From: =?Windows-1252?Q?Enregistr=E9_par_Windows_Internet_Explorer=A07?= Subject: R Date: Thu, 24 Apr 2008 05:00:24 +0200 MIME-Version: 1.0 Content-Type: multipart/related; type="text/html"; boundary="----=_NextPart_000_035E_01C8A5C8.1ACA31C0" X-MimeOLE: Produced By Microsoft MimeOLE V6.0.6000.16545 This is a multi-part message in MIME format. ------=_NextPart_000_035E_01C8A5C8.1ACA31C0 Content-Type: text/html; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Location: http://cinemanageria.ifrance.com/abc_cineastes/r.htm R
R

Rappeneau, Jean-Paul

Jean-Paul Rappeneau
(1932- = )
R=E9alisateur=20 et sc=E9nariste fran=E7ais

N=E9 =E0 Auxerre, Jean-Paul = Rappeneau se=20 destine d=92abord au droit mais, d=E8s 1952, s=92oriente vers le = cin=E9ma. Il est=20 d'abord assistant-r=E9alisateur puis, en 1958, r=E9alise un court = m=E9trage,=20 Chronique provinciale. L'ann=E9e suivante, il est sc=E9nariste et = dialoguiste=20 de Sign=E9 Ars=E8ne Lupin (1959) d'Yves Robert puis signe = l'adaptation et les=20 dialogues de Zazie dans le m=E9tro (1960) de Louis Malle, d=92apr=E8s le roman de = Raymond Queneau. Il=20 collabore =E9galement au sc=E9nario et aux dialogues de Vie = priv=E9e (1961) du=20 m=EAme Louis Malle. Il =E9crit encore les = dialogues de Combat=20 dans l'=EEle (1961) d'Alain Cavalier et le = sc=E9nario et=20 l'adaptation de l'Homme de Rio (1963) de Philippe de Broca = avant de=20 r=E9aliser, en 1965, son premier long m=E9trage, la Vie de = ch=E2teau. Ce=20 marivaudage h=E9ro=EFco-comique sur fond d'Occupation et de = R=E9sistance,=20 interpr=E9t=E9 par Catherine Deneuve, Pierre Brasseur et Philippe = Noiret,=20 obtient le prix Louis-Delluc. Les Mari=E9s de l'An II (1970), = com=E9die situ=E9e=20 en pleine R=E9volution fran=E7aise, avec Jean-Paul Belmondo et = Marl=E8ne Jobert,=20 est un nouveau triomphe populaire. Le sauvage (1975), avec = Catherine=20 Deneuve et Yves Montand, et Tout feu, tout flamme (1981), avec = Isabelle=20 Adjani et Montand, sont encore des com=E9dies. Le relatif = insucc=E8s de ce=20 dernier film incite Rappeneau =E0 changer de registre. Cyrano de = Bergerac=20 (1990), empanach=E9 d'humour et d'=E9motion, remporte dix c=E9sars = dont un=20 d=92entre eux r=E9compense l'interpr=E9tation de G=E9rard = Depardieu. En 1995, le=20 cin=E9aste r=E9alise le Hussard sur le toit, auquel il est = reproch=E9, en d=E9pit=20 du souffle =E9pique de ses meilleurs moments et de la prestation = de Juliette=20 Binoche, d'avoir appauvri le roman de Jean Giono dont il est=20 l'adaptation.

Cyrano de = Bergerac
La pi=E8ce de=20 th=E9=E2tre d'Edmond Rostand =E9tait r=E9put=E9e rebelle =E0 toute = tentative=20 d'adaptation cin=E9matographique. Avec l'aide du dialoguiste = Jean-Claude=20 Carri=E8re, Jean-Paul Rappeneau est parvenu =E0 = d=E9-th=E9=E2traliser texte et=20 personnages, redonnant vie =E0 une v=E9ritable histoire = h=E9ro=EFque et=20 sentimentale. Caract=E9ristique d'une certaine tendance = contemporaine du=20 cin=E9ma europ=E9en, le film, sorti en 1990, a su convaincre un = tr=E8s large=20 public gr=E2ce =E0 la qualit=E9 de la mise en sc=E8ne et des = acteurs (Anne Brochet=20 et G=E9rard Depardieu).

Ray, Nicholas

Nicholas Ray
(de son vrai nom = Raymond=20 Nicholas Kienzle)
(1911-1979)
Sc=E9nariste et r=E9alisateur=20 am=E9ricain

N=E9 =E0 Galesville = (Wisconsin), Nicholas=20 Ray, =E9tudie =E0 Chicago et =E0 New York. Il s'int=E9resse tr=E8s = jeune =E0 la=20 musique et au th=E9=E2tre, puis se prend de passion pour = l'architecture apr=E8s=20 sa rencontre avec Frank Lloyd Wright. En 1934, il devient = com=E9dien de=20 th=E9=E2tre =E0 New York, se lie avec Elia Kazan et John Houseman, participe =E0 = l'aventure=20 du Th=E9=E2tre f=E9d=E9ral subventionn=E9 par l'=C9tat, avant = d=92=EAtre engag=E9 comme=20 r=E9alisateur et producteur =E0 la radio.

Ray=20 (Nicholas), la Fureur de vivre
Au-del=E0 d'un = tableau des=20 d=E9sordres de la jeunesse am=E9ricaine, th=E8me en vogue dans le = cin=E9ma=20 am=E9ricain de l'=E9poque, la Fureur de vivre, film o=F9 se = renforce encore=20 l'aura mythique de James Dean (ci-contre avec son metteur en = sc=E8ne),=20 consacre le g=E9nie de la mise en sc=E8ne de Ray, son utilisation = magistrale=20 du Cin=E9mascope et des lieux (la sc=E8ne du plan=E9tarium) et son = lyrisme=20 empreint de m=E9lancolie.

En 1944, Elia Kazan l'emm=E8ne =E0 Hollywood comme = assistant pour=20 son film le Lys de Brooklyn (A Tree Grows in Brooklyn, 1945). = Int=E9ress=E9=20 par le cin=E9ma, il reste en Californie =E0 la fin du tournage et = participe =E0=20 la r=E9daction des dialogues de Carabbean Mistery (1945) de Robert = D. Webb=20 et retrouve John Houseman pour travailler sur un documentaire = d'incitation=20 civique, Tuesday in November (1945).

LES PREMIERS FILMS

Nicholas Ray repart =E0 New York pour reprendre ses activit=E9s = th=E9=E2trales,=20 mais revient plus tard =E0 Hollywood pour signer son premier film, = les=20 Amants de la nuit (They Live by Night, 1948), un sujet social et = policier=20 produit par John Houseman pour la RKO. On y trouve d=E9j=E0 les = th=E8mes qu'il=20 d=E9veloppera dans toute son oeuvre : histoire d'amour tragique = entre des=20 jeunes gens en r=E9volte contre la soci=E9t=E9, r=F4le d'un = a=EEn=E9 responsable qui=20 cherche =E0 aider les autres, conflit avec l'image du p=E8re, = marginalit=E9=20 effar=E9e, violence et rencontre entre l'amour et la mort.

Le studio lui offre ensuite la r=E9alisation d'une adaptation = d'un roman=20 de Vicky Baum, A Woman's Secret (1949), dont il s'acquitte=20 scrupuleusement. L=92acteur Humphrey Bogart produit son film = suivant, dont=20 il tient la vedette, les Ruelles du malheur (Knock on Any Door, = 1949),=20 l'histoire d'une amiti=E9 entre un jeune d=E9linquant et un homme = de loi.

Apr=E8s un drame psychologique avec Joan Fontaine et Robert = Ryan, Born to=20 be Bad (1950), il retrouve Humphrey Bogart pour l'adaptation d'un = roman de=20 Dorothy B. Hugues, le Violent (In A Lonely Place, 1950), = consacr=E9 =E0=20 l'histoire d'un sc=E9nariste qui d=E9truit sa vie et son amour = pour une femme=20 =E0 cause de son temp=E9rament violent : un sujet qui concorde = avec les=20 pr=E9occupations du cin=E9aste et dont il transcende l=92argument = m=E9lodramatique=20 par un style fi=E9vreux, =E9mouvant et d'une belle fluidit=E9.

Il tourne encore la Maison dans l'ombre (On Dangerous Ground, = 1950),=20 tir=E9 du roman de G=E9rard Butler, Mad With Much Heart, o=F9 Ida Lupino et Robert = Ryan sont=20 r=E9unis dans un =E9trange thriller o=F9 l'on assiste =E0 la = naissance d=92un amour=20 entre un policier violent et une aveugle.

UN AUTEUR FLAMBOYANT 

Apr=E8s un film de commande consacr=E9 =E0 l=92aviation, les = Diables de=20 Guadalcanal (Flying Leathernecks, 1951), avec John Wayne, il = reprend sans les=20 signer les films Racket (The Rackett, 1951) de John Brahm et Macao = (1952)=20 de Josef von Sternberg, = puis=20 r=E9alise, avec son ami Robert Mitchum en vedette, un bouleversant = m=E9lodrame=20 dans le milieu du rod=E9o, les Indomptables (The Lusty Men, = 1952).

La critique europ=E9enne le consid=E8re d=E9j=E0 comme un des = auteurs majeurs=20 de sa g=E9n=E9ration, mais, en revanche, son caract=E8re = ind=E9pendant n=92inspire=20 gu=E8re confiance aux producteurs d=92Hollywood. Apr=E8s =EAtre = rest=E9 deux ans=20 sans travail, il met en sc=E8ne un western de s=E9rie B, avec Joan = Crawford et=20 Sterling Hayden, Johnny Guitare (Johnny Guitar, 1954) - devenu un = film=20 culte - et encha=EEne avec un autre western tout aussi fi=E9vreux = et=20 personnel, =C0 l'ombre des potences (Run for Cover, 1955), dont = James Cagney=20 tient la vedette.

Ray r=E9alise la m=EAme ann=E9e un film qui le rend = mondialement c=E9l=E8bre, la=20 Fureur de vivre (Rebel Without A Cause, 1955), avec James Dean et = Nathalie=20 Wood. Cette histoire de d=E9linquance juv=E9nile et d'amour = contrari=E9 est=20 film=E9e avec une sensibilit=E9 et un talent tels que le public, = et=20 particuli=E8rement les jeunes, s=92est identifi=E9 massivement aux = h=E9ros.

Devenu un metteur en sc=E8ne tr=E8s en vue gr=E2ce =E0 ce = succ=E8s, il r=E9alise=20 l'Ardente Gitane (Hot Blood, 1956), un m=E9lodrame sur les gitans, = dont Jane=20 Russel est la star; puis Derri=E8re le miroir (Bigger Than Life, = 1956),=20 description des effets de la drogue chez un professeur jou=E9 par = James=20 Mason, dans lequel il exp=E9rimente des figures plastiques au = chromatisme=20 somptueux.

Il tourne encore une version lyrique de la vie de Jesse James, = le=20 Brigand bien aim=E9 (The True Story of Jesse James, 1957), = transpose en=20 cin=E9mascope noir et blanc le roman de Ren=E9 Hardy, Am=E8re = Victoire (Bitter=20 Victory, 1957), pour en faire une analyse impitoyable de la = confusion des=20 sentiments face aux impostures li=E9es =E0 la guerre, pousse le = lyrisme aux=20 fronti=E8res de l'abstraction avec la For=EAt interdite (Wind = Across The=20 Everglades, 1958), puis transforme un film de gangsters, = Traquenard (Party=20 Girl, 1958), en chor=E9graphie o=F9 les mouvements de cam=E9ra, le = jeu des=20 couleurs et la mise en sc=E8ne rageuse atteignent des sommets de = po=E9sie.

GROS BUDGETS ET = EXP=C9RIMENTATIONS 

Apr=E8s une oeuvre superbe sur un couple d'esquimaux, les Dents = du diable=20 (The Savage Innocents, 1960), il r=E9alise une superproduction = biblique, le=20 Roi des rois (Kings of Kings, 1961), suivie d=92une = superproduction=20 historique, les Cinquante-cinq jours de P=E9kin (55 Days at = Peking, 1963),=20 dans laquelle il ne r=E9ussit que partiellement =E0 imposer son = style et sa=20 th=E9matique.

Suivent dix ann=E9es d=92errance et de projets non aboutis. Ray = revient=20 ensuite avec un film d'avant-garde qu'il produit lui-m=EAme, We = Can't Go=20 Home Again (1973-1976), mais pour lequel il ne trouve pas de = distributeur.=20 Puis il signe et interpr=E8te The Janitor (1974), un sketch du = film=20 n=E9erlandais R=EAves humides (Wet Dreams).

En 1977, le r=E9alisateur allemand Wim Wenders lui = confie un r=F4le=20 dans l'Ami am=E9ricain (Der Amerikanische Freund). L'amiti=E9 des = deux hommes=20 va conduire ceux-ci =E0 collaborer =E0 nouveau pour un film = magnifique et=20 terrible, Nick's Movie (Lightning Over Water, 1980), r=E9cit=20 autobiographique de l=92agonie de Ray, atteint d'un cancer, = documentaire=20 plein de gr=E2ce et d=92=E9motion.

