Volga. C=92est en 1956, = apr=E8s s=92=EAtre=20 int=E9ress=E9 de pr=E8s =E0 la peinture et =E0 la musique, et = avoir =E9tudi=E9 l=92arabe=20 et la g=E9ologie, qu=92il entre au V.G.I.K. (institut d=92=C9tat = du cin=E9ma) o=F9 il=20 travaille sous la direction de Mikha=EFl Romm jusqu=92en 1960. = Apr=E8s qu=92il eut=20 r=E9alis=E9 un court et un moyen m=E9trage, L=92Enfance d=92Ivan, = couronn=E9 en 1962=20 par un Lion d=92or au festival de Venise, le r=E9v=E8le =E0 = l=92attention de la=20 critique internationale. Suivront six autres films - une oeuvre = dense et=20 poignante, assez =ABengag=E9e=BB =E0 sa mani=E8re, = c=92est-=E0-dire spirituellement,=20 pour provoquer l=92hostilit=E9 assidue du r=E9gime sovi=E9tique. = Apr=E8s avoir=20 tourn=E9 Nostalghia en Italie, Tarkovski d=E9cide de ne pas = rentrer en=20 U.R.S.S. Jusqu=92=E0 sa mort, en 1986, il demeurera cependant = ind=E9fectiblement=20 li=E9 =E0 sa terre natale. Son oeuvre - comme celle de Dovjenko ou de Donsko=EF - chante = l=92amour=20 passionn=E9 de son pays. Andrei Roublev souligne avec une = compassion infinie=20 les souffrances (qu=92on pense =E0 la s=E9quence de =ABla = crucifixion=BB) du peuple=20 russe de tous les temps, enracin=E9 dans sa terre, sa gl=E8be, son = argile,=20 mais comme perdu dans l=92immensit=E9 de l=92espace et toujours = victime d=92un=20 pouvoir par essence despotique. D=92o=F9 la double composition du = r=E9cit, =E0 la=20 fois horizontale (grand =E9cran du Cin=E9mascope, larges plans = d=92ensemble des=20 paysages, jeu sur la profondeur de champ) et verticale (cadrages = en=20 plong=E9es, mouvements de cam=E9ra =E0 la grue, prises de vue = a=E9riennes). Dans=20 Le Miroir, o=F9 Aliocha - double de l=92auteur - se penche sur son = pass=E9 et,=20 en un jeu de =ABcorrespondances=BB nou=E9es entre pr=E9sent et = pass=E9, red=E9couvre,=20 de l=92autre c=F4t=E9 du miroir que lui pr=E9sente le temps, = l=92univers=20 momentan=E9ment oubli=E9 de son enfance, tous les registres du = r=E9cit renvoient=20 =E0 l=92=E2me de la Russie. =C0 ses paysages : champs =E9tendus = =E0 l=92infini, fleuves=20 immenses, for=EAts de ch=EAnes et de sapins dont, au cours de la = derni=E8re=20 s=E9quence, la noblesse et la beaut=E9 seront soulign=E9es par un = long=20 travelling lat=E9ral. =C0 son histoire, comme en t=E9moignent les = s=E9quences=20 =E9voquant la Seconde Guerre mondiale sur le registre de la = fiction (Aliocha=20 enfant initi=E9 =E0 contrecoeur au maniement d=92un fusil) ou par = des documents=20 d=92actualit=E9s. =C0 sa culture et =E0 ses =E9crivains enfin = (Dosto=EFevski,=20 Pouchkine), qui exaltent le messianisme russe.

Au travers de la souffrance de l=92exil =E9prouv=E9e par un = =E9crivain russe=20 enqu=EAtant en Italie sur un musicien du XVIIIe si=E8cle = (lui-m=EAme autrefois=20 exil=E9 au pays de Dante), Nostalghia psalmodie la nostalgie de la = terre=20 natale qui, sous forme de souvenirs, de r=EAves ou de fantasmes - = isba=20 familiale, arbres, paysage immobile et silencieux, comme fig=E9 = dans sa=20 beaut=E9 lointaine, o=F9 s=92int=E8grent naturellement les = silhouettes ch=E9ries=20 d=92une femme, de deux enfants et d=92un chien-loup -, surgit dans = le r=E9cit =E0=20 intervalles irr=E9guliers en brefs plans-s=E9quences trait=E9s en = noir et blanc.=20 Cette po=E9sie du noir et blanc s=92oppose au r=E9alisme des = couleurs de la=20 fiction, de m=EAme que les constantes du paysage russe (l=92eau, = le bois, le=20 v=E9g=E9tal) tranchent sur celles de l=92Italie (le solide, la = pierre des=20 routes, de l=92h=F4tel, de Rome) dont l=92espace, pourtant = largement d=E9ploy=E9,=20 semble par moments provoquer l=92asphyxie du h=E9ros.

Qu=92il soit agent de renseignement (L=92Enfance d=92Ivan), = fondeur de cloche=20 (Andrei Roublev), adolescent (Le Miroir), fillette handicap=E9e = (Stalker),=20 petit gar=E7on en apparence muet du Sacrifice, au coeur d=92un = paysage comme=20 sculpt=E9 par les =E9l=E9ments naturels, s=92impose la pr=E9sence = r=E9currente de=20 l=92enfant qui assume dans le r=E9cit tarkovskien une fonction = symbolique. La=20 destruction - morale, puis physique - de l=92enfance stigmatise = l=92horreur de=20 la guerre. Orphelin, victime d=92un choc =E9motionnel inoubliable = (la double=20 mort de son p=E8re, puis de sa m=E8re), le gamin de L=92Enfance = d=92Ivan nous=20 appara=EEt tout =E0 la fois comme un h=E9ros, un monstre et un = martyr. Pour cet=20 enfant de dix ans, peu importe l=92ombre de la mort. Son unique = projet est=20 de s=92infiltrer comme agent de renseignement =E0 travers les = lignes=20 allemandes, dans les tourbi=E8res et l=92eau clapotante des = mar=E9cages. Mais la=20 =ABgrande guerre patriotique=BB - le cycle de la Seconde Guerre = mondiale=20 opposant les Russes aux Allemands - s=92identifie moins pour lui = au d=E9sir de=20 d=E9fendre le sol national qu=92=E0 une volont=E9 passionn=E9e de = vengeance=20 permanente. L=92alliance du r=E9el (le rituel de la guerre) et de = l=92imaginaire=20 (les s=E9quences oniriques transcrivant les r=EAves, les = cauchemars ou les=20 hallucinations) traduit la perception m=EAme de l=92enfant pour = qui le monde=20 =ABest une hallucination=BB, de m=EAme qu=92il repr=E9sente une = =ABhallucination pour=20 les autres=BB (J.-P. Sartre). Le film s=92ouvre et se referme sur = une s=E9quence=20 onirique o=F9 l=92enfant s=92=E9panouit, heureux, dans la clart=E9 = lumineuse de la=20 nature. Pourtant Ivan est mort, ex=E9cut=E9 par les Allemands. Les = images du=20 r=EAve et du bonheur nous murmurent : voici ce que la guerre a=20 irr=E9m=E9diablement d=E9truit.

Andrei Roublev a exalt=E9, au contraire, la puissance de vie et = le don de=20 cr=E9ation propres =E0 l=92enfance. Dans le c=E9l=E8bre =E9pisode = de =ABla cloche=BB, le=20 jeune fondeur, qui affirme d=E9tenir un secret familial, en = m=E9langeant la=20 terre et l=92eau, en ma=EEtrisant l=92air et le feu, coule une = cloche=20 gigantesque dont le son t=E9moigne d=92une puret=E9 = exceptionnelle. Mais, au=20 peintre d=92ic=F4nes qui l=92interroge, l=92enfant avoue n=92avoir = =E9t=E9 guid=E9 que par=20 son intuition et sa pers=E9v=E9rance. S=92il incarne le g=E9nie = cr=E9ateur naturel=20 du peuple russe, Ouistiti, la fillette handicap=E9e de Stalker, = symbolise=20 pour sa part l=92ouverture au surnaturel. Au finale du film, la = force=20 extraordinaire de l=92esprit permettra =E0 la petite infirme de = dompter la=20 mati=E8re en d=E9pla=E7ant, par le seul pouvoir de son regard, = trois verres=20 dispos=E9s sur une table.

Le souffle de l=92esprit

Constatant, comme Bernanos, le foss=E9 existant =E0 notre = =E9poque entre=20 l=92essor des technologies et le recul des valeurs spirituelles, = hostile,=20 sur le plan id=E9ologique, au mat=E9rialisme marxiste et, sur un = registre=20 esth=E9tique, au =ABr=E9alisme socialiste=BB, Tarkovski tente de = rendre =E0 ses=20 contemporains l=92intuition du spirituel comme force de vie = essentielle.=20 Depuis Stalker, =E0 travers la di=E9g=E8se de ses films, il = affirme=20 l=92inspiration religieuse de son art. Son esth=E9tique = s=92analyse comme une=20 esth=E9tique du sacr=E9. De cette inspiration rel=E8vent la = partition musicale=20 (Bach, Pergol=E8se, Purcell) du Miroir et du Sacrifice, les = r=E9f=E9rences=20 picturales =E0 l=92ic=F4ne de La Trinit=E9 d=92Andrei Roublev et = =E0 L=E9onard de Vinci=20 - La Vierge au rocher (Le Miroir), L=92Adoration des mages (Le = Sacrifice) -,=20 tout comme le symbole christique de la croix : grande croix de = bois=20 plant=E9e au coeur d=92une vaste prairie, sans aucune raison = apparente (Le=20 Miroir); poteaux t=E9l=E9graphiques en forme de croix, =E0 = l=92entr=E9e de la =ABzone=BB=20 (Stalker), signe m=EAme du sacr=E9 aux fronti=E8res de l=92univers = quotidien et de=20 l=92espace du spirituel; croix du salut (Le Sacrifice) dessin=E9e = par un=20 panoramique qui remonte lentement le long du tronc de l=92=ABarbre = sec=BB=20 jusqu=92aux branches dess=E9ch=E9es.

