From: =?Windows-1252?Q?Enregistr=E9_par_Windows_Internet_Explorer=A07?= Subject: L Date: Thu, 24 Apr 2008 04:58:02 +0200 MIME-Version: 1.0 Content-Type: multipart/related; type="text/html"; boundary="----=_NextPart_000_0281_01C8A5C7.C64FE9A0" X-MimeOLE: Produced By Microsoft MimeOLE V6.0.6000.16545 This is a multi-part message in MIME format. ------=_NextPart_000_0281_01C8A5C7.C64FE9A0 Content-Type: text/html; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Location: http://cinemanageria.ifrance.com/abc_cineastes/l.htm L
L

Lahlou (Latif)

Latif Lahlou
(1939- )
Cin=E9aste = marocain

N=E9 le 3 Avril 1939 =E0 El Jadida = (ex-Mazagan).=20 Apr=E8s une formation cin=E9matographique =E0 l'IDHEC (Paris) en = 1959, il a fait=20 des =E9tudes de sociologie en Sorbonne. De 1960 =E0 1965, il a = r=E9alis=E9 des=20 recherches sociologiques, des enqu=EAtes et des publications sur = les m=E9dia=20 dans les campagnes marocaines. Il pr=E9sentait un programme = d'=E9missions=20 dramatiques =E0 la t=E9l=E9vision marocaine en 1965. Monteur sur = des courts=20 m=E9trages, puis r=E9alisateur, il s'est depuis 1970 orient=E9 = vers le secteur=20 publicitaire. Producteur, il a particip=E9 au financement de "La guerre du p=E9trole n'aura = pas=20 lieu" de Souheil Benbarka. En = 1984, il est=20 fut d=E9sign=E9 directeur du 2=E8me Festival National du Film de = Casablanca. Il=20 est actuellement directeur d'une agence de publicit=E9, = Cin=E9t=E9l=E9ma, =E0=20 Casablanca.

Filmographie

  • 1966 : Forage, court m=E9trage;=20
  • 1967 : Sin Agafaye, court m=E9trage;=20
  • 1968 : Du c=F4t=E9 de la Tassaout, court = m=E9trage;=20
  • 1969 : Soleil du = printemps, long=20 m=E9trage;=20
  • 1987 : La Compromission, = long m=E9trage.=20

Lahlou (Nabyl)

Nabyl Lahlou
Cin=E9aste = marocain

Nabyl Lahlou d=E9bute dans le = th=E9=E2tre, en tant=20 que com=E9dien et metteur en sc=E8ne. Cette exp=E9rience laisse = des traces=20 ind=E9l=E9biles dans ses oeuvres cin=E9matographiques. Il occupe = une place=20 privil=E9gi=E9e dans le cin=E9ma marocain par le nombre de films = qu'il a=20 r=E9alis=E9. Il peut, en effet, malgr=E9 des conditions = financi=E8res difficiles,=20 continuer son aventure cin=E9matographique, laquelle il l'a = impr=E9gn=E9 par son=20 propre cachet th=E9=E2tral.

Filmographie

  • 1981 : Brahim Yach=20
  • 1980 : Le gouverneur de l'=EEle de=20 Chakerbakerben=20
  • 1979 : Al Kanfoudi=20
  • 1984 : L'=E2me qui brait=20
  • 1986 : Komany