Ray, Satyajit

Satyajit = Ray
(1921-1992)
Cin=E9aste indien,=20 le plus grand r=E9alisateur du cin=E9ma bengali dont l=92oeuvre = n=92a =E9t=E9=20 appr=E9ci=E9e que tardivement en Occident

N=E9 dans une famille = d=92artistes et=20 d=92intellectuels, Satyajit Ray =E9tudia dans les universit=E9s de = Calcutta et=20 de Visva-Bharati, et fut form=E9 par le po=E8te Rabindranath = Tagore, ami de=20 son grand-p=E8re. D=92abord illustrateur, puis directeur = artistique dans une=20 agence de publicit=E9, il se tourna rapidement vers le cin=E9ma et = participa,=20 en 1947, =E0 la fondation de la Calcutta Film Society. Au d=E9but = des ann=E9es=20 cinquante, il commen=E7a =E0 rassembler les fonds n=E9cessaires au = tournage de=20 la Complainte du sentier (Pather Panchali), r=E9alis=E9 avec des = com=E9diens=20 amateurs en milieu villageois. Achev=E9 en 1955 et prim=E9 au = Festival de=20 Cannes de 1956, ce film lan=E7a la carri=E8re de r=E9alisateur de = Ray. La=20 Complainte du sentier constitue le premier volet d=92une trilogie = sur la=20 mis=E8re et la r=E9volte, adapt=E9e d=92un roman c=E9l=E8bre de la = litt=E9rature=20 bengalie. Les deux volets suivants sont l=92Invaincu (Aparajito, = 1956), lion=20 d=92or au festival de Venise, et le Monde d=92Apu (Apu Sansar, = 1959).=20 L=92histoire du personnage central, Apu, et de sa famille, qui = quitte la=20 soci=E9t=E9 rurale pour la ville, se place sous l=92influence du = n=E9o-r=E9alisme.=20 Le succ=E8s de cette trilogie fut consid=E9rable. Ray tourna = ensuite le Salon=20 de musique (Jalsaghar, 1958), la D=E9esse (Devi, 1960), Des jours = et des=20 nuits dans la for=EAt (Aranyer din Ratri, 1970), Tonnerres = lointains (Ashani=20 sanket, 1973), les Joueurs d=92=E9checs (Shatranj ke khilari, = 1977), la Maison=20 et le Monde (Ghare Baire, 1984) et le Visiteur (Agantuk, = 1991).

Le Monde d'Apu (Apu = Sansar, 1959) de=20 Satyajit Ray.
Sans argent, Apu (Soumitra Chatterjee) est = contraint=20 d'affronter le monde du travail. Invit=E9 au mariage d'Aparna = (Sharmila=20 Tagore), la cousine de son ami Pulu (Swanpan Mukherjee), il se = propose=20 d'=E9pouser la jeune fille, d=E9shonor=E9e car son pr=E9tendant = est devenu fou.=20 Aparna, enceinte, meurt en couches; fou de douleur, Apu rejette = l'enfant=20 et s'enfuit. Il lui faudra bien des ann=E9es pour retrouver et = accepter son=20 fils. Apr=E8s la Complainte du sentier (Pather Panchali, 1955) et = l'Invaincu=20 (Aparajito, 1956), le film est le troisi=E8me volet de la Trilogie = d'Apu,=20 l'un des plus grands chefs-d'oeuvre du cin=E9ma indien.

Entre la tradition ancestrale et la modernit=E9, les films de = Ray parlent=20 d=92un monde qui dispara=EEt et d=E9noncent avec force les = superstitions. En=20 mars 1992, peu avant sa mort, Satyajit Ray re=E7ut un oscar pour = l=92ensemble=20 de son oeuvre.

L'Invaincu (Aparajito, = 1956) de=20 Satyajit Ray.
=C0 la mort de son p=E8re, le jeune Apu = d=E9cide=20 d'entreprendre des =E9tudes =E0 Calcutta et, pour survivre, = travaille la nuit=20 dans une imprimerie. Apprenant tardivement la maladie de sa = m=E8re, il ne=20 peut se rendre =E0 temps =E0 son chevet. Second volet de la = Trilogie d'Apu, le=20 film fut couronn=E9 par le lion d'or du festival de Venise en = 1957.

L=92Inde est un pays connu pour =EAtre le plus gros producteur = de films au=20 monde, =E0 travers deux centres (Madras et Bombay) qui distillent = des=20 oeuvres mythologiques ou d=92action, chant=E9es ou dans=E9es. = Satyajit Ray s=92est=20 toujours tenu =E9loign=E9 des r=E8gles de l=92industrie du = cin=E9ma commercial et a=20 choisi de demeurer fid=E8le =E0 sa ville (Calcutta, o=F9 il = na=EEt), =E0 sa r=E9gion=20 (le Bengale), =E0 sa langue et =E0 sa culture. Il a manifest=E9 = son attachement=20 =E0 la musique classique indienne en demandant =E0 Ravi Shankar, = alors peu=20 connu en Occident, de composer en 1955 la musique de son premier = film,=20 Pather Panchali, avant de consacrer un film =E0 ce sujet, Le Salon = de=20 musique (1958), o=F9 s=92illustrent des musiciens comme Ustad = Vilayat Khan et=20 Bismillah Khan. Plus qu=92=E0 la musique, c=92est =E0 la = litt=E9rature bengali, la=20 plus riche et la plus importante de toute l=92Inde, que le = cin=E9aste sera=20 fid=E8le, s=92inspirant de ses principaux romanciers, =E0 = commencer par=20 Rabindranath Tagore, Prix Nobel en 1913, dont il adaptera des = nouvelles=20 (Trois Femmes, 1961), ainsi que Charulata (1964) et La Maison et = le monde=20 (1984).

Satyajit Ray est lui-m=EAme issu d=92une famille = d=92=E9crivains, amis de=20 Tagore. Son grand-p=E8re =E9tait imprimeur, =E9diteur traducteur = et =E9crivain=20 pour enfants, et son p=E8re, grand admirateur de Lewis Carroll et = d=92Edward=20 Lear, est l=92auteur d=92une oeuvre o=F9 l=92on peut voir = l=92=E9quivalent bengali=20 d=92Alice au pays des merveilles. =C0 travers sa famille et = Tagore, Satyajit=20 Ray est aussi l=92h=E9ritier d=92un mouvement intellectuel de la = seconde moiti=E9=20 du XIXe si=E8cle, connu sous le nom de Renaissance bengali. Ce = mouvement,=20 qui pr=F4nait un juste =E9change culturel entre l=92Orient et = l=92Occident, s=92est=20 =E9lev=E9 contre le syst=E8me des castes en Inde, d=E9non=E7ant le = dogmatisme=20 religieux pr=E9conis=E9 par les fondamentalistes hindous. Il a = favoris=E9=20 l=92=E9mancipation de la femme (th=E8me central dans La Grande = Ville et=20 Charulata) et s=92est vu naturellement associ=E9 aux grands = mouvements=20 progressistes qui contribu=E8rent, au d=E9but du si=E8cle, =E0 = l=92ind=E9pendance.

Charulata (1964), de = Styajit=20 Ray

H=E9ritier de la Renaissance bengali, Ray a choisi le cin=E9ma = pour se=20 d=E9marquer de la voie explor=E9e par sa famille. Adolescent, =E0 = Calcutta, il=20 d=E9couvre dans les salles obscures le cin=E9ma am=E9ricain = classique (Lubitsch, Chaplin, Douglas = Fairbanks), et=20 c=92est =E0 Santiniketan, l=92universit=E9 fond=E9e par Tagore, = qu=92il s=92initie au=20 d=E9but des ann=E9es 1940 =E0 l=92art oriental (la peinture et la = calligraphie=20 chinoises). =C0 son retour, il travaille comme dessinateur dans = une agence=20 de publicit=E9, illustre des =E9ditions de classiques pour enfants = et fonde,=20 en 1947, un cin=E9-club avec des amis, tourn=E9 vers le cin=E9ma = sovi=E9tique et=20 am=E9ricain. Le d=E9sir de v=E9ritablement faire du cin=E9ma, Ray = l=92a =E9prouv=E9 en=20 rencontrant Jean Renoir, venu en = 1949 faire=20 des rep=E9rages puis tourner Le Fleuve =E0 quelques kilom=E8tres = de Calcutta.=20 Peu de temps apr=E8s, le choc du n=E9o-r=E9alisme et la = d=E9couverte du Voleur de=20 bicyclette le mettent sur la voie de Pather Panchali.

=C0 l=92=E9poque, pour tourner un film, il faut passer par = l=92assistanat,=20 travailler avec des stars, accepter de tourner en studio. Autant = de=20 contraintes que refuse Ray. C=92est ainsi que, entour=E9 de = quelques amis,=20 avec le peu d=92argent dont il dispose, il se lance dans = l=92aventure de=20 Pather Panchali, qu=92il tourne en d=E9cors naturels, avec des = acteurs pour la=20 plupart inexp=E9riment=E9s. Interrompu =E0 plusieurs reprises, le = tournage=20 s=92=E9tale sur trois ans. Le film, adapt=E9 d=92un classique = populaire de la=20 litt=E9rature bengali (il fut publi=E9 dans la presse sous forme = de feuilleton=20 en 1928), conna=EEtra un =E9norme succ=E8s au Bengale. Aparajito = (1956),=20 deuxi=E8me volet de la trilogie d=92Apu (que compl=E8te en 1959 Le = Monde d=92Apu),=20 recevra le lion d=92or =E0 Venise en 1957. Ainsi, et jusqu=92=E0 = la fin de sa vie,=20 Ray travaillera pour deux publics, le public bengali et le public=20 international, tout en continuant d=92=EAtre ignor=E9 du reste de = l=92Inde, o=F9 ses=20 films ne furent jamais montr=E9s.

De Renoir et du = n=E9o-r=E9alisme,=20 Satyajit Ray gardera cette id=E9e qu=92un artiste doit =EAtre le = t=E9moin engag=E9=20 de l=92=E9poque dans laquelle il vit, qu=92il s=92agisse de la = mis=E8re des=20 campagnes (Pather Panchali) ou de la corruption qui r=E8gne dans = le monde=20 des affaires (Les Branches de l=92arbre, 1990). Du pass=E9 de la = Renaissance=20 bengali, il gardera l=92attachement pour cette vitalit=E9 = intellectuelle et=20 culturelle qui marque des films comme La D=E9esse, Le Salon de = musique,=20 Charulata et La Maison et le monde.

Parall=E8lement =E0 sa carri=E8re de cin=E9aste, Ray a =E9t=E9 = musicien et=20 =E9crivain. C=92est en 1961 qu=92il commence =E0 composer la = musique de ses films,=20 chose rare dans l=92histoire du cin=E9ma - =E0 l=92exception de Chaplin -, mais = fr=E9quente en=20 Inde. Ray a toujours dit que =ABle cin=E9ma, comme la musique, est = un art du=20 temps=BB et que, contrairement =E0 la peinture ou =E0 la = litt=E9rature, le cin=E9ma=20 est un art qui impose sa dur=E9e. Cependant, la musique indienne = reposant=20 essentiellement sur l=92improvisation, c=92est du c=F4t=E9 de = l=92Occident=20 (Beethoven et Mozart) que Ray ira chercher les mod=E8les qui = ob=E9issent =E0 des=20 formes dramatiques pr=E9cises (concerto, sonate, symphonie).

C=92est =E9galement en 1961 qu=92il fait rena=EEtre la revue = Sandesh, fond=E9e=20 par son grand-p=E8re en 1913. Ce magazine pour enfants publie en = bengali des=20 nouvelles qui sont la retranscription de contes populaires oraux. = Ray=20 lui-m=EAme prend go=FBt =E0 =E9crire des nouvelles. Il cr=E9e le = personnage du=20 d=E9tective Feluda, son h=E9ros le plus c=E9l=E8bre, qu=92il = adaptera =E0 l=92=E9cran, et=20 signe de nombreux r=E9cits fantastiques inspir=E9s de Jules Verne = et d=92Arthur=20 Conan Doyle.

C=92est de cette fa=E7on que Satyajit Ray en vient =E0 =E9crire = le sc=E9nario de=20 son projet The Alien, qu=92il devait tourner =E0 Hollywood pour la = Columbia.=20 Il reprochera plus tard =E0 Spielberg de s=92en = =EAtre inspir=E9 en=20 r=E9alisant E.T.

Trois visages de com=E9diennes (Sharmila Tagore, Madhabi = Mukherjee et=20 Mamata Shantar) irradient l=92oeuvre de Ray, et un acteur, = Soumitra=20 Chatterjee, qui fut Apu en 1959 dans Le Monde d=92Apu et Proshanto = dans Les=20 Branches de l=92arbre en 1990, a =E9t=E9 jusqu=92au bout son = porte-parole. =C0=20 travers lui, Ray s=92est regard=E9 grandir et a vu le temps = passer. Le th=E8me=20 du passage constitue en effet la figure centrale de son cin=E9ma : = passage=20 de la campagne =E0 la ville, passage de la maison au monde, de = l=92enfance =E0=20 l=92=E2ge adulte, du monde du jeu (Les Joueurs d=92=E9checs) au = monde du travail=20 (L=92Interm=E9diaire). Figures du passage et de l=92=E9change = qu=92il a orchestr=E9es=20 sur le plan des id=E9es (l=92opposition entre la raison et la foi = dans La=20 D=E9esse et Ganashatru) et dont il a fait, =E0 partir de la = musique, l=92enjeu=20 esth=E9tique de son cin=E9ma. Car la musique est moins associ=E9e = =E0 une=20 m=E9taphore de la cr=E9ation artistique qu=92elle n=92est, dans Le = Salon de=20 musique, ce qui ouvre le sujet humain au plaisir de l=92audition. = La=20 musique, en effet, telle que Ray la filme, ne livre pas son = dernier mot.=20 Contrairement =E0 l=92=E9crit ou =E0 la peinture, elle est = pr=E9cis=E9ment ce qui=20 passe mais ne reste pas.