Mais, le plus souvent, c=92est la m=E9taphore unie =E0 une = symbolique=20 chr=E9tienne qui nous sugg=E8re l=92inspiration religieuse du = cin=E9aste. Images=20 m=E9taphoriques : la couronne d=92=E9pines pos=E9e sur la t=EAte = de l=92=E9crivain, le=20 poisson dans l=92eau de la =ABchambre des d=E9sirs=BB (Stalker), = l=92envol de=20 l=92oiseau l=E2ch=E9 par Aliocha (Le Miroir), celui des multiples = oiseaux=20 s=92=E9chappant d=92une Madone (Nostalghia). R=E9cits = m=E9taphoriques, aussi. Faux=20 film de science-fiction, r=E9cit de voyage initiatique = d=E9bouchant sur le=20 vide, Stalker peut se d=E9crypter comme la m=E9taphore d=92un = univers=20 =ABconcentrationnaire=BB plong=E9 dans le d=E9sespoir, ali=E9n=E9 = par un pouvoir=20 d=92inspiration totalitaire o=F9, seule, une figure de = =ABbienheureux=BB=20 dosto=EFevskien s=92efforce de pr=E9server une invincible = esp=E9rance par la foi.=20 Voyage-enqu=EAte en Italie d=92un =E9crivain russe =E0 la = recherche de son=20 inspiration, Nostalghia se lira comme la double nostalgie d=92un = Slave=20 s=E9par=E9 de sa terre natale et de l=92homme contemporain coup=E9 = de ses racines=20 spirituelles. Testament de l=92auteur, Le Sacrifice substitue =E0 = la m=E9taphore=20 la parabole - d=92inspiration =E9minemment biblique - pour nous = rendre=20 sensible une th=E9matique de la Passion et de la R=E9demption.

Tarkovski, le = Sacrifice

Un art de l=92ic=F4ne

En v=E9ritable cr=E9ateur de formes, Tarkovski ins=E8re sa = vision du monde=20 dans des structures esth=E9tiques qui lui conf=E8rent toute sa = puissance de=20 suggestion. Comme Bernanos, c=92est par son =E9criture m=EAme que = Tarkovski,=20 po=E8te de l=92=E9cran, t=E9moigne en faveur de la primaut=E9 du = spirituel.

Chez Eisenstein, un = montage=20 d=92inspiration scientifique repose sur une conception = intellectuelle,=20 fragment=E9e et discontinue du r=E9cit (les cent trois minutes = d=92Octobre=20 comprennent plus de trois mille deux cents plans), accordant ainsi = un r=F4le=20 privil=E9gi=E9 =E0 la raison et =E0 l=92espace. Le montage = tarkovskien, par essence=20 po=E9tique, s=92appuie au contraire sur l=92=E9motion et le lien = narratif en=20 affirmant la supr=E9matie de la sensibilit=E9 et du temps (cent = quarante-deux=20 plans seulement pour les cent soixante et une minutes de Stalker). = Plus=20 qu=92au montage classique, art du raccord ou de la rupture entre = les plans,=20 l=92esth=E9tique fait d=92ailleurs ici appel au rythme =E0 = l=92int=E9rieur du plan,=20 mis au service de la =ABfigure cin=E9matographique=BB, clef de = vo=FBte du cin=E9ma=20 de Tarkovski : =ABDe la sculpture avec le temps comme mat=E9riau, = voil=E0 ce=20 qu=92est le montage, voil=E0 ce qu=92est la figure = cin=E9matographique=BB (Positif,=20 d=E9c. 1981). Sculpter le temps, c=92est sculpter le r=E9el dans = sa dur=E9e et=20 permettre ainsi aux consciences de s=92exprimer : d=92o=F9 = l=92ampleur du r=E9cit,=20 la lenteur des d=E9placements des personnages, la longueur des=20 plans-s=E9quences, souvent fixes. Mais l=92=E9criture de = l=92auteur repose aussi=20 sur l=92alliance de la peinture et du cin=E9ma, que l=92on observe = sur de=20 multiples registres. Reproduction de tableaux de ma=EEtre, on = l=92a vu, mais=20 aussi transposition, par =E9quivalence dans le temps et = l=92espace, de toiles=20 c=E9l=E8bres (par exemple, ce paysage de neige du Miroir rappelant = Les=20 Chasseurs dans la neige, de Bruegel). Ou bien =ABnatures mortes=BB = en=20 mouvement : lait m=E9lang=E9 =E0 l=92eau charg=E9e de boue d=92un = fleuve (Andrei=20 Roublev), gouttes de pluie sur une tasse de th=E9 pos=E9e sur une = table de=20 jardin (Solaris). R=E9currence de motifs visuels qui renvoient =E0 = une=20 esth=E9tique de l=92Incarnation : l=92eau, le vent, le feu (en = particulier dans=20 Le Miroir et Le Sacrifice).

Analysant les cadrages et la composition des plans, Michel = Chion=20 (Cahiers du cin=E9ma, avr. 1984) d=E9crypte dans les films de = l=92auteur un=20 =ABespace pictural=BB dans la mesure o=F9, avec l=92=E9cran large = du Cin=E9mascope,=20 l=92utilisation du t=E9l=E9objectif et du zoom (ou travelling = optique), les=20 trois dimensions de l=92image - hauteur, largeur et profondeur - = sont, en=20 quelque sorte, =AB=E9cras=E9es et exprim=E9es dans une surface =E0 = deux dimensions=BB,=20 cet =E9crasement =E9tant lui-m=EAme pris en consid=E9ration =ABsur = une surface de la=20 repr=E9sentation en perspective=BB.

Le jeu sur les couleurs rappelle enfin la palette et l=92art = des nuances=20 du peintre. Dans Stalker, le contraste =E9tabli entre le faux noir = et blanc=20 (ou le ton s=E9pia), qui nous communique la =ABnaus=E9e=BB de = l=92espace quotidien=20 =ABconcentrationnaire=BB, et les couleurs (bleu, vert, beige) de = la =ABzone=BB est=20 le signe d=92une opposition inscrite dans un univers int=E9rieur : = la=20 d=E9gradation de la couleur est la marque d=92un espace o=F9 la = vie spirituelle=20 s=92est =E9teinte. Dans Le Miroir, si le pr=E9sent est trait=E9 en = couleurs, la=20 plong=E9e dans le pass=E9 (au moyen du souvenir ou du r=EAve) est = sugg=E9r=E9e soit=20 par des tons =E0 dominante verte et blanche, soit par le ton = s=E9pia des=20 vieilles photos (le souvenir est alors imagin=E9 par Aliocha = enfant, qui en=20 recr=E9e le d=E9roulement exact). Lorsque ce ton s=E9pia s=92unit = au noir et=20 blanc, le pass=E9 est alors =E9voqu=E9 sur le registre de = l=92onirique.

Par sa beaut=E9, l=92image exerce chez Tarkovski un pouvoir de = fascination.=20 Par sa po=E9sie et son myst=E8re, elle renvoie, tel le ha=EFka=EF = japonais, =E0 un=20 autre sens =E0 d=E9couvrir que l=92interpr=E9tation imm=E9diate du = contenu du plan.=20 Elle s=92ouvre, comme dans les romans de Bernanos, sur l=92union = indissociable=20 du visible et de l=92invisible, nous sugg=E9rant la pr=E9sence = d=92une=20 transcendance. L=92art de Tarkovski est un art de l=92ic=F4ne, = comme en=20 t=E9moignent le finale de Stalker, ce =ABmiracle des trois = verres=BB ins=E9r=E9 dans=20 une =E9piphanie de couleurs, de formes et de rythmes, ou celui de=20 Nostalghia, qui nous donne litt=E9ralement =E0 contempler un = spirituel incarn=E9=20 : au-del=E0 de la mort, Gortchakov, l=92=E9crivain, demeure en = vie, assis sur le=20 sol, au bord d=92une mare d=92eau, pr=E8s de son chien-loup, = devant son isba,=20 elle-m=EAme =E0 l=92abri dans le choeur d=92une cath=E9drale = gothique. =ABLa mort=20 n=92existe pas=BB, affirme Alexandre, le h=E9ros du Sacrifice, qui = renonce =E0=20 tout pour sauver les siens d=92une apocalypse nucl=E9aire - mot = auquel r=E9pond,=20 tel un =E9cho, le vers d=92Arseni Tarkovski cit=E9 dans Le Miroir = : =ABJe suis un=20 de ceux qui tirent les filets de l=92immortalit=E9.=BB

Le r=E9alisateur russe = Andre=EF Tarkovski=20 pose devant la maquette de la station orbitale r=E9alis=E9e pour = les besoins=20 de son film Solaris (1972)

Tashlin, Frank

Frank Tashlin
(De son vrai nom = Francis=20 Frederik von Taschlein)
(1913-1972)
Cin=E9aste, dessinateur = et=20 sc=E9nariste am=E9ricain

N=E9 =E0 Weehawken (New Jersey), = Frank Tashlin=20 r=E9alise au cours de ses =E9tudes =E0 la Junior High School 126 = de Queens (New=20 York) de nombreux dessins qu=92il signe =ABTashlein=BB ou = =ABTash=BB. En 1929, il=20 devient gar=E7on de courses pour la soci=E9t=E9 de dessins = anim=E9s de Max et Dave=20 Fleischer =E0 New York, puis =E0 la Van Beuren Corporation o=F9 il = est encreur,=20 et ensuite animateur. Il vend parall=E8lement ses dessins = (sign=E9s=20 =ABTish-Tash=BB) dans plusieurs revues et magazines comiques. En = 1933, Leon=20 Schlesinger l=92engage comme animateur, en Californie, pour ses = =ABLooney=20 Tunes=BB et autres =ABMerrie Melodies=BB. Il cr=E9e le personnage = de bandes=20 dessin=E9es =ABVan Boring=BB au Los Angeles Time, en 1934, et, = l=92ann=E9e suivante,=20 il est gagman pour Hal Roach et travaille sur des =E9pisodes de = Our Gang=20 (1936). Il r=E9alise sous le nom de Frank Tash son premier dessin = anim=E9 chez=20 Schlesinger, Porky=92s Poultry Plant (1936) et en tourne vingt = autres=20 jusqu=92en 1939, date =E0 laquelle il entre pour deux ans comme = sc=E9nariste=20 chez Walt Disney. Nomm=E9 chef du d=E9partement sc=E9nario de la = filiale de=20 dessins anim=E9s de Columbia en 1941, il y reste un an pour = =E9crire et=20 superviser plusieurs =ABcartoons=BB, avant de revenir chez Leon = Schlesinger =E0=20 la Warner Bros o=F9 il r=E9alise des Daffy Duck, des Elmer Fudd et = des Bugs=20 Bunny. En 1944, il entre au studio Morey et Sutherland productions = de la=20 United Artists et y tourne la s=E9rie des Daffy Ditties, ainsi = qu=92un film de=20 marionnettes anim=E9es The Way of Peace (1947).

