From: =?Windows-1252?Q?Enregistr=E9_par_Windows_Internet_Explorer=A07?= Subject: M Date: Thu, 24 Apr 2008 04:58:25 +0200 MIME-Version: 1.0 Content-Type: multipart/related; type="text/html"; boundary="----=_NextPart_000_02CC_01C8A5C7.D3FDA6F0" X-MimeOLE: Produced By Microsoft MimeOLE V6.0.6000.16545 This is a multi-part message in MIME format. ------=_NextPart_000_02CC_01C8A5C7.D3FDA6F0 Content-Type: text/html; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Location: http://cinemanageria.ifrance.com/abc_cineastes/m.htm M
M

Makavejev, Dusan

Dusan = Makavejev
(1932-=20 )
R=E9alisateur et sc=E9nariste yougoslave

N=E9 =E0 = Belgrade,=20 Makavejev obtient un dipl=F4me de psychologie de l=92universit=E9 = de philosophie=20 de Belgrade en 1955, puis =E9tudie la r=E9alisation = cin=E9matographique =E0=20 l=92acad=E9mie du th=E9=E2tre, de la radio, du cin=E9ma et de la = t=E9l=E9vision de=20 Belgrade. Apr=E8s la mise en sc=E8ne des Bains de Ma=EFakovski, il = r=E9alise,=20 entre 1953 et 1965, plusieurs documentaires pour Zagreb Film ainsi = que de=20 nombreux films exp=E9rimentaux en 16 mm; en 1965, il publie un = essai=20 intitul=E9 Un baiser pour le camarade slogan. Sorti en 1966, son = premier=20 film, L=92homme n=92est pas un oiseau (Covek nije tica), reste de = facture=20 classique m=EAme si cette com=E9die sociale amoureuse pose les = jalons=20 th=E9matiques de son oeuvre =E0 venir, comme le conflit entre = l=92amour et les=20 conventions sociales.

Fond=E9s sur la technique du collage = qui m=EAle=20 documentaire, narration classique et =E9preuves de tournage issus = d=92autres=20 films, les films satiriques de Makavejev multiplient les = provocations=20 esth=E9tiques, politiques et sexuelles tout en interrogeant les = conventions=20 narratives.

Le deuxi=E8me film de Makavejev, Une affaire de coeur (Ljubavni = slucaj,=20 ili tragedija slubenice, 1967) est d=92une forme plus = libre qui tend vers=20 le collage surr=E9aliste (le film comprend des extraits d=92un = documentaire=20 scientifique). Ce film lui vaut d=92=EAtre reconnu en tant que = r=E9alisateur de=20 premier plan au sein de l=92=E9cole, en pleine =E9closion, de = r=E9alisateurs=20 exp=E9rimentaux d=92Europe de l=92Est. En noir et blanc et en = couleurs,=20 Innocence sans protection (Nevinost Bez Zastite, 1968) diss=E8que = et=20 recompose le premier film serbe parlant =E9ponyme (1942), en y = int=E9grant des=20 entretiens avec les acteurs originaux, des extraits de = documentaires et de=20 bandes d=92actualit=E9s. En radicalisant sa pratique du collage, = Makavejev=20 transforme ainsi le film original en une m=E9ditation politique = complexe sur=20 le temps, le cin=E9ma et ses rapports =E0 l=92histoire.

Le film suivant de Makavejev, W. R., les Myst=E8res de = l=92organisme (W.=20 R., Misterije organizma, 1971) raille le stalinisme =E0 travers = les th=E9ories=20 d=E9velopp=E9es dans la R=E9volution sexuelle (1936) de Wilhelm = Reich. Comme le=20 psychiatre am=E9ricain, Makavejev consid=E8re la lutte sexuelle = comme une=20 prop=E9deutique =E0 la lutte des classes, propos jug=E9 subversif = qui sera=20 censur=E9 par les autorit=E9s yougoslaves.

Makavejev est d=E9sormais oblig=E9 de r=E9aliser la plupart de = ses films hors=20 de son pays natal. Production franco-canadienne, Sweet Movie = (1974)=20 d=E9concerte par son refus d=E9lib=E9r=E9 de toute forme : avec = Sami Frey, Carole=20 Laure et Pierre Cl=E9menti au g=E9n=E9rique, cette histoire = loufoque d=92un magnat=20 minier sud-africain =E0 la recherche d=92une jeune fille pub=E8re = est surtout=20 pr=E9texte =E0 une critique f=E9roce et enjou=E9e du capitalisme = au nom d=92une=20 vitalit=E9 irr=E9pressible. R=E9alis=E9 en Su=E8de, les Fantasmes = de Mme Jordan=20 Montenegro (Montenegro Pigs and Pearls, 1981) oppose = l=92exub=E9rance d=92une=20 communaut=E9 d=92ouvriers yougoslaves aux frustrations de la = bourgeoisie. Par=20 la suite, les films de Makavejev adoptent une facture plus = classique et,=20 sans renoncer =E0 une subversion qui leur est quasi = consubstantielle,=20 privil=E9gient un ton plus all=E9gorique que direct. Il encha=EEne = ensuite avec=20 Coca-Cola Kid (The Coca-Cola Kid, 1985) qu=92il tourne en = Australie, puis=20 revient en Yougoslavie pour r=E9aliser Pour une nuit = d=92amour/Manifesto=20 (Manifesto, 1988). Son film suivant, Gorilla Bathes at Night = (1992), est=20 tourn=E9 juste apr=E8s la chute du mur =E0 Berlin et d=E9crit les = errances dans=20 cette ville d=92un ancien officier de l=92arm=E9e russe, qui vit = quotidiennement=20 les espoirs et les d=E9ceptions confuses qui ont suivi la chute du = communisme en Europe de l=92Est. En 1995, il r=E9alise un = documentaire, A Hole=20 in the Soul.

Malle, = Louis

Louis=20 Malle
(1932-1995)
Cin=E9aste fran=E7ais, issu d=92une = grande famille=20 d=92industriels

Apr=E8s des =E9tudes =E0 l=92IDHEC = (Institut des=20 hautes =E9tudes cin=E9matographiques), il devint l=92assistant de = Jacques-Yves=20 Cousteau avec lequel il cor=E9alisa le Monde du silence, un = documentaire sur=20 le monde sous-marin qui remporta la palme d=92or au festival de = Cannes en=20 1956. Il entreprit par la suite une oeuvre =E9clectique, =E0 = l=92=E9criture=20 classique et aux sujets souvent controvers=E9s, et alterna = documentaires et=20 fictions. Ascenseur pour l=92=E9chafaud (1957), qui remporta le = prix=20 Louis-Delluc en 1958, puis les Amants (1958), avec Jeanne Moreau,=20 choqu=E8rent le public et lui valurent une r=E9putation de = cin=E9aste=20 provocateur.

Apr=E8s Zazie dans le m=E9tro (1960), tir=E9 du roman de = Raymond Queneau, Vie=20 priv=E9e (1962) avec Brigitte Bardot et le Feu follet (1963) = d=92apr=E8s Drieu=20 la Rochelle, Malle aborda le th=E8me de l=92inceste dans le = Souffle au coeur=20 (1971) et celui de la collaboration dans Lacombe Lucien (1974). = =C0 partir=20 de 1977, il poursuivit sa carri=E8re aux =C9tats-Unis, avec la = Petite (Pretty=20 Baby, 1978), Atlantic City (1980), qui lui valut un lion d=92or au = festival=20 de Venise, et My Dinner with Andr=E9 (1981).

De retour en France, Malle r=E9alisa Au revoir, les enfants ! = (1987),=20 film largement autobiographique qui fut r=E9compens=E9 =E0 Venise = par un nouveau=20 lion d=92or (1987), =E0 Cannes par le prix de la critique (1988), = et par le=20 prix Louis-Delluc (1987). Ce film fut suivi par Milou en mai = (1990),=20 Fatale et Vanya, 42e rue (Vanya on 42nd = Street,=20 1994).

Malraux, = Andr=E9

Andr=E9=20 Malraux
(1901-1976)
=C9crivain, cin=E9aste et homme = politique dont=20 l=92oeuvre s=92apparente =E0 une vaste r=E9flexion sur la = possibilit=E9 d=92=E9chapper =E0=20 la =ABcondition humaine=BB

D=C9BUTS D=92UN=20 AVENTURIER

Georges-Andr=E9 Malraux naquit =E0 Paris le 3 novembre 1901 et = fut =E9lev=E9=20 par sa m=E8re et sa grand-m=E8re, qui tenaient un commerce =E0 = Bondy. Il=20 abandonna ses =E9tudes avant le baccalaur=E9at pour vivre du = commerce des=20 livres rares, mais il continua =E0 se former en suivant notamment = des cours=20 =E0 l=92=C9cole des langues orientales, tout en fr=E9quentant les = milieux=20 litt=E9raires et artistiques.

Il publia =E0 cette =E9poque des articles et des livres = d=92inspiration=20 surr=E9aliste : Lunes en papier (1921), suivi de Royaume farfelu = (1928). Il=20 y d=E9veloppait une veine d=92humour fantaisiste qui affleure = encore dans le=20 reste de son oeuvre (avec, par exemple, le personnage de Clappique = dans la=20 Condition humaine et les Antim=E9moires).

En 1923, il se rendit en Indochine en compagnie de sa = premi=E8re femme,=20 Clara, pour une exp=E9dition arch=E9ologique. Arr=EAt=E9 pour = avoir d=E9rob=E9 des=20 statues dans un site arch=E9ologique khmer =E0 l=92abandon, il fut = acquitt=E9=20 gr=E2ce au soutien des intellectuels et des artistes fran=E7ais. = Revenu au=20 Cambodge d=E8s 1925, sensibilis=E9 aux probl=E8mes de la = colonwidth=3D"180" prit=20 part =E0 la lutte que menaient les r=E9volutionnaires annamites; = dans les=20 journaux =E9ph=E9m=E8res qu=92il fonda successivement avec Paul = Monin=20 (l=92Indochine; l=92Indochine encha=EEn=E9e), il d=E9non=E7a les = exactions dont=20 =E9taient victimes les indig=E8nes. =C0 son retour =E0 Paris en = 1926, il se lia=20 avec Andr=E9 Gide, qui le fit entrer comme directeur artistique = chez=20 Gallimard (1928).

PREMIERS ROMANS

De ces exp=E9riences en Asie naquirent un essai, =E9crit sous = forme de=20 dialogue, la Tentation de l=92Occident (1926) et trois romans, les = Conqu=E9rants (1928), la Voie royale (1930) et la Condition = humaine (1933);=20 ce dernier ouvrage lui valut de remporter le prix Goncourt et = d=92=EAtre=20 reconnu sur le plan international.

La Voie royale raconte, en la transposant sur le plan de la = fiction,=20 l=92aventure tragique de son exp=E9dition de pillage = arch=E9ologique, tandis que=20 les deux autres romans =E9voquent les mouvements = r=E9volutionnaires qui=20 d=E9chiraient la Chine =E0 l=92=E9poque (gr=E8ve g=E9n=E9rale des = d=E9buts de la=20 r=E9volution en 1925, r=E9pression d=92une insurrection =E0 = Shanghai en 1927).=20 Mais, au-del=E0 d=92une =E9criture qui =E9voque le reportage par = son style abrupt=20 et le cin=E9ma par la construction des s=E9quences, l=92essentiel = de l=92oeuvre=20 r=E9side dans =ABl=92=E9l=E9ment pascalien=BB.

Comme chez Dosto=EFevski, chaque personnage des r=E9cits de = Malraux=20 repr=E9sente une mani=E8re possible d=92affronter la condition = humaine :=20 comment, en effet, donner un sens =E0 sa vie quand on est = confront=E9 =E0 un=20 monde d=E9pourvu de sens (=E0 ce que Malraux appelle = l=92=ABabsolue r=E9alit=E9 de la=20 mort=BB) ? La mort, l=92humiliation et l=92oppression rendent le = monde=20 tragiquement absurde, de m=EAme que la crise d=92un Occident qui = a, certes,=20 r=E9ussi dans sa volont=E9 de puissance mais qui, apr=E8s la = =ABmort de Dieu=BB, a=20 =E9chou=E9 =E0 trouver de nouvelles valeurs.

Les personnages de Malraux en qui s=92unissent =ABla culture, = la lucidit=E9=20 et la capacit=E9 =E0 l=92action=BB cherchent la =ABgrande action = quelconque=BB qui les=20 rendra =ABun moment ma=EEtre de leur destin=BB. Ils la trouvent = dans l=92aventure=20 dangereuse de l=92exp=E9dition exotique ou de l=92action = r=E9volutionnaire pens=E9e=20 comme d=E9fi individuel ou fraternit=E9 virile. Voir narration; = roman.

=C9CRIVAIN ET HOMME D'ACTION = ANTI-FASCISTE

De retour en Europe, Malraux se mobilisa contre la mont=E9e du = fascisme=20 et du totalitarisme. Il participa aux mouvements d=92intellectuels = antifascistes, publia le Temps du m=E9pris (1935) et apporta en = Allemagne=20 une p=E9tition en faveur du militant bulgare Dimitrov, injustement = accus=E9=20 d=92avoir provoqu=E9 l=92incendie du Reichstag. Il s=92engagea = bient=F4t aux c=F4t=E9s=20 des r=E9publicains dans la guerre d=92Espagne, fondant = l=92escadrille Espa=F1a d=E8s=20 les premiers jours du conflit.

width=3D"180">Dans l=92ardeur = de=20 l=92action, il con=E7ut un vaste roman =E9pique, l=92Espoir = (1937), o=F9 il=20 rapportait son exp=E9rience sur le mode =E9pique et lyrique, mais = dans un=20 style =E0 la fois journalistique et cin=E9matographique. Il = r=E9alisa lui-m=EAme=20 pour le cin=E9ma une adaptation libre de la fin de ce roman = (Sierra de=20 Teruel, 1938-1939).