Raysse, Martial

Martial Raysse
(1936- = )
Cin=E9aste, peintre=20 et sculpteur fran=E7ais, un temps apparent=E9 au Nouveau = R=E9alisme

Entre l=92assemblage d=92objets = r=E9cup=E9r=E9s=20 (Supermarch=E9 magie multicolore, 1960) et le recyclage de motifs=20 publicitaires ou de clich=E9s de mannequin (Sur la plage, 1962), = la=20 production de Martial Raysse dans les ann=E9es soixante tient = autant du=20 Nouveau R=E9alisme que d=92une forme de pop art =AB=E0 la = fran=E7aise=BB.

Le style est imm=E9diatement rep=E9rable dans le traitement de = situations=20 souvent estivales ou qui mettent en sc=E8ne la soci=E9t=E9 de = consommation=20 v=E9hicul=E9e par les magazines f=E9minins : artificiel, l=E9ger, = mais aussi=20 ludique, le tableau objet de Martial Raysse exploite le potentiel=20 dynamique d=92objets en mati=E8re plastique vivement color=E9s, = coll=E9s sur des=20 agrandissements et s=E9rigraphies de mod=E8les embl=E9matiques des = sixties : un=20 parapluie et un ballon r=E9els viennent miner l=92illusionnisme = pictural de=20 Souviens-toi de Tahiti (1963). Mais c=92est surtout = l=92utilisation du n=E9on,=20 employ=E9 =E0 la fois comme =E9l=E9ment formel (couleur, = lumi=E8re) et comme=20 m=E9tonymie de la civilisation urbaine, qui le distingue de ses=20 contemporains (America, America, 1964; Juan-les-Pins 1936, = 1968).

Apr=E8s une br=E8ve incursion dans le cin=E9ma (Camembert = Martial extra-doux,=20 1969; le Grand D=E9part, 1970), il revient au cours des ann=E9es = soixante-dix=20 =E0 une pratique picturale qui se r=E9v=E8le totalement = diff=E9rente des=20 productions ant=E9rieures. Des dessins pu=E9rils et des peintures = de sc=E8nes=20 bucoliques, oniriques, voire merveilleuses =E0 peine relev=E9es = par des=20 couleurs pastels semblent flotter au milieu de grandes feuilles = blanches=20 (Loco Bello, Spelunca, 1973-1977). Le t=E9moin et acteur de la = soci=E9t=E9 de=20 consommation des ann=E9es soixante op=E8re un retour =E0 la nature = et =E0 une=20 peinture fragile, faussement na=EFve, avec des petits formats = repr=E9sentant=20 des int=E9rieurs qui rappellent quelquefois l=92illustration de = contes pour=20 enfants.

Sa sculpture, abord=E9e dans les ann=E9es quatre-vingt, comme = sa peinture=20 vont par la suite prendre une orientation figurative et manifester = une=20 certaine raideur dans la facture, renforc=E9e par les = r=E9f=E9rences =E0 des=20 sujets antiques ou =E0 des genres tomb=E9s en d=E9su=E9tude, comme = la peinture=20 d=92histoire (le Carnaval de P=E9rigueux, 1992).

Reed, sir Carol

Carol = Reed
(1906-1976)
Sc=E9nariste,=20 producteur et r=E9alisateur britannique

N=E9 =E0 Londres, il passe son = enfance dans la=20 banlieue de cette ville, puis fait ses =E9tudes =E0 Canterbury. = Attir=E9 par le=20 th=E9=E2tre, il devient com=E9dien en 1924, tout en servant de = secr=E9taire au=20 sc=E9nariste et auteur de romans policiers Edgar Wallace. Puis, = passionn=E9=20 par le cin=E9ma, il entame une carri=E8re d'assistant = r=E9alisateur en 1932.

Il d=E9bute comme r=E9alisateur avec It Happened in Paris = (1935) et=20 Midshipman Easy (1935), puis tourne Talk of the Devil (1936), = Laburnam=20 Grove (1936) et Who's Your Lady Friend? (1937).

On le consid=E8re comme un des cin=E9astes les plus prometteurs = du pays=20 apr=E8s son film Week-end (Bank Holliday, 1938) et Penny Paradise = (1938),=20 mais c=92est seulement apr=E8s Climbing High (1938) et A Girl Must = Live (1939)=20 qu=92il obtient une v=E9ritable renomm=E9e avec un film social, = Sous le regard=20 des =E9toiles (The Stars Look Down, 1939), d'apr=E8s le roman = =E9ponyme de=20 Cronin, et un thriller d'espionnage : Train de nuit pour Munich = (Night=20 Train To Munich, 1940).

Apr=E8s The Girl in the News (1940), une adaptation de Herbert = George=20 Wells, Kipps (1941) et The Young Mister Pitt (1942), il participe = =E0=20 l'effort de guerre en tournant, entre autres films, l'H=E9ro=EFque = parade (The=20 Way Ahead, 1944) et le documentaire la Vraie Gloire (The True = Glory,=20 1945).

Orson Welles dans le Troisi=E8me Homme = (The Third=20 Man), 1949, de Carol Reed.
Sit=F4t arriv=E9 =E0 Vienne, = l'=E9crivain Holly=20 Martins (Joseph Cotten) apprend la mort de son ami Harry Lime (Orson Welles). Il d=E9couvre rapidement = qu'Harry vit=20 en v=E9rit=E9 en zone russe, o=F9 il se livre au trafic de = p=E9nicilline. R=E9alis=E9=20 sur un sc=E9nario de Graham Greene (qui en tira plus tard un roman = c=E9l=E8bre),=20 accompagn=E9 d'une musique d'Anton Karas, le film de Carol Reed = remporta le=20 grand prix du festival de Cannes en 1949.

Il r=E9alise un film audacieux sur le terrorisme, Huit heures = de sursis=20 (Odd Man Out, 1947) et une oeuvre sensible sur l'enfance, = Premi=E8re=20 d=E9sillusion (The Fallen Idol, 1948), adapt=E9e de Graham Greene. = Son film=20 suivant, le tr=E8s c=E9l=E8bre le Troisi=E8me Homme (The Third = Man, 1949),=20 admirablement interpr=E9t=E9 par Joseph Cotten et Orson Welles, =E9galement adapt=E9 de = Graham Greene,=20 fait de lui un r=E9alisateur d'envergure internationale.

La suite de sa carri=E8re est assez =E9clectique et = irr=E9guli=E8re. L'=E9chec=20 imm=E9rit=E9 de son adaptation de Joseph Conrad le Banni des = =EEles (An Outcast=20 of the Islands, 1951) pr=E9c=E8de la belle r=E9ussite de son film = sur le Berlin=20 de l=92apr=E8s-guerre l'Homme de Berlin (The Man Between, 1953) et = son sinc=E8re=20 retour au th=E8me de l'enfance, l'Enfant =E0 la licorne (A Kid For = Two=20 Farthings, 1955). Trapeze (1956), un m=E9lodrame hollywoodien se = d=E9roulant=20 dans le milieu du cirque, avec Gina Lollobrigida, Burt Lancaster = et Tony=20 Curtis, est un succ=E8s international, bien qu=92il ne s=92agisse = pas de son=20 meilleur film.

Si la Cl=E9 (The Key, 1958), avec Sophia Loren, William Holden = et Trevor=20 Howard, est un m=E9lodrame sans grande envergure, Notre agent =E0 = la Havane=20 (Our Man in Havana, 1959) poss=E8de toutes les qualit=E9s de ses = grandes=20 oeuvres pr=E9c=E9dentes.

Apr=E8s le Deuxi=E8me Homme (The Running Man, 1963), il tourne = une=20 superproduction historique =E0 Hollywood, l'Extase et l'agonie = (The Agony=20 and The Ectasy, 1965) et triomphe aux oscars avec la transposition = d'Oliver Twist de Charles Dickens en com=E9die musicale, Oliver = (1968). Il=20 dirige ensuite Anthony Quinn dans un pamphlet antiraciste, = l'Indien (The=20 Last Warrior, 1970) et signe Sentimentalement v=F4tre (The Public = Eye,=20 1972).

Reggab (Mohamed)

Mohamed = Reggab
(1932-1990)
C=E9nariste=20 marocain

Mohamed Reggab est n=E9 en 1942 =E0 = Safi (Maroc).=20 Il a fait ses =E9tudes primaires et secondaires =E0 Casablanca = avant d'entamer=20 une formation =E0 l'Institut d'=C9tat des =C9tudes Sup=E9rieures=20 Cin=E9matographiques de Moscou, et des =E9tudes sup=E9rieures =E0 = la Facult=E9 des=20 sciences sociales =E0 l'Universit=E9 libre de Bruxelles.
Propos = : "J'=E9pure=20 mes observations dans le domaine d'=E9tude qu'est le cin=E9ma par = des images=20 quotidiennes. Je les construis. Toutefois, je m'assigne le devoir = de ne=20 pas d=E9figurer le r=E9el. Ce v=E9cu est aussi le mien".

Filmographie

  • 1969 : Histoire en verre, moyen m=E9trage;=20
  • 1972 : La S=E9questration, court m=E9trage; =
  • 1976 : Les cendres du clos = (Collectif), long m=E9trage;=20
  • 1978 : De quelques =E9v=E9nements = sans=20 signification (o=F9 il joue le journaliste)=20
  • 1977-1980 : Films documentaires sur les = Bidonvilles=20 de Rabat, le Sch=E9ma Directeur de B=E9ni Mellal et le premier = Festival=20 Culturel d'Asilah;=20
  • 1982 : Le coiffeur du quartier des=20 pauvres, long m=E9trage;=20
  • 1990 (Projet, avant son d=E9c=E8s) : = Souvenirs d'un exil,=20 long m=E9trage.

Renoir, Jean

Jean = Renoir
(1894-1979)
R=E9alisateur,=20 producteur, sc=E9nariste et metteur en sc=E8ne fran=E7ais =E0 = l=92inspiration tr=E8s=20 =E9clectique et au style mariant la fantaisie et l=92insolence au = r=E9alisme le=20 plus familier

Son oeuvre, longtemps incomprise et = m=E9sestim=E9e, appara=EEt aujourd=92hui comme l=92une des plus = admirables du cin=E9ma=20 fran=E7ais.

LES PREMI=C8RES ANN=C9ES

N=E9 =E0 Montmartre, Jean Renoir est le second fils du peintre=20 impressionniste Pierre-Auguste Renoir. Apr=E8s des =E9tudes = m=E9diocres, il=20 s=92engagea dans le corps des dragons en 1912. Soldat en 1914, il = servit=20 dans l=92aviation =E0 partir de 1916. Il rapporta de la guerre une = blessure =E0=20 la jambe qui le fit boiter toute sa vie. En 1920, il =E9pousa = l=92un des=20 mod=E8les de son p=E8re, Andr=E9e Heuchling, et s=92installa comme = c=E9ramiste. La=20 sortie, en 1921, du film d=92Erich von Stroheim = Folies de=20 femmes (Foolish Wives) d=E9cida de la suite de sa carri=E8re.

Erich von Stroheim, = Pierre=20 Fresnay et Jean Gabin dans la Grande Illusion (1937) de Jean=20 Renoir.
Dans un camp en Allemagne, pendant la Premi=E8re = Guerre=20 mondiale, un groupe de prisonniers fran=E7ais tente de = s'=E9chapper en=20 creusant un tunnel. Les relations d'amiti=E9 qui s'=E9tablissent = entre le=20 capitaine de Bo=EFeldieu (Pierre Fresnay) et le commandant von = Rauffenstein=20 (Erich von Stroheim) = illustrent le=20 poids encore vivace des classes sociales ; pourtant, le = patriotisme et la=20 solidarit=E9 nationale finiront par l'emporter, et Bo=EFeldieu se = sacrifiera=20 pour ses soldats. Avec ce chef-d'oeuvre, Jean Renoir, li=E9 au = groupe=20 Octobre depuis 1934, r=E9alisait un film ni vraiment pacifique ni=20 v=E9ritablement nostalgique, mais profond=E9ment humaniste. = Suivront la B=EAte=20 humaine (1937), la Marseillaise (1938) et surtout la R=E8gle du = jeu=20 (1939).

Son premier long m=E9trage, la Fille de l=92eau (1924), =E9tait = une fable=20 bucolique =E0 l=92esth=E9tique impressionniste, dans lequel = jouaient sa jeune=20 =E9pouse =97 qui avait pris le pseudonyme de Catherine Hessling = =97 et son fr=E8re=20 a=EEn=E9, Pierre Renoir. L=92accueil mitig=E9 r=E9serv=E9 au film = ne d=E9couragea=20 cependant pas le cin=E9aste, qui se lan=E7a peu apr=E8s dans une = production=20 co=FBteuse, Nana (d=92apr=E8s =C9mile Zola, 1926), puis dans une = s=E9rie de=20 r=E9alisations aux inspirations tr=E8s diverses (la Petite = Marchande=20 d=92allumettes, d=92apr=E8s Andersen, 1928 ; Tire-au-flanc, = com=E9die militaire,=20 1928 ; On purge B=E9b=E9, d=92apr=E8s Feydeau, 1931) qui ne surent = pas toujours=20 convaincre le public.

LA P=C9RIODE R=C9ALISTE

La Chienne (1931) marqua un tournant dans l=92oeuvre de Jean = Renoir. Film=20 parlant, adapt=E9 d=92un roman de Georges de La Fouchardi=E8re, la = Chienne=20 offrait =E0 Michel Simon l=92un de ses plus beaux r=F4les =97 = celui d=92un=20 petit-bourgeois jaloux, assassin et veule.