D=E8s 1945, il =E9crit pour le cin=E9ma et triomphe avec Visage = p=E2le=20 (Paleface, 1948) r=E9alis=E9 par Norman Z. McLeod et = interpr=E9t=E9 par Bob Hope.=20 Il collabore ainsi =E0 douze sc=E9narios, dont ceux de Bien = faire=85 et la=20 s=E9duire (The Fuller Brush Man, 1948) de Sylvain Simon, Un = Caprice de V=E9nus=20 (One Touch of Venus, 1948) de William A. Seiter et la Chasse au = tr=E9sor=20 (Love Happy, 1950) de David Miller, le dernier film des Marx = Brothers. Il=20 devient r=E9alisateur en tournant des sc=E8nes additionnelles pour = la M=F4me=20 Boule de Gomme (The Lemon Drop Kid, 1951) de Sidney Landfield, = puis signe=20 The First Time (1952), com=E9die acide sur un couple qui vient = d=92avoir son=20 premier enfant, et le Fils de Visage p=E2le (Son of Paleface) o=F9 = il applique=20 le style du dessin anim=E9 =E0 une parodie de western.

Apr=E8s deux com=E9dies grin=E7antes, =C9pousez-moi encore = (Marry Me Again,=20 1953) et Suzanne D=E9couche (Susan Slept Here), il dirige Dean = Martin et Jerry Lewis dans = Artistes et=20 Mod=E8les (Artists and Models, 1955), puis tourne Ch=E9ri, ne fais = pas le=20 zouave (The Lieutenant Wore Skirts, 1956), avant de retrouver = Martin et=20 Lewis pour Un vrai cingl=E9 de cin=E9ma (Hollywood or Bust, 1956). = Ses=20 trouvailles visuelles se multiplient dans deux films tourn=E9s = avec Jayne=20 Mansfield : la Blonde et Moi (The Girl Can=92t Help it, 1956) et = la Blonde=20 explosive (Will Success Spoil Rock Hunter, 1957) o=F9 il critique = f=E9rocement=20 le star-system et les m=E9dias. Trois B=E9b=E9s sur les bras = (Rock-a-Bye Baby,=20 1958) marque le d=E9but de son =E9troite collaboration avec Jerry Lewis en = vedette. S=92il=20 tourne des films avec d=92autres acteurs pendant le reste de sa = carri=E8re,=20 aucun n=92atteint le comique destructeur qui r=E8gne dans ses = oeuvres avec Jerry Lewis, le Kid = en kimono=20 (The Geisha Boy, 1958), Cendrillon aux grands pieds (Cinderfella, = 1960),=20 l=92Increvable Jerry (It=92s only Money, 1962), Un chef de rayon = explosif=20 (Who=92s Minding the Store, 1963) et Jerry chez les cinoques (The = Disorderly=20 Orderly, 1964).

Tashlin a aussi =E9crit et r=E9alis=E9 sept films pour la = t=E9l=E9vision de 1953=20 =E0 1960 et publi=E9 quatre livres, Mais je suis un ours (The Bear = that=20 Wasn=92t, 1946), l=92Oppossum qui avait l=92air triste (The Possum = that Didn=92t,=20 1950), The World that isn=92t (1951) et How to Create Cartoons = (1952). Il a=20 =E9galement =E9crit des pi=E8ces de radio, ainsi qu=92une = com=E9die musicale et deux=20 pi=E8ces de th=E9=E2tres qui n=92ont jamais =E9t=E9 = repr=E9sent=E9es.

Tati, Jacques

Jacques Tati
(de sonvrai nom = Jacques=20 Tatischeff)
(1908-1982)
Acteur et r=E9alisateur fran=E7ais, = sans doute=20 le plus grand acteur comique fran=E7ais depuis Max = Linder

N=E9 au Pecq, il est issu d'une = famille=20 aristocratique russe. V=E9ritable athl=E8te, il excella dans la = pratique des=20 sports, notamment du rugby et de la boxe. Apr=E8s diverses = exp=E9riences au=20 music-hall et au cabaret o=F9 il se sp=E9cialisa dans les = num=E9ros comiques,=20 Tati se tourna vers le cin=E9ma =E0 partir de 1932. Sc=E9nariste = et acteur de=20 nombreux courts m=E9trages, il fut choisi en 1946 par Claude Autant-Lara = pour le=20 premier r=F4le de Sylvie et le fant=F4me. Un an plus tard, il = rempla=E7a Ren=E9 Cl=E9ment sur = le tournage de=20 l'=C9cole des facteurs (1947), r=E9alisation qui pr=E9figure son = c=E9l=E8bre Jour de=20 f=EAte (1949) et t=E9moigne d=E9j=E0 de son sens du burlesque, de = la po=E9sie et de=20 l'observation. Dans ses films suivants, les Vacances de M. Hulot = (1953) et=20 Mon oncle (1958), son h=E9ros, M. Hulot, n'est jamais responsable = de la=20 cons=E9quence de ses actes : brave homme, il r=E9siste aux = tentatives de=20 d=E9personnalisation de la vie moderne avec une obstination = d=E9sarmante.

Tati, Jour de = f=EAte
Coup=20 d'envoi de la carri=E8re de Jacques Tati, la tourn=E9e =E0 = bicyclette du facteur=20 Fran=E7ois =E0 travers les paysages ensoleill=E9s de la France = d'apr=E8s-guerre=20 marque un retour po=E9tique aux sources du burlesque.

Tati =E9tait un perfectionniste rigoureux et mettait plusieurs = ann=E9es =E0=20 r=E9aliser chaque film ; apr=E8s Mon oncle, il n'en r=E9alisa que = trois, qui ne=20 rencontr=E8rent pas toujours le succ=E8s populaire escompt=E9 : = Playtime (1968),=20 Trafic (1971) et Parade (1974, Grand Prix du cin=E9ma fran=E7ais). = La finesse=20 de ses gags (qui, extr=EAmement =E9labor=E9s, pouvaient =EAtre = simultan=E9s dans une=20 seule s=E9quence), son =E9criture tr=E8s particuli=E8re et son = utilisation tr=E8s=20 novatrice de la bande-son en font l'un des r=E9alisateurs les plus = originaux=20 du cin=E9ma comique.

Jacques Tati et Nathalie = Pascaud dans=20 les Vacances de M. Hulot (1953) de Jacques Tati

L'arriv=E9e de l'extravagant M. Hulot dans un petit h=F4tel = baln=E9aire s=E8me=20 le d=E9sordre au sein de la communaut=E9 qui s'y est form=E9e. = Satire=20 bienveillante de la petite bourgeoisie en vacances, le film imposa = Jacques=20 Tati comme l'un des auteurs les plus originaux du cin=E9ma = fran=E7ais. M.=20 Hulot sera =E9galement le h=E9ros de Mon oncle, r=E9alis=E9 en = 1958.

Tavernier, Bertrand

Bertrand Tavernier
(1941- = )
R=E9alisateur=20 fran=E7ais venu de la critique de cin=E9ma, qui aborda les sujets = les plus=20 divers et fit preuve, malgr=E9 une volont=E9 didactique parfois = trop appuy=E9e,=20 d=92une tr=E8s grande ma=EEtrise du r=E9cit = cin=E9matographique

N=E9 =E0 Lyon, Bertrand = Tavernier commen=E7a sa=20 carri=E8re comme attach=E9 de presse et comme historien du = septi=E8me art,=20 participant notamment =E0 Trente Ans de cin=E9ma am=E9ricain, = ouvrage qui=20 t=E9moigne de l=92=E9tendue de sa culture cin=E9matographique. Il = se tourna vers=20 la r=E9alisation en 1963, prenant part =E0 des films =E0 sketches, = caract=E9ristiques de la Nouvelle Vague (les Baisers, 1963; la = Chance et=20 l=92Amour, 1964).

Ses v=E9ritables d=E9buts furent marqu=E9s par une adaptation = de Georges=20 Simenon =E9crite par deux sc=E9naristes confirm=E9s, Jean Aurenche = et Pierre=20 Bost. Le succ=E8s de ce premier film, l=92Horloger de Saint-Paul = (1974), lui=20 permit de r=E9aliser une s=E9rie de sc=E9narios originaux: Que la = f=EAte commence=20 (avec Philippe Noiret, 1975), sur un =E9pisode de la R=E9gence, le = Juge et=20 l=92Assassin (avec Michel Galabru, 1976), histoire d=92un criminel = forcen=E9,=20 errant dans les campagnes =E0 la fin du XIXe si=E8cle, et Des = enfants g=E2t=E9s=20 (1977), film dans lequel Michel Piccoli interpr=E8te un = sc=E9nariste en mal=20 d=92inspiration, =E9go=EFste et d=E9sinvolte. Par la suite, il = adapta =E0 un cadre=20 africain un roman policier de Jim Thompson (Coup de torchon, avec = Isabelle=20 Huppert, 1981), puis traita de la guerre dans deux longs = m=E9trages de=20 fiction, la Vie et rien d=92autre (avec Sabine Az=E9ma, 1989) et = Capitaine=20 Conan (avec Philippe Torreton, 1996), ainsi que dans un = documentaire sur=20 les anciens combattants d=92Alg=E9rie, la Guerre sans nom = (1992).