L=92Espoir reprend la m=E9ditation et les th=E8mes des romans = ant=E9rieurs de=20 Malraux, ainsi que sa r=E9flexion sur la valeur de l=92art. = Cependant,=20 l=92action individualiste, incarn=E9e par les anarchistes, est = mise ici au=20 second plan, au profit de la fraternit=E9 des hommes et surtout de = la=20 pr=E9occupation d=92efficacit=E9, incarn=E9e par les communistes : = au-del=E0 de=20 l=92=ABillusion lyrique=BB, ces derniers ont conscience qu=92il = faut =ABorganiser=20 l=92apocalypse=BB. Ainsi, l=92Espoir est =E0 la fois un roman = d=92aventure virile,=20 un documentaire publi=E9 =AB=E0 chaud=BB, un essai philosophique = et un roman de=20 propagande communiste.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, volontaire pour servir dans = les=20 chars en 1940, Malraux fut captur=E9 par les Allemands; il parvint = cependant=20 =E0 s=92=E9vader et entreprit, dans sa retraite, la r=E9daction de = deux romans=20 qu=92il n=92acheva pas (le R=E8gne du Malin; le D=E9mon de = l=92absolu). Entr=E9 dans=20 la R=E9sistance en 1943 sous le pseudonyme de colonel Berger, il = fut arr=EAt=E9=20 et miraculeusement rel=E2ch=E9 par la Gestapo en 1944, apr=E8s = quoi il participa=20 activement =E0 la lib=E9ration du territoire, =E0 la t=EAte de la = brigade=20 Alsace-Lorraine.

MALRAUX ET DE GAULLE

Nomm=E9 membre du Gouvernement provisoire de la R=E9publique = fran=E7aise en=20 tant que ministre de l=92Information, Malraux devint un soutien = fid=E8le du=20 gaullisme; il quitta le pouvoir en m=EAme temps que le g=E9n=E9ral = de Gaulle,=20 qui le rappela en 1958 pour lui confier le minist=E8re des = Affaires=20 culturelles. Attach=E9 =E0 ce poste jusqu=92en 1969, il mena une = politique de=20 d=E9mocratisation et de d=E9centralisation culturelle, cr=E9ant = notamment les=20 premi=E8res Maisons des jeunes et de la culture et attachant son = nom =E0 la=20 loi dite =ABloi Malraux=BB sur la protection et la restauration = des monuments=20 historiques dans les secteurs sauvegard=E9s (1962).

=ABL=92ART EST UN ANTI-DESTIN=BB =

Pour Malraux, son activit=E9 de ministre des Affaires = culturelles reste=20 indissociable de sa m=E9ditation sur l=92art et sur l=92Homme : = entam=E9e avec les=20 Noyers de l=92Altenburg (1943), cette r=E9flexion se prolonge dans = les=20 ouvrages qu=92il consacra =E0 la litt=E9rature et dans ceux, = nombreux, qu=92il=20 consacra =E0 l=92art, parmi lesquels nous pouvons citer : la = Psychologie de=20 l=92art, qui comprend le Mus=E9e imaginaire (1947), la Cr=E9ation = artistique=20 (1948) et la Monnaie de l=92absolu (1949), textes r=E9=E9dit=E9s = sous le titre les=20 Voix du silence (1951). On lui doit aussi Saturne, essai sur Goya = (1950)=20 et la M=E9tamorphose des dieux (1957).

Ces livres n=92ont pas pour objet l=92histoire de l=92art ou = l=92esth=E9tique=20 mais bien la =ABsignification que prend la pr=E9sence d=92une = =E9ternelle r=E9ponse=20 =E0 l=92interrogation que l=92homme pose =E0 sa part = d=92=E9ternit=E9 lorsqu=92elle surgit=20 dans la premi=E8re civilisation, consciente d=92ignorer la = signification de=20 l=92homme=BB. Ils ne font ainsi qu=92approfondir ce que disaient = d=E9j=E0 les romans=20 : Malraux appelle destin ce qui s=92impose =E0 l=92Homme et le = prive de valeur=20 et de sens; l=92aventure =E9tant devenue width=3D"180" impossible = dans un monde=20 enti=E8rement connu, le =ABmythe marxiste=BB =E9tant d=E9truit, = l=92art seul semble=20 pouvoir remplacer les anciennes valeurs religieuses perdues : = c=92est en ce=20 sens que, pour Malraux, =ABl=92art est un anti-destin=BB.

LES ANTIM=C9MOIRES

Malraux n=92=E9crivit pas des m=E9moires pour consigner les = traces=20 insignifiantes de son destin individuel mais des Antim=E9moires = (1967) o=F9 se=20 m=EAlent - dans un vaste ensemble qui n=92est pas sans =E9voquer = =C0 la recherche=20 du temps perdu de Proust - r=E9cits fictifs, vrais et faux = souvenirs,=20 m=E9ditations. Il publia aussi un ouvrage de souvenirs et de = r=E9flexions, =E0=20 partir de ses divers entretiens avec le g=E9n=E9ral de Gaulle (les = Ch=EAnes=20 qu=92on abat, 1971).

Apr=E8s la d=E9mission de ce dernier, Malraux abandonna ses = fonctions et=20 ses activit=E9s politiques pour se retirer dans les environs de = Paris, o=F9 il=20 continua =E0 =E9crire jusqu=92=E0 sa mort, survenue le 23 novembre = 1976; ses=20 cendres furent transf=E9r=E9es au Panth=E9on le 23 novembre = 1996.

Mankiewicz, = Joseph

Joseph=20 Mankiewicz
(1909-1993)
Producteur, r=E9alisateur et = sc=E9nariste=20 am=E9ricain

N=E9 en Pennsylvanie, il = commen=E7a sa=20 carri=E8re en 1929 comme sc=E9nariste. On compte parmi ses = nombreux sc=E9narios=20 Furie (Fury, 1936), r=E9alis=E9 par Fritz Lang et = Indiscr=E9tions (The=20 Philadelphia Story, 1940), de George Cukor. En = 1946, appel=E9 sur=20 le plateau pour remplacer Lubitsch, il fit ses = d=E9buts en=20 tant que r=E9alisateur avec le Ch=E2teau du dragon (Dragonwyck). = Par la suite,=20 Mankiewicz toucha =E0 tous les genres cin=E9matographiques, = donnant =E0 son=20 oeuvre l=92apparence d=92une tr=E8s grande vari=E9t=E9 : le = thriller avec Quelque=20 part dans la nuit (Somewhere in the Night, 1946), le fantastique = avec=20 l=92Aventure de madame Muir (The Gost and Mrs. Muir, 1947), le = film=20 d=92espionnage avec l=92Affaire Cic=E9ron (Five Fingers, 1952), = l=92adaptation=20 th=E9=E2trale avec Jules C=E9sar (Julius Caesar, 1953), le = m=E9lodrame flamboyant=20 avec la Comtesse aux pieds nus, (The Barefoot Comtessa, 1954), la=20 superproduction avec Cl=E9=F4patre (Cleopatra, 1963) ou le western = avec le=20 Reptile (There Was a Crooked Man, 1970). Au-del=E0 de cette = diversit=E9,=20 l=92oeuvre de Mankiewicz trouve son unit=E9 dans ce que les = critiques ont=20 appel=E9 la =ABdiscr=E9tion=BB.

Mankiewicz, Jules = C=E9sar
Marlon=20 Brando dans Jules C=E9sar (Julius Caesar, 1953) de Joseph = Mankiewicz.=20
Adapt=E9 de la pi=E8ce de William Shakespeare, le film de = Mankiewicz est=20 l'un des sommets du p=E9plum. Marlon Brando y campe un = Marc-Antoine=20 m=E9morable, aux c=F4t=E9s de James Mason (Brutus) et de John = Gielgud=20 (Cassius).

En effet, rien d=92intime ne transpara=EEt dans ses films; au = contraire, il=20 porte un regard lucide et distanci=E9 sur le monde ext=E9rieur. Sa = constante=20 recherche d=92un dialogue vif et efficace, plein d=92humour et de=20 rebondissements, caract=E9rise =E9galement l=92ensemble de son = travail. En ce=20 sens, Mankiewicz a rompu avec la tradition cin=E9matographique qui = voulait=20 que l=92action ait le pas sur les dialogues.

Mankiewicz, l'Aventure de = madame=20 Muir
Tout simplement l'une des plus belles histoires = d'amour et=20 l'un des films les plus fins et les plus tendres de l'histoire du = cin=E9ma.=20 Joseph Mankiewicz regarde l'=E9poque victorienne avec une = nostalgie ironique=20 qui est en soi un enchantement.

En 1963, son Cl=E9op=E2tre, en raison de tiraillements entre = les d=E9sirs des=20 acteurs et ceux des producteurs, fut un =E9chec et Mankiewicz = garda le=20 silence pendant quatre ans. Il fallut attendre 1972 pour qu=92il = s=92impose =E0=20 nouveau avec le Limier. Organis=E9 autour du duo Laurence Olivier = et Michael=20 Caine, le Limier, de par sa construction, ses dialogues, sa mise = en sc=E8ne=20 et ses d=E9cors, appara=EEt comme un condens=E9 de toute = l=92oeuvre de Mankiewicz.=20 Il a remport=E9 des oscars pour le sc=E9nario et la r=E9alisation = de Cha=EEnes=20 conjugales (Letter to Three Wives, 1949) et d=92=C8ve (All About = Eve,=20 1950).

Mankiewicz, Soudain, = l'=E9t=E9=20 dernier
Dans ce film, la mise en sc=E8ne de Mankiewicz est = port=E9e par=20 la parole des acteurs =E0 travers les m=E9andres souterrains du = traumatisme et=20 de la n=E9vrose jusqu'=E0 la lumi=E8re sereine de la = gu=E9rison.

Mann, = Anthony

Anthony = Mann
(1906-1967)
(De=20 son vrai nom Emil Anton Bundmann)
Cin=E9aste am=E9ricain, = l=92un des plus=20 c=E9l=E8bres r=E9alisateurs de westerns

Anthony Mann est n=E9 =E0 San = Diego. Tent=E9 par=20 la carri=E8re d=92acteur, il d=E9buta au music-hall avant de = monter des pi=E8ces =E0=20 Broadway. Il se tourna vers le cin=E9ma =E0 la fin des ann=E9es = 1930, encourag=E9=20 par le producteur David O. Selznick. Pendant les ann=E9es 1940, il = r=E9alisa=20 des films, surtout policiers, d=E9j=E0 remarquables par la = qualit=E9 de=20 l=92expression visuelle et le sens du d=E9cor : Desperate (1947), = la Brigade=20 du suicide (T-Men, 1948) et le Grand Attentat (The Tall Target, = 1951).

Vers 1950, il se sp=E9cialisa dans le western, genre dont il = devint l=92un=20 des meilleurs repr=E9sentants apr=E8s John Ford, qu=92il = saluait comme un=20 ma=EEtre. Il dirigea ses acteurs (en particulier James Stewart, = Henry Fonda=20 et Gary Cooper) en associant le destin de ses personnages aux = paysages de=20 l=92Ouest par la qualit=E9 d=92une mise en sc=E8ne qui, loin de se = conformer =E0 une=20 imagerie na=EFve, a su pr=E9c=E9der l=92=E9volution du genre. La = liste de ses films=20 appara=EEt comme l=92une des plus belles contributions =E0 un = genre souvent=20 consid=E9r=E9 comme mineur. Parmi ses oeuvres les plus marquantes = figurent=20 notamment Winchester 73 (1950), la Porte du diable (Devil=92s = Doorway,=20 1950), les Affameurs (Bend of the River, 1952), l=92App=E2t (The = Naked Spur,=20 1953), Je suis un aventurier (The Far Country, 1955), l=92Homme de = la plaine=20 (The Man from Laramie, 1955), Du sang dans le d=E9sert (The Tin = Star, 1957)=20 et l=92Homme de l=92Ouest (Man of the West, 1958).

Mann, = l'App=E2t
Chez Anthony=20 Mann, le western devient une forme d'art =E0 part enti=E8re. Mann = y c=E9l=E8bre=20 l'espace et la dur=E9e avec une =E9loquence et une ma=EEtrise = digne de ses=20 contemporains les peintres expressionnistes abstraits.

Apr=E8s 1960, il fut emport=E9 par la vague des = superproductions. Il y fit=20 bonne figure, signant notamment la Ru=E9e vers l=92Ouest = (Cimarr=F3n, 1960), le=20 Cid (El Cid, 1961) ou la Chute de l=92Empire romain (The Fall of = the Roman=20 Empire, avec Sophia Loren, 1964), sans retrouver toutefois = l=92inspiration=20 de ses films les plus modestes.

Marker, = Chris

Chris Marker
(de son = vrai nom=20 Christian-Fran=E7ois Bouche-Villeneuve)
(1921- )
Cin=E9aste = fran=E7ais,=20 auteur de documentaires et de courts-m=E9trages engag=E9s, qui = r=E9alisa la=20 Jet=E9e en 1962

Chris Marker est n=E9 =E0 = Neuilly-sur-Seine.=20 Essayiste, photographe, =E9diteur, critique, il n=92aura =E9vit=E9 = qu=92une seule=20 forme cin=E9matographique : le long-m=E9trage commercial de = fiction. R=E9put=E9 =E0=20 l=92origine pour l=92=E9l=E9gance et la qualit=E9 litt=E9raire de = ses commentaires=20 (Les statues meurent aussi, cor=E9alis=E9 avec Alain Resnais, 1953), = il se fit=20 rapidement cin=E9aste-voyageur (Lettre de Sib=E9rie, 1960 ; = Description d=92un=20 combat, 1960).

Il se signala en 1962 comme pionnier du cin=E9ma direct (le = Joli Mai) et=20 comme un ma=EEtre de la science-fiction avec un court-m=E9trage = =E0 base de=20 photographies (la Jet=E9e, 1962 ; le film a fait l=92objet en 1995 = d=92un remake=20 sign=E9 par Ter= ry=20 Gilliam, l=92Arm=E9e des douze singes). Infatigable voyageur = (le Myst=E8re=20 Koumiko, 1965 ; Sans soleil, 1983), il s=92int=E9ressa =E9galement = aux luttes=20 ouvri=E8res (=C0 bient=F4t j=92esp=E8re, 1968 ; la Gr=E8ve des = travailleurs de Lip,=20 1974) et proposa en 1977 un bilan s=E9v=E8re de l=92engagement et = des erreurs de=20 la g=E9n=E9ration des ann=E9es 1960, marqu=E9e par le Vi=EAt Nam, = Cuba, la=20 Tch=E9coslovaquie et le Chili (Le fond de l=92air est rouge, = 1977). Dans un=20 hommage =E9mouvant et lucide =E0 son ami Alexandre Medviedkine =97 = =E0 qui il=20 avait d=E9j=E0 consacr=E9 un film, le Train en marche, en 1971 = =97, il analysa de=20 fa=E7on p=E9n=E9trante le rapport des cin=E9astes russes =E0 = l=92histoire de l=92Union=20 sovi=E9tique (le Tombeau d=92Alexandre, 1993). Avec Level 5 = (1996), il revint=20 sur le traumatisme caus=E9 par la bataille d=92Okinawa au Japon = =E0 travers les=20 interrogations d=92une femme travaillant au sc=E9nario d=92un jeu = vid=E9o.