Apr=E8s la Nuit du carrefour (d=92apr=E8s Simenon, 1932), dans = lequel Pierre=20 Renoir interpr=E8te le commissaire Maigret, le r=E9alisateur = tourna une s=E9rie=20 impressionnante de chefs-d=92oeuvre : Boudu sauv=E9 des eaux = (avec, de=20 nouveau, Michel Simon, 1932), le Crime de M. Lange (avec Jules = Berry,=20 1935), Une partie de campagne (1936, sorti en 1946) dont son = neveu, Claude=20 Renoir, signa la photographie, et les Bas-fonds (avec Louis = Jouvet,=20 1936).

Puisant son inspiration dans les romans de Gorki ou dans les = nouvelles=20 de Maupassant, Jean Renoir fit preuve d=92un sens aigu du r=E9el, = qu=92il mit au=20 service d=92un v=E9ritable naturalisme po=E9tique. Li=E9 au groupe = Octobre, il fit=20 peu =E0 peu appel =E0 des collaborateurs (Jacques Pr=E9vert, Roger = Blin) qui=20 donn=E8rent =E0 sa production une dimension ouvertement politique, = marqu=E9e par=20 les id=E9es du Front populaire (La vie est =E0 nous, 1936 ; le = Crime de M.=20 Lange, la Marseillaise, 1936) et qui allait ouvrir la voie au = n=E9or=E9alisme=20 italien.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Jean Renoir essaya, avec la = Grande=20 Illusion (1937), de promouvoir un message de paix, faisant = tourner, en=20 mani=E8re d=92hommage, son p=E8re spirituel Erich von Stroheim = aux c=F4t=E9s de=20 Jean Gabin. Dans la B=EAte humaine (1937), il s=92effor=E7a de = mettre en sc=E8ne=20 les enjeux sociaux de l=92=E9poque. Dans son chef-d=92oeuvre, la = R=E8gle du jeu=20 (1939), il pr=E9voyait l=92effondrement des valeurs humanistes et = brossait un=20 tableau sans complaisance des moeurs de la soci=E9t=E9 = fran=E7aise. L=92oeuvre=20 t=E9moigne d=92une nouvelle appr=E9hension de l=92espace = cin=E9matographique, aussi=20 bien dans le d=E9coupage de l=92espace que dans le montage = discontinu du temps=20 de l=92action.

LA P=C9RIODE AM=C9RICAINE ET LES = DERNI=C8RES=20 oeuVRES

Exil=E9 aux =C9tats-Unis en 1940 (laissant inachev=E9e une = adaptation de la=20 Tosca par Victorien Sardou, qui sera finalement tourn=E9e par Carl = Koch),=20 Jean Renoir prit la nationalit=E9 am=E9ricaine. S=92il s=92adapta = difficilement au=20 syst=E8me hollywoodien, il r=E9alisa n=E9anmoins plusieurs oeuvres = de commande,=20 notamment des films de propagande (Vivre libre / This Land is = Mine, avec=20 Charles Laughton, = 1943 ; Salut =E0=20 la France / A Salute to France, 1944) et des adaptations = litt=E9raires (le=20 Journal d=92une femme de chambre / The Diary of a Chambermaid, = d=92apr=E8s=20 Octave Mirbeau, 1946), avant de partir en Inde tourner le Fleuve = (The=20 River, 1951), film en couleurs, contemplatif et serein, d=92un = humanisme=20 parfois d=E9senchant=E9. L=92oeuvre eut une influence durable sur = le cin=E9ma=20 indien lui-m=EAme.

De retour en Europe au d=E9but des ann=E9es 1950, Jean Renoir = tourna encore=20 le Carrosse d=92or (d=92apr=E8s Prosper M=E9rim=E9e, 1952), French = Cancan (avec Jean=20 Gabin et Fran=E7oise Arnoul, 1955), Elena et les Hommes (avec = Ingrid Bergman=20 et Jean Marais, 1956) et le Caporal =E9pingl=E9 (d=92apr=E8s = Jacques Perret,=20 1962). Rencontrant des difficult=E9s de plus en plus importantes = =E0 produire=20 ses films, il se tourna vers la t=E9l=E9vision (le Petit = Th=E9=E2tre de Jean=20 Renoir, 1969-1971) et se consacra plus largement =E0 = l=92=E9criture : il publia=20 un livre sur son p=E8re, Renoir, mon p=E8re (1962), son = autobiographie, Ma vie=20 et mes films (1974), un essai (=C9crits 1926-1971, 1974), quelques = pi=E8ces de=20 th=E9=E2tre (Orvet, 1955) ainsi que plusieurs romans (les Cahiers = du capitaine=20 Georges, 1966 ; le Crime de l=92Anglais, 1979). En 1970, il prit = sa retraite=20 =E0 Beverly Hills, o=F9 il mourut en 1979.

Resnais,=20 Alain

Alain Resnais
(1922- = )
R=E9alisateur fran=E7ais

N=E9 =E0 Vannes, Alain Resnais = s'int=E9resse tr=E8s jeune =E0=20 la litt=E9rature populaire (Harry Dickson, Fant=F4mas, etc.) et = =E0 la bande=20 dessin=E9e (Terry et les Pirates, Mandrake, Dick Tracy), passions = qu=92il=20 conservera toute sa vie et dont on retrouve la trace dans = plusieurs de ses=20 oeuvres.

La musique et le th=E9=E2tre le fascinent =E9galement, mais = c'est le cin=E9ma=20 qui l'attire le plus. Adolescent, il ach=E8te une cam=E9ra 8 mm et = r=E9alise de=20 petits films, dont un Fant=F4mas (1935).

Install=E9 =E0 Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, il = songe =E0 devenir=20 com=E9dien et suit les cours de plusieurs =E9coles d'acteurs. = Passionn=E9 par le=20 surr=E9alisme, par les oeuvres de Sacha Guitry et = celles de Jean Cocteau, comme = par les=20 grands textes de la litt=E9rature classique, il s'int=E9resse = =E9galement =E0 la=20 peinture et, apr=E8s avoir tent=E9 un film d=92inspiration = surr=E9aliste, Sch=E9ma=20 d'une identification (1947), il tourne une s=E9rie documentaire = sur ce th=E8me=20 avec Visite =E0 Oscar Dominguez (1947), Visite =E0 Lucien Coutaud = (1947),=20 Visite =E0 F=E9lix Labisse (1947), Visite =E0 Hans Hartung (1947), = Portrait=20 d'Henri Goetz (1947) et Visite =E0 Max Ernst (1947).

LE COURT M=C9TRAGE

Monteur et auteur de courts m=E9trages recherch=E9, il = r=E9alise des oeuvres=20 de commande, comme la Bague (1947), mimodrame de Marcel Marceau, = l'Alcool=20 tue (1947), film de mise en garde contre l'alcoolisme, Transfo = transforme=20 l'=E9nergie du Pyrium (1947), le Lait Nestl=E9 (1947) Ch=E2teaux = de France=20 (1948) et Versailles (1948).

Il r=E9alise =E9galement Malfray (1948), le portrait d=92un = sculpteur - pour=20 le compte d=92un collectionneur -, puis Van Gogh (1948) et Gauguin = (1950),=20 produits par Pierre Braunberger, qui attirent l'attention de la = critique=20 sur son travail.

Il est salu=E9 pour Guernica (1950), mais conna=EEt des = probl=E8mes de=20 censure =E0 cause d=92un pamphlet anticolonialiste, =E9crit et = r=E9alis=E9 avec Chris Marker, les = Statues meurent=20 aussi (1950-1953). Il obtient le prix Jean Vigo avec Nuit et Brouillard (1955), = un essai=20 documentaire sur les camps de concentration, dont le texte est = =E9crit par=20 l'ancien d=E9port=E9 Jean Cayrol et la musique sign=E9e par Hanns = Eisler. Ce=20 film est rest=E9 un classique du cin=E9ma documentaire et, = jusqu=92=E0 Shoah de=20 Jacques Lanzmann, le seul film ambitieux consacr=E9 =E0 = l=92holocauste.

Resnais tourne ensuite une =E9tude sur la Biblioth=E8que = nationale, Toute=20 la m=E9moire du monde (1956), puis il participe au Myst=E8re de = l'atelier=20 quinze (1957) d=92Andr=E9 Heinrich. Il signe aussi un film sur la = fabrication=20 du plastique, le Chant du Styr=E8ne (1958), =E9crit et comment=E9 = par Raymond=20 Queneau.

=C0 travers ces films se pr=E9cise d=E9j=E0 l=92=E9criture = cin=E9matographique de=20 Resnais : lenteur des travellings, plans fixes au cadre = impeccable,=20 dialogue entre la voix et la musique. Toutes figures que l=92on = retrouvera=20 dans ses longs m=E9trages de fiction.

LE LONG M=C9TRAGE

Son premier long m=E9trage, Hiroshima mon amour (1959), =E9crit = par Marguerite Duras, le = rapproche de=20 la Nouvelle Vague, mais son rapport =E0 la modernit=E9, ses jeux = sur la=20 temporalit=E9, la m=E9moire et le secret, lui valent aussi le = soutien=20 d=92intellectuels qui appr=E9cient d=92ordinaire peu le = cin=E9ma.

Emmanuelle Riva et Eiji = Okada dans=20 Hiroshima mon amour (1959) d'Alain Resnais.
Une = com=E9dienne=20 fran=E7aise tourne =E0 Hiroshima un film sur la paix. Elle y fait = la=20 connaissance d'un architecte japonais et en tombe amoureuse. Leur = br=E8ve=20 passion, dans une ville encore traumatis=E9e par l'horreur de la = guerre, lui=20 rappelle celle qu'elle v=E9cut durant l'Occupation avec un jeune = soldat=20 allemand qui mourut sous ses yeux. R=E9alis=E9 par Alain Resnais = sur un=20 sc=E9nario original de Marguerite Duras, le = film -dont=20 le sujet fit scandale- appara=EEt comme l'un des plus = embl=E9matiques de la=20 Nouvelle Vague.

Avec l'Ann=E9e derni=E8re =E0 Marienbad (1960), oeuvre = exp=E9rimentale co=E9crite=20 avec Alain Robbe-Grillet, = il obtient=20 le lion d'or =E0 la biennale de Venise. Il continue ses recherches = sur la=20 m=E9moire et la qu=EAte du temps perdu avec Muriel ou le temps = d'un retour=20 (1963) =E9crit par Jean Cayrol, qui d=E9nonce avec brio la torture = en Alg=E9rie,=20 mais dont l=92audace d=E9concerte le public et la critique.

Trois ans plus tard, il porte =E0 l'=E9cran un sc=E9nario de = Jorge Sempr=FAn=20 sur la r=E9sistance antifranquiste en Espagne, La guerre est finie = (1966),=20 avec un Yves Montand remarquable en militant d=E9sabus=E9.

Resnais, l'Ann=E9e = derni=E8re =E0=20 Marienbad
Dans le d=E9cor somptueux d'un grand h=F4tel, un = homme=20 (Giorgio Albertazzi) tente de persuader une femme qui ne se = souvient de=20 rien (Delphine Seyrig) qu'ils se sont connus et aim=E9s =E0 = Marienbad, l'ann=E9e=20 pr=E9c=E9dente. R=E9alis=E9 par Alain Resnais deux ans apr=E8s = Hiroshima mon amour,=20 le film, sc=E9naris=E9 et dialogu=E9 par Alain Robbe-Grillet, = fut couronn=E9=20 par le lion d'or au festival de Venise en 1961.

Homme de gauche et intellectuel lucide, il participe au film = Loin du=20 Vi=EAt Nam (1967) avant d=92approfondir encore le th=E8me de la = m=E9moire avec un=20 film d=92anticipation insolite, =E9crit par Jacques Sternberg et = interpr=E9t=E9=20 par Claude Rich, Je t'aime, je t'aime (1968). Il part ensuite aux=20 =C9tats-Unis, o=F9 il ne parvient pas =E0 monter les projets qui = lui tiennent =E0=20 coeur, dont le plus ancien, les Aventures de Harry Dickson, = d'apr=E8s les=20 fascicules populaires de Jean Ray.

Apr=E8s une participation au film collectif l'An 01, d'apr=E8s = la bande=20 dessin=E9e de G=E9b=E9, il tourne Stavisky (1974) avec Jean-Paul = Belmondo, sur=20 un sc=E9nario de Jorge Sempr=FAn. Son oeuvre suivante, Providence = (1976), est=20 un film =E9crit par David Mercer et interpr=E9t=E9 par Dirk = Bogarde et Ellen=20 Burstyn. Populaire et exp=E9rimental, sous-tendu par une = m=E9taphore=20 antifasciste, ce film est accompagn=E9 par une partition de Miklos = Rosza.

Sans cesse fascin=E9 par les probl=E9matiques de la m=E9moire = et du=20 comportement humain, il s'inspire des travaux du professeur = Laborit pour=20 r=E9aliser un m=E9lodrame scientifique, Mon oncle d'Am=E9rique = (1980), avec=20 G=E9rard Depardieu en vedette.

Le succ=E8s de ce film lui permet d'entreprendre une oeuvre = ambitieuse=20 sur le th=E8me de la qu=EAte du bonheur, la Vie est un roman = (1983, avec=20 Vittorio Gassman), puis de se livrer =E0 une m=E9ditation sur la = mort, dans le=20 path=E9tique, rigoureux et incompris l'Amour =E0 mort (1984). Il = adapte=20 ensuite une pi=E8ce d=92Henry Bernstein dans M=E9lo (1986), un = film d=92une=20 magistrale simplicit=E9, interpr=E9t=E9 par ses acteurs favoris = Sabine Az=E9ma,=20 Fanny Ardant, Andr=E9 Dussollier et Pierre Arditi.