Outre son film sur le monde du jazz, Autour de minuit (Round=92 = Midnight,=20 avec Dexter Gordon, 1986), il traita des probl=E8mes de = soci=E9t=E9 dans L 627=20 (1993) et dans l=92App=E2t (ours d=92or au festival de Berlin en = 1995). Cin=E9aste=20 =E9clectique, il aborda avec la m=EAme aisance la fresque = historique (la=20 Passion B=E9atrice, 1987), la science-fiction (la Mort en direct, = avec Romy=20 Schneider, 1980), le film de cape et d=92=E9p=E9e (la Fille de = d=92Artagnan, avec=20 Sophie Marceau, 1994) et la chronique intimiste (Une semaine de = vacances,=20 avec Nathalie Baye, 1980; Un dimanche =E0 la campagne, avec Louis = Ducreux,=20 1984; Daddy nostalgie, avec Dirk Bogarde, 1990).

Taviani, Vittorio et = Paolo

Vittorio et Paolo Taviani
(1929- ) = et (1931-=20 )
Cin=E9astes italiens dont les r=E9alisations conjointes = empruntent leurs=20 th=E8mes =E0 l=92histoire sociale de l=92Italie

Les fr=E8res Taviani = =E9tudi=E8rent =E0 l=92universit=E9=20 de Pise avant de travailler avec Roberto Rossellini et = Joris Ivens. Un de = leurs premiers=20 films fut Un homme =E0 br=FBler (Un uomo da bruciare), r=E9alis=E9 = en 1962, qui=20 =E9voque la vie des paysans siciliens opprim=E9s par la mafia.

Vittorio et Paolo = Taviani

Parmi leurs oeuvres les plus remarquables figurent les = Subversifs (I=20 sovversivi, 1967), Sous le signe du scorpion (Sotto il segno dello = scorpione, 1969), Allonsanfan (1974), Padre padrone (1977), le = Pr=E9 (il=20 Prato, 1979), la Nuit de San Lorenzo (la Notte di San Lorenzo, = 1982) ou le=20 regard d=92un enfant sur les habitants de San Miniato fuyant = l=92occupation=20 allemande en 1944, et Good Morning Babylonia (1987), l=92histoire = de deux=20 artisans italiens qui travaillent =E0 Hollywood sur le tournage=20 d=92Intol=E9rance (1916) de D. W. Griffith.

Tchoukhra=EF, Grigori=20 Naoumovitch

Grigori = Tchoukhra=EF
(1921-=20 )
R=E9alisateur sovi=E9tique

N=E9 en Ukraine, dans le kolkhoz de = ses parents=20 cultivateurs, G. N. Tchoukhra=EF s=92int=E9resse, d=E8s son = adolescence, =E0 la fois=20 =E0 la technique et aux arts, en particulier au th=E9=E2tre = amateur. Il fait la=20 guerre et participe =E0 la bataille de Stalingrad. Il se = pr=E9sente =E0=20 l=92Institut des =E9tudes cin=E9matographiques de Moscou, o=F9 = Serge Youtkevitch=20 l=92admet sans examen sur sa r=E9ponse : =ABCe qui me touche le = plus, c=92est la=20 nature, mais l=92essentiel, c=92est tout de m=EAme l=92homme.=BB = Il poursuit ses=20 =E9tudes, marqu=E9 par ses ma=EEtres, Dovjenko, Romm, et = son ami Donsko=EF. Il ne = r=E9alise aucun=20 court m=E9trage d=92exercice et pr=E9sente en 1956, ann=E9e qui = marque le d=E9but de=20 la =ABd=E9stalinisation=BB, comme film de fin d=92=E9tudes, une = adaptation d=92une=20 nouvelle de Boris Lavrenev, que Protazanov avait d=E9j=E0 film=E9e = en 1927 : Le=20 Quarante et Uni=E8me (Sorok pervyj). Tchoukhra=EF dispose d=92un = chef op=E9rateur=20 de premier rang, Ouroussevski; il peut choisir ses com=E9diens : = son film=20 =E9tonne le monde, car il traite du conflit entre l=92amour et = l=92id=E9al=20 communiste. =ABC=92est en artiste que j=92ai r=E9alis=E9 mon film, = non en=20 doctrinaire [...]. Il est dirig=E9 tout entier contre le = dogmatisme...=BB Sur=20 la m=EAme lanc=E9e, il tourne, en 1957, La Ballade du soldat = (Ballada o=20 soldate), tendre idylle entre un jeune soldat permissionnaire et = une=20 blonde adolescente, au cours d=92un voyage en train qui lui = d=E9couvre les=20 mis=E8res physiques, mat=E9rielles et morales de la guerre. Dans = Ciel pur=20 (Cistoe nebo, 1961), il reste fid=E8le =E0 son th=E8me : l=92amour = contrari=E9 par=20 la guerre. On y retrouve la fra=EEcheur et la gravit=E9 = heureusement dos=E9es=20 dans la peinture des sentiments. Il r=E9ussit moins dans = l=92expression des=20 id=E9es. Plus intimiste, plus attendri, Il =E9tait une fois un = vieux et une=20 vieille (Zili byli starik so starukhoj, 1965) recherche la = simplicit=E9 dans=20 la peinture psychologique. C=92est un film agr=E9able et = m=E9lancolique. =C0=20 partir de 1965, il dirige, dans le cadre de la Mosfilm, un studio=20 exp=E9rimental, ouvert aux jeunes cin=E9astes. En 1972, il tourne = La M=E9moire=20 (Pamjat=92), o=F9 il poursuit la t=E2che qu=92il s=92est fix=E9e : = =ABL=92=E9cran mondial=20 est aujourd=92hui l=92ar=E8ne d=92une bataille pour l=92homme et = contre l=92homme.=20 Notre devoir est de d=E9fendre les valeurs humaines.=BB Suivent Le = Mar=E9cage=20 (Trjasina, 1977) et La vie est belle (Zizn prekrasna, 1980).

T=E9chin=E9, Andr=E9

Andr=E9 T=E9chin=E9
(1943- = )
R=E9alisateur=20 fran=E7ais

N=E9 =E0 Valence-d=92Agen, Andr=E9 = T=E9chin=E9 est tr=E8s=20 t=F4t fascin=E9 par le cin=E9ma et devient cin=E9phile =E0 = l=92adolescence.

Critique aux Cahiers du cin=E9ma, il d=E9fend les films d=92Alfred Hitchcock et = de Jerzy Skolimowski. = Puis il tourne=20 son premier film, Paulina s=92en va (1969), avec une partie des = acteurs de=20 la troupe de Marc=92O, notamment Bulle Ogier et Mich=E8le Moretti. = Marginal,=20 ambitieux, complexe, ce film ne sort en salle que six ans plus = tard, au=20 moment o=F9 Claude Berri produit = sa premi=E8re=20 oeuvre d=92importance, Souvenirs d=92en France (1975), saga = romanesque d=92une=20 famille dans laquelle Jeanne Moreau et Marie-France Pisier = rayonnent de=20 talent. L=92oeuvre est nettement con=E7ue =E0 partir des = th=E9ories de Bertolt=20 Brecht, mais on y sent un style plastique, =E0 la fois moderne et=20 surann=E9.

Il s=92aventure ensuite dans un film noir aux allures de serial = cauchemardesque, Barocco (1976), qui fait parfois penser =E0 = certaines=20 recherches esth=E9tiques de Fritz Lang et qui = offre des r=F4les=20 passionnants =E0 Isabelle Adjani et G=E9rard Depardieu.

L=92=E9chec relatif de ce film ne l=92emp=EAche pas de tourner = un m=E9lodrame=20 flamboyant et romantique, dont il a =E9crit le sc=E9nario avec = Pascal=20 Bonitzer, les Soeurs Bront=EB (1979), et dont Isabelle Adjani, = Isabelle=20 Huppert et Marie-France Pisier se partagent la vedette. La = violence des=20 passions, la f=E9brilit=E9 des sentiments et un lyrisme = expressionniste en=20 font une oeuvre =E9trange et fascinante.

T=E9chin=E9, les Roseaux=20 sauvages
Face =E0 face, Henri (Fr=E9d=E9ric Gorny), jeune = pied-noir=20 r=E9volt=E9 par le sort fait =E0 sa communaut=E9, et Ma=EFt=E9 = (=C9lodie Bouchez), fille=20 de communiste, qui milite en faveur de l'ind=E9pendance = alg=E9rienne. Tout les=20 oppose mais ils finiront par s'aimer. Avec la fin de la guerre = d'Alg=E9rie=20 comme toile de fond historique omnipr=E9sente et les magnifiques = paysages de=20 la Garonne comme d=E9cors naturels, Andr=E9 T=E9chin=E9 a capt=E9 = =E0 la fois les=20 inqui=E9tudes de la chair, et les antagonismes n=E9s de la = politique =97 autant=20 de r=E9ussites renforc=E9es par une distribution parfaite : = =C9lodie Bouchez=20 (distingu=E9e par un prix d'interpr=E9tation f=E9minine au = festival de Cannes en=20 1998 pour la Vie r=EAv=E9e des anges d'=C9ric Zonca) et = Fr=E9d=E9ric Gorny d=E9j=E0=20 cit=E9s, mais aussi St=E9phane Rideau et Ga=EBl Morel, =E9galement = auteur d'un=20 premier film inspir=E9, =C0 toute vitesse (1996).

Il signe alors son premier film avec Catherine Deneuve, H=F4tel = des=20 Am=E9riques (1981), o=F9 les codes du film noir, comme ceux du = m=E9lodrame, sont=20 subvertis avec une gr=E2ce =E9l=E9gante et sans concession.

Apr=E8s avoir tourn=E9 deux films pour la t=E9l=E9vision, la = Matiouette (1983),=20 pi=E8ce =E9crite par Jacques Nolot, l=92un de ses collaborateurs = r=E9guliers, et=20 l=92Atelier (1984), un documentaire sur un groupe d=92acteurs du = Th=E9=E2tre des=20 Amandiers =E0 Nanterre, il =E9crit avec Olivier Assayas = Rendez-vous (1985), un=20 film sulfureux sur le sexe et la mort qui lui vaut le prix de la = mise en=20 sc=E8ne au festival de Cannes et qui r=E9v=E8le au grand public la = jeune=20 Juliette Binoche.