Il a =E9galement travaill=E9 pour la t=E9l=E9vision = (l=92H=E9ritage de la chouette,=20 13 =E9missions, 1989) et exp=E9riment=E9 au fur et =E0 mesure les = formes nouvelles=20 d=92expression audiovisuelle : vid=E9o, super 8, image = =E9lectronique,=20 multim=E9dia, etc.

McCarey, = Leo

Leo McCarey
(de son = vrai nom=20 Thomas McCarey)
(1894-1969)
R=E9alisateur = am=E9ricain

N=E9 =E0 Los Angeles (Californie), = Leo McCarey=20 =E9tudie le droit et pratique plusieurs sports avant de devenir = l'assistant=20 de Tod Browning.

Ayant mis en sc=E8ne son premier film, Society Secrets (1921), = il=20 travaille pour Hal Roach comme producteur, sc=E9nariste ou comme = r=E9alisateur=20 de courts m=E9trages burlesques. =C0 ce titre, il met en sc=E8ne = ou supervise=20 plusieurs films avec Charley Chase, puis avec le tandem Stan = Laurel et=20 Oliver Hardy : The Battle of the Century (1927), Ton cor est =E0 = toi (You're=20 Darn Tootin', 1928), Habeas Corpus (1928), Vive la libert=E9 = (Liberty,=20 1929), Double Whopee (1929), ou les Bons Petits Diables (Brats, = 1930).

Ses premiers films parlants sont des m=E9lodrames ou des = com=E9dies, comme=20 Red Hot Rhythm (1929), The Somophore (1929), Let's Go Native = (1930), Wild=20 Company (1930), Madame et ses Partenaires (Part Time Wife, 1930) = et=20 Indiscret (Indiscreet, 1931).

Il renoue ensuite avec le burlesque et r=E9alise le Roi de = l'ar=E8ne (The=20 Kid from Spain, 1932) avec Eddie Cantor, Soupe au canard (Duck = Soup, 1933)=20 avec les Marx Brothers, Six of a Kind (1934) avec W. C. Fields, Ce = n'est=20 pas un p=E9ch=E9 (Belle of the Nineties, 1934) avec Mae West et = Soupe au lait=20 (The Milky Way, 1935) avec Harold Lloyd. Il est = alors l=92un=20 des rares cin=E9astes du parlant =E0 retrouver l'efficacit=E9 des = films=20 burlesques de la p=E9riode muette.

Il signe aussi une percutante com=E9die sur les moeurs de = l'Ouest=20 am=E9ricain, o=F9 Charles Laughton est = remarquable,=20 l'Extravagant M. Ruggles (Ruggles of Red Gap, 1934), puis un = m=E9lodrame=20 bouleversant sur la vieillesse, Place aux jeunes (Make Way for = Tomorrow,=20 1937) et une com=E9die =E9poustouflante sur le couple, Cette = sacr=E9e v=E9rit=E9=20 (The Awful Truth, 1937), avec Cary Grant en vedette.

Il fait ensuite montre d=92ind=E9niables qualit=E9s d=92auteur = avec Elle et Lui=20 (Love Affair, 1938), un m=E9lodrame, ainsi qu=92avec une = d=E9lirante com=E9die=20 antinazie, Lune de miel mouvement=E9e (Once Upon a Honeymoon, = 1942), qui=20 r=E9unit Ginger Rogers et Cary Grant.

Catholique convaincu, il signe deux films religieux avec Bing = Crosby en=20 vedette, la Route sem=E9e d'=E9toiles (Going My Way, 1943) et les = Cloches de=20 Sainte-Marie (Bells of Saint Mary's, 1945), qui lui valent = plusieurs=20 oscars et un grand succ=E8s commercial.

Apr=E8s un film avec Gary Cooper sur le th=E8me de la = g=E9n=E9rosit=E9, Ce bon=20 vieux Sam (Good Sam, 1948), il r=E9alise un pamphlet = anticommuniste, My Son=20 John (1951), un remake de Elle et Lui (An Affair to Remember, = 1957), o=F9 il=20 retrouve Cary Grant, une com=E9die caustique sur le sexe et sur = l'adult=E8re,=20 la Brune br=FBlante (Rally Round the Flag, Boys, 1958) et un autre = film=20 anticommuniste, Une histoire de Chine (Satan Never Sleeps, = 1961).

McLaren, = Norman

Norman=20 McLaren
(1914-1987)
R=E9alisateur de dessin anim=E9 = canadien=20 d'origine britannique, qui mit au point de nouvelles techniques = pour le=20 film d'animation

N=E9 =E0 Stirling (=C9cosse), = McLaren suivit des=20 =E9tudes =E0 la Glasgow School of Art. =C0 l'=E9poque de John = Grierson, il=20 rejoignit tout d'abord la GPO Film Unit de Londres, o=F9 il fut = fortement=20 influenc=E9 par l'artiste d'origine n=E9o-z=E9landaise Len Lye, = qui=20 exp=E9rimentait la couleur en dessinant directement sur la = pellicule, tout=20 en essayant de trouver un moyen de cr=E9er une animation sans se = servir=20 d'une cam=E9ra. En 1940, apr=E8s un bref d=E9tour par New York = o=F9 il travailla=20 sur des films publicitaires, il retrouva Grierson, cette fois =E0 = la=20 National Film Board du Canada, o=F9 il passa le reste de sa = carri=E8re.

L'approche de McLaren tendait =E0 montrer que les techniques = d'animation=20 pouvaient se passer de cam=E9ra : une marque avec un stylo sur un = film=20 constituait une image. Il r=E9alisa ainsi des films, dont = Fiddle-De-Dee=20 (1947), en dessinant directement le long de la pellicule tout en = ignorant=20 le mouvement standard, plan par plan, de la cam=E9ra. Begone Dull = Care=20 (1949), avec une bande-son r=E9alis=E9e par le pianiste de jazz = Oscar=20 Peterson, est d'une abstraction audacieuse. Lorsqu'il se rendit en = Chine,=20 en 1949, dans le cadre d'une mission =E9ducative de l'UNESCO qui = ne=20 disposait que de peu de moyens, il utilisa la m=EAme technique. = Par la=20 suite, il pr=E9senta ses id=E9es novatrices en Inde, o=F9 elles = furent, une fois=20 encore, r=E9utilis=E9es =E0 des fins =E9ducatives.

McLaren a =E9t=E9 d=E9crit comme l'=ABunique r=E9alisateur = v=E9ritablement=20 moderniste=BB du Canada, chose attest=E9e =E0 la fois par son = utilisation=20 intensive du son synth=E9tique et par la constance de ses = innovations.=20 Neighbours (1951), r=E9alis=E9 pour l'UNESCO, s'amuse avec des = =EAtres humains=20 en les faisant bouger =E0 la mani=E8re des personnages de dessin = anim=E9 et Pas=20 de deux (1968), r=E9alis=E9 en blanc sur noir, utilise plusieurs=20 superpositions pour analyser les mouvements et les figures de deux = danseurs. Ils virevoltent sur l'=E9cran en cr=E9ant des formes et = des figures=20 rappelant les exp=E9riences photographiques d'=C9tienne Jules = Marey. Dans=20 Synchromy (1971), la bande sonore est elle-m=EAme film=E9e afin = que le son=20 soit lui aussi mis en images.

Si l'oeuvre de McLaren est parfois touchante, elle est rarement = comique. Au contraire, comme dans Neighbours, par exemple, un = r=E9cit=20 =E9difiant sur deux hommes qui se disputent une fleur et finissent = par=20 d=E9truire leurs familles respectives et se d=E9truire = eux-m=EAmes, ses films=20 sont la preuve que le genre du dessin anim=E9 peut =EAtre = utilis=E9 =E0 des fins=20 =E9ducatives et propagandistes.

Mekas, = Jonas

Mekas Jonas
(1922- = )
Cin=E9aste=20 am=E9ricain

N=E9 =E0 Semeniskiai en Lituanie, = Mekas passe les=20 premi=E8res ann=E9es de sa vie dans la ferme de ses parents, = pr=E8s de Vilnius.=20 Il entreprend par la suite des =E9tudes de lettres =E0 = l=92instigation d=92un=20 oncle pasteur, =E9tudes qui seront interrompues par la Seconde = Guerre=20 mondiale. Arr=EAt=E9 par les nazis en 1944, il est d=E9port=E9 = avec son fr=E8re=20 Adolfas dans un camp de travail dont ils s=92=E9vadent ensemble. = Rest=E9s en=20 Allemagne apr=E8s la fin de la guerre, ils fr=E9quentent les = cin=E9-clubs et les=20 bancs de l=92universit=E9 pour suivre des cours de litt=E9rature, = avant de=20 s=92exiler =E0 New York en 1949. Jonas ne reviendra en Lituanie = qu=92une seule=20 fois, pour y filmer ses parents et la terre de son enfance, autant = de=20 souvenirs qu=92il r=E9unit dans un film majeur, R=E9miniscences = d=92un voyage en=20 Lituanie (Reminiscences of a Journey to Lithuania, 1972). La = m=E9moire, et=20 son corollaire chez Mekas, l=92angoisse infinie de la perte de = soi,=20 constituent les th=E8mes pr=E9dominants de l=92oeuvre de ce = cin=E9aste, bless=E9 =E0=20 vif par les =E9preuves de l=92exil et de l=92errance.

=C9migr=E9 =E0 New York en 1949, il se passionne pour le = cin=E9ma et fait un=20 emprunt pour acqu=E9rir une cam=E9ra 16 mm. Avec le soutien dune = petite frange=20 d=92artistes marginaux, il fonde en 1955 la revue Film Culture, = qui d=E9fend=20 aujourd=92hui encore l=92id=E9e d=92un cin=E9ma ind=E9pendant et = d=92avant-garde. En=20 1959, il trouve l=92occasion de diffuser plus largement ses = id=E9es dans la=20 tribune r=E9guli=E8re que lui offre le c=E9l=E8bre hebdomadaire = Village Voice,=20 tribune o=F9 il affiche son go=FBt pour la Nouvelle Vague (qui = vient de voir=20 le jour de l=92autre c=F4t=E9 de l=92Atlantique). Radical et = g=E9n=E9reux, Mekas=20 s=92adonne corps et =E2me =E0 sa passion du cin=E9ma et pr=E9side = =E0 la naissance du=20 cin=E9ma underground : il fonde des cercles de travail (le New = American=20 Cinema Group en 1960) autour de Robert Frank, Shirley = Clark ou Peter Bogdanovich, = termine son=20 premier film (Guns of the Trees, 1961) et met en place, =E0 partir = de 1962,=20 une coop=E9rative (la Filmmakers=92Coop) qui permet =E0 chacun, de = Jack Smith =E0=20 Andy Warhol, du plus illustre au plus inconnu, de s=92essayer =E0 = la cr=E9ation=20 cin=E9matographique et de pr=E9senter ses oeuvres, sans craindre = les foudres=20 de la censure.

En parall=E8le et avec une pers=E9v=E9rance tr=E8s forte, Jonas = Mekas m=E8ne un=20 projet amorc=E9 d=E8s son arriv=E9e =E0 New York, la pratique = quotidienne de son=20 journal film=E9, qui fait la part belle aux portraits de proches = et aux=20 lieux de vagabondage. Mont=E9es apr=E8s 1969, ses oeuvres = principales=20 appartiennent toutes =E0 ce film id=E9al appel=E9 =E0 grandir sans = fin, son=20 Diaries, Notes and Sketches. Le premier volet de ce grand oeuvre, = Walden,=20 est projet=E9 pour la premi=E8re fois en d=E9cembre 1969 et = r=E9v=E8le un cin=E9aste =E0=20 la pratique artistique totalement in=E9dite. Suivront notamment = Lost, Lost,=20 Lost (1976), mais aussi Paradise not yet Lost (1980, He Stands in = a Desert=20 Counting the seconds of his Life (1985) et Birth of a Nation = (1998).

L=92oeuvre de Mekas est une tentative po=E9tique pour traduire, = f=FBt-ce au=20 prix de la compulsion, la totalit=E9 d=92une exp=E9rience humaine = sous une forme=20 cin=E9matographique. Depuis le rayon de lumi=E8re jusqu=92au = morceau de bois qui=20 se d=E9lite sur le sol, en passant par le corps d=92un ami surpris = en plein=20 sommeil, il n=92y a rien aux yeux de Jonas Mekas qui ne puisse = justifier un=20 plan, rien qui ne puisse =EAtre objet de cin=E9ma. L=92emploi = d=92une cam=E9ra=20 l=E9g=E8re et maniable (une Bolex 16 mm) d=E9termine en partie son = style visuel=20 pointilliste o=F9 des plans tr=E8s courts se succ=E8dent =E0 un = rythme saccad=E9 :=20 car si cette cam=E9ra ne peut =EAtre utilis=E9e plus de trente = secondes sans=20 =EAtre m=E9caniquement remont=E9e, elle autorise en revanche des = prises de vue=20 image par image, des surimpressions mais aussi des images = tremblantes ou=20 floues qui n=92effraient pas un cin=E9aste qui saisit le r=E9el = par impressions=20 =E9parses.

Mekas, R=E9miniscences = d'un voyage en=20 Lituanie
Intimit=E9 et sinc=E9rit=E9 sont les vertus sur = lesquelles=20 Mekas, pionnier de l'underground cin=E9matographique, a fond=E9 = son cin=E9ma=20 romanesque documentaire.