Apr=E8s son film suivant, I Want To Go Home (1989), en partie = consacr=E9 =E0=20 la bande dessin=E9e, qui re=E7oit un mauvais accueil critique et = public malgr=E9=20 la pr=E9sence de G=E9rard Depardieu en vedette, il reste quatre = ans sans=20 tourner, puis revient avec Smoking (1993) et No Smoking (1993), = deux films=20 jumeaux aux d=E9veloppements diff=E9rents, qui marquent une date = dans=20 l'histoire du cin=E9ma, tant par l'audace de l=92=E9criture que = par la=20 performance des acteurs Sabine Az=E9ma et Pierre Arditi.

Il tourne enfin une com=E9die burlesque, o=F9 les personnages = s'expriment =E0=20 travers les chansons mythiques du patrimoine fran=E7ais : On = conna=EEt la=20 chanson (1997), qui lui vaut son plus grand succ=E8s public.

Reusser, Francis

Francis Reusser
(1942- = )
Cin=E9aste=20 suisse

N=E9 =E0 Vevey (Suisse), Francis = Reusser=20 s=92int=E9resse d=92abord au th=E9=E2tre, avant de faire des = =E9tudes de photographie=20 et un stage =E0 la t=E9l=E9vision suisse romande. En 1966, il = r=E9alise Antoine et=20 Cl=E9op=E2tre, qui se r=E9f=E8re explicitement au cin=E9ma de Jean-Luc Godard. Son = engagement=20 dans la r=E9alit=E9 sociale marque le sketch du film collectif = Quatre d=92entre=20 elles (1968), intitul=E9 Patricia, et dans lequel une =E9tudiante = va appuyer=20 sa th=E8se en allant sur le terrain, aupr=E8s des ouvriers.

L=92ann=E9e suivante, Vive la mort est =E9galement une critique = =ABgodardienne=BB=20 de la soci=E9t=E9 de consommation, du confort et des traditions = helv=E9tiques.=20 Dans Biladi (1966), documentaire tourn=E9 dans les camps = palestiniens de=20 Jordanie avant les massacres du groupe Septembre noir, Francis = Reusser=20 parvient =E0 teinter de po=E9sie le compte rendu d=92un combat = politique.

Apr=E8s =EAtre pass=E9 du militantisme aux films de commande, = Reusser revient=20 avec le Grand Soir (1976), =E9vocation de toute une =E9poque = gauchiste et=20 r=E9volutionnaire, dont il montre le d=E9clin =E0 travers la = confrontation d=92un=20 personnage mi-anarchiste, mi-escroc (Niels Arestrup) et d=92un = groupe=20 r=E9volutionnaire l=E9niniste. Interpr=E9t=E9 par Niels Arestrup, = de nouveau, et=20 avec Christine Boisson, Michael Lonsdale et Bulle Ogier, le film = Seuls=20 (1980) a pour th=E8me le d=E9senchantement politique et = l=92introspection. =C0 la=20 recherche de son pass=E9 et de sa v=E9ritable nature, le h=E9ros y = m=E8ne une=20 qu=EAte psychologique et po=E9tique d=E9sesp=E9r=E9e.

Rompant avec le cin=E9ma politique, Derborence (1985) est = adapt=E9 d=92un=20 roman de l=92=E9crivain suisse Charles-Ferdinand Ramuz. Mais, = malgr=E9 les=20 prises de vues en Cin=E9maScope et un son Dolby tr=E8s = travaill=E9, Reusser ne=20 r=E9alise pas le grand film lyrique attendu. Apr=E8s Visages = suisses (1991),=20 il tourne des productions historiques spectaculaires comme Jacques = et=20 Fran=E7oise (1991), qui se d=E9roule pendant la R=E9volution = fran=E7aise, et la=20 Guerre dans le Haut Pays (1998), co=E9crit avec Jean-Claude = Carri=E8re et=20 =E9galement d=92apr=E8s Ramuz, qui raconte le si=E8ge de Berne par = les troupes=20 napol=E9oniennes durant l=92hiver 1797-1798.

Riefenstahl, Leni

Leni Riefenstahl
(1902- = )
Actrice et=20 cin=E9aste allemande

Elle r=E9alisa de nombreux = documentaires=20 de propagande sous le r=E9gime nazi. Danseuse et peintre de = formation, Leni=20 Riefenstahl fit ses d=E9buts =E0 l'=E9cran dans un film d'Arnold = Fanck, la=20 Montagne sacr=E9e (Der Heilige Berg, 1926). Elle tourna par la = suite un=20 certain nombre de films =ABde montagne=BB. Elle passa =E0 la = r=E9alisation avec la=20 Lumi=E8re bleue (Das Blaue Licht, 1932), film traitant de la = passion de=20 l'alpinisme et du mysticisme rural.

Proche du parti nazi, Leni Riefenstahl devint rapidement la = cin=E9aste=20 pr=E9f=E9r=E9e d'Adolf Hitler et r=E9alisa une s=E9rie de = documentaires et de films=20 de propagande, dont le c=E9l=E8bre Triomphe de la volont=E9 = (Triumph des=20 Willens, 1935) sur le rassemblement des nazis =E0 Nuremberg en = 1934. Elle=20 mit =E9galement en sc=E8ne les Dieux du stade (Olympiad, 1936), un = documentaire en deux parties sur les jeux Olympiques de 1936. Au = cours de=20 la Seconde Guerre mondiale, elle passa plusieurs ann=E9es =E0 = monter Tiefland,=20 film qui ne sortit qu'en 1954.

Ne trouvant plus les appuis n=E9cessaires pour concr=E9tiser = ses projets=20 cin=E9matographiques, Leni Riefenstahl se tourna vers le = documentaire=20 sous-marin et la photographie, travaillant principalement au = Za=EFre. Elle=20 publia son autobiographie en 1993.

Ripstein, Arturo

Arturo Ripstein
(1944- = )
Cin=E9aste,=20 sc=E9nariste et producteur mexicain

N=E9 =E0 Mexico, fils du = producteur Alfredo=20 Ripstein Jr, Arturo Ripstein fr=E9quente tr=E8s t=F4t les studios = de cin=E9ma.=20 D=92abord assistant de Luis Bu=F1uel (qui = est =E0 l=92origine=20 de sa vocation de cin=E9aste), Arturo Ripstein r=E9alise en 1965 = Tiempo de=20 silencio, un western =E9crit par Gabriel Garc=EDa M=E1rquez et = Carlos Fuentes=20 qui se joue des codes inh=E9rents au genre, =E0 grands renforts de = temps morts=20 et d=92ellipses.

Apr=E8s sa rupture avec l=92industrie cin=E9matographique = autour de 1968 et=20 un film, la Hora de los ni=F1os (1969), d=E9lib=E9r=E9ment inscrit = dans l=92orbe du=20 cin=E9ma ind=E9pendant et exp=E9rimental, Arturo Ripstein revient = dans le giron=20 du syst=E8me officiel de production cin=E9matographique et signe = avec le=20 Ch=E2teau de la puret=E9 (el Castillo de la pureza, 1972) une = oeuvre=20 annonciatrice de son style (l=92utilisation magistrale du = plan-s=E9quence) et=20 des th=E8mes =E0 venir (l=92enfermement, le masochisme et la = destruction de=20 soi). Le =ABch=E2teau de la puret=E9=BB d=E9signe le phalanst=E8re = id=E9al o=F9 Gabriel=20 Lima, un p=E8re en proie =E0 un d=E9lire parano=EFaque, inculque = =E0 sa famille,=20 qu=92il s=E9questre presque, les valeurs chr=E9tiennes. Foxtrot = (1975) et Ce=20 lieu sans limites (el Lugar sin l=EDmites, 1977) stigmatisent le = machisme et=20 l=92intol=E9rance dont sont victimes homosexuels et travestis dans = un pays=20 catholique, obs=E9d=E9 par la norme en mati=E8re de sexualit=E9. = D=92autres figures=20 de l=92enfermement, n=E9es de la contrainte ou bien de la = volont=E9,=20 s=92inscrivent dans l=92oeuvre de Ripstein : si Lecumberri (1973) = est un=20 documentaire sur la principale prison mexicaine, l=92Empire de la = fortune=20 (el Imperio de la fortuna, 1985), libre adaptation d=92un roman de = Juan=20 Rulfo, d=E9peint la d=E9ch=E9ance d=92un parvenu, qui transforme = en tombeau la=20 demeure de ses r=EAves.

Arturo Ripstein
Le = metteur en=20 sc=E8ne mexicain Arturo Ripstein obtint le prix Coral du meilleur=20 r=E9alisateur en 1996, lors du Festival international du nouveau = cin=E9ma=20 latino-am=E9ricain de La Havane pour son film Carmin = profond(Profundo=20 carmes=ED, 1996), qui relate l'histoire d'un couple d'assassins et = d'escrocs=20 dans le Mexico des ann=E9es cinquante.

Tr=E8s sensible aux pouvoirs de la litt=E9rature, =E0 la = substance romanesque=20 de certaines oeuvres, dont il cherche =E0 capter la densit=E9, = Arturo Ripstein=20 ne l=92est pas moins aux arch=E9types des diff=E9rents genres = cin=E9matographiques=20 (western, thriller, =E9rotisme et surtout m=E9lodrame) dont il = adopte les=20 r=E8gles pour mieux les d=E9tourner, et dans le meilleur des cas, = les=20 transfigurer. Adaptation du roman D=E9but et fin de Naguib = Mahfouz,=20 Principio y fin (1993) montre comment, m=EAme en l=92absence du = p=E8re et de son=20 oppressante autorit=E9, la famille exige le sacrifice des siens. = En cin=E9aste=20 de la cruaut=E9, Arturo Ripstein observe, avec une ironie noire, = comment la=20 folie d=E9vore progressivement ses personnages.

Dans le Mexique des ann=E9es trente, la Reine de la nuit (la = Reina de la=20 noche, 1994) d=E9peint quelques moments de l=92existence, = g=E2ch=E9e par ses=20 proches, de la chanteuse et actrice mexicaine Lucha Reyes, n=E9e = dans une=20 maison close et morte suicid=E9e =E0 l=92=E2ge de trente-huit ans, = ancienne=20 cantatrice reconvertie en chanteuse populaire de boleros et de = rancheras.=20 Fid=E8le aux obsessions d=92Arturo Ripstein, ce m=E9lodrame = baroque et=20 flamboyant =E9voque en de longues s=E9quences la prise au pi=E8ge = de personnages=20 qui s=92entre-d=E9vorent =E0 huis clos dans une totale p=E9nombre. = Enfin, en 1996,=20 il signe la Mujer del puerto et Carmin profond (Profundo = carmes=ED), remake=20 des Tueurs de la lune de miel (Honeymoon Killers, 1969) de Leonard = Kastle.

Ripstein a pr=E9sent=E9 lors de l=92inauguration de la = cin=E9math=E8que de=20 Monterrey en mai 1998 son dernier long m=E9trage, Divine (el = Evangelio de=20 las Maravillas).

Risi, Dino

Dino Risi
(1916- )
Cin=E9aste=20 italien

Il d=E9buta dans la mouvance du = n=E9or=E9alisme=20 et qui devint le grand sp=E9cialiste de la com=E9die italienne = avec le=20 concours des plus grands acteurs italiens du moment. Il r=E9alisa = son=20 premier long m=E9trage en 1952 et obtint son premier grand = succ=E8s en 1956=20 dans une com=E9die de moeurs humoristique, Pauvres, mais beaux = (Poveri ma=20 belli). Il tourna d'autres com=E9dies dont l'Homme aux cent = visages (il=20 Mattatore, 1960), avec Vittorio Gassman - qu'il retrouva en 1962 = dans la=20 Marche sur Rome (la Marcia su Roma), le Fanfaron (il Sorpasso), = puis,=20 associ=E9 =E0 Ugo Tognazzi dans les Monstres (I mostri, 1963). Il = a dirig=E9=20 Alberto Sordi, notamment dans Une vie difficile (Una vita = difficile,=20 1961). Parmi ses films les plus r=E9ussis figurent =E9galement = Parfum de femme=20 (Profumo di donna, 1974), avec V. Gassman, Fais-moi tr=E8s mal et = couvre-moi=20 de baisers (Straziami ma di baci saziami, 1968), avec Nino = Manfredi, et=20 des films =E0 sketches dont l'humour devient de plus en plus = inqui=E9tant avec=20 les ann=E9es : Une poule, un train et quelques monstres (Vedo = nudo, 1969) et=20 le Sexe fou (Sesso matto, 1973), tous deux avec N. Manfredi.

Jean-Louis Trintignant et = Vittorio=20 Gassman dans le Fanfaron (il Sorpasso, 1962) de Dino = Risi.
Le=20 Fanfaron de Dino Risi est un chef d'oeuvre de la =ABcom=E9die = italienne=BB des=20 ann=E9es soixante qui d=E9nonce les moeurs d'une soci=E9t=E9 = cynique et=20 consum=E9riste. Bruno (Vittorio Gassman), un quadrag=E9naire = frivole et=20 extraverti, entra=EEne un jeune =E9tudiant timor=E9 et introverti = (Jean-Louis=20 Trintignant) dans ses folles aventures. Progressivement = influenc=E9 par son=20 compagnon, Roberto finit par perdre son identit=E9 et au terme = d'une logique=20 implacable, la vie.