Il retrouve Catherine Deneuve et lui donne Danielle Darrieux = comme=20 partenaire dans le Lieu du crime (1986), =E9crit avec Assayas et = Bonitzer,=20 puis signe les Innocents (1987), une fable noire, cruelle et=20 bouleversante, interpr=E9t=E9e avec g=E9nie par Sandrine Bonnaire = et Jean-Claude=20 Brialy.

Apr=E8s un silence de quatre ans, il dirige Philippe Noiret = dans=20 J=92embrasse pas (1991), un film path=E9tique sur la prostitution = masculine,=20 puis retrouve Catherine Deneuve et lui donne Daniel Auteuil comme=20 partenaire dans Ma saison pr=E9f=E9r=E9e (1993) et les Voleurs = (1996), oeuvres=20 grin=E7antes inscrites dans un =E9trange classicisme narratif = d=E9cal=E9, qui=20 charment autant qu=92elles g=EAnent, qui troublent autant = qu=92elles=20 s=E9duisent.

Il r=E9alise =E9galement, en 1994, l=92un de ses meilleurs = films, les Roseaux=20 sauvages (1994), qui, prenant pour toile de fond la guerre = d=92Alg=E9rie telle=20 qu=92elle est v=E9cue dans une petite localit=E9 du Sud-Ouest, = analyse les=20 rapports entre plusieurs jeunes gens =E9cartel=E9s entre leurs = origines=20 sociales, leurs choix politiques et la confusion de leur = sexualit=E9=20 ambivalente. Gros succ=E8s public et critique, le film remporte le = prix=20 Louis-Delluc et le c=E9sar du meilleur film.

T=E9chin=E9 est encore l=92auteur de l=92Enfant de la nuit = (1996) et d=92Alice et=20 Martin (1998), o=F9 il retrouve Juliette Binoche.

Tessier, Albert

Albert = Tessier
(1895-1976)
Cin=E9aste,=20 photographe et historien canadien

Fils de paysan, n=E9 =E0=20 Sainte-Anne-de-la-P=E9rade, village situ=E9 =E0 30 km =E0 l=92est = de Trois-Rivi=E8res,=20 il restera fid=E8le =E0 ses origines, aux gens simples, =E0 la = nature. Dans la=20 pratique de ses divers m=E9tiers, il =ABsaura capter les instants = les plus=20 repr=E9sentatifs de la vie ordinaire ou les angles les plus = r=E9v=E9lateurs des=20 paysages qu=E9b=E9cois=BB. Apr=E8s des =E9tudes classiques et une = pr=E9paration au=20 sacerdoce, on lui propose des =E9tudes =E0 Rome, o=F9 il obtiendra = un doctorat=20 en th=E9ologie, et =E0 Paris, o=F9 il suivra des cours de = litt=E9rature =E0=20 l=92Institut catholique et =E0 la Sorbonne. =C0 son retour = d=92Europe en 1924, il=20 cumule les fonctions de professeur et de pr=E9fet des =E9tudes au = s=E9minaire de=20 Trois-Rivi=E8res. La pr=E9paration des f=EAtes du tricentenaire de = la fondation=20 de Trois-Rivi=E8res l=92am=E8ne =E0 agir dans plusieurs domaines. = Il fonde et=20 dirige les Cahiers de la Soci=E9t=E9 d=92histoire r=E9gionale et = la Collection des=20 pages trifluviennes qui comptent pr=E8s d=92une quarantaine de = brochures.=20 Lui-m=EAme produira une trentaine d=92ouvrages, surtout des livres = d=92histoire=20 ou des albums de photos. Apr=E8s une Histoire des Trois-Rivi=E8res = en 1934, il=20 publie entre autres Ceux qui firent notre pays (1935), = l=92=C9nigme am=E9ricaine=20 (1943), les Forges Saint-Maurice (1952), Neuve-France (1959) et=20 Qu=E9bec-Canada (1959).

Tr=E8s jeune, il avait d=E9couvert les plaisirs de la = photographie. Il=20 passe d=92une bo=EEte photographique Brownie au Leica et = s=92=E9quipe d=92une cam=E9ra=20 Bolex. En 1934, il sert de guide =E0 l=92artiste am=E9ricain Levon = West, qui=20 deviendra un photographe c=E9l=E8bre sous le nom d=92Ivan Dmitri. = Tessier=20 n=92oubliera pas les le=E7ons apprises, que viendra parfaire Ovila = Denoncourt,=20 m=E9decin et photographe. Ensemble, ils prennent le pseudonyme de = Tavi. Les=20 sujets des livres de Tessier sont mati=E8res =E0 photos et aussi = pr=E9textes =E0=20 films. Vers 1930, il r=E9alise et produit deux courts = documentaires en 16 mm=20 intitul=E9s Dans le bois; en 1932, il tourne un documentaire sur=20 Trois-Rivi=E8res, qu=92il reprend et enrichit les deux ann=E9es = suivantes. Il=20 utilise alors une m=E9thode =E0 laquelle il aura fr=E9quemment = recours. Avec les=20 m=EAmes bouts de films, il multiplie les versions, refait le = sc=E9nario,=20 modifie le montage tout en ajoutant de nouvelles sc=E8nes. Au = total, il=20 r=E9alise ainsi environ 70 documentaires.

Il s=92en sert pour son travail d=92animation, se d=E9finissant = volontiers=20 comme propagandiste et vulgarisateur. On lui confie l=92inspection = des=20 =AB=E9coles m=E9nag=E8res=BB. Il ajoute au curriculum de base, = surtout ax=E9 sur le=20 travail domestique, des cours de fran=E7ais, de sociologie, de = psychologie,=20 etc. Ainsi naissent les Instituts familiaux. Il en fait la = tourn=E9e en=20 pr=E9sentant ses films sur le Qu=E9bec, ses habitants, ses = cr=E9ateurs, ses=20 lieux touristiques, etc. Parmi les plus c=E9l=E8bres de ces = documents on peut=20 citer : Gloire =E0 l=92eau (1935), Indiens du Saint-Maurice = (1936), l=92Ile=20 d=92Orl=E9ans (1939), Quatre artistes canadiens (1939), les = Bourgault (1940),=20 C=92est l=92aviron qui nous m=E8ne (1942), Baie d=92Hudson (1950) = et Tavibois=20 (1956). C=92est d=92ailleurs =E0 Tavibois, lieu priv=E9 de = vill=E9giature, qu=92il se=20 retirera en 1965.

En 1980, le gouvernement du Qu=E9bec a cr=E9=E9 le prix = Albert-Tessier, qui=20 reconna=EEt ainsi son r=F4le de pionnier, avec l=92abb=E9 Maurice = Proulx et=20 L=E9o-Ernest Ouimet, du cin=E9ma qu=E9b=E9cois. Il a re=E7u le = prix de la langue=20 fran=E7aise de l=92Acad=E9mie fran=E7aise, en 1959.

Tiss=E9, Kazimirovic = =C9douard

=C9douard Kazimirovic = Tiss=E9
(1897-1961)
Chef=20 op=E9rateur et cin=E9aste sovi=E9tique

N=E9 =E0 Liepaja (Lettonie), = =C9douard=20 Kazimirovic Tiss=E9, dit =C9douard Tiss=E9, participe =E0 la = R=E9volution d=92Octobre=20 comme op=E9rateur d'actualit=E9s, apr=E8s avoir fait des =E9tudes = d'art et de=20 photographie.

Devenu correspondant cin=E9matographique officiel, il travaille = pour le=20 VFKO, comit=E9 pan-russe du cin=E9ma, et se sp=E9cialise dans la = propagande=20 sovi=E9tique, couvrant la guerre civile, collaborant avec Lev Koulechov et Dziga Vertov et = filmant les=20 interventions publiques de L=E9nine. Il s'int=E9resse de pr=E8s = aux recherches=20 sur le montage et la composition des images, men=E9es par = l=92avant-garde=20 extr=EAmement cr=E9ative de l=92=E9poque.

Passant des actualit=E9s =E0 la fiction, il signe la photo de = Signal (1918)=20 de Vladimir Gardine et Sur la terre des Moujiks (1920) de Boris=20 Tchaikovski, puis collabore avec Gardine et Vsevolod Poudovkine = sur Faim,=20 faim, faim (1921) et la Faucille et le Marteau (1921), ainsi = qu'avec=20 Alexis Granovski sur le Bonheur juif (1925).

Sa carri=E8re est li=E9e de mani=E8re indissociable =E0 celle = de Sergue=EF Eisenstein, = dont il est=20 le photographe de tous les films : la Gr=E8ve (1924), le = Cuirass=E9 Potemkine=20 (1925), Octobre (1927), la Ligne g=E9n=E9rale (1929), Alexandre = Nevsky (1938)=20 et une partie d=92Ivan le Terrible (1943-1945). Il signe = =E9galement les=20 images de Que viva Mexico (1931), ainsi que celles de l'inachev=E9 = Pr=E9 de=20 Bejine.

Il collabore avec d'autres r=E9alisateurs, plus = particuli=E8rement avec=20 Aleksander Dovjenko sur Aerograd = (1935),=20 avec Esther Choub sur le Pays des Soviets (1937) et avec Abraham = Room sur=20 Poussi=E8re d'argent (1953).

Comme r=E9alisateur, il a tourn=E9 Mis=E8res de femmes, joies = de femmes=20 (1930), un film r=E9alis=E9 en Suisse sur l'avortement, et sign=E9 = quatre autres=20 films, dont Moscou-Karakoum-Moscou (1933) et Garnison immortelle=20 (1956).