Figure de proue du cin=E9ma am=E9ricain ind=E9pendant de cette = seconde moiti=E9=20 du si=E8cle, Jonas Mekas s=92illustre activement dans le domaine = de la=20 conservation des films. Il dirige =E0 partir de 1970 l=92Anthology = Film=20 Archive, institution qui est devenue par son ampleur la seule = v=E9ritable=20 cin=E9math=E8que au monde qui soit consacr=E9e au septi=E8me art = exp=E9rimental. Au=20 travers de cet engagement, Jonas Mekas cherche =E0 dire tout haut = quelle est=20 =E0 ses yeux la mission premi=E8re de l=92artiste : pr=E9server et = transmettre la=20 m=E9moire, ainsi qu=92il le r=E9p=E8te sans cesse : =ABLe cin=E9ma = est un m=E9dium=20 fragile. Chaque jour, des films disparaissent. Nous devons filmer = la=20 m=E9moire, ne jamais oublier, mais surtout conserver les traces de = ce geste=20 - les bobines - qui nous survivront. Si nous n=92y prenons garde, = des pans=20 entiers de l=92histoire de l=92humanit=E9 seront bient=F4t = r=E9duits en=20 poussi=E8re.=BB

M=E9li=E8s, Georges

Georges=20 M=E9li=E8s
(1861-1938)
Producteur, r=E9alisateur, = sc=E9nariste,=20 d=E9corateur et acteur
(Pionnier du cin=E9ma fran=E7ais) =

Issu = d'une famille=20 ais=E9e de fabricants de chaussures, Georges M=E9li=E8s travailla = un temps dans=20 l'entreprise de son p=E8re, avant de partir pour Londres afin d'y = apprendre=20 la prestidigitation. De retour =E0 Paris, il entra au mus=E9e = Gr=E9vin, tout en=20 s'adonnant =E0 la peinture et au dessin satirique. En 1888, il = acheta le=20 th=E9=E2tre Robert-Houdin pour y monter des spectacles de = prestidigitation et=20 de =ABgrandes illusions=BB. Alors qu'il assistait, en 1895, =E0 = l'une des=20 premi=E8res projections des fr=E8res Lumi=E8re, G. M=E9li=E8s = entrevit imm=E9diatement=20 les possibilit=E9s qu'allait offrir le cin=E9matographe. D=E8s = lors, tandis que=20 les op=E9rateurs de Lumi=E8re parcouraient le monde pour chercher = de nouveaux=20 films, G. M=E9li=E8s envisagea d'exploiter le cin=E9ma-spectacle. = Il acheta un=20 projecteur =E0 Londres et fonda sa propre soci=E9t=E9 de = production, qu'il=20 appela Star Film - sans imaginer la signification universelle que = ces mots=20 allaient conna=EEtre. Il cr=E9a le film =E0 truquages, m=EAlant = aux effets=20 th=E9=E2traux les arr=EAts de cam=E9ra et les surimpressions. Pour = parvenir =E0 des=20 fins plus spectaculaires encore, il construisit, en 1897, chez lui = =E0=20 Montreuil, le premier studio cin=E9matographique pour lequel il se = fit tour=20 =E0 tour producteur, r=E9alisateur, sc=E9nariste, d=E9corateur et = acteur. Entre=20 1896 et 1914, il r=E9alisa plus de cinq cents =ABvoyages =E0 = travers=20 l'impossible=BB, autant de petits films enchanteurs, myst=E9rieux = et d'une=20 extraordinaire beaut=E9 po=E9tique. Son premier long-m=E9trage fut = l'Affaire=20 Dreyfus (1899), qui t=E9moigne de son int=E9r=EAt pour le = r=E9alisme politique. Si=20 son Voyage dans la Lune (1902), chef-d'oeuvre v=E9ritable = d'illusions=20 photographiques et d'innovations techniques, remporta un certain = succ=E8s,=20 G. M=E9li=E8s ne parvint cependant pas =E0 rivaliser avec les = grosses soci=E9t=E9s=20 de production. Il fut ruin=E9 par la Premi=E8re Guerre mondiale et = ses films=20 furent en majorit=E9 d=E9truits ou vendus. Tomb=E9 dans l'oubli, = il fut r=E9duit =E0=20 tenir une boutique de jouets dans la gare Montparnasse, avant = d'=EAtre=20 plac=E9, en 1932, dans une m=E9diocre maison de retraite. Peu de = temps avant=20 la mort de G. M=E9li=E8s, en 1938, Henri Langlois, cr=E9ateur de = la Cin=E9math=E8que=20 fran=E7aise, parvint =E0 sauver une partie de ses films et en = dirigea leur=20 restauration. =C0 la charni=E8re du th=E9=E2tre et du cin=E9ma, G. = M=E9li=E8s - au sujet=20 duquel D.W. Griffith d=E9clara =ABje lui dois tout=BB - fut un = v=E9ritable=20 =ABinventeur=BB, l'inventeur du cin=E9ma de divertissement. Depuis = 1947, le prix=20 M=E9li=E8s couronne chaque ann=E9e le meilleur film fran=E7ais ou = de coproduction=20 fran=E7aise.

Voyage dans la = Lune
Six=20 scientifiques, tous membres distingu=E9s du club des astronomes, = partent en=20 exp=E9dition sur la Lune o=F9 ils rencontrent ses habitants, les = S=E9l=E9nites, et=20 leur roi qui tente de les capturer. Ils parviendront =E0 = s'=E9chapper et =E0=20 regagner triomphalement la Terre. Inspir=E9 de Jules Verne et de = H. G.=20 Wells, le Voyage dans la Lune (1902) de Georges M=E9li=E8s, ancien = prestidigidateur et ma=EEtre en pyrotechnie, consacre la naissance = moderne=20 du spectacle cin=E9matographique, fond=E9 sur le recours aux = effets=20 sp=E9ciaux.

Melville,=20 Jean-Pierre

Jean-Pierre=20 Melville
(1917-1973)
R=E9alisateur = fran=E7ais

N=E9 =E0 Paris, Jean Pierre = Grumbach, dit=20 Jean-Pierre Melville, est un cin=E9aste tr=E8s pr=E9coce puisque, = =E0 sept ans, il=20 re=E7oit une cam=E9ra Path=E9 Baby en cadeau et s'amuse =E0 = tourner plusieurs=20 petits films. Il est ensuite atteint de cin=E9philie boulimique et = passe la=20 plus grande partie de son enfance et de son adolescence dans les = salles de=20 cin=E9ma. Il y admire principalement les productions = am=E9ricaines.

Apr=E8s de br=E8ves =E9tudes et une jeunesse aventureuse =E0 = Montmartre, il=20 fait la guerre de 1939-1940 dans la cavalerie fran=E7aise, puis = gagne=20 Londres et s'engage dans l'arm=E9e britannique, avant de rejoindre = la=20 R=E9sistance, o=F9 il milite dans les FFL du g=E9n=E9ral Charles = de Gaulle sous le=20 patronyme de Melville, en hommage =E0 Herman Melville, l'auteur de = Moby=20 Dick.

=C0 la Lib=E9ration, il rentre =E0 Paris et d=E9cide de devenir = cin=E9aste. Il=20 cr=E9e sa propre maison de production et tourne d'abord un petit=20 documentaire sur le clown Beby, Vingt-quatre heures de la vie d'un = clown=20 (1946), puis r=E9alise en marge du syst=E8me =E9tabli le Silence = de la mer=20 (1947), d'apr=E8s le roman de Vercors. Le film ne sort sur les = =E9crans qu'en=20 1949 et c'est alors que Jean Cocteau lui = propose de=20 mettre en sc=E8ne les Enfants terribles (1950), d'apr=E8s son = roman.

Ind=E9pendant et marginal, mais reconnu par la critique et la = profession,=20 il accepte ensuite une commande, Quand tu liras cette lettre = (1953), puis=20 d=E9cide de ne plus jamais tourner que ses propres projets.

Son oeuvre suivante, Bob le Flambeur (1955), est un film de = gangsters=20 atypique qui lui vaut l'admiration des r=E9dacteurs des Cahiers du = cin=E9ma=20 qui vont devenir les grands auteurs de la Nouvelle Vague et se = r=E9clameront=20 alors de lui.

Deux Hommes dans Manhattan (1958) lui permet ensuite de tenir = lui-m=EAme=20 un des premiers r=F4les du film et il =E9tonne alors par ses = qualit=E9s de=20 com=E9dien, si bien que Jean-Luc Godard = l'emploie comme=20 acteur dans =C0 bout de souffle (1959).

Il signe ensuite trois films avec Jean-Paul Belmondo en = vedette, L=E9on=20 Morin pr=EAtre (1961), fid=E8le adaptation du roman de B=E9atrice = Beck, le=20 Doulos (1962), un film noir tir=E9 du livre de Pierre Lesou et = l'A=EEn=E9 des=20 Ferchaux (1962), une adaptation du roman de Georges Simenon o=F9 = il aborde=20 pour la premi=E8re fois la couleur et dirige le v=E9t=E9ran = Charles Vanel.

Apr=E8s quatre ans de silence, il revient au film noir avec le = Deuxi=E8me=20 Souffle (1966), interpr=E9t=E9 par Lino Ventura, puis c'est le = Samoura=EF (1967)=20 avec un Alain Delon surprenant.

Ces films policiers sobres et =E9pur=E9s, d'une grande = r=E9ussite formelle,=20 ont un caract=E8re presque abstrait qui influence aujourd'hui = encore toute=20 une g=E9n=E9ration de cin=E9astes am=E9ricains (Quentin Tarantino) et = chinois (John Woo).

Il tourne ensuite l'Arm=E9e des ombres (1969), toujours avec = Lino=20 Ventura, et inspir=E9 du roman de Joseph Kessel, qui lui permet = d'aborder =E0=20 nouveau le th=E8me de la R=E9sistance =E0 travers un portrait = sombre, rigoureux=20 et tragique de quelques h=E9ros isol=E9s.

L'influence du cin=E9ma am=E9ricain dispara=EEt peu =E0 peu de = ses derni=E8res=20 oeuvres pour laisser place =E0 une distanciation chor=E9graphique = et superbe=20 qui donne un lyrisme froid et fascinant =E0 son chef d'oeuvre, qui = est aussi=20 son plus grand succ=E8s public, le Cercle rouge (1970), o=F9 il = r=E9unit Alain=20 Delon, Yves Montand, Andr=E9 Bourvil, Gian Maria Volont=E9 et = Fran=E7ois=20 P=E9rier.

Po=E8te de la ville et de la nuit, il dirige encore (peu de = temps avant=20 sa mort) Alain Delon, aux c=F4t=E9s de Catherine Deneuve dans Un = flic=20 (1972).

Menzel, = Jir=ED

Menzel Jiri
(1938- = )
Acteur,=20 sc=E9nariste et metteur en sc=E8ne tch=E9coslovaque

Repr=E9sentant de la Nouvelle Vague = tch=E8que et=20 dont le film Trains =E9troitement surveill=E9s (Ostre Sledovan=E9 = Vlaky, 1966) a=20 obtenu l=92oscar du meilleur film =E9tranger en 1967.

N=E9 =E0 Prague, Menzel suit de 1957 =E0 1962 les cours de la = FAMU, l=92=E9cole=20 de cin=E9ma praguoise o=F9 il r=E9alise un film de dipl=F4me, = Monsieur F=F6rster=20 vient de mourir. Apr=E8s avoir =E9t=E9 l=92assistant de la = r=E9alisatrice V=ECra=20 Chytilova pour son film Quelque chose d=92autre (O necem jinem, = 1963), il=20 d=E9bute comme acteur, activit=E9 qu=92il m=E8nera parall=E8lement = =E0 la mise en=20 sc=E8ne, aussi bien dans ses propres films o=F9 il interpr=E8te = souvent de=20 petits r=F4les, que dans ceux d=92autres r=E9alisateurs : il = appara=EEt ainsi dans=20 Personne ne rira (Nikdo se nebude sm=E1t, 1965) de Hynek Bo=E8an, = dans le=20 Retour du fils prodigue (N=E1vrat ztracen=E9ho syna, 1966) = d=92Evald Schorm ou=20 tout derni=E8rement dans la Petite Apocalypse (1993) de Costa-Gavras.

En 1965, il met en sc=E8ne son premier film, un moyen = m=E9trage, la Mort de=20 monsieur Balthazar (Smrt pana Baltazara, 1965), d=92apr=E8s la = nouvelle la=20 Mort de monsieur Baltisberg de l=92=E9crivain Bohumil Hrabal; le = moyen m=E9trage=20 de Menzel est int=E9gr=E9 par la suite dans un film collectif, = Perles au fond=20 de l=92eau (Perli=E8ky na dn=EC, 1965), o=F9 les =E9pisodes de = V=ECra Chytilova,=20 Jaromil Jires et d=92Evald Schorm notamment, rendent hommage =E0 = l=92=E9crivain=20 f=E9tiche des r=E9alisateurs de la Nouvelle Vague tch=E8que. = Adaptation de=20 Hrabal =E9galement, le premier long m=E9trage de Menzel, Trains = =E9troitement=20 surveill=E9s (Ostre Sledovan=E9 Vlaky, 1966), d=E9peint les affres = de Hilos=20 Hrma, petit chef de gare stagiaire perdu en Boh=EAme, =E0 la fin = de la Seconde=20 Guerre mondiale. Il souffre, sans le savoir, d=92=E9jaculation = pr=E9coce; le=20 malheureux en est gu=E9ri une nuit par une belle voyageuse en = attente de=20 correspondance. Sa virilit=E9 retrouv=E9e, il d=E9cide alors = courageusement de=20 dynamiter l=92un des trains de munitions allemands qu=92il se = contentait=20 jusqu=92=E0 pr=E9sent de =ABsurveiller =E9troitement=BB. Dans = cette fresque en=20 demi-teinte, qui allie avec originalit=E9 sexualit=E9 et guerre, = Menzel=20 =E9pingle, en po=E8te =E9pris de tendresse, les travers quotidiens = des petites=20 gens. Sens du d=E9tail, go=FBt de l=92insolite et de l=92absurde, = l=92art du=20 cin=E9aste proc=E8de par touches l=E9g=E8res et ironiques qui = dessinent un univers=20 en profonde sympathie avec celui de Hrabal.

M=EAme s=92il se tourne vers d=92autres =E9crivains, comme = Joseph Skvorecky=20 pour r=E9aliser Crime =E0 l=92=E9cole des filles (Zlocin v divci = Skole, 1965) ou=20 Crime au night-club (Zlocin v Santanu, 1968) ou comme Vladislav = Van=E8ura=20 pour signer Un =E9t=E9 capricieux (Rozmarn=E9 l=E9to, 1967), = Menzel poursuit une=20 veine expressive po=E9tique et satirique fid=E8le =E0 Hrabal = jusque dans ses=20 derni=E8res mises en sc=E8ne comme les Aventures d=92Ivan = Tchonkine (Vojin=20 Conkin, 1995) o=F9, aux yeux de certains, la fra=EEcheur de ton = vire=20 insensiblement au proc=E9d=E9 artificiel. En 1990, Alouettes = (Sknvanci na=20 Niti, 1969) obtient le Prix de la critique cin=E9matographique = tch=E8que et=20 l=92ours d=92or du Festival du film de Berlin, plus de 20 ans = apr=E8s sa=20 r=E9alisation.

La m=EAme ann=E9e, Menzel est nomm=E9 =E0 la t=EAte de = l=92=E9cole du film et des=20 arts du spectacle de Prague. Parmi ses films, on peut citer = Raccourci=20 (Postnzny, 1980), Mon cher petit village (Vesnicko ma Strediskova, = 1985),=20 le Festival du perce-neige (Slavnsti Snezenek, 1983), la Fin des = temps=20 anciens (Konec Starych Casu, 1989),et l=92Op=E9ra du mendiant = (Zebracka opera,=20 1990).