Rivette,=20 Jacques

Jacques = Rivette
(1928-=20 )
Sc=E9nariste et r=E9alisateur fran=E7ais

N=E9 =E0 Rouen dans un famille de = pharmaciens, Jacques=20 Rivette arrive =E0 Paris en 1949 et passe le plus clair de son = temps dans=20 les salles de cin=E9ma et =E0 la Cin=E9math=E8que. C'est ainsi = qu'il rencontre=20 tous ceux qui vont former plus tard la Nouvelle Vague. Il se lie = alors =E0=20 Fran=E7ois Truffaut, = Suzanne=20 Schiffmann, Claude Chabrol et Jean-Luc Godard. Il = d=E9bute comme=20 critique de cin=E9ma aux Cahiers du cin=E9ma, y =E9crit des = articles de 1953 =E0=20 1963, puis occupe le poste de r=E9dacteur en chef de 1963 =E0 = 1965. Dans ses=20 textes, il d=E9fend les films de Jean Renoir, Fritz Lang, Erich von Stroheim et = Howard Hawks. D'une = grande=20 curiosit=E9 et d'une rigueur totale, il s'impose vite comme l'un = des=20 th=E9oriciens de la politique des auteurs et le principal = d=E9fenseur de la=20 mise en sc=E8ne. Mais il ouvre =E9galement la revue aux recherches = de Pierre=20 Boulez ou de Roland Barthes, s'int=E9resse autant au cin=E9ma = populaire de Sergio Leone et de Terence Fisher qu'aux = recherches=20 exp=E9rimentales de Shirley Clarke et = d=92Andy=20 Warhol.

Assistant occasionnel de Jacques Becker et de = Jean Renoir, il signe = quelques=20 courts m=E9trages - Quadrille (1950), le Divertissement (1952) et = le Coup du=20 berger (1956) -, avant de commencer son long m=E9trage Paris nous = appartient=20 (1958), une oeuvre ambitieuse et forte traitant de la parano=EFa = et de la=20 conspiration sur un registre exp=E9rimental, imbriquant plusieurs=20 narrations, jouant sur diff=E9rents niveaux de r=E9alit=E9 et = rompant les=20 barri=E8res entre fiction et documentaire. Il dirige =E9troitement = ses=20 com=E9diens, tout en les laissant improviser.

Paradoxale et asc=E9tique, son =E9criture cin=E9matographique = l'impose=20 aussit=F4t comme un des chefs de file de la Nouvelle Vague. Mais = son film ne=20 sort en salle que trois ans plus tard, et il se dirige = momentan=E9ment vers=20 le th=E9=E2tre (qui est d'ailleurs un th=E8me r=E9current dans son = oeuvre) pour=20 mettre en sc=E8ne une adaptation du roman la Religieuse de Denis = Diderot,=20 avec Anna Karina comme interpr=E8te. Il a ensuite l'occasion de = porter ce=20 travail =E0 l'=E9cran (Suzanne Simonin ou la Religieuse, 1966), = mais son=20 oeuvre est interdite par la censure. Ce geste minist=E9riel lui = vaut alors=20 la c=E9l=E9brit=E9, puisque des p=E9titions sont lanc=E9es dans la = France enti=E8re=20 pour diffuser le film.

En attendant sa sortie, il r=E9alise un documentaire en trois = parties (Jean Renoir, le = Patron, 1967)=20 pour Cin=E9astes de notre temps, une =E9mission de t=E9l=E9vision, = et tourne un=20 film original, produit par Georges de Beauregard, l'Amour fou = (1968), o=F9=20 il utilise une cam=E9ra 35 mm et une cam=E9ra 16 mm pour = enregistrer une=20 fiction complexe autour de la mise en sc=E8ne d'une pi=E8ce de = th=E9=E2tre de=20 Racine. D=92une dur=E9e de plus de quatre heures, le film est = exploit=E9 dans=20 cette version et aussi dans une version plus courte; le public = pr=E9f=E8re la=20 version longue. Rivette entame alors un film-fleuve de douze = heures,=20 improvis=E9 par les com=E9diens autour du th=E8me de l'Histoire = des treize de=20 Balzac, Out One : noli me tangere (1971), qui ne sort pas en = salle. Une=20 version raccourcie est cr=E9=E9e pour le public, Out One Spectre = (1974).

Refusant tout compromis, il signe une com=E9die, C=E9line et = Julie vont en=20 bateau (1974), puis s'attelle =E0 quatre films fantastiques et=20 exp=E9rimentaux, Filles du feu ou Sc=E8nes de la vie parall=E8le, = mais ne peut=20 tourner que Duelle (1976) et Noro=EFt (1975). Il revient au = th=E8me du complot=20 avec Merry Go Round (1977), retourne =E0 un certain r=E9alisme = avec le Pont du=20 Nord (1981) et touche presque =E0 la com=E9die de genre en = r=E9alisant l'Amour=20 par terre (1984).

Son Hurlevent (1985) est mal accueilli par la critique et le = public.=20 Avec la Bande des quatre (1989), qui obtient un succ=E8s d'estime, = il r=E9sume=20 ses th=E8mes de pr=E9dilection que sont le th=E9=E2tre, le complot = et le=20 chass=E9-crois=E9, puis s'inspire du Chef-d'oeuvre inconnu de = Balzac pour la=20 Belle Noiseuse (1991), avec Emmanuelle B=E9art et Michel Piccoli, = qui lui=20 vaut enfin la reconnaissance du grand public. Gr=E2ce =E0 Sandrine = Bonnaire,=20 il peut tourner un diptyque original sur Jeanne d'Arc (Jeanne la = pucelle :=20 les Batailles et les Prisons, 1994). Apr=E8s une com=E9die plus = classique,=20 Haut, Bas, Fragile (1995), il retrouve Sandrine Bonnaire pour un = thriller=20 original, Secret d=E9fense (1998).

Robbe-Grillet,=20 Alain

Alain = Robbe-Grillet
(1922-=20 )
Romancier, sc=E9nariste et r=E9alisateur fran=E7ais, chef de = file du=20 Nouveau Roman

N=E9 =E0 Brest, Alain Robbe-Grillet = est ing=E9nieur=20 agronome de formation. =C0 ce titre, il s=E9journe un certain = temps dans les=20 anciennes colonies fran=E7aises avant de se tourner vers la = litt=E9rature.

VERS LE NOUVEAU ROMAN

Le premier roman de Robbe-Grillet, Un r=E9gicide, refus=E9 par = Gallimard,=20 ne sera publi=E9 qu=92en 1979. Les Gommes, publi=E9 en 1953, le = fait conna=EEtre,=20 et plus encore son roman le Voyeur, r=E9compens=E9 par le prix des = Critiques=20 en 1955. Incompris de la critique classique, ce texte est = d=E9fendu avec=20 ferveur par des critiques modernes, tels que Maurice Blanchot et = Roland=20 Barthes, qui y voient le prototype d=92une nouvelle conception du = roman. En=20 1957 para=EEt la Jalousie, suivi de Dans le labyrinthe en 1959.=20 Robbe-Grillet appara=EEt bient=F4t comme le chef de file d=92un = nouveau=20 mouvement litt=E9raire, appel=E9 =ABNouveau Roman=BB, lequel = compte =E9galement dans=20 ses rangs Michel Butor, Claude Simon, Nathalie Sarraute ou encore = Robert=20 Pinget. Ces =E9crivains ne constitueront jamais =E0 proprement = parler une=20 =E9cole, cependant ils prennent une distance =E0 l=92=E9gard du = roman=20 traditionnel, distance qui les rassemble, un peu malgr=E9 eux, = autour de ce=20 Nouveau Roman.

Resnais, l'Ann=E9e = derni=E8re =E0=20 Marienbad
Dans le d=E9cor somptueux d'un grand h=F4tel, un = homme=20 (Giorgio Albertazzi) tente de persuader une femme qui ne se = souvient de=20 rien (Delphine Seyrig) qu'ils se sont connus et aim=E9s =E0 = Marienbad, l'ann=E9e=20 pr=E9c=E9dente. R=E9alis=E9 par Alain Resnais deux ans apr=E8s = Hiroshima mon amour,=20 le film, sc=E9naris=E9 et dialogu=E9 par Alain Robbe-Grillet, fut = couronn=E9 par=20 le lion d'or au festival de Venise en 1961.

Robbe-Grillet expose ses th=E9ories dans Pour un nouveau roman = (1963),=20 oeuvre qui r=E9unit l=92ensemble des articles qu=92il a =E9crits = sur le sujet=20 depuis 1955. Il y remet en cause les structures narratives = traditionnelles=20 du roman que constituent l=92intrigue lin=E9aire, les personnages = et leur=20 psychologie. Il op=E8re ainsi une =ABr=E9volution du regard=BB en = cherchant =E0=20 atteindre =E0 une sorte d=92enregistrement du monde par = l=92=E9criture, =E0 une=20 neutralit=E9 psychologique s=92offrant au d=E9chiffrement du = lecteur d=E9rout=E9. Il=20 substitue =E0 la notion de style litt=E9raire celle = d=92=E9criture, plus neutre,=20 d=E9pouill=E9e, se rapprochant d=92une sorte de =ABdegr=E9 z=E9ro = de l=92=E9criture=BB=20 (Barthes). Le renouveau litt=E9raire de Robbe-Grillet ne doit pas = toutefois=20 =EAtre consid=E9r=E9 comme une rupture sans pr=E9mices : son = =E9criture, qui prend=20 naissance sur un terrain pr=E9par=E9 de longue date par Flaubert, = trouve aussi=20 sa source dans de nombreux champs litt=E9raires, qui vont de = Sartre =E0 Joyce,=20 en passant par Kafka.

UNE NOUVELLE =C8RE ?

Avec la Maison de rendez-vous (1965), Projet pour une = r=E9volution =E0 New=20 York (1970), Topologie d=92une cit=E9 fant=F4me (1976) et = Souvenirs du Triangle=20 d=92or (1978), la litt=E9rature de Robbe-Grillet =E9volue et se = teinte=20 d=92=E9rotisme et de violence. Robbe-Grillet construit aussi en = parall=E8le une=20 oeuvre cin=E9matographique exigeante, tout d=92abord avec le = sc=E9nario du film=20 d=92Alain Resnais, l=92Ann=E9e derni=E8re =E0 Marienbad (1961), = puis avec ses=20 propres r=E9alisations, telles que l=92Immortelle (1962), = Trans-Europ-Express=20 (1966), Glissements progressifs du plaisir (1973), la Belle = Captive (1983)=20 ou encore Un bruit qui rend fou (1995). Les films comme les livres = sont=20 d=E9structur=E9s; Robbe-Grillet y joue avec les codes, pour mieux = s=92en=20 affranchir et =E9garer le spectateur. Avec la s=E9rie = autobiographique=20 constitu=E9e par le Miroir qui revient (1984), Ang=E9lique ou = l=92Enchantement=20 (1988) et les Derniers Jours de Corinthe (1994), l=92auteur semble = renoncer=20 =E0 l=92objectivit=E9 pr=F4n=E9e par le Nouveau Roman. = Robbe-Grillet a =E9volu=E9, il=20 est vrai, mais il ne s=92agit pas d=92un revirement total : = l=92objectivit=E9 de=20 ses romans est trop souvent oppos=E9e =E0 la notion de = subjectivit=E9; or, les=20 r=E9cits de l=92auteur sont principalement tourn=E9s vers = l=92objet, un objet sur=20 lequel se projette une conscience, telle que l=92=E9nonce la = ph=E9nom=E9nologie de=20 Husserl. De ce fait, l=92aveu d=92une relative subjectivit=E9 = n=92appara=EEt pas=20 totalement en contradiction avec le contenu de ses premiers = textes.

Robbe-Grillet, la Jalousie = (extrait)

La sc=E8ne de l=92=E9crasement du mille-pattes constitue l=92un = des motifs=20 r=E9currents du roman. Derni=E8re occurrence de cette s=E9quence = ici amplifi=E9e=20 jusqu=92=E0 son paroxysme, elle appara=EEt au point culminant de = la crise de=20 jalousie du narrateur, attendant dans la maison vide le retour de = =ABA=BB, sa=20 femme. Au rythme affol=E9 du flux de conscience du narrateur, le=20 gr=E9sillement du mille-pattes se d=E9forme alors jusqu=92=E0 = devenir la=20 repr=E9sentation fantasmatique de l=92acte adult=E8re, puis de la = destruction=20 violente des amants, en une vision =E9rotique et meurtri=E8re = charg=E9e=20 d=92=E9lectricit=E9 et de cr=E9pitements ambigus.

La b=EAte est immobile, comme en attente, droite encore, bien = qu=92ayant=20 peut-=EAtre flair=E9 le danger. Seules ses antennes se couchent = l=92une apr=E8s=20 l=92autre et se rel=E8vent, dans un mouvement de bascule = altern=E9, lent mais=20 continu.

Soudain l=92avant du corps se met en marche, ex=E9cutant une = rotation sur=20 place, qui incurve le trait oblique vers le bas du mur. Et = aussit=F4t, sans=20 avoir le temps d=92aller plus loin, la bestiole choit sur le = carrelage, se=20 tordant =E0 demi et crispant par degr=E9s ses longues pattes, = cependant que=20 les m=E2choires s=92ouvrent et se ferment =E0 toute vitesse autour = de la bouche,=20 =E0 vide, dans un tremblement r=E9flexe. Il est possible, en = approchant=20 l=92oreille, de percevoir le gr=E9sillement l=E9ger qu=92elles = produisent.

Le bruit est celui du peigne dans la longue chevelure. Les = dents=20 d=92=E9caille passent et repassent du haut en bas de l=92=E9paisse = masse noire aux=20 reflets roux, =E9lectrisant les pointes et s=92=E9lectrisant = elles-m=EAmes,=20 faisant cr=E9piter les cheveux souples, fra=EEchement lav=E9s, = durant toute la=20 descente de la main fine : la main fine aux doigts effil=E9s, qui = se=20 referment progressivement.