Lakhdar-Hamina, = Mohamed

Mohamed Lakhdar-Hamina
(1934- = )
Cin=E9aste=20 alg=E9rien

Dipl=F4m=E9 de l'=E9cole de = cin=E9ma de Prague,=20 laur=E9at de la Palme d'or =E0 Cannes en 1975, et dont les = principaux films=20 traitent de l'histoire de son pays. R=E9alisateur de = courts-m=E9trages et=20 op=E9rateur d'actualit=E9s en Tunisie, il devint directeur des = actualit=E9s=20 alg=E9riennes en 1963. Si son premier long-m=E9trage le Vent des = Aur=E8s (1966)=20 =E9voquait la r=E9pression pendant la guerre en Kabylie, Hassan = Terro (1967)=20 reprenait le th=E8me de la lutte de lib=E9ration sous l'angle de = la com=E9die.=20 Apr=E8s D=E9cembre (1972), il r=E9alisa un film de prestige = Chronique des ann=E9es=20 de braise (1975) couronn=E9 =E0 Cannes, mais contest=E9 en = Alg=E9rie =E0 cause de=20 son co=FBt excessif. Apr=E8s quelques ann=E9es de silence, il put = tourner Vent=20 de sable, en 1982, puis la Derni=E8re Image en 1985.

Lang, Fritz

Fritz = Lang
(1890-1976)
Cin=E9aste allemand=20 d=92origine autrichienne, naturalis=E9 am=E9ricain en = 1935

N=E9 =E0 Vienne (Autriche), = Fritz Lang est le=20 fils d'un c=E9l=E8bre architecte viennois. Il suit des cours = d'architecture et=20 de peinture =E0 Munich avant de partir voyager en = Extr=EAme-Orient. =C0 son=20 retour en Europe, il part pour la Belgique o=F9 il d=E9couvre le = cin=E9ma, puis=20 pour Paris o=F9 il gagne difficilement sa vie comme artiste = peintre.=20 Contraint de quitter la France au moment de la d=E9claration de = guerre de=20 1914, il est incorpor=E9 dans l'arm=E9e autrichienne et = hospitalis=E9 =E0 Vienne=20 apr=E8s avoir =E9t=E9 bless=E9 sur le front italien. Il rencontre = alors les=20 cin=E9astes Joe May et Otto Rippert auxquels il propose des = sc=E9narios, mais=20 c'est le producteur Erich Pommer qui le fait entrer dans la = compagnie de=20 production allemande Decla-Bioscop, puis =E0 la UFA (Universum = Film AG) qui=20 lui permet de r=E9aliser ses premiers films.

Metropolis (1926) de = Fritz=20 Lang

Le film est n=E9 d'une rencontre avec l'architecture de la = ville de New=20 York. Fritz Lang a per=E7u les gratte-ciel comme =AB un opulent = fond de sc=E8ne=20 suspendu =E0 un ciel sombre=BB. C'est en v=E9ritable architecte = (la premi=E8re=20 formation du cin=E9aste) qu'il met en sc=E8ne la ville du futur, = monstrueuse=20 et crachant continuellement la fum=E9e. La m=E9galopole juxtapose = sans aucun=20 contact un peuple esclave, exploit=E9 par le travail, et une = =E9lite=20 privil=E9gi=E9e, log=E9e dans les sommets. Quand la r=E9volte = menace, le chef de=20 la cit=E9 demande =E0 Rotwang (Rudolf Klein-Rogge, l'interpr=E8te = favori de=20 l'oeuvre muette de Fritz Lang) de cr=E9er une cr=E9ature = andro=EFde, travailleur=20 infatigable et docile. Dans le dessein de manipuler les = travailleurs,=20 l'ing=E9nieur ex=E9cute un automate parfait =E0 l'image de Maria, = jeune=20 id=E9aliste qui apaise les masses au nom de la r=E9signation.

P=E9riode muette

Apr=E8s deux m=E9lodrames, le M=E9tis (Halbblut, 1919) et le = Ma=EEtre de=20 l'amour (Der Herr der Liebe, 1919), Fritz lang r=E9alise Harakiri = (1919),=20 d'apr=E8s Madame Butterfly. La m=EAme ann=E9e, il signe son = premier succ=E8s, les=20 Araign=E9es (Die Spinnen, 1919-1920), un feuilleton d'aventures en = deux=20 parties qui annonce son style =E0 venir : un langage esth=E9tique = fond=E9 sur un=20 jeu de prises de vues cr=E9ant =E0 l'arri=E8re-plan de l'action = des motifs=20 g=E9om=E9triques qui ne sont pas sans rappeler certaines peintures = abstraites=20 de cette =E9poque, un jeu permanent sur le montage des plans en = cadence et=20 un travail sur les =E9clairages qui offrent des contrastes = saisissants. En=20 1920, il tourne Das Wandernde Bild et Vier um die Frau ou = Kampfenden=20 Herzen, avant de s'imposer =E0 la critique avec les Trois = Lumi=E8res (Der m=FCde=20 Tod, 1921), qu'il =E9crit avec sa femme, Thea von Harbou.