Mesguich, = Daniel

Daniel = Mesguich
(1952-=20 )
Acteur et metteur en sc=E8ne fran=E7ais

N=E9 =E0 Alger, Daniel Mesguich = passe son=20 enfance =E0 Marseille o=F9 il suit ses premiers cours de = th=E9=E2tre. Il =E9tudie la=20 philosophie =E0 Paris et entre en 1970 au Conservatoire national = sup=E9rieur=20 d=92art dramatique, o=F9 il est l=92=E9l=E8ve d=92Antoine Vitez. = Apr=E8s sa mise en=20 sc=E8ne du Ch=E2teau d=92apr=E8s Kafka (1972) et celle plus = controvers=E9e du Prince=20 travesti de Marivaux (1973), il fonde sa propre compagnie, le = Th=E9=E2tre du=20 Miroir. Comme Vitez, il rejette tout r=E9alisme. De Britannicus de = Racine=20 (1975) =E0 Platonov de Tchekhov (1982), de Lorenzaccio de Musset = (1986) =E0=20 Marie Tudor de Hugo (1991), il cherche =E0 faire resurgir, = au-del=E0 du sens=20 commun, les sens les plus inattendus, les plus t=E9nus aussi, et = =E0 faire=20 entendre ce qui ne s=92entend pas ordinairement. Mais c=92est avec = Shakespeare=20 que son travail de relecture est le plus significatif. Qu=92il = monte ses=20 oeuvres embl=E9matiques (Hamlet, 1977; le Roi Lear, 1981; Rom=E9o = et Juliette,=20 1985; la Temp=EAte, 1998) ou sa pi=E8ce la plus cruelle (Titus = Andronicus,=20 1989 et 1992), il parvient =E0 donner vigueur =E0 une langue faite = de jeux de=20 mots et de sous-entendus, d=E9clinant tous les sens, toutes les = subtilit=E9s=20 de jeu induites par les interpr=E9tations et les mises en sc=E8ne = pr=E9c=E9dentes=20 de ces pi=E8ces au cours du temps.

Tout aussi curieux des =E9critures de son si=E8cle, il monte = les pi=E8ces de=20 Sony Labou Tansi (Antoine m=92a vendu son destin, 1986), Clarisse = Nico=EFdski=20 (Ann Boleyn, 1995), H=E9l=E8ne Cixous (l=92Histoire qu=92on ne = conna=EEtra jamais,=20 1994) et Julius Am=E9d=E9e Laou, un jeune auteur martiniquais dont = il r=E9v=E8le=20 l=92=E9mouvante trag=E9die Folie ordinaire d=92une fille de Cham = (1984).

Sans abandonner sa carri=E8re d=92acteur, =E0 la = t=E9l=E9vision, au th=E9=E2tre comme=20 au cin=E9ma (il a jou=E9 notamment dans des films de Michel Deville, Fran=E7ois Truffaut, = James Ivory et=20 plus r=E9cemment Bernard Rapp), ni celle de metteur en sc=E8ne = d=92op=E9ra (la=20 T=E9tralogie de Wagner, 1988; le Bal masqu=E9 de Verdi, 1994), il = a dirig=E9=20 plusieurs centres dramatiques nationaux : le Th=E9=E2tre = G=E9rard-Philipe de=20 Saint-Denis (1986-1988) et La M=E9taphore =E0 Lille (1991-1998). = Il a=20 =E9galement anim=E9 sa propre =E9cole de th=E9=E2tre de 1975 =E0 = 1981 et enseigne=20 depuis 1983 au Conservatoire d=92art dramatique.

Mikhalkov, = Nikita

Nikita = Mikhalkov
(1945-=20 )
Acteur et cin=E9aste russe qui a sign=E9 les Yeux noirs en=20 1987

N=E9 =E0 Moscou, Nikita = Mikhalkov est issu=20 d=92une famille d=92=E9crivains et d=92artistes (son demi-fr=E8re, = Andre=EF = Konchalovski, est=20 =E9galement r=E9alisateur). Jeune premier et =E9tudiant au VGIK = (la plus=20 ancienne des =E9coles de cin=E9ma) dans les ann=E9es 1960, il = s=92impose comme=20 cin=E9aste en 1975 avec son deuxi=E8me long m=E9trage, l=92Esclave = de l=92amour=20 (Raba ljoubvi), =E9l=E9gante variation sur les vicissitudes = d=92une vedette du=20 muet durant la R=E9volution. Il r=E9alise ensuite Partition = inachev=E9e pour=20 piano m=E9canique (Neokon=E8ennaja p=92esa dlja mehani=E8eskogo = pianino, 1976),=20 libre adaptation de Ce fou de Platonov de Tchekhov, qui reste son = auteur=20 de r=E9f=E9rence.

D=E9sormais reconnu comme r=E9alisateur brillant - mais = =E9galement comme=20 acteur de charme -, il poursuit la veine des adaptations = litt=E9raires avec=20 Cinq soir=E9es (Pjat ve=E8erov, d=92apr=E8s Alexandre Volodine), = o=F9 il confirme sa=20 pr=E9dilection pour les =E9tudes intimistes, qui pr=E9sentent en = outre=20 l=92avantage de ne pas trop inqui=E9ter la censure. Il aborde en = 1979=20 l=92univers d=92un autre auteur classique, Ivan Aleksandrovitch = Gontcharov,=20 avec Quelques jours dans la vie d=92Oblomov (Neskol=92ko dnej iz = Oeizni I. I.=20 Oblomova), puis se risque, avec une com=E9die contemporaine, la = Parent=E8le=20 (Rodnija, 1981), =E0 =E9voquer sur le ton du badinage le r=F4le de = la femme=20 sovi=E9tique.

Sans t=E9moin (Bez Svidetelej, 1983) est =E0 nouveau un = affrontement =E0 huis=20 clos, =E0 deux personnages cette fois. Sous le titre = embl=E9matiquement russe=20 les Yeux noirs (O=E8i =C8iornie, 1987), il r=E9alise en Italie une = adaptation de=20 trois nouvelles de Tchekhov interpr=E9t=E9e par Marcello = Mastroianni, qui=20 rencontre un vif succ=E8s international. Il part ensuite pour la = Mongolie,=20 o=F9 il tourne Urga en 1991, une com=E9die douce-am=E8re pleine de = po=E9sie. De=20 retour en Russie, il r=E9alise un portrait de sa fille, Anna = (1992-1994) et=20 un documentaire-fiction sur Tchekhov pour l=92encyclop=E9die = audiovisuelle=20 (Tchekhov, 1993). Avec Soleil trompeur (1994), il trace de la = p=E9riode=20 stalinienne un portrait =E0 la fois accablant et nostalgique, se = donnant le=20 r=F4le d=92un colonel sovi=E9tique victime des purges. En mai = 1998, il devient=20 pr=E9sident de l=92Union des cin=E9astes russes et, la m=EAme = ann=E9e, il r=E9alise le=20 Barbier de Sib=E9rie, une fresque historique et sentimentale sur = la Russie=20 de 1885. Ce film =E0 grand spectacle a =E9t=E9 projet=E9 en = s=E9ance d=92ouverture du=20 festival de Cannes 1999.

Milland, = Ray

Ray=20 Milland
(1905-1986)
Acteur et r=E9alisateur am=E9ricain = d'origine=20 britannique

N=E9 =E0 Neath (Pays de Galles), = Reginald=20 Truscott-Jones, dit Ray Milland, fait ses d=E9buts = cin=E9matographiques en=20 Angleterre dans Picadilly (1929) d=92Ewald Andreas Dupont, puis = tente sa=20 chance =E0 Hollywood o=F9 il ne s'impose vraiment qu'avec Aller et = retour (The=20 Gilded Lily, 1935) de Wesley Ruggles.

Son charme et son =E9l=E9gance font merveille dans la com=E9die = satirique,=20 notamment sous la direction de Mitchell Leisen dans Vie facile = (Easy=20 Living, 1937), mais aussi dans le film policier avec la Cl=E9 de = verre (The=20 Glass Key, 1935) de Frank Tuttle, et Bulldog Drumond s'=E9vade = (Bulldog=20 Drumond Escapes, 1937) de James Hogan. Il joue =E9galement dans = des films=20 d'aventures exotiques comme Hula, fille de la brousse (The Jungle=20 Princess, 1936) de William Thiele ou Toura, d=E9esse de la jungle = (Her=20 Jungle Love, 1938) de George Archaimbaud, ainsi que dans les = westerns de=20 John Farrow, comme Californie terre promise (California, 1946) et = Terre=20 damn=E9e (Cooper Canyon, 1950). Le m=EAme cin=E9aste l'emploie = aussi dans le=20 film noir avec la Grande Horloge (The Big Clock, 1948) et le film=20 fantastique avec Un pacte avec le diable (Alias Nick Beal, = 1950).

Remise d'un oscar =E0 = Laurence=20 Olivier
Le producteur Hal B. Wallis et l'acteur Ray Milland = remettent =E0 Laurence Olivier un oscar pour son film Henri V = (1946). Il est=20 d=E9j=E0, =E0 ce moment-l=E0, en train de tourner Hamlet (1948) = qui lui vaudra un=20 autre oscar.

Il travaille avec de grands r=E9alisateurs, comme William Wellman dans = les Hommes=20 volants (Men with Wings, 1938) et Beau Geste (1939), Cecil B. DeMille dans = les=20 Naufrageurs des mers du Sud (Reap the Wild Wind, 1942), Billy Wilder dans = Uniformes et=20 jupons courts (The Major and The Minor, 1942) et le Poison (The = Lost=20 Week-End, 1945), Fritz Lang dans = Espions sur la=20 Tamise (Ministry of Fear, 1944), George Cukor dans Ma = vie =E0 moi (A=20 Life of Her Own, 1950), Jacques Tourneur dans = l'Enqu=EAte=20 est close (Circle of Danger, 1951), Richard Fleischer = dans la Fille=20 sur la balan=E7oire (The Girl in The Red Velvet Swing, 1955), Alan = Dwan dans=20 The River's Edge (1957), Roger Corman dans = l'Enterr=E9=20 vivant (The Premature Burial, 1962) et l'Horrible Cas du docteur X = (X, The=20 Man of The X-Ray-Files, 1963), Elia Kazan dans le = Dernier Nabab=20 (The Last Tycoon, 1976) et surtout avec Alfred Hitchcock dans = Le crime=20 =E9tait presque parfait (Dial M for Murder, 1954).

Il a lui-m=EAme r=E9alis=E9 un western, l'Homme traqu=E9 (A Man = Alone, 1955),=20 un film d'aventures, Lisbonne (1956), un film noir, le Perceur de = coffres=20 (The Safecracker, 1957), un drame de science-fiction, Panique = ann=E9e z=E9ro=20 (Panic in Year Zero, 1962) et Hostile Witness (1970).

Miller,=20 Claude

Claude Miller
(1942- = )
Cin=E9aste fran=E7ais

Claude Miller a longtemps travaill=E9 aux = c=F4t=E9s de Fran=E7ois Truffaut, = dont il mit en=20 sc=E8ne un sc=E9nario, la Petite voleuse (1988). Son premier long = m=E9trage, la=20 Meilleure fa=E7on de marcher (1975) r=E9v=E9la un temp=E9rament = subtil et une=20 attitude antir=E9pressive. Garde =E0 vue (1981) est fond=E9 sur le = m=EAme principe=20 de la mise au jour brutale de secrets et d'attitudes cach=E9es. = L'auteur a=20 =E9volu=E9 vers la description d'id=E9es fixes (Dites-lui que je = l'aime, 1977)=20 dans des films insolites susceptibles de basculer dans une totale=20 =E9tranget=E9 (Mortelle Randonn=E9e, 1983). Son go=FBt pour les = intrigues subtiles=20 et le non-dit des relations entre individus caract=E9rise = =E9galement=20 l'Effront=E9e (1985) et l'Accompagnatrice (1992).

Minnelli, = Vincente

Vincente=20 Minnelli
(1903-1986)
R=E9alisateur = am=E9ricain

N=E9 =E0 Chicago, Vincente = Minnelli est issu=20 d'une famille de com=E9diens et conna=EEt la sc=E8ne d=E8s son = enfance. Passionn=E9=20 par la musique, la po=E9sie et la peinture, il devient = photographe,=20 d=E9corateur et costumier de th=E9=E2tre, puis commence =E0 mettre = en sc=E8ne des=20 spectacles musicaux. Apr=E8s un premier s=E9jour =E0 Hollywood = comme r=E9alisateur=20 de num=E9ros musicaux, il retourne =E0 New York, mais Arthur Freed = le fait=20 revenir en Californie et lui fait signer un contrat avec la Metro = Goldwyn=20 Mayer. Il travaille alors sur plusieurs films et fait la = connaissance de=20 Judy Garland, qu'il =E9pouse. Leur fille, Liza Minnelli, deviendra = une=20 star.

Minnelli, la Vie = passionn=E9e de=20 Vincent Van Gogh
La vie de Van Gogh a fourni =E0 Minnelli = l'argument=20 d'un film sensuel, satur=E9 de couleurs et d'=E9motions. Kirk = Douglas campe un=20 Vincent =E9corch=E9 vif dont la qu=EAte d'amour, de fraternit=E9 = et de=20 reconnaissance se heurte cruellement =E0 la r=E9alit=E9.

COM=C9DIES MUSICALES

Sa premi=E8re r=E9alisation, Un petit coin aux cieux (Cabin in = The Sky,=20 1942), est un film musical enti=E8rement jou=E9 par des gens de = couleurs.=20 Minnelli encha=EEne avec une com=E9die, Mademoiselle ma femme (I = dood It,=20 1943), et s'impose avec le Chant du Missouri (Meet Me in Saint = Louis,=20 1944), interpr=E9t=E9 par Judy Garland. L'=E9l=E9gance de son = style et son=20 esth=E9tique picturale lui donnent une s=FBret=E9 de ton qui en = fait vite un=20 r=E9alisateur de premier plan. On lui confie la responsabilit=E9 = d'une=20 superproduction =E0 sketches, Ziegfeld Follies (1945), mais son = film=20 ambitieux Yolanda et le voleur (Yolanda And The Thief, 1946) = d=E9concerte la=20 critique et le public, malgr=E9 la pr=E9sence de Fred Astaire au=20 g=E9n=E9rique.