Les deux longues antennes acc=E9l=E8rent leur balancement = altern=E9. L=92animal=20 s=92est arr=EAt=E9 au beau milieu du mur, juste =E0 la hauteur du = regard. Le grand=20 d=E9veloppement des pattes, =E0 la partie post=E9rieure du corps, = fait=20 reconna=EEtre sans risque d=92erreur la scutig=E8re, ou = =ABmille-pattes-araign=E9e=BB.=20 Dans le silence, par instant, se laisse entendre, le = gr=E9sillement=20 caract=E9ristique, =E9mis probablement =E0 l=92aide des appendices = bucaux.

Franck, sans dire un mot, se rel=E8ve, prend sa serviette; il = la roule en=20 bouchon, tout en s=92approchant =E0 pas feutr=E9s, =E9crase la = b=EAte contre le mur.=20 Puis, avec le pied, il =E9crase la b=EAte sur le plancher de la = chambre.

Ensuite il revient vers le lit et remet au passage la serviette = de=20 toilette sur sa tige m=E9tallique, pr=E8s du lavabo.

La main aux phalanges effil=E9es s=92est crisp=E9e sur le drap = blanc. Les=20 cinq doigts =E9cart=E9s se sont referm=E9s sur eux-m=EAmes, en = appuyant avec tant=20 de force qu=92ils ont entra=EEn=E9 la toile avec eux : celle-ci = demeure pliss=E9e=20 de cinq faisceaux de sillons convergents. Mais la moustiquaire = retombe,=20 tout autour du lit, interposant le voile opaque de ses mailles=20 innombrables, o=F9 des pi=E8ces rectangulaires renforcent les = endroits=20 d=E9chir=E9s.

Dans sa h=E2te d=92arriver au but, Franck acc=E9l=E8re encore = l=92allure. Les=20 cahots deviennent plus violents. Il continue n=E9anmoins = d=92acc=E9l=E9rer. Il n=92a=20 pas vu, dans la nuit, le trou qui coupe la moiti=E9 de la piste. = La voiture=20 fait un saut, une embard=E9e. Sur cette chauss=E9e d=E9fectueuse = le conducteur=20 ne peut redresser =E0 temps. La conduite-int=E9rieure bleue va = s=92=E9craser, sur=20 le bas c=F4t=E9, contre un arbre au feuillage rigide qui tremble = =E0 peine sous=20 le choc, malgr=E9 sa violence.

Aussit=F4t des flammes jaillissent. Toute la brousse en est = illumin=E9e,=20 dans le cr=E9pitement de l=92incendie qui se propage. C=92est le = bruit que fait=20 le mille-pattes, de nouveau immobile sur le mur, en plein milieu = du=20 panneau.

=C0 le mieux =E9couter, ce bruit tient du souffle autant que du = cr=E9pitement=20 : la brosse maintenant descend =E0 son tour le long de la = chevelure d=E9faite.=20 =C0 peine arriv=E9e au bas de sa course, tr=E8s vite elle remonte = la branche=20 ascendante du cycle, d=E9crivant dans l=92air une courbe qui la = ram=E8ne =E0 son=20 point de d=E9part, sur les cheveux lisses de la t=EAte, o=F9 elle = commence =E0=20 glisser derechef.

Source : Robbe-Grillet = (Alain), la=20 Jalousie, Paris, =C9ditions de Minuit, 1957.

Robbins, Jerome

Jerome = Robbins
(1918-1998)
Chor=E9graphe et=20 directeur de th=E9=E2tre am=E9ricain =E0 qui l=92on doit la = chor=E9graphie de West=20 Side Story (1957)

N=E9 =E0 New York, Jerome Robbins = suit des cours=20 =E0 l=92universit=E9 de New York avant de devenir danseur =E0 = Broadway. En 1940,=20 il rejoint le tout nouveau Ballet Theatre et y devient soliste en = 1942.=20 Son premier ballet, Fancy Free (1944), sur une musique de Leonard=20 Bernstein, sera plus tard r=E9adapt=E9 et donnera la com=E9die = musicale On the=20 Town.

Des succ=E8s comme Look, Ma, I=92m Dancin=92 (1948), Call Me = Madam (1950) et=20 The King and I (1951) font de Robbins un des chefs de file des=20 chor=E9graphes de Broadway. Il chor=E9graphie et dirige Bells Are = Ringing=20 (1956), West Side Story (1957, transpos=E9 au cin=E9ma par Robert Wise en 1961), = Gypsy=20 (1959) et Fiddler on the Roof (1964). Dans Jerome Robbins=92 = Broadway=20 (1989), il regroupe des danses appartenant =E0 ses spectacles = d=E9sormais=20 classiques.

Jerome Robbins
Le = chor=E9graphe=20 Jerome Robbins montre =E0 ses danseurs un pas de danse, lors du = tournage de=20 l'adaption cin=E9matographique de West Side Story, r=E9alis=E9e en = 1961 par Robert Wise sur une = musique de=20 Leonard Bernstein. Librement inspir=E9 de Rom=E9o et Juliette, le = film est=20 l'un des grands classiques de la com=E9die musicale = am=E9ricaine.

Au New York City Ballet, Robbins est directeur artistique = associ=E9=20 (1949-1963), l=92un des trois ma=EEtres de ballet (1969-1983) et, = avec Peter=20 Martins, co-ma=EEtre de ballet en chef (1983-1989). Apr=E8s sa = d=E9mission, il=20 continue =E0 superviser la production de ses propres ballets. = Parmi ses tr=E8s=20 nombreuses cr=E9ations, on peut encore citer Interplay (1945), = Afternoon of=20 a Faun (1953), les Noces (1965), Dances at a Gathering (1969), The = Goldberg Variations (1971) et Glass Pieces (1983).

Rocha, Glauber

Glauber = Rocha
(1938-1981)
R=E9alisateur=20 br=E9silien associ=E9 au courant du =ABCinema Novo=BB, qui connut = dans le Br=E9sil=20 des ann=E9es 1960 une fulgurante carri=E8re

N=E9 =E0 Vit=F3ria de Conquista = (Bahia), Glauber=20 Rocha fut le repr=E9sentant le plus brillant d=92un mouvement = caract=E9ristique=20 de l=92effervescence culturelle des ann=E9es 1960. Peu port=E9 = vers le r=E9alisme,=20 il s=92int=E9ressa =E0 la =ABr=E9alit=E9 de l=92imaginaire=BB, = =E9laborant au confluent de=20 plusieurs influences une oeuvre singuli=E8re, tr=E8s fortement = marqu=E9e par=20 l=92histoire du Br=E9sil. Il se fit conna=EEtre avec Barravento = (1961), mais=20 c=92est avec le Dieu noir et le Diable blond (Deus e o Diablo na = Terra do=20 Sol, 1963) qu=92il s=92exprima dans un langage personnel et = baroque, ne=20 dissimulant pas ses emprunts au patrimoine universel (Eisenstein, Bu=F1uel, Brecht) et = =E0 la=20 litt=E9rature de colportage du Nordeste.

Rocha, Terre en = transe
Au=20 travers du personnage d'un =E9crivain d=E9sabus=E9, Glauber Rocha, = qui signe=20 avec Terre en transe (Terra em transe, 1967) l'avant-dernier film=20 pr=E9c=E9dant son exil, interroge simultan=E9ment les formes du = politique, dans=20 un pays sous dictature militaire, et les formes du r=E9cit=20 cin=E9matographique, qu'il agence et joue les unes contre les = autres.

=C9crivain autant que cin=E9aste, il th=E9orisa son point de = vue dans=20 Esth=E9tique de la violence (1965). Il r=E9alisa encore au = Br=E9sil, selon la=20 m=EAme inspiration, Terre en transe (Terra em Transe, 1967) et = Ant=F4nio das=20 Mortes (O Drag=E3o da Maldade contra o Santo Guerreiro, 1969), = avant d=92=EAtre=20 contraint =E0 l=92exil, puis, loin de son pays mais avec le m=EAme = souci de=20 recherche de formes nouvelles, le Lion =E0 sept t=EAtes (Der Leone = Have Sept=20 Cabe=E7as, avec Jean-Pierre L=E9aud, 1970) et T=EAtes coup=E9es = (Cabezas cortadas,=20 1970) et, en 1974, une Histoire du Br=E9sil (Hist=F3ria do Brasil) = qui exprime=20 un point de vue ambigu sur la dictature militaire. Revenu au = Br=E9sil apr=E8s=20 ses ann=E9es d=92exil, il tourna un dernier long-m=E9trage, = l=92=C2ge de la Terre (A=20 Idadeda Terra, 1980) avant de dispara=EEtre pr=E9matur=E9ment.

Rocha, le Dieu noir et le = Diable=20 blond
Maur=EDcio do Valle (=E0 droite) et Othon Bastos (=E0 = gauche) dans=20 un des films les plus marquants de l'histoire du cin=E9ma = br=E9silien, le Dieu=20 noir et le Diable blond de Glauber Rocha. Les personnages qu'ils=20 incarnent, le bandit Antonio das Mortes et le =ABcangaceiro=BB = (bandit du=20 sert=E3o) Corisco, se livrent =E0 des dialogues riches en = m=E9taphores =E0 propos=20 de la guerre de lib=E9ration qui pourrait sauver le mis=E9rable = sert=E3o=20 br=E9silien.

Roeg, Nicolas Jack

Nicolas Jack Roeg
(1928- = )
R=E9alisateur=20 britannique

N=E9 =E0 Londres, il d=E9bute au = cin=E9ma par le m=E9tier=20 de clapman. Apr=E8s avoir travaill=E9 sur la Crois=E9e des destins = (Bhowani=20 Junction, 1956), de George Cukor, il est = l=92assistant=20 de David Lean pour le = tournage de=20 Lawrence d=92Arabie (Lawrence of Arabia, 1962) et signe la = photographie de=20 plusieurs films dont The Caretaker (1963), de Clive Donner, Le = Forum en=20 folie (A Funny Thing Happened on the Way to the Forum, 1966), = Fahrenheit=20 451 (1966), de Fran=E7ois Truffaut = et Loin de la=20 foule d=E9cha=EEn=E9e (1967), de J.Schlesinger. Il s=92associe =E0 = son compatriote=20 Donald Cammell pour r=E9aliser son premier film, Performance = (1970),=20 confrontation de l=92univers =E9triqu=E9 d=92un tueur =E0 gage = (James Fox) et de=20 celui, haut en couleurs, d=92une star hallucin=E9e de la pop music = (Mick=20 Jagger). Produit par la Warner, Performance devient tr=E8s vite un = film=20 culte.

Son film suivant, la Randonn=E9e (Walkabout, 1971), est une = incursion=20 r=E9ussie chez les aborig=E8nes du coeur de l=92Australie. Il est = suivi par un=20 thriller baign=E9 d=92occultisme : Ne vous retournez pas (Don=92t = Look Now,=20 1973), adapt=E9 d=92une nouvelle de Daphn=E9 du Maurier. Situ=E9 = =E0 Venise, le film=20 de Nicolas Roeg impressionne par la virtuosit=E9 de son montage et = la=20 fulgurance =E9rotique de certaines de ses prises de vue. Sa = filmographie=20 compte =E9galement l=92Homme qui venait d=92ailleurs (The Man Who = Fell to Earth,=20 1976), avec David Bowie, Enqu=EAte sur une passion (Bad Timing, = 1980), Une=20 Nuit de r=E9flexion (Insignificance, 1985), Castaway (1987), The = Witches=20 (1990), Cold Heaven (1992) et Two Deaths (1994).

Face =E0 des difficult=E9s croissantes de production, Nicolas = Roeg s=92est=20 progressivement orient=E9 vers la r=E9alisation de t=E9l=E9films = soign=E9s (Doux=20 Oiseau de jeunesse, 1989, d=92apr=E8s la pi=E8ce de Tennessee = Williams; Au coeur=20 des t=E9n=E8bres, 1994, d=92apr=E8s la nouvelle de Joseph = Conrad).

Rohmer, =C9ric

=C9ric Rohmer
(De son vrai nom = Jean-Marie=20 Maurice Sch=E9rer)
(1920- )
Critique, sc=E9nariste et = r=E9alisateur=20 fran=E7ais

N=E9 =E0 Nancy, =C9ric Rohmer est = d=92abord=20 enseignant et animateur de cin=E9-club avant de devenir critique = de cin=E9ma=20 dans diverses revues sp=E9cialis=E9es, puis de tenir le poste de = r=E9dacteur en=20 chef aux Cahiers du cin=E9ma (1957-1963).

Pouss=E9 par une romanci=E8re en mal de sujet, J=E9r=F4me = (Jean-Claude Brialy),=20 un ancien libertin sur le point de se marier =E0 une femme qu'il = aime,=20 entreprend de faire la cour =E0 deux midinettes, afin de se = prouver =E0=20 lui-m=EAme sa totale indiff=E9rence aux autres femmes. La = premi=E8re des jeunes=20 filles, Laura, admire en lui un homme m=FBr qui la fascine. Mais = la seconde,=20 Claire, toute =E0 son jeune amoureux, n'=E9prouve = qu'indiff=E9rence =E0 l'=E9gard de=20 J=E9r=F4me. Il ne parviendra qu'=E0 approcher le genou de la jeune = femme, objet=20 rond et poli, sur lequel il cristallise son d=E9sir. Cinqui=E8me = des Six=20 contes moraux, le Genou de Claire d=E9ploie un art =ABd=E9suet=BB = de la=20 conversation, typique du cin=E9ma rohm=E9rien, qui met en sc=E8ne = des=20 personnages en qu=EAte de savoir-vivre et caract=E9ris=E9s par = leur go=FBt pour=20 l'analyse, leur penchant aux r=EAveries vell=E9itaires et leur = propension =E0 la=20 confession.