Lang, M le=20 Maudit
Contrairement =E0 ce qui a =E9t=E9 souvent dit, M le = Maudit (M =97=20 M=F6rder unter uns, 1931) ne s'inspire pas pr=E9cis=E9ment de = l'affaire K=FCrten=20 (le =ABvampire de D=FCsseldorf=BB). Le sc=E9nario de Fritz Lang et = de son =E9pouse=20 Thea von Harbour, sp=E9cialiste du feuilleton populaire, se = r=E9f=E8re aux=20 meurtres en s=E9rie caract=E9ristiques de cette =E9poque = troubl=E9e de l'histoire=20 allemande. Ce sont le =AB drame du destin=BB (Schicksaldrama) et = le th=E8me du=20 Bien et du Mal qui int=E9ressent le cin=E9aste, auteur d'une = r=E9flexion=20 fascinante sur les proc=E9dures de jugement : une des sc=E8nes les = plus fortes=20 du film est en effet le proc=E8s du meurtrier, qu'interpr=E8te = Peter Lorre,=20 par un tribunal constitu=E9 par la p=E8gre organis=E9e, dans = laquelle certains=20 ont voulu voir une parabole du mouvement nazi.

Devenu un des plus importants cin=E9astes du pays, il signe une = fresque=20 de myst=E8re et d'aventures qui a pour d=E9cor la d=E9cadente = R=E9publique de=20 Weimar, le Docteur Mabuse (Doktor Mabuse der Spieler, 1922), puis = r=E9alise=20 un diptyque sur les grandes l=E9gendes germaniques, les Nibelungen = (Die=20 Nibelungen, 1924) et tourne ensuite un film de science-fiction = humaniste,=20 Metropolis (1926), qui est le film le plus co=FBteux de toute = l'histoire du=20 cin=E9ma muet allemand. Il travaille uniquement avec Thea von = Harbou et=20 revient au film de myst=E8re et d'espionnage avec les Espions = (Spione,=20 1928), dont l'esth=E9tique est tr=E8s volontairement abstraite, = puis explore =E0=20 nouveau la science-fiction avec la Femme sur la Lune (Die Frau im = Mond,=20 1929).

Probl=E8mes en Europe

Son premier film parlant M le Maudit (M, 1931) d=E9crit le = calvaire d'un=20 tueur d'enfants pourchass=E9 =E0 la fois par la police et la = p=E8gre. Les=20 inventions sonores et graphiques y sont intenses et le film laisse = para=EEtre une vision tr=E8s r=E9aliste de la situation = contemporaine allemande.=20 Inquiet de la mont=E9e du nazisme, il tourne une nouvelle aventure = de=20 Mabuse, le Testament du docteur Mabuse (Das Testament des Doktor = Mabuse,=20 1933) et y attaque indirectement les nazis, dont il sait que son = =E9pouse=20 Thea a embrass=E9 la cause. Cependant, quand Adolf Hitler arrive = au pouvoir,=20 Joseph Goebbels lui propose de devenir le directeur du cin=E9ma = allemand.=20 Pour toute r=E9ponse, il quitte tout et s'exile =E0 Paris, o=F9 il = r=E9alise=20 Liliom (1934), avant de gagner les =C9tats-Unis.