Un Am=E9ricain =E0=20 Paris
L'intrigue d'Un Am=E9ricain =E0 Paris n'a = =E9videmment d'int=E9r=EAt=20 que parce qu'elle est l'occasion de ballets somptueux r=E9gl=E9s = par Vincente=20 Minnelli autant que par Gene Kelly, sur les = musiques de=20 George Gerschwin. Comme dans Chantons sous la pluie (Singin' in = the Rain,=20 cor=E9alis=E9 avec Stanley Donen, 1952), celui-ci prend au film une part = beaucoup plus=20 importante que ne le laisse entendre le g=E9n=E9rique, puisqu'il a = la=20 responsabilit=E9 de mettre en sc=E8ne presque tous les num=E9ros=20 chor=E9graphiques. N=E9anmoins, on doit =E0 Minnelli, grand = amateur de peinture,=20 l'id=E9e centrale du film : faire de chaque ballet un hommage =E0 = un peintre=20 fran=E7ais.

Il retrouve le succ=E8s avec le Pirate (The Pirate, 1948), avec = Judy=20 Garland et Gene Kelly, une = com=E9die musicale=20 chatoyante qui participe de sa th=E9matique entre le r=EAve et la = r=E9alit=E9;=20 puis il re=E7oit un oscar avec Un Am=E9ricain =E0 Paris (An = American in Paris,=20 1951), qui r=E9v=E8le Leslie Caron et Cyd Charisse au public. = Cette derni=E8re=20 est aux c=F4t=E9s de Fred Astaire et Jack Buchanan dans Tous en = sc=E8ne (The=20 Band Wagon, 1953), le meilleur film sur le th=E8me =E9cul=E9 = d=92un spectacle que=20 l=92on monte =E0 Broadway. Il retrouve Gene Kelly, toujours = avec Cyd=20 Charisse, dans une nouvelle r=E9flexion magnifique sur le r=EAve = et la r=E9alit=E9=20 (Brigadoon, 1954), accepte encore sans conviction une commande = (Kismet,=20 1955), avant de rafler plusieurs oscars avec l'extraordinaire Gigi = (1958).=20 Il tourne ensuite Un num=E9ro du tonnerre (Bells are ringing, = 1960), avec=20 Judy Holliday et Dean Martin, Melinda (On A Clear Day You Can See = Forever,=20 1970), avec Barbra Streisand et Yves Montand, puis Nina (A Matter = of Time,=20 1976), son dernier film, interpr=E9t=E9 par sa fille Liza = Minnelli.

COM=C9DIES

Minnelli est l=92auteur de plusieurs com=E9dies = douces-am=E8res, notamment=20 The Clock (1945), avec Judy Garland, le sktech Mademoiselle (1953) = dans=20 Histoire de trois amours (The Story of Three Loves) et Il faut = marier papa=20 (The Courtship of Eddie's Father, 1963) qui oscille entre = com=E9die et=20 m=E9lodrame.

Il tourne des films plus franchement comiques, comme le = diptyque le=20 P=E8re de la mari=E9e (Father of The Bride, 1950) et Allons donc, = papa!=20 (Father's Little Dividend, 1951), avec Spencer Tracy, Joan Bennett = et=20 Elizabeth Taylor, puis la Roulotte du plaisir (Long Long Trailer, = 1954),=20 volontairement grotesque, la Femme mod=E8le (The Designing Woman, = 1957),=20 avec Lauren Bacall et Gregory Peck, limpide et percutant, le = sophistiqu=E9=20 Qu'est-ce que maman comprend =E0 l'amour? (The Relucant Debutant, = 1958),=20 avec Kay Kendall et Rex Harrison, et le presque vulgaire Au revoir = Charlie! (Goodbye Charlie!, 1964).

DRAMES ET M=C9LODRAMES

Il excelle =E9galement dans la r=E9alisation de drames et de = m=E9lodrames, o=F9=20 il sait transformer le sordide en sublime et transposer en = mati=E8re=20 filmique les trames romanesques de sujets ambitieux.

Lame de fond (Undercurrent, 1946), avec Katharine Hepburn, = Robert=20 Taylor et Robert Mitchum, qui rejoint les grands thrillers=20 psychanalytiques, et Madame Bovary (1959), d'apr=E8s Gustave = Flaubert,=20 l'imposent imm=E9diatement comme un ma=EEtre du genre, ce que = confirme les=20 Ensorcel=E9s (The Bad and The Beautiful, 1952), une analyse = cruelle des=20 milieux du cin=E9ma, o=F9 Kirk Douglas se distingue, et dont ils = tournent=20 ensemble un second volet dix ans plus tard, Quinze jours ailleurs = (Two=20 Weeks in Another Town, 1962), apr=E8s avoir r=E9alis=E9 auparavant = la Vie=20 passionn=E9e de Vincent Van Gogh (Lust for Life, 1956), une des = meilleures=20 biographies film=E9es de peintre.

Il signe un drame dans un milieu psychiatrique, la Toile = d'araign=E9e=20 (The Cobweb, 1955) et un autre qui se d=E9roule dans une = r=E9sidence=20 universitaire, Th=E9 et sympathie (Tea and Sympathy, 1956), avant = de tourner=20 un chef-d'oeuvre d'apr=E8s un roman de James Jones, Comme un = torrent (Some=20 Came Runing, 1959), ainsi qu'un somptueux drame de famille, Celui = par qui=20 le scandale arrive (Home From The Hill, 1960), interpr=E9t=E9 par = Robert=20 Mitchum. Apr=E8s le magnifique remake des Quatre Cavaliers de = l'Apocalypse=20 (The Four Horsemen of the Apocalypse, 1962), il r=E9unit Elizabeth = Taylor et=20 Richard Burton pour = le Chevalier=20 des sables (The Sandpiper, 1965).

Il a publi=E9 sa biographie, Tous en sc=E8ne, en 1974.

Mitry, = Jean

Jean Mtry
(De son = vrai nom Jean=20 Ren=E9 Pierre Go=EBtgheluck)
(1904-1988)
Critique, historien = et cin=E9aste=20 fran=E7ais

R=E9alisateur=20 fran=E7ais venu de la critique de cin=E9ma, qui aborda les sujets = les plus=20 divers et fit preuve, malgr=E9 une volont=E9 didactique parfois = trop appuy=E9e,=20 d=92une tr=E8s grande ma=EEtrise du r=E9cit = cin=E9matographique

N=E9 =E0 Soissons, Jean Ren=E9 Pierre Go=EBtgheluck Le Rouge = Tillard des Acres=20 de Presfontaines, dit Jean Mitry, se passionne pour le cin=E9ma = d=E8s l'=E2ge de=20 quatorze ans. Au cours de ses =E9tudes universitaires, il devient=20 caricaturiste et affichiste, puis commence =E0 =E9crire sur le = septi=E8me art=20 dans Cin=E9 pour tous et Cin=E9a-Cit=E9.

Grand historien fran=E7ais du cin=E9ma, Jean Mitry a accompli = une oeuvre=20 immense, et qui t=E9moigne d=91un itin=E9raire exemplaire. = D=E9laissant des =E9tudes=20 universitaires brillantes ax=E9es sur la philosophie des sciences, = il se=20 passionne d=E8s le d=E9but des ann=E9es 1920 pour l=92av=E8nement = de ce que Canudo,=20 Delluc, Epstein et quelques = autres=20 consid=E9raient comme un nouvel art : le cin=E9ma. Anim=E9 d=92une = v=E9ritable=20 boulimie d=92images, il visionne un nombre incalculable de films = (=ABplus de=20 20 000=BB, dira-t-il en 1975), entreprend la r=E9daction de = fiches, anime avec=20 fougue les premiers cin=E9-clubs, publie des articles, des = reportages, se=20 fait engager comme assistant-r=E9alisateur de Marcel L=92Herbier = et, en 1929,=20 tourne avec son ami Pierre Chenal un documentaire : Paris = Cin=E9ma.

Sa passion le conduit bient=F4t =E0 devenir figurant et = assistant officieux=20 dans les films de Raymond Bernard, Abel Gance et Jean Renoir. Puis il = invente le=20 concept de cin=E9-club et organise des s=E9ances de films anciens, = suivies de=20 d=E9bats. En 1935, il fonde le Cercle du Cin=E9ma avec Georges Franju et = Henri Langlois,=20 qui devient en 1936 la Cin=E9math=E8que fran=E7aise. Il en est = l'archiviste=20 jusqu'en 1945. Tout en continuant ses activit=E9s d=92historien et = de critique=20 de cin=E9ma, il enseigne =E0 l'IDHEC (Institut des hautes =E9tudes = cin=E9matographiques), devient monteur et r=E9alise des courts = m=E9trages,=20 Pacific 231 (1949), Images pour Debussy (1951) et un long = m=E9trage, d'apr=E8s=20 un roman de L=E9o Malet, =C9nigme aux Folies-Berg=E8re (1959).

En 1936, il est au c=F4t=E9 d=92Henri Langlois et de Georges Franju lors = de la=20 fondation de la Cin=E9math=E8que fran=E7aise. =C0 partir de 1949, = il se consacre=20 au court m=E9trage d=92art, cherchant des =E9quivalences visuelles = aux rythmes=20 musicaux : Pacific 231 (d=92apr=E8s Honegger), Images pour = Debussy, Symphonie=20 m=E9canique (d=92apr=E8s Boulez) renouent brillamment avec la = tradition=20 avant-gardiste d=92un Ruttmann ou d=92un Fischinger. En 1959, il = s=92essaie au=20 long m=E9trage de fiction : son adaptation d=92un bon =ABpolar=BB = de L=E9o Malet,=20 =C9nigme aux Folies-Berg=E8res, se solde par un =E9chec, imputable = =E0 de=20 m=E9diocres conditions de tournage.

Mais c=92est surtout comme historien et th=E9oricien que Jean = Mitry va=20 s=92imposer dans les ann=E9es 1950 et 1960. Par la r=E9daction de = monographies=20 consacr=E9es aux ma=EEtres de l=92=E9cran, tout d=92abord : ses = essais sur John Ford, Eisenstein, Ren=E9 Clair, = =ABCharlot et la=20 fabulation chaplinesque=BB (titres phares de la collection qu=92il = lance aux=20 =C9ditions universitaires), puis Griffith, Thomas = Ince, Cecil B. DeMille, = Tourneur,=20 Delluc, Max Linder (pour = l=92Anthologie du=20 cin=E9ma), sont des mod=E8les de biographies analytiques, nourries = d=92une=20 documentation de premi=E8re main. Vient ensuite une Esth=E9tique = et=20 psychologie du cin=E9ma (1963), =E0 mi-chemin de Bergson et du = structuralisme,=20 o=F9 il affirme la sp=E9cificit=E9 d=92une =AB=E9criture = filmique=BB, rigoureusement=20 codifi=E9e. Irrit=E9 par certains exc=E8s de ses =E9pigones, il = s=92attaquera plus=20 tard =E0 eux dans un ouvrage sainement pol=E9mique, La = S=E9miologie en question=20 (1987). Le troisi=E8me volet de sa recherche consistera en = l=92=E9dification=20 d=92une monumentale Histoire du cin=E9ma, en cinq volumes (un = sixi=E8me est=20 rest=E9 =E0 l=92=E9tat d=92=E9bauche), et d=92une non moins = gigantesque Filmographie=20 universelle, en trente volumes, dont la publication s=92est = =E9chelonn=E9e de=20 1964 =E0 la veille de sa mort. Ajoutons un essai, Le Cin=E9ma = exp=E9rimental,=20 des articles, des pr=E9faces, et jusqu=92=E0 des recueils de = po=E8mes (Le Panier =E0=20 salade, L=92Ave Venus) ! L=92ambition de Mitry historien =E9tait = d=92=ABenvisager=20 l=92=E9volution de l=92art et du langage filmiques =E0 travers les = manifestations=20 les plus diverses du cin=E9ma mondial=BB (Histoire du cin=E9ma, = 1968-1980). Loin=20 de privil=E9gier arbitrairement tel auteur ou =E9cole, de se = borner =E0 un=20 survol rapide, Mitry se fait fort de tout appr=E9cier sereinement. = Les rares=20 zones d=92ombre qu=92il ne peut contr=F4ler, il les d=E9signe = loyalement en se=20 r=E9f=E9rant =E0 des sources ext=E9rieures. Et cela avec une = stricte impartialit=E9,=20 qui n=92exclut pas une vigoureuse subjectivit=E9. On louera aussi = le=20 non-conformisme de ses opinions. =C0 c=F4t=E9 des grands = classiques, qu=92il=20 analyse avec passion, des Rapaces =E0 Tabou, de Citizen Kane =E0 = Ivan le=20 Terrible, quelques fausses valeurs sont ici durement = =E9trill=E9es. =C0 cent=20 lieues de l=92hagiographie, il se paie en outre le luxe = d=92audacieuses et=20 lucides r=E9=E9valuations.

Ses nombreux =E9crits b=E9n=E9ficient de deux importantes = qualit=E9s, d=92une=20 part Mitry a vu tous les films dont il parle, des films de = l=92=E9poque du=20 muet =E0 ceux de l=92underground des ann=E9es quatre-vingt. = D=92autre part il aime=20 la pol=E9mique, se m=E9fie des valeurs trop vite - ou depuis trop = longtemps -=20 =E9tablies, et analyse les formes cin=E9matographiques =E0 la = lumi=E8re de leur=20 contexte id=E9ologique et psychologique.

Mitry passa ses derni=E8res ann=E9es =E0 voir et =E0 revoir des = films,=20 inlassablement, malgr=E9 de graves troubles oculaires. Ayant rompu = des=20 lances avec son vieil ami Langlois, il s=92=E9tait tourn=E9 vers = la Cin=E9math=E8que=20 universitaire, avant de pr=E9sider l=92Association fran=E7aise de = recherche sur=20 l=92histoire du cin=E9ma; producteur d=92=E9missions = radiophoniques et de montages=20 p=E9dagogiques (=C9crire en images), cet =E9ternel pionnier, ayant = gard=E9 en face=20 de la vie et des arts l=92ing=E9nuit=E9 de ses vingt ans, = participa jusqu=92=E0 la=20 fin =E0 d=92innombrables colloques, s=E9minaires et symposiums sur = son art=20 d=92=E9lection. Jean Mitry =E9tait une sorte d=92=ABhomme-film=BB = (comme on parle,=20 dans Fahrenheit 451, d=92hommes-livres). Rien de ce qui =E9tait = cin=E9ma, et=20 d=92humain par l=E0 m=EAme, ne lui fut =E9tranger.