Torre-Nilsson, = Leopoldo

Leopoldo Torre = Rios
(1924-1978)
Cin=E9aste=20 argentin

Le cin=E9aste le plus important de sa = g=E9n=E9ration, qui=20 contribua =E0 donner une r=E9putation internationale au cin=E9ma = argentin de la=20 fin des ann=E9es cinquante.=20

N=E9 =E0 Buenos Aires, fils du r=E9alisateur Leopoldo Torre = Rios, il devient=20 son assistant d=E8s l=92=E2ge de seize ans. Apr=E8s avoir =E9crit = une dizaine de=20 sc=E9narios, il r=E9alise deux films en collaboration avec son = p=E8re avant de=20 tourner son premier long m=E9trage, Jours de haine (Dias de odio, = 1954).=20 Mais c=92est avec la Maison de l=92ange (la Casa del angel, 1957) = qu=92il trouve=20 son univers et son style en adaptant un roman de Beatriz Guido, = qui=20 devient ensuite sa femme et sa sc=E9nariste attitr=E9e.

Dans un style =E9l=E9gant et baroque Torre-Nilsson s=92attache = =E0 d=E9crire une=20 haute soci=E9t=E9 argentine =E9touffant dans un climat de = claustration et de=20 d=E9liquescence, domin=E9e par une hypocrisie aussi bien sexuelle = que sociale=20 dont t=E9moignent la Chute (la Caida, 1959), Fin de f=EAte (Fin de = fiesta,=20 1960) ou la Main dans le pi=E8ge (la Mano en la trampa, 1961). La = censure=20 l=92oblige souvent =E0 mod=E9rer ses ambitions, mais des oeuvres = telles que=20 Soixante-dix fois sept (Setenta veces siete, 1962) ou les Sept = fous (los=20 Siete locos, 1974) rel=E8vent d=92une d=E9nonciation vigoureuse de = la=20 bourgeoisie et de la dictature. Le regard critique que son dernier = film,=20 Piedra Libre (1976), porte sur une soci=E9t=E9 en d=E9composition = aussi=20 fascinante que les somptueuses demeures qui servent de d=E9cor =E0 = ses films,=20 l=92oblige =E0 s=92exiler en Espagne avec son =E9pouse.

Tourneur, Jacques

Jacques = Tourneur
(1904-1977)
Cin=E9aste=20 am=E9ricain d=92origine fran=E7aise dont les principaux films = r=E9alis=E9s entre=20 1942 et 1950 rel=E8vent du fantastique et du = suspense

Fils d=92un r=E9alisateur = =E9migr=E9 aux=20 =C9tats-Unis, Jacques Tourneur prit la nationalit=E9 am=E9ricaine = et devint=20 l=92assistant de son p=E8re. Il revint en France diriger quelques = com=E9dies=20 (Tout =E7a ne vaut pas l=92amour, 1931; la Fus=E9e, 1933), puis = fut recrut=E9 par=20 Hollywood o=F9 il fit carri=E8re comme r=E9alisateur de deuxi=E8me = =E9quipe et comme=20 auteur de courts-m=E9trages et de films semi-documentaires (They = all Came=20 Out, 1939). Il tourna ses films les plus convaincants pour le = producteur=20 Val Lewton =E0 la RKO : la F=E9line (Cat People, 1942), Vaudou (I = Walked with=20 a Zombie, 1943), l=92Homme-l=E9opard (The Leopard Man, 1943). = Habile =E0=20 sugg=E9rer la peur en refusant d=92en exhiber l=92objet, il tourna = dans des=20 d=E9cors contemporains toujours tr=E8s =E9vocateurs, comme en = t=E9moignent ses=20 films noirs et ses thrillers : Angoisse (Experiment Perilous, = 1944), la=20 Griffe du pass=E9 (Out of the Past, 1947), L=92enqu=EAte est close = (Circle of=20 Danger, 1951, tourn=E9 en Grande-Bretagne) ou encore Rendez-vous = avec la=20 peur (Night of the Demon, 1957).

Auteur prolifique, il a =E9galement sign=E9 plusieurs westerns, = comme=20 Passage du canyon (Canyon Passage, 1946) et l=92Or et l=92Amour = (Great Day in=20 the Morning, 1956), et quelques films d=92aventures, comme la = Fl=E8che et le=20 Flambeau (The Flame and the Arrow, 1950). De retour en Europe =E0 = la fin des=20 ann=E9es 1950, il s=92illustra dans des genres divers, comme le = p=E9plum : la=20 Bataille de Marathon (la Battaglia di Maratona, 1959), avec Steve=20 Reeves.

Tourneur, Maurice

Maurice = Tourneur
(1876-1961)
Cin=E9aste=20 fran=E7ais

N=E9 =E0 Paris dans une famille = de commer=E7ants,=20 Thomas Maurice, dit Maurice Tourneur, se destine d=92abord aux = arts=20 plastiques et travaille comme illustrateur. La r=E9alisation de = d=E9cors=20 l'am=E8ne =E0 fr=E9quenter le milieu du th=E9=E2tre et =E0 devenir = r=E9gisseur, puis=20 com=E9dien. De 1903 =E0 1910, il fait partie de la troupe d=92Andr=E9 Antoine, puis = de celle=20 d=92Abel Tarride.

Apr=E8s avoir =E9t=E9 l=92assistant du r=E9alisateur =C9mile = Chautard, il signe le=20 Friquet (1912), puis r=E9alise une vingtaine d=92adaptations comme = Figures de=20 cire (1912), d=92apr=E8s une pi=E8ce du Grand Guignol, Soeurette = (1913), d=92apr=E8s=20 un roman de Gyp, et les Ga=EEt=E9s de l'escadron (1913), = d=92apr=E8s une pi=E8ce de=20 Courteline, dont il fera un remake parlant en 1930, ainsi que des = films de=20 d=E9tective comme Monsieur Lecoq (1914) d'apr=E8s =C9mile Gaboriau = et le Myst=E8re=20 de la chambre jaune (1914) d=92apr=E8s Gaston Leroux.

En 1914, il =E9migre aux =C9tats-Unis o=F9 il restera treize = ans, tournant=20 cinquante-cinq films et s'imposant =E0 Hollywood comme un = cr=E9ateur de=20 premi=E8re importance. Il faut citer ses remarquables adaptations = d=92Henrik=20 Ibsen, Maison de poup=E9e (A Doll's House, 1918) de Joseph Conrad, = Une=20 victoire (Victory, 1919) de Fenimore Cooper, le Dernier des = Mohicans (The=20 Last of The Mohicans, 1921), ainsi que Woman (1918), Lorna Doone = (1922) et=20 Aloha (Aloha of the South Seas, 1926).

Apr=E8s une brouille avec Irving Thalberg, producteur de la = MGM, sur le=20 plateau de The Mysterious Island, il rentre en Europe o=F9 il = dirige une=20 inconnue nomm=E9e Marlene Dietrich dans un film allemand, le = Navire des=20 filles perdues (Das Schiff der Verlorene Menschen, 1927), puis = reprend sa=20 carri=E8re en France avec l'=C9quipage (1928), qui conna=EEt un = grand succ=E8s. Il=20 r=E9alise ensuite cinq films interpr=E9t=E9s par Charles Vanel, = dont le=20 remarquable film noir Au nom de la loi (1932). Il adapte le = dramaturge =E0=20 succ=E8s Henry Bernstein dans le Voleur (1934) et dans Samson = (1936), puis=20 signe un policier m=E9diterran=E9en, Justin de Marseille (1935), = triomphe avec=20 K=9Cnigsmark (1936, d=92apr=E8s Pierre Beno=EEt) et tourne l'un = des meilleurs=20 films fran=E7ais interpr=E9t=E9s par Maurice Chevalier, Avec le = sourire (1937).=20 Il r=E9alise =E9galement le beau Katia (1938), avec Danielle = Darrieux.

Son exp=E9rience des m=E9thodes am=E9ricaines est = particuli=E8rement sensible=20 dans son plus grand succ=E8s public, Volpone (1940), d'apr=E8s Ben = Johnson,=20 avec Harry Baur et Louis Jouvet.

De ses cinq films tourn=E9s sous l'Occupation, on retient = surtout une=20 oeuvre fantastique, la Main du diable (1942) et une excellente = adaptation=20 de Georges Simenon, C=E9cile est morte (1943). Affaibli par un = accident=20 d=92automobile, il termine sa carri=E8re avec un grand film noir, = l'Impasse=20 des deux anges (1948).

Trier, Lars von

Von Trier
(1956- )
Cin=E9aste=20 danois

N=E9 =E0 Copenhague, Lars von = Trier r=E9alise=20 tr=E8s jeune deux courts m=E9trages : The Orchid Garden et Mantes = la=20 bienheureuse, avant d=92int=E9grer la Danske Filmskole en 1978. = Pendant sa=20 formation, il signe trois courts m=E9trages : Nocturne (1980) sur = les=20 angoisses d=92une femme menac=E9e de c=E9cit=E9, The Last Detail = (1981), et Images=20 d=92une lib=E9ration (Befrilses Billeder, 1982), qui d=E9crit, du = point de vue=20 des vaincus, les derniers jours de l=92occupation nazie =E0 = Copenhague.=20 L=92esth=E9tique hallucin=E9e de ce portrait d=92un nazi hant=E9 = par des images=20 d=92enfance le fait remarquer au festival du film d=92=E9cole de = Munich et=20 permet =E0 Lars von Trier de passer =E0 la r=E9alisation d=92un = long m=E9trage,=20 Element of crime (1984), un exercice de style qui joue avec les = codes du=20 film policier et les d=E9tourne par un humour distanci=E9, = l=92utilisation de=20 d=E9cors tr=E8s insolites et un travail de fond sur la couleur (le = film n=92est=20 ni en couleurs ni en noir et blanc mais en noir et jaune).

Von Trier, Breaking the=20 waves
Cet extraordinaire m=E9lodrame marque une rupture = dans la=20 carri=E8re de Lars von Trier, le passage d'un formalisme brillant = =E0 une=20 oeuvre =ABtranscendante=BB profond=E9ment concern=E9e par la = souffrance, le mal et=20 la puret=E9.