Artisan f=E9cond de la politique des auteurs, d=E9fenseur de Carl Dreyer, Friedrich Wilhelm = Murnau, Jean Renoir, Mizoguchi Kenji et Alfred Hitchcock, = auquel il a=20 consacr=E9 un livre (cosign=E9 avec Claude Chabrol) : Alfred Hitchcock = (1957),=20 th=E9oricien de la mise en sc=E8ne et de l=92histoire du cin=E9ma, = il tourne=20 quelques courts m=E9trages : Pr=E9sentation ou Charlotte et son = steak (1950),=20 B=E9r=E9nice (1954), la Sonate =E0 Kreutzer (1956) et V=E9ronique = et son cancre=20 (1958), avant de r=E9aliser son premier long m=E9trage : le Signe = du lion=20 (1959), histoire d=92un musicien am=E9ricain se retrouvant seul et = sans argent=20 =E0 Paris, pendant l=92=E9t=E9. Le film ne sort qu=92au bout de = trois ans et ne=20 conna=EEt aucun succ=E8s.

Rohmer, le Genou de = Claire

Il d=E9cide alors de r=E9aliser la s=E9rie des Contes moraux, = tout en=20 travaillant comme r=E9alisateur pour la t=E9l=E9vision scolaire. = Pendant cinq=20 ans, il m=E8ne cette carri=E8re parall=E8le, tournant d=92une part = les deux=20 premiers contes moraux : la Boulang=E8re de Monceau (1962) et la = Carri=E8re de=20 Suzanne (1963), et signant des oeuvres de commande pour la = t=E9l=E9vision=20 scolaire, parmi lesquelles : les Cabinets de physique (1964), = Perceval ou=20 le Conte du Graal (1964), les Histoires extraordinaires d=92Edgar = Poe=20 (1965), Pascal (1965), Mallarm=E9 (1965), Louis Lumi=E8re (1966) = et le=20 Cellulo=EFd et le marbre (1966).

Au cours de cette p=E9riode, il tourne encore un sketch de = Paris vu par=85=20 (Place de l=92=E9toile, 1964), et un =ABDreyer=BB pour = l=92=E9mission Cin=E9astes=20 de notre temps (1965).

Le succ=E8s du troisi=E8me des Contes moraux, la = Collectionneuse (1967), le=20 fait enfin conna=EEtre du grand public. Il termine alors sa = s=E9rie avec Ma=20 nuit chez Maud (1969) =97 interpr=E9t=E9 par Jean-Louis = Trintignant et Fran=E7oise=20 Fabian =97, qui confirme son succ=E8s public, puis le Genou de = Claire (1970)=20 et l=92Amour l=92apr=E8s-midi (1972). Il s=92impose de la sorte = comme le cin=E9aste=20 de l=92intelligence, du d=E9sir, de l=92=E9thique et des jeux de = langage.

Apr=E8s la Marquise d=92O (1975), tourn=E9 en Allemagne, et = Perceval le=20 Gallois (1978), avec Fabrice Luchini et Andr=E9 Dussollier, il = continue son=20 exploration balzacienne du monde d=92aujourd=92hui avec une = nouvelle s=E9rie,=20 Com=E9dies et Proverbes, enti=E8rement con=E7ue sur le d=E9sir = amoureux : la Femme=20 de l=92aviateur (1981), le Beau Mariage (1982), Pauline =E0 la = plage (1983),=20 les Nuits de la pleine lune (1984), le Rayon vert (1986) et = l=92Ami de mon=20 amie (1987). Les films confirment son style et s=E9duisent un = grand=20 public.

Il r=E9alise aussi Quatre aventures de Reinette et Mirabelle = (1987) et=20 entame une nouvelle s=E9rie, les Contes des quatre saisons : Conte = de=20 printemps (1990), Conte d=92hiver (1992), Conte d=92=E9t=E9 (1995) = et Conte=20 d=92automne (1998) connaissent un succ=E8s qui ne se d=E9ment = pas.

Il tourne encore l=92Arbre, le maire et la m=E9diath=E8que = (1993) et les=20 Rendez-vous de Paris (1995).

Ind=E9pendant et fid=E8le =E0 ses id=E9es, il a aussi produit = des films avec sa=20 soci=E9t=E9, les Films du Losange.

Rosi, Francesco

Francesco Rosi
(1922- = )
Cin=E9aste=20 italie

C=E9l=E8bre pour ses drames = politiques et ses=20 adaptations de romans. N=E9 =E0 Naples, Rosi y =E9tudia le droit. = Apr=E8s son=20 service militaire en 1942, il fut journaliste pour une station de = radio. =C0=20 partir de 1946, il fut assistant et sc=E9nariste pour de nombreux = cin=E9astes,=20 notamment Luchino Visconti. = Puis il r=E9alisa=20 son premier film le D=E9fi (la Sfida) en 1958.

Comme beaucoup de cin=E9astes de sa g=E9n=E9ration, Rosi, homme = de gauche,=20 fut d'abord influenc=E9 par le n=E9or=E9alisme et aborda = fr=E9quemment les=20 probl=E8mes sociaux et politiques de l'Italie : ses films sont = d'ailleurs=20 souvent bas=E9s sur des faits r=E9els. Il r=E9alisa notamment = Salvatore Giuliano=20 (1961), l'histoire d'un bandit sicilien tu=E9 en 1950, Main basse = sur la=20 ville (Le Mani sulla citt=E0, 1963), une =E9tude sur les = cons=E9quences de=20 l'effondrement d'un immeuble, qui obtint le Lion d'or au Festival = de=20 Venise, puis l'Affaire Mattei (il Caso Mattei,1972), Palme d'or au = Festival de Cannes. Il tourna =E9galement plusieurs adaptations = d'oeuvres=20 litt=E9raires, comme le Christ s'est arr=EAt=E9 =E0 Eboli (Cristo = si =E8 fermato a=20 Eboli, 1979), tir=E9 du roman de Carlo Levi, Cadavres exquis = (Cadaveri=20 eccellenti, 1975), d'apr=E8s le roman de Leonardo Sciascia, = Chronique d'une=20 mort annonc=E9e (Cronaca di una morte annunciata, 1987), d'apr=E8s = l'oeuvre de=20 l'=E9crivain colombien Gabriel Garc=EDa M=E1rquez ou Oublier = Palerme=20 (Dimenticare Palermo, 1990), adapt=E9 du roman d'Edmonde = Charles-Roux.

Rosi, Francesco

Francesco Rosi
(1922- = )
Cin=E9aste italien,=20 c=E9l=E8bre pour ses drames politiques et ses adaptations de=20 romans

N=E9 =E0 Naples, Rosi y =E9tudia le = droit. Apr=E8s son=20 service militaire en 1942, il fut journaliste pour une station de = radio. =C0=20 partir de 1946, il fut assistant et sc=E9nariste pour de nombreux = cin=E9astes,=20 notamment Luchino Visconti. = Puis il r=E9alisa=20 son premier film le D=E9fi (la Sfida) en 1958.

Comme beaucoup de cin=E9astes de sa g=E9n=E9ration, Rosi, homme = de gauche,=20 fut d'abord influenc=E9 par le n=E9or=E9alisme et aborda = fr=E9quemment les=20 probl=E8mes sociaux et politiques de l'Italie : ses films sont = d'ailleurs=20 souvent bas=E9s sur des faits r=E9els. Il r=E9alisa notamment = Salvatore Giuliano=20 (1961), l'histoire d'un bandit sicilien tu=E9 en 1950, Main basse = sur la=20 ville (Le Mani sulla citt=E0, 1963), une =E9tude sur les = cons=E9quences de=20 l'effondrement d'un immeuble, qui obtint le Lion d'or au Festival = de=20 Venise, puis l'Affaire Mattei (il Caso Mattei,1972), Palme d'or au = Festival de Cannes. Il tourna =E9galement plusieurs adaptations = d'oeuvres=20 litt=E9raires, comme le Christ s'est arr=EAt=E9 =E0 Eboli (Cristo = si =E8 fermato a=20 Eboli, 1979), tir=E9 du roman de Carlo Levi, Cadavres exquis = (Cadaveri=20 eccellenti, 1975), d'apr=E8s le roman de Leonardo Sciascia, = Chronique d'une=20 mort annonc=E9e (Cronaca di una morte annunciata, 1987), d'apr=E8s = l'oeuvre de=20 l'=E9crivain colombien Gabriel Garc=EDa M=E1rquez ou Oublier = Palerme=20 (Dimenticare Palermo, 1990), adapt=E9 du roman d'Edmonde = Charles-Roux.

Rossellini, Roberto

Roberto = Rossellini
(1906-1977)
R=E9alisateur=20 italien

N=E9 =E0 Rome, Roberto = Rossellini d=E9bute dans=20 le cin=E9ma en 1934. Tout en faisant des films de propagande pour = le r=E9gime=20 dictatorial de Benito Mussolini, il filme clandestinement la vie=20 quotidienne =E0 Rome au cours des derniers jours de la Seconde = Guerre=20 mondiale. Ces sc=E8nes ont =E9t=E9 ajout=E9es aux films Rome, = ville ouverte (Roma,=20 citt=E0 aperta, 1945) et Pais=E0 (1946). Ces deux oeuvres se = caract=E9risent par=20 les th=E8mes sociaux qu=92elles abordent, par leurs d=E9cors = naturels, par=20 l=92utilisation du noir et blanc et par le choix de com=E9diens = amateurs.=20 Elles ont contribu=E9 =E0 imposer le n=E9or=E9alisme italien sur = la sc=E8ne=20 internationale.

Rossellini, Rome, ville=20 ouverte
Rome, ville ouverte (Roma, citt=E0 aperta) =E9voque = une page=20 tragique de la R=E9sistance italienne. Le film de Roberto = Rossellini, au=20 titre ironique, se veut aussi une r=E9ponse cinglante au nazisme. = Certaines=20 s=E9quences furent d'ailleurs tourn=E9es =E0 l'insu des nazis dans = la ville=20 occup=E9e, quelques semaines avant sa lib=E9ration. Anna Magnani = (au centre)=20 campe une femme du peuple h=E9ro=EFque, Pina. Servi par des = acteurs=20 saisissants, dont Aldo Fabrizi dans le r=F4le du pr=EAtre Don = Pietro=20 Pellegrini et Marcello Pagliero dans celui du militant communiste = Giorgio=20 Manfredi, ce film au r=E9alisme d=E9routant et novateur re=E7oit = le grand prix=20 de Cannes en 1946.

Parmi les principaux films de Rossellini figurent Stromboli = (Stromboli,=20 Terra di Dio, 1949), avec l=92actrice Ingrid Bergman, qu=92il a = =E9pous=E9e, et=20 les Onze Fioretti de Fran=E7ois d=92Assise (Francesco, giullare di = Dio, 1950).=20 =C0 la fin de sa carri=E8re, Rossellini r=E9alise une s=E9rie de = films historiques=20 pour la t=E9l=E9vision, dont l=92=C2ge de fer (l=92Et=E0 di ferro, = 1964), la Prise de=20 pouvoir par Louis XIV (la Presa di potere di Luigi XIV, 1966), = Socrate=20 (1971) et Blaise Pascal (1974). Isabella Rossellini, fille de = Roberto=20 Rossellini et d=92Ingrid Bergman, m=E8ne aujourd=92hui une = carri=E8re d=92actrice=20 (depuis le Pr=E9, il Prato, 1979, des fr=E8res Taviani), = tandis que son=20 fr=E8re, Renzo, compositeur, a =E9crit la musique de certains de = ses=20 films.

Loin de toute chapelle esth=E9tique et de toute id=E9ologie = politique,=20 Rossellini n'a cess=E9 d'interroger son si=E8cle et les moyens de = son art,=20 refusant la disjonction cin=E9ma/t=E9l=E9vision, ch=E8re =E0 = d'autres cin=E9astes. =C0=20 ses yeux, il faut plut=F4t envisager le cin=E9ma et la = t=E9l=E9vision =E0 une=20 dimension sup=E9rieure, comme des =AB protagonistes de notre = si=E8cle=BB. Cette=20 conviction, renforc=E9e par l'=E9chec de Anima nera (1962), = conduira le=20 r=E9alisateur =E0 abandonner compl=E8tement le cin=E9ma pour se = consacrer =E0 la=20 t=E9l=E9vision et au film d'enseignement.

Avec l'aimable autorisation de Institut des Archives Sonores. = Tous=20 droits r=E9serv=E9s.

Les principaux films de=20 Rossellini

1936 Daphne, court=20 m=E9trage
1938 Pr=E9lude =E0=20 l=92apr=E8s-midi d=92un faune, court m=E9trage
1939 Fantaisie=20 sous-marine, court m=E9trage Fantasia=20 sotto-marina
1939 Le = Dindon=20 tyrannique, court m=E9trage Il = Tachino=20 prepotente
1940 L=92Alerte=20 Th=E9r=E8se, court m=E9trage La = Vispa=20 Teresa
1941 Le = Navire=20 blanc La = Nave=20 bianca
1942 Un = pilote=20 revient Un = pilota=20 ritorna
1942 L=92Homme =E0 la=20 croix L=92Uomo dalla=20 croce
1945 Rome, = ville=20 ouverte Roma, = citt=E0=20 aperta
1946 Pais=E0 Pais=E0
1947 Allemagne,=20 ann=E9e z=E9ro Germania anno=20 zero
1947 Amore = (Une Voix=20 humaine ; le Miracle) Amore = (Una voce=20 umana ; il Miracolo)
1949 Stromboli Stromboli,=20 terra di Dio
1950 Onze = Fioretti=20 de Fran=E7ois d=92Assise Francesco,=20 giullare di Dio
1952 La = Machine =E0=20 tuer les m=E9chants La = Macchina=20 ammazzacattivi