Mizoguchi = Kenji

Mizoguchi=20 Kenji
(1898-1956)
Cin=E9aste japonais dont l=92oeuvre, = d=E9couverte en=20 Occident au d=E9but des ann=E9es cinquante, fut compar=E9e =E0 = celle de Kurosawa

Au Japon, au XVIe si=E8cle, un = modeste=20 paysan quitte sa femme et ses enfants dans l'espoir de devenir = samoura=EF.=20 Au m=EAme moment, son voisin abandonne l'atelier de poterie du = village pour=20 chercher fortune; il tombe amoureux d'une inconnue, mais = d=E9couvre que=20 celle-ci n'est qu'un fant=F4me. Adapt=E9 d'un c=E9l=E8bre recueil = d'Akinari U=E9da=20 (Contes de pluie et de lune, 1776), le film de Mizoguchi fut = couronn=E9 par=20 le grand prix de la Biennale de Venise en 1953 et consacra le = r=E9alisateur=20 comme l'un des plus grands cin=E9astes japonais.

Issu d=92un milieu modeste, Kenji Mizoguchi put faire des = =E9tudes gr=E2ce =E0=20 sa soeur a=EEn=E9e, devenue geisha =E0 quatorze ans puis = ma=EEtresse officielle=20 d=92un noble. Incontestablement cette situation eut une grande = influence sur=20 l=92orientation d=92une oeuvre qui se compose principalement de = drames fond=E9s=20 sur la situation de la femme, femme de haut rang brim=E9e par la = soci=E9t=E9,=20 geisha, servante ou prostitu=E9e. Il a r=E9alis=E9 au total plus = de=20 quatre-vingts films, dont la moiti=E9 environ aurait disparu. Bien = que=20 d=E9sirant devenir acteur, il fit ses d=E9buts = cin=E9matographiques en tant=20 qu=92assistant, puis passa =E0 la mise en sc=E8ne d=E8s 1922. = Beaucoup de ses=20 films muets sont des adaptations de romans, comme le Pont de Nihon = (Nihonbashi, 1929) ou la Marche de Tokyo (Tokyo koshin kyoku, = 1929).

Les Contes de la lune = vague apr=E8s la=20 pluie
Kenji Mizoguchi, les Contes de la lune vague apr=E8s = la pluie=20 (Ugetsu monogatari), 1953.

Tent=E9 par le r=E9alisme social et d=E9j=E0 adepte du = plan-s=E9quence, il se=20 faisait un nom dans son pays lorsqu=92il eut quelques = d=E9m=EAl=E9s avec la=20 censure gouvernementale =E0 propos de son film la Symphonie de la = capitale=20 (Tokai kokyogaku, =E9galement tourn=E9 en 1929). Dans les ann=E9es = trente, les=20 films de Mizoguchi t=E9moignaient d=92une grande aisance narrative = malgr=E9 les=20 difficult=E9s que rencontraient les cin=E9astes japonais pour = imposer le=20 cin=E9ma parlant dans la production, difficult=E9s rencontr=E9es = notamment sur=20 le tournage de Osen aux cigognes de papier (Orizuru osen, 1934). = En 1936,=20 il r=E9alisa coup sur coup deux des plus grands films de = l=92=E9poque : l=92=C9l=E9gie=20 d=92Osaka (Naniwa erejii) et les Soeurs de Gion (Gion no = shima=EF/Gion no=20 kyoda=EF). Tr=E8s bien accueillis par le public et la presse, ces = deux films=20 furent condamn=E9s par le r=E9gime militaire et Mizoguchi se = tourna alors vers=20 des th=E8mes historiques, approfondissant son style dans Contes = des=20 chrysanth=E8mes tardifs (Zangiku monotogari, 1939). Il fit passer = ses=20 exigences artistiques avant toute autre chose et =E9chappa aux = pressions=20 =ABpolitiques=BB destin=E9es =E0 lui faire tourner des films =E0 = contenu=20 nationaliste.

Apr=E8s la Seconde Guerre mondiale, il mit en sc=E8ne une = s=E9rie de=20 chefs-d=92oeuvre qui firent de lui un cin=E9aste de renomm=E9e = internationale :=20 la Vie d=92Oharu, femme galante (Saikaku ichida=EF onna, 1952), = les Contes de=20 la lune vague apr=E8s la pluie (Ugetsu monogatari, 1953), = l=92Intendant Sansho=20 (Sansho dayu, 1954), les Amants crucifi=E9s (Chikamatsu = monogatari, 1954),=20 l=92Imp=E9ratrice Yang-Kwei-Fei (Yo-Ki-Hi, 1955) et le H=E9ros = sacril=E8ge (Shin=20 Heike monogatari, 1955).

De son extr=EAme jeunesse =E0 l=92ann=E9e m=EAme de sa mort, = Mizoguchi Kenji=20 vivra par et pour le cin=E9ma, au milieu des acteurs, se forgeant, = =E0 travers=20 une oeuvre =E0 la fois continue - pas d=92ann=E9e sans film - et = f=E9conde (plus=20 de quatre-vingt-dix films recens=E9s), sa propre culture = litt=E9raire,=20 picturale, technique. D=92une grande =E9tendue, souvent d=92un = exquis=20 raffinement, c=92est une culture d=92autodidacte, sans aucune = r=E9f=E9rence=20 universitaire.

De l=E0, peut-=EAtre, le naturel de la d=E9marche = cin=E9matographique de=20 Mizoguchi, son absence de raideur. Cette =E9l=E9gance de = funambule, cette=20 robustesse jointe =E0 la fragilit=E9, c=92est tout le Japon, = l=92ancien Japon=20 d=92Edo et celui d=92aujourd=92hui. Une fois de plus en art, = c=92est par la plus=20 extr=EAme singularit=E9 individuelle, par l=92acceptation de ses = limites=20 culturelles, par l=92affirmation d=92une irr=E9ductible = sp=E9cificit=E9 que=20 l=92artiste atteint =E0 l=92universel.

Le naturel et le concret

Du petit peuple de Tokyo, qu=92il peint dans ses gendai-geki = (sujets=20 modernes), Mizoguchi a la vivacit=E9, l=92insouciance, le go=FBt = des choses=20 concr=E8tes. Encore que l=92on pr=E9f=E8re parfois - le charme de = l=92exotisme entre=20 pour une part dans ce jugement - ses jidai-geki (sujets = historiques). Dans=20 L=92Imp=E9ratrice Yang Kouei-fei (1955) comme dans Rue de la honte = (1956), le=20 r=E9alisme quotidien et la contemporan=E9it=E9 sont sous-jacents = =E0 tout=20 l=92univers de Mizoguchi. Sans faire, au contraire de ses pairs Ozu Yasujiro et Naruse Mikio, du = d=E9roulement=20 monotone des joies et des peines dans l=92existence de gens moyens = la source=20 d=92inspiration majeure de ses films, il excelle pourtant lui = aussi dans la=20 peinture minutieuse et intimiste, et ce n=92est pas un hasard = s=92il se=20 reconnaissait pour ma=EEtre, avec Dosto=EFevski, Maupassant dont = l=92influence=20 est visible par exemple dans Les Soeurs de Gion (1936).

Malgr=E9 la r=E9sistance passive qu=92il opposa au gouvernement = militariste=20 durant les ann=E9es de fascisme puis de guerre, Mizoguchi n=92est = pas un=20 militant. C=92est un choix premier, presque instinctif, et non = l=92engagement=20 politique qui explique le caract=E8re social de l=92oeuvre, si = sensible dans=20 Et pourtant ils s=92avancent (1931) et dans Femmes de la nuit = (1948).=20 Mizoguchi n=92a rien d=92un intellectuel qui d=E9cide d=92aller au = peuple, il est=20 plut=F4t un homme du peuple que son g=E9nie d=92artisan a = consacr=E9 artiste.

Son r=E9alisme repose en effet sur une connaissance concr=E8te = et=20 artisanale de la r=E9alit=E9, qu=92il s=92agisse des hommes ou des = objets (il=20 passait un temps infini, comme Stroheim =E0 qui il = s=92apparente par=20 plus d=92un trait, =E0 d=E9terminer la nature ou la qualit=E9 = exactes d=92un=20 fragment de d=E9cor, d=92un accessoire). Ce r=E9alisme n=92est pas = sans violence,=20 lorsque celle-ci est n=E9cessaire - dans L=92Intendant Sansho = (1954) notamment=20 -, mais il s=92agit toujours d=92une violence en quelque sorte = naturelle, sans=20 la moindre exag=E9ration rh=E9torique, sans emphase dramatique. = Sobri=E9t=E9 dans=20 la violence, sobri=E9t=E9 dans l=92expression du sentiment = constituent,=20 contrairement =E0 une id=E9e trop souvent r=E9pandue en Occident=20 (l=92=ABimpassibilit=E9=BB des acteurs japonais) une des = originalit=E9s les plus=20 notables de son style, lorsqu=92on le compare =E0 celui de Kurosawa, Kinugasa et = des=20 modernes : Oshima, Yoshida. Le = r=E9alisme, ou=20 plut=F4t le naturel de Mizoguchi, appara=EEtra encore plus = singulier si l=92on=20 se r=E9f=E8re =E0 la part la plus connue de son oeuvre, aux = admirables=20 jidai-geki de la fin : La Vie d=92O=92Haru, femme galante (1952), = Les Contes=20 de la lune vague apr=E8s la pluie (1953), Les Amants crucifi=E9s = (1954). Les=20 cin=E9astes japonais qui mettent en sc=E8ne des sujets = traditionnels, m=EAme=20 lorsqu=92ils prennent des libert=E9s avec le th=E8me fourni par = l=92histoire ou=20 par la l=E9gende, parviennent rarement =E0 d=E9gager leurs = personnages d=92un=20 certain hi=E9ratisme qui les fait ressembler =E0 des marionnettes; = ils sont=20 plus encore incapables de donner =E0 l=92image forc=E9ment = artificielle qu=92ils=20 reconstituent cette vibration imm=E9diate qui caract=E9rise la = vie. Cette=20 tendance =E0 figer le film historique dans une s=E9rie de = =ABtableaux vivants=BB,=20 lou=E9e =E0 contresens par tant de critiques occidentaux au nom = d=92une=20 pr=E9tendue =ABpudeur=BB extr=EAme-orientale, ne se rencontre = jamais chez=20 Mizoguchi. Au contraire, toute une part de l=92immense travail de=20 pr=E9paration qui pr=E9ludait chez lui =E0 un tournage ultra-court = visait, au=20 niveau du traitement d=92un sc=E9nario toujours revu par lui ligne = par ligne,=20 =E0 =ABactualiser=BB l=92histoire et, au niveau de la direction = d=92acteurs, =E0=20 briser le carcan social de politesse qui paralyse la plupart des = com=E9diens=20 nippons et les oblige =E0 osciller perp=E9tuellement entre = l=92absence=20 d=92expression et la gesticulation v=E9h=E9mente.

Les Contes de la lune = vague apr=E8s la=20 pluie (1953) de Kenji Mizogushi

Refuser le hi=E9ratisme, refuser le sacr=E9 de l=92histoire et = du mythe,=20 c=92est refuser la simplification et le dogmatisme. C=92est la = m=EAme recherche=20 du =ABnaturel=BB qui emp=EAche Mizoguchi de tomber dans la = mi=E8vrerie et le=20 sentimentalisme qui, avec la violence gratuite, sont les plus = constantes=20 tentations du cin=E9aste japonais. S=92il y a une th=E8se dans ses = films - et=20 indiscutablement, Rue de la honte, par exemple, qui constitue une = attaque=20 virulente contre la prostitution, refl=E8te une position = personnelle de=20 l=92auteur, sociale, politique et =E9thique -, celle-ci se fait = jour =E0 fleur=20 d=92image, elle ne pr=E9existe nullement =E0 l=92=E9laboration de = telle s=E9quence, ou=20 m=EAme du film =E0 l=92=E9tat de projet. Pas de symbolisme du plan = chez Mizoguchi,=20 pas d=92=ABid=E9es=BB, mais d=92abord une acceptation brute et = globale de toute la=20 r=E9alit=E9.

Ce r=E9alisme, dans le sens pr=E9cis adopt=E9 ici, c=92est le = soubassement de=20 l=92oeuvre, ce qui lui conf=E8re son honn=EAtet=E9. Une bonne part = des choix=20 esth=E9tiques de Mizoguchi repose l=E0-dessus, tel celui du = plan-s=E9quence=20 associ=E9 =E0 la profondeur de champ, aussi fr=E9quemment = employ=E9 par l=92auteur=20 des Contes que par Jean Renoir et Orson Welles, = cin=E9astes=20 humanistes comme lui, qui partent comme lui du foisonnement de la=20 r=E9alit=E9.

Le destin et l=92imagination du = bonheur

Le refus des a priori sur l=92homme traduit, on s=92en doute, = une certaine=20 id=E9e de l=92homme et de la soci=E9t=E9. La vivacit=E9 de la = critique sociale chez=20 Mizoguchi aboutirait-elle au socialisme ou =E0 l=92anarchie, son = humanisme=20 a-t-il subi l=92influence chr=E9tienne (Femmes de la nuit) ou = bouddhique ?=20 Faut-il renverser les superstitions et lutter seul contre un monde = hostile=20 et inique, ainsi que le fait Le H=E9ros sacril=E8ge (1955) ? = Faut-il se=20 r=E9signer et cultiver son jardin, comme semble le sugg=E9rer la = fin, en forme=20 d=92apologue, des Contes de la lune vague ? Quelle morale =E9merge = du chaos=20 des =E9v=E9nements ridicules et tragiques dont l=92encha=EEnement = forme la vie,=20 quelle morale vient soutenir l=92artiste qui conna=EEt la solitude = du g=E9nie=20 mais non le bonheur (Cinq femmes autour d=92Utamaro, 1946) ? Pour = les=20 =ABamants crucifi=E9s=BB et souvent pour Mizoguchi, peintre de = l=92amour fou, la=20 passion est l=92unique valeur, mais elle se brise au monde, et la = v=E9rit=E9=20 supr=EAme, v=E9rit=E9 m=E9taphysique aussi bien qu=92imm=E9diate, = c=92est la solitude=20 absolue d=92O=92Haru et son lent cheminement vers la mort.