Le go=FBt prononc=E9 de von Trier pour les mises en abyme se = retrouve dans=20 son deuxi=E8me long m=E9trage, Epidemic (1987), o=F9 un sc=E9nario = complexe m=EAle=20 la vie quotidienne de deux sc=E9naristes =E0 une =E9pid=E9mie = fictive qui devient=20 peu =E0 peu r=E9alit=E9. Cette r=E9flexion sur le cin=E9ma = d=E9route le public par ses=20 partis pris formels originaux. Il r=E9alise ensuite M=E9d=E9e = (Medea, 1988) -=20 sur un sc=E9nario de Carl Dreyer - pour la = t=E9l=E9vision=20 danoise et Europa (1991), qui lui apporte la cons=E9cration. = Contant=20 l=92histoire d=92un pacifiste confront=E9 aux r=E9surgences du = nazisme dans=20 l=92imm=E9diat apr=E8s-guerre, il transcende les codes du thriller = et du=20 m=E9lodrame. Une esth=E9tique tr=E8s graphique faite de collages = et=20 d=92incrustations en couleurs renforce l=92effet hypnotique de ce = film guid=E9=20 par la voix off lancinante de l=92acteur su=E9dois Max von = Sydow.

En 1994, von Trier revient =E0 la t=E9l=E9vision avec une = s=E9rie de cinq=20 heures, l=92H=F4pital et ses fant=F4mes (The Kingdom). Ce = =ABsitcom=BB fantastique=20 r=E9alis=E9 cam=E9ra =E0 l=92=E9paule infl=E9chit la suite de son = oeuvre vers une=20 nouvelle direction dont Breaking The Waves (1996) marque un = premier=20 aboutissement. La surench=E8re graphique de ses premiers films = s=92estompe=20 dans ce m=E9lodrame cruel, histoire d=92un amour qui transcende la = d=E9ch=E9ance=20 et la mort. Le film est couronn=E9 par le grand prix du jury du = festival de=20 Cannes et obtient un grand succ=E8s public.

Devenu le chef de file d=92un collectif de cin=E9astes dont la = charte,=20 Dogma 95, proscrit tout artifice cin=E9matographique et pr=EAche = pour=20 l=92effacement de l=92auteur et la soumission absolue au r=E9el, = Lars von Trier=20 a r=E9alis=E9 dans cet esprit les Idiots (Idioterne, 1998), une = puissante et=20 d=E9rangeante =E9tude de moeurs qui a d=E9clench=E9 une = pol=E9mique =E0 sa sortie.

Truffaut, Fran=E7ois

Fran=E7ois = Truffaut
(1932-1984)
R=E9alisateur=20 et critique fran=E7ais, qui fut l=92un des chefs de file de la = Nouvelle=20 Vague

N=E9 =E0 Paris, Fran=E7ois = Truffaut quitta=20 l=92=E9cole =E0 l=92=E2ge de quatorze ans apr=E8s une enfance = malheureuse. Apr=E8s avoir=20 purg=E9 une peine d=92emprisonnement pour d=E9sertion de = l=92arm=E9e, il commen=E7a sa=20 carri=E8re comme critique de cin=E9ma dans les Cahiers du = cin=E9ma, la revue=20 d=92Andr=E9 Bazin. =C0 la fin des ann=E9es 1950, il commen=E7a =E0 = r=E9aliser ses=20 premiers films en tant qu=92auteur ou coauteur. Son premier long = m=E9trage,=20 les Quatre Cents Coups (1959), fit l=92effet d=92une bombe. Il y = relate=20 l=92histoire d=92Antoine Doinel, un adolescent incompris jou=E9 = par Jean-Pierre=20 L=E9aud. Ce personnage, pour lequel Truffaut s=92est en partie = inspir=E9 de sa=20 propre histoire, fut repris dans une s=E9rie de films tendrement=20 humoristiques : Baisers vol=E9s (1968), Domicile conjugal (1970) = et l=92Amour=20 en fuite (1979). Les films de Truffaut m=EAlent le comique, = l=92=E9motion, le=20 suspense (il =E9tait un fervent admirateur d=92Hitchcock) et le = m=E9lodrame :=20 Tirez sur le pianiste (1960) m=E9lange avec habilet=E9 moments de = gaiet=E9 et=20 sc=E8nes de suspense, Jules et Jim (1962) =E9voque l=92histoire = d=92un couple =E0=20 trois, l=92Histoire d=92Ad=E8le H (1975) et la Chambre verte = (1978), au style=20 visuel tr=E8s =E9vocateur, mettent en sc=E8ne d=92une part = l=92amour impossible et=20 d=92autre part le culte des morts. Pour le film qu=92il r=E9alisa = en hommage au=20 cin=E9ma, la Nuit am=E9ricaine (1973), Truffaut remporta l=92oscar = du meilleur=20 film =E9tranger. Quant au Dernier M=E9tro (1980), dans lequel il = saluait le=20 monde du th=E9=E2tre, ce fut un grand succ=E8s.

Jean-Pierre L=E9aud, = Claire Maurier et=20 Albert R=E9my dans Les Quatre Cents Coups (1959) de Fran=E7ois=20 Truffaut.
Tourn=E9 =E0 la fin de l'ann=E9e 1958, couronn=E9 = au festival de=20 Cannes 1959, le premier long-m=E9trage de Fran=E7ois Truffaut est = l'un des=20 films fondateurs de la Nouvelle Vague fran=E7aise. L'auteur y a = ins=E9r=E9 de=20 nombreuses notations issues de son enfance, mettant en sc=E8ne, en = la=20 personne du jeune et talentueux Jean-Pierre L=E9aud (dans le = r=F4le d'Antoine=20 Doinel), un v=E9ritable double de lui-m=EAme. Antoine Doinel sera = de nouveau=20 le h=E9ros de l'Amour =E0 vingt ans (1962), de Baisers vol=E9s = (1968), de=20 Domicile conjugal (1970) et de l'Amour en fuite (1979).

Truffaut a connu une enfance solitaire et cin=E9phile qui l=92a = conduit,=20 sous la houlette bienveillante d=92Andr=E9 Bazin, =E0 devenir = critique dans les=20 colonnes des Cahiers du Cin=E9ma, puis dans celles du magazine = Arts. L=E0, il=20 affiche un go=FBt jubilatoire pour la pol=E9mique, envoyant ses = traits =E0 un=20 cin=E9ma fran=E7ais de =AB la tradition de la qualit=E9=BB, = engourdi dans sa=20 l=E9thargie et ses recettes exsangues de sc=E9nariste ou de = dialoguiste=20 professionnels. Clair et passionn=E9, le jeune Truffaut invente = alors un=20 ton, m=E9lange de lucidit=E9 et de parti pris alors qu=92il en = appelle d=E9j=E0 =AB au=20 film de demain=BB, =AB plus personnel encore qu=92un roman, = individuel et=20 autobiographique comme une confession ou un journal intime=BB et = qui annonce=20 la Nouvelle Vague. (Arts, 9 mai 1957).

Oskar Werner, Henri Serre = et Jeanne=20 Moreau dans Jules et Jim (1962) de Fran=E7ois Truffaut.

Quelques mois avant que n'=E9clate la Premi=E8re Guerre = mondiale, deux amis=20 ins=E9parables, Jules (Oskar Werner), l'Allemand, et Jim (Henri = Serre), le=20 Fran=E7ais, tombent amoureux de la m=EAme femme, Catherine (Jeanne = Moreau).=20 Celle-ci d=E9cide d'=E9pouser Jules. Bient=F4t s=E9par=E9s, les = amis se retrouvent=20 pourtant =E0 la fin du conflit pour former, le plus naturellement = du monde,=20 un m=E9nage =E0 trois. Adapt=E9 d'un roman d'Henri-Pierre Roch=E9, = le film de=20 Truffaut frappe par sa l=E9g=E8ret=E9, son espi=E8glerie et, = finalement, son=20 innocence. La chanson le Tourbillon, interpr=E9t=E9e par Jeanne = Moreau, est=20 demeur=E9e c=E9l=E8bre.

Truffaut d=E9nonce le =ABr=E9alisme = psychologique=BB d'=ABune=20 certaine tendance du cin=E9ma fran=E7ais=BB

Ces notes n=92ont pas d=92autre objet qu=92essayer de d=E9finir = une certaine=20 tendance du cin=E9ma fran=E7ais =97 tendance dite du r=E9alisme = psychologique =97 et=20 d=92en esquisser les limites.

DIX OU DOUZE FILMS...

Au d=E9but du parlant, le cin=E9ma fran=E7ais fut l=92honn=EAte = d=E9marquage du=20 cin=E9ma am=E9ricain. Sous l=92influence de Scarface nous faisions = l=92amusant=20 P=E9p=E9 le Moko. Puis le sc=E9nario fran=E7ais dut =E0 Pr=E9vert = le plus clair de son=20 =E9volution, Quai des Brumes reste le chef-d=92oeuvre de = l=92=E9cole dite du=20 r=E9alisme po=E9tique.

La guerre et l=92apr=E8s-guerre ont renouvel=E9 notre cin=E9ma. = Il a =E9volu=E9=20 sous l=92effet d=92une pression interne et au r=E9alisme = po=E9tique =97 dont on peut=20 dire qu=92il mourut en refermant derri=E8re lui les Portes de la = nuit =97 s=92est=20 substitu=E9 le r=E9alisme psychologique, illustr=E9 par Claude Autant-Lara, = Jean Delannoy, Ren=E9 Cl=E9ment, = Yves All=E9gret et=20 Marcel Pagliero.

DES FILMS DE SCENARISTES...

Si l=92on veut bien se souvenir que Delannoy a tourn=E9 = nagu=E8re le=20 Bossu et la Part de l=92ombre, Claude Autant-Lara le = Plombier=20 Amoureux et Lettres d=92Amour, Yves All=E9gret la Boite aux = R=EAves et les=20 D=E9mons de l=92aube, que tous ces films sont justement reconnus = comme des=20 entreprises strictement commerciales, on admettra que les = r=E9ussites ou les=20 =E9checs de ces cin=E9astes =E9tant fonction des sc=E9narios = qu=92ils choisissent,=20 la Symphonie pastorale, le Diable au corps, Jeux interdits, = Man=E8ges, Un=20 homme marche dans la ville sont essentiellement des films de=20 sc=E9naristes.

Et puis l=92indiscutable =E9volution du cin=E9ma fran=E7ais = n=92est-elle pas due=20 essentiellement au renouvellement des sc=E9naristes et des sujets, = =E0=20 l=92audace prise vis-=E0-vis des chefs-d=92oeuvre, =E0 la = confiance, enfin, faite=20 au public d=92=EAtre sensible =E0 des sujets g=E9n=E9ralement = qualifi=E9s de=20 difficiles ? [...]