P=E9riode am=E9ricaine

=C0 Hollywood, Fritz Lang r=E9alise d'abord une trilogie = r=E9aliste et=20 sociale, Furie (Fury, 1936), un pamphlet sur le lynchage et la = volont=E9 de=20 puissance, J'ai le droit de vivre (You Live Only Once, 1937), une = trag=E9die=20 sur un couple pourchass=E9 par la police et Casier judiciaire (You = and Me,=20 1939), une fantaisie sur l'inutilit=E9 du vol, pour laquelle Kurt = Weill=20 =E9crit une musique. Le producteur Darryl Francis Zanuck lui = permet alors de=20 tourner deux westerns o=F9 il int=E8gre son th=E8me favori, la = vengeance. Il=20 tourne ainsi le Retour de Frank James (The Return of Frank James, = 1940) et=20 les Pionniers de la Western Union (Western Union, 1941). Il = encha=EEne=20 ensuite plusieurs oeuvres combattant le nazisme comme Chasse =E0 = l'homme=20 (Man Hunt, 1941), les Bourreaux meurent aussi (Hangmen Also Die, = 1943),=20 =E9crit avec Bertolt Brecht, Espions sur la Tamise (Ministery of = Fear, 1944)=20 et Cape et poignard (Cloak and Dagger, 1945).

Lang, les Contrebandiers = de=20 Moonfleet
Les Contrebandiers de Moonfleet, ou l'art de Lang = =E0 son=20 apog=E9e dans un film d'aventures d'une beaut=E9 =E9gale aux plus = beaux r=E9cits=20 de Stevenson.

Fritz Lang aborde =E9galement la psychanalyse dans des films = noirs=20 teint=E9s d'onirisme, tels la Femme au portrait (The Woman In The = Window,=20 1944), la Rue rouge (Scarlet Street, 1945), qui est un remake de = la=20 Chienne de Jean Renoir, le = Secret derri=E8re=20 la porte (The Secret beyond the Door, 1948) et House by the River = (1950).=20 =C0 l'exception d'un film de guerre, Gu=E9rillas (Americain = Guerrilla in=20 Philippines, 1950), d'un western romantique avec Marlene Dietrich, = l'Ange=20 des maudits (Rancho Notorious, 1952) et d'un chef-d'oeuvre du film = d'aventures, les Contrebandiers de Moonfleet (Moonfleet, 1954), il = tourne=20 surtout des m=E9lodrames, des films =E0 suspense et des films = noirs, le D=E9mon=20 s'=E9veille la nuit (Clash By Night, 1952), la Femme au gard=E9nia = (The Blue=20 Gardenia, 1953), R=E8glement de comptes (The Big Heat, 1953), = D=E9sirs humains=20 (Human Desire, 1954), d'apr=E8s la B=EAte humaine d=92=C9mile = Zola, la Cinqui=E8me=20 Victime (While The City Sleeps, 1956) et l'Invraisemblable = V=E9rit=E9 (Beyond=20 a Reasonable Doubt, 1956).

Retour en Allemagne

=C0 la fin des ann=E9es cinquante, Fritz Lang revient en = Allemagne pour=20 signer un superbe film d'aventures exotiques en deux parties, le = Tigre du=20 Bengale (Der Tiger von Eschnapur, 1959) et le Tombeau hindou (Das = indische=20 Grabmal, 1959), puis ressuscite une derni=E8re fois Mabuse pour = signer un=20 film s=E9v=E8re, haletant et contestataire sur l'Allemagne = contemporaine, le=20 Diabolique docteur Mabuse (Die Tausend Augen von Doktor Mabuse, = 1960). En=20 1963, il joue =E9galement son propre r=F4le dans le M=E9pris = (1963) de Jean-Luc Godard. = Toute l=92oeuvre=20 de Lang analyse le d=E9sir de vengeance, la volont=E9 de = puissance, la lutte=20 de l'=E9thique contre le mal et la fascination pour le vice. Il = repr=E9sente=20 la conscience du cin=E