Le monde de Mizoguchi, c=92est donc peut-=EAtre avant tout = celui de la=20 faiblesse de l=92=EAtre en face de sa destin=E9e. Les personnages = qui incarnent=20 cette faiblesse sont presque toujours des femmes, dont Mizoguchi = pr=E9f=E8re=20 la compagnie =E0 celle des hommes. On a =E9voqu=E9 la perfection = de sa direction=20 d=92acteurs. En fait, il s=92agit surtout d=92actrices, les plus = grandes : Kinuyo Tanaka, Kogure = Michio, Kyo=20 Machiko. Mizoguchi sait les conduire avec une pr=E9cision et une = fermet=E9 qui=20 reposent sur une connaissance intime et parfaite de leur = comportement,=20 elle-m=EAme fond=E9e sur la pratique d=92une vie commune qu=92il = imposait =E0 toute=20 son =E9quipe durant les semaines de tournage. Mizoguchi, qui = consid=E9rait, =E0=20 la mani=E8re de Max Ophuls, dont il a = la=20 tendresse distante, le maniement des com=E9diens comme la partie = essentielle=20 du tournage proprement dit, a permis =E0 toutes ses actrices de se = r=E9v=E9ler =E0=20 elles-m=EAmes; on vivait, on sentait, on respirait =ABautrement=BB = en sa=20 pr=E9sence.

L=92=E9paisseur romanesque de ses films, la richesse = balzacienne des Contes=20 de la lune vague par exemple, tient d=92abord =E0 cela : actrices = et acteurs,=20 Kinuyo Tanaka et Mori = Masayuki, y=20 ont connu leurs plus beaux r=F4les; ils y ont =E9t=E9 plus vrais = qu=92ailleurs,=20 plus sinc=E8res, plus =E9mouvants. La perspicacit=E9 de Mizoguchi = =E0 l=92=E9gard des=20 =EAtres ne serait rien, cependant, sans le sentiment qui le = poss=E8de que la=20 vie est une somme, qu=92il s=92agit d=92accepter en bloc et dont = on ne saurait=20 dissocier les parties, mais qu=92il s=92agit d=92un bloc en = mouvement, en d=E9rive=20 =E9ternelle vers la mort. Le romanesque de Mizoguchi est = intimement li=E9 au=20 temps; et fr=E9quents sont les films, dans cette oeuvre diverse, = qui=20 d=E9crivent une portion de la trajectoire d=92un h=E9ros, = associant au=20 path=E9tique premier de la vie saisie dans son naturel le = path=E9tique=20 beaucoup plus ample et plus profond de la dur=E9e. Ce sont des = vies que=20 peint Mizoguchi, des apprentissages, des itin=E9raires, des = destins. La=20 fatalit=E9 du malheur guette Genjiro, le potier des Contes, = =E9bloui par la=20 beaut=E9 de la d=E9mone Wakasa; guid=E9 par elle, il glisse dans = un univers=20 apparemment en dehors du temps, autour duquel le temps, h=E9las ! = continue=20 de s=92=E9couler, emportant irr=E9m=E9diablement le bonheur qui = appartenait =E0 la=20 vraie vie.

Nul n=92a =E9voqu=E9, mieux que Mizoguchi, ces moments = privil=E9gi=E9s,=20 inoubliables, de l=92amour, o=F9 la hantise de la dur=E9e semble = s=92abolir. C=92est=20 le domaine merveilleux de Wakasa, la femme morte depuis des = si=E8cles, qui=20 revient tourmenter les vivants, esp=E9rant les entra=EEner dans = son affreuse=20 solitude. C=92est l=92=E9vocation irr=E9elle de la femme = l=E9gitime, Miyagi, d=E9j=E0=20 morte elle aussi, et que Genjiro croit retrouver le soir en = regagnant la=20 douceur du foyer. S=E9quences uniques et bouleversantes, o=F9 = Mizoguchi, sans=20 abandonner jamais le contact avec les objets et la r=E9alit=E9 = concr=E8te, sans=20 recourir =E0 une magie onirique =E0 base d=92=ABeffets = sp=E9ciaux=BB, fait passer sur=20 l=92=E9cran toute la v=E9rit=E9 physique et quasi tangible du = r=EAve.

Cet artiste solitaire, cet homme complexe, ce misanthrope que = ses=20 contemporains n=92ont pas compris, est en effet un po=E8te qui a = l=92imagination=20 du bonheur. Par des moyens d=92une simplicit=E9 absolue, il sait = =ABl=92art=20 d=92=E9voquer les minutes heureuses=BB. Technicien et photographe = parfait, il se=20 distingue de tous les autres cin=E9astes japonais sans exception = par le=20 m=E9pris qu=92il =E9prouve pour la technique et la photographie. = La technique=20 est pour lui un moyen, tout dans le film doit =EAtre subordonn=E9 = =E0 la v=E9rit=E9=20 intime du sujet. Telle sc=E8ne de Rue de la honte, o=F9 Kyo = Machiko fait un=20 v=E9ritable num=E9ro comique de charme =E0 un client de la maison = de passe o=F9=20 elle travaille, sera tourn=E9e avec une cam=E9ra pour ainsi dire = fixe. Des=20 mouvements subtils d=92appareil accompagneront au contraire la = danse du=20 d=E9mon dans Les Contes, cependant qu=92=E0 la fin du m=EAme film = un mouvement=20 vertigineux emm=E8nera le spectateur bien au-dessus, bien = au-del=E0 de=20 l=92histoire pr=E9cise qui vient de nous =EAtre montr=E9e, = mouvement quasi=20 philosophique du particulier =E0 l=92universel. Le d=E9cor jouera = un r=F4le=20 essentiel dans L=92Imp=E9ratrice Yang Kouei-fei; banal et terne, = il se fera=20 oublier dans Le Destin de madame Yuki (1950). Le contraste du noir = et du=20 blanc, harmonieux dans Les Amants crucifi=E9s, deviendra brutal et = vulgaire=20 dans Rue de la honte.

Ainsi, m=EAme en mati=E8re d=92art, surtout en mati=E8re = d=92art, il n=92y a, pour=20 Mizoguchi, ni recettes ni dogme. Profond=E9ment influenc=E9 par = l=92Occident=20 dans sa pens=E9e et dans son esth=E9tique, comme son contemporain = le grand=20 =E9crivain Tanizaki Junichiro, comme lui amoureux des femmes, = plein d=92un=20 scepticisme qui n=92exclut pas la r=E9volte, et d=92un humour = sp=E9cifiquement=20 tokyo=EFte, Mizoguchi est le plus japonais des grands cin=E9astes = japonais.=20 Par sa vie, ses go=FBts s=E9dentaires, son refus des langues et du = mode de vie=20 occidentaux, il a su, au terme d=92une double proc=E9dure = d=92assimilation et de=20 rejet qui caract=E9rise le g=E9nie nippon, parvenir =E0 exprimer = un certain=20 sentiment pessimiste de la vie (l=92=E9chec d=92O=92Haru) qui, = alli=E9 =E0 l=92=E9nergie=20 vitale et =E0 la r=E9volte (le h=E9ros sacril=E8ge, personnage = combattant),=20 compose un =E9trange =E9quilibre, perp=E9tuellement menac=E9, = dont, le temps du=20 film, l=92oeuvre est l=92expression cristallis=E9e.

Mocky, = Jean-Pierre

Jean-Pierre = Mocky
(1929-=20 )
Acteur fran=E7ais, devenu r=E9alisateur en 1959, auteur et = producteur de=20 nombreux films au ton satirique et anarchisant, qui a offert = quelques-uns=20 de leurs meilleurs r=F4les =E0 Bourvil, =E0 Francis Blanche et =E0 = Michel=20 Serrault

De son vrai nom Jean-Paul = Mokiejewski,=20 Jean-Pierre Mocky est n=E9 =E0 Nice. Apr=E8s ses d=E9buts au = th=E9=E2tre dans le Roi=20 p=EAcheur de Julien Gracq, il se tourna vers le cin=E9ma au = d=E9but des ann=E9es=20 1950. Acteur appr=E9ci=E9 en Italie : il joua dans l=92un des = trois =E9pisodes des=20 Vaincus (I vinti), sous la direction de Michelangelo = Antonioni, en 1952,=20 il travailla =E0 l=92adaptation du roman d=92Herv=E9 Bazin la = T=EAte contre les=20 murs, qui fut finalement r=E9alis=E9e par Georges Franju en = 1959.

Jean-Pierre Mocky d=E9buta dans la mise en sc=E8ne avec les = Dragueurs=20 (1959), puis r=E9alisa deux films originaux, Un couple (1960), = com=E9die=20 romantique et burlesque =E9crite en collaboration avec Raymond = Queneau, et=20 Snobs (1961), dont le ton =E9tait plus grin=E7ant. Il dirigea = Bourvil =E0 de=20 nombreuses reprises (Un dr=F4le de paroissien, 1963; la Grande = Lessive,=20 1968; l=92=C9talon, 1969), lui proposant d=92interpr=E9ter tour = =E0 tour les r=F4les=20 de pilleur de troncs d=92=E9glise, de professeur de lettres = luttant contre les=20 effets d=E9vastateurs du petit =E9cran et de sexologue aux = m=E9thodes peu=20 orthodoxes.

Apr=E8s une s=E9rie de films romantiques au d=E9but des = ann=E9es 1970 (Solo,=20 1970; l=92Albatros, 1971), il r=E9alisa plusieurs films policiers = sur fond=20 d=92intrigues politiques (Un linceul n=92a pas de poches, 1975; Y = a-t-il un=20 Fran=E7ais dans la salle? d=92apr=E8s le roman de Fr=E9d=E9ric = Dard, 1982) et signa=20 de nombreux pamphlets (=C0 mort l=92arbitre, sur les supporters = d=92=E9quipes de=20 football, 1984; le Miracul=E9, sur les escroqueries =E0 = l=92assurance, 1987;=20 Ville =E0 vendre, sur les agissements de promoteurs immobiliers = v=E9reux,=20 1992).

Sans =EAtre marginal, Jean-Pierre Mocky occupe une place = originale dans=20 le cin=E9ma fran=E7ais, parvenant =E0 tourner beaucoup et en toute = libert=E9 avec=20 des budgets modestes et, souvent, avec la confiance d=92acteurs=20 renomm=E9s.

Moholy-Nagy,=20 L=E1szl=F3

Laszio=20 Moholy-Nagy
(1895-1946)
Peintre, sculpteur, photographe = et=20 =ABphoto-monteur=BB, cin=E9aste, sc=E9nographe, architecte = d=92int=E9rieur et=20 designer, graphiste et typographe, Moholy-Nagy est avant tout un=20 th=E9oricien de l=92art et un brillant p=E9dagogue

N=E9 en 1895 =E0 B=E1csborsod en = Hongrie,=20 Moholy-Nagy participe =E0 la Premi=E8re Guerre mondiale dans les = rangs de=20 l=92arm=E9e austro-hongroise. Bless=E9, il r=E9alise ses premiers = dessins =E0=20 l=92h=F4pital, dans un style noir et oppressant proche de = l=92expressionnisme.=20 En 1919, Moholy, marxiste engag=E9, participe au groupe MA = (Aujourd=92hui),=20 mouvement d=92avant-garde r=E9volutionnaire qui publie =E0 Vienne = une revue du=20 m=EAme nom. Apr=E8s la d=E9faite de la R=E9publique sovi=E9tique = de Hongrie, Moholy=20 =E9migre =E0 Berlin o=F9 il fr=E9quente les cercles = d=92avant-garde. Il y rencontre=20 les dada=EFstes berlinois, se lie d=92amiti=E9 avec Kurt = Schwitters, d=E9couvre et=20 =E9tudie l=92art russe issu de la r=E9volution, en particulier le = supr=E9matisme=20 et le constructivisme. En 1921, il rencontre Theo Van Doesburg qui = publie=20 dans De Stijl le Manifeste de l=92art =E9l=E9mentariste que Moholy = signe avec=20 Raoul Hausmann, Hans Arp et Ivan Puni. La personnalit=E9 de = Moholy,=20 enthousiaste et ouverte aux id=E9es nouvelles, et son refus de = toute=20 classification des mouvements artistiques l=92am=E8nent =E0 = utiliser=20 l=92exp=E9rience de ses contemporains et =E0 tenter d=92en faire = la synth=E8se=20 th=E9orique. Cette attitude, peu respectueuse de la propri=E9t=E9=20 intellectuelle, lui vaudra d=92=EAtre accus=E9 de plagiat (de la = part d=92El=20 Lissitzky principalement).

=C0 la suite d'=E9tudes de droit, il fonda, =E0 Budapest, la = revue et le=20 groupe d'avant-garde Ma (=ABAujourd'hui=BB, 1919), fid=E8le aux = principes du=20 constructivisme, pronant un art fonctionnel, dynamique, au service = de la=20 soci=E9t=E9. Install=E9 =E0 Berlin en 1920, il se consacra =E0 la = production de=20 toiles abstraites niant la main humaine au profit de formes = g=E9om=E9triques=20 =E9l=E9mentaires qui s'articulent dans la couleur et la = transparence de leur=20 frontalit=E9. D=E8s 1922, il utilisa la photographie non = figurative, cadrant=20 en gros plan des =E9l=E9ments industriels en de dynamiques = obliques. De 1923 =E0=20 1928, il enseigna l'art du m=E9tal au Bauhaus et devint l'un des = promoteurs=20 de l'art abstrait non seulement en typographie, mais aussi en = cin=E9ma et en=20 architecture. Son Modulateur espace-lumi=E8re (v. 1922-1930), = sculpture en=20 m=E9tal anim=E9e par un moteur o=F9 se refl=E8te la lumi=E8re de = mani=E8re fragment=E9e,=20 =E9tudie la relation entre la lumi=E8re et le mouvement.

Moholy-Nagy =E9migra aux =C9tats-Unis en 1937 et fonda le = Nouveau Bauhaus =E0=20 Chicago, rebaptis=E9 plus tard Institut de design qu'il dirigea = jusqu'=E0 sa=20 mort. Son enseignement se fondait sur ses concepts de composition=20 architectonique et sur l'utilisation de nouveaux mat=E9riaux ; on = peut voir=20 ces id=E9es incarn=E9es dans la s=E9rie de Space Modulators = (apr=E8s 1940),=20 sculptures anim=E9es en plexiglas qui furent exemplaires de l'art = cin=E9tique.=20 Il d=E9fendit ses convictions dans les ouvrages The New Vision et = Vision in=20 Motion (1946-1947).

Au carrefour du supr=E9matisme, de Dada et du constructivisme, = la pens=E9e=20 de Moholy-Nagy, complexe et prolixe, peut se r=E9sumer en quatre = th=E8ses=20 fondamentales.

  1. L=92art doit =EAtre productif. = Dans un monde=20 hautement industriel qui soumet l=92individu =E0 l=92esclavage = de la machine,=20 l=92art doit abandonner toute fonction de repr=E9sentation = (reproduction)=20 pour, au contraire, produire de nouvelles structures, proposer = de=20 n