R=C9ALISME PSYCHOLOGIQUE, NI R=C9EL, = NI=20 PSYCHOLOGIQUE...

Il n=92y a gu=E8re que sept ou huit sc=E9naristes =E0 = travailler r=E9guli=E8rement=20 pour le cin=E9ma fran=E7ais. Chacun de ces sc=E9naristes n=92a = qu=92une histoire =E0=20 raconter et comme chacun n=92aspire qu=92au succ=E8s des =AB deux = grands=BB, il=20 n=92est pas exag=E9r=E9 de dire que les cent et quelques films = fran=E7ais r=E9alis=E9s=20 chaque ann=E9e racontent la m=EAme histoire : il s=92agit toujours = d=92une=20 victime, en g=E9n=E9ral un cocu. (Ce cocu serait le seul = personnage=20 sympathique du film s=92il n=92=E9tait toujours infiniment = grotesque :=20 Blier-Vilbert, etc...). La rouerie de ses proches et la haine que = se=20 vouent entre eux les membres de sa famille, am=E8nent le =AB = h=E9ros=BB =E0 sa perte=20 ; l=92injustice de la vie, et, en couleur locale, la = m=E9chancet=E9 du monde=20 (les cur=E9s, les concierges, les voisins, les passants, les = riches, les=20 pauvres, les soldats, etc. [...]

Cette =E9cole qui vise au r=E9alisme le d=E9truit toujours au = moment m=EAme de=20 le capter enfin, plus soucieuse qu=92elle est d=92enfermer les = =EAtres dans un=20 monde clos, barricad=E9 par les formules, les jeux de mots, les = maximes, que=20 de les laisser se montrer tels qu=92ils sont, sous nos yeux. = L=92artiste ne=20 peut dominer son oeuvre toujours. Il doit =EAtre parfois Dieu, = parfois sa=20 cr=E9ature. On conna=EEt cette pi=E8ce moderne dont le personnage = principal,=20 normalement constitu=E9 lorsque sur lui se l=E8ve le rideau, se = retrouve=20 cul-de-jatte =E0 la fin de la pi=E8ce, la perte successive de = chacun de ses=20 membres ponctuant les changements d=92actes. Curieuse =E9poque = o=F9 le moindre=20 com=E9dien rat=E9 use du mot Kafka=EFen pour qualifier ses avatars = domestiques.=20 Cette forme de cin=E9ma vient tout droit de la litt=E9rature = moderne, mi-=AB=20 kafka=EFenne=BB, mi-bovaryste ! [...]

TOUS DES BOURGEOIS...

Le trait dominant du r=E9alisme psychologique est sa volont=E9=20 anti-bourgeoise. Mais qui sont Aurenche et Bost, Sigurd, Jeanson, Autant-Lara, = Allegret, sinon des=20 bourgeois, et qui sont les cinquante mille nouveaux lecteurs que = ne manque=20 pas d=92amener chaque film tir=E9 d=92un roman, sinon des = bourgeois ? [...]

COMME ON SE REFILE UNE BONNE = ADRESSE...

Il est toujours bon de conclure, =E7a fait plaisir =E0 tout le = monde. Il=20 est remarquable que les =AB grands=BB metteurs en sc=E8ne et les = =AB grands=BB=20 sc=E9naristes ont tous fait longtemps des petits films et que le = talent=20 qu=92ils y mettaient ne suffisait pas =E0 ce qu=92on les = distingu=E2t des autres=20 (ceux qui n=92y mettaient pas de talent). Il est remarquable aussi = que tous=20 sont venus =E0 la qualit=E9 EN M=CAME TEMPS, comme on se refile = une bonne=20 adresse. Et puis un producteur =97 et m=EAme un r=E9alisateur =97 = gagnent plus=20 d=92argent =E0 faire le Bl=E9 en herbe que le Plombier amoureux. = Les films=20 =ABcourageux=BB se sont r=E9v=E9l=E9s tr=E8s rentables. La preuve = : un Ralph Habib=20 renon=E7ant brusquement =E0 la demi-pornographie, r=E9alise les = Compagnes de la=20 Nuit et se r=E9clame de Cayatte. Or, = qu=92est-ce qui=20 emp=EAche les Andr=E9 Tabet, les Companeez, les Jean Guitton ,les = Pierre V=E9ry,=20 les Jean Laviron, les Ciampi, les Grangier de faire, du = jour au=20 lendemain, du cin=E9ma intellectuel, d=92adapter les = chefs-d=92oeuvre (il en=20 reste encore quelques-uns) et, bien s=FBr, d=92ajouter des = enterrements un peu=20 partout ?

Alors ce jour-l=E0 nous serons dans la =ABtradition de la = qualit=E9=BB jusqu=92au=20 cou et le cin=E9ma fran=E7ais, rivalisant de =ABr=E9alisme = psychologique=BB,=20 d=92=AB=E2pret=E9=BB, de =ABrigueur=BB, d=92=ABambigu=EFt=E9=BB, = ne sera plus qu=92un vaste=20 enterrement qui pourra sortir du studio de Billancourt pour entrer = plus=20 directement dans le cimeti=E8re qui semble avoir =E9t=E9 plac=E9 = =E0 c=F4t=E9 tout=20 expr=E8s pour aller plus vite du producteur au fossoyeur.

Source : Truffaut = (Fran=E7ois), =ABUne=20 certaine tendance du cin=E9ma fran=E7ais=BB, Cahiers du cin=E9ma, = 1954, janvier,=20 n=B0 31.

Trumbo, Dalton

Dalton Trumbo
(De son vrai nom = James=20 Dalton)
(1905-1976)
Ecrivain, sc=E9nariste et r=E9alisateur=20 am=E9ricain

N=E9 =E0 Montrose (Colorado), = Dalton Trumbo=20 d=E9bute en 1936 comme sc=E9nariste de la Cha=EEne (Road Gang) de = Louis King,=20 avant d=92acqu=E9rir une certaine notori=E9t=E9 en collaborant = avec John Farrow=20 pour trois films : Sorority House (1939), Quels seront les = cinq ? (Five=20 Came Back, 1939) et H=E9r=E9dit=E9 (A Bill of Divorcement, 1940). = Il signe=20 ensuite le sc=E9nario d=92un grand succ=E8s, Kitty Foyle (1940) de = Sam Wood et=20 devient un auteur de premier plan avec Un nomm=E9 Joe (A Guy Named = Joe,=20 1943) et Trente Secondes sur Tokyo (Thirty Seconds Over Tokyo, = 1944).=20 Tender Comrade d=92Edward Dmytryk, r=E9alis=E9 la m=EAme ann=E9e, = lui vaudra=20 quelques ann=E9es plus tard d'=EAtre d=E9nonc=E9 comme communiste = au bureau des=20 activit=E9s antiam=E9ricaines. Auparavant, il =E9crit encore Nos = vignes ont de=20 tendres grappes (Our Vines Have Tender Grapes, 1945) pour Roy = Rowland et=20 Jealousy (1945) pour Gustav Machaty.

Refusant de r=E9pondre =E0 certaines questions de la commission = des=20 activit=E9s antiam=E9ricaines, il fait dix mois de prison et se = retrouve parmi=20 les dix personnalit=E9s bannies d=92Hollywood. Son nom est = retir=E9 du g=E9n=E9rique=20 du R=F4deur (The Prowler, 1951) de Joseph Losey et, = pendant dix ans,=20 il est contraint de travailler sous divers pseudonymes. Il = subsiste ainsi=20 en =E9crivant pour Joseph H. Lewis le D=E9mon des armes (Gun = Crazy, 1950),=20 pour Kurt Neumann Vingt-quatre heures chez les Martiens = (Rocketship X-M,=20 1950), Ceux du voyage (Carnival Story, 1954), Esclaves pour Rio = (They Were=20 so Young, 1955) et The Deerslayer (1956), pour John Berry Menaces = dans la=20 nuit (He Ran All The Way, 1951), pour Otto Preminger = Condamn=E9 au=20 silence (The Court-Martial of Billy Mitchell, 1955), pour John Sturges Un homme = est pass=E9=20 (Bad Day At Black Rock, 1955), pour Phil Karlson les Fr=E8res Rico = (The=20 Brothers Rico, 1957), pour Delmer Daves Cow-boy (1958) et pour = Irvin=20 Rapper les Clameurs se sont tues (The Brave One, 1956), =E9crit = sous le=20 pseudonyme de Robert Rich. Ce film d=E9croche un oscar du meilleur = sc=E9nario=20 que Trumbo devra s=92abstenir d=92aller chercher.

Otto Preminger = d=E9cide alors de=20 l'employer sous son vrai nom pour Exodus (1960). Stanley Kubrick et = l=92acteur et=20 producteur Kirk Douglas agissent de m=EAme pour Spartacus. Ayant = retrouv=E9=20 son identit=E9, il signe les sc=E9narios d=92El Perdido (The Last = Sunset, 1961)=20 de Robert Aldrich, de Seuls sont les indompt=E9s (Lonely Are The = Brave,=20 1962) et d=92Executive Action (1973) de David Miller, du Chevalier = des=20 sables (The Sandpiper, 1965) de Vincente Minnelli, de = Hawa=EF=20 (1966) de George Roy Hill, de l'Homme de Kiev (The Fixer, 1968) et = des=20 Cavaliers (The Horsemen, 1971) de John Frankenheimer et = de Papillon=20 (1973) de Franklin J. Schaffner.

Trumbo a r=E9alis=E9 un film d'apr=E8s son propre roman, Johnny = s'en va-t-en=20 guerre (Johnny Got His Gun, 1971), une oeuvre originale, = =E9mouvante et=20 profond=E9ment pacifiste qui d=E9peint les souffrances et les = r=EAves d=92un jeune=20 soldat terriblement mutil=E9. Il a =E9galement =E9crit le = sc=E9nario du t=E9l=E9film,=20 Ishi, The Last of his Tribe (1978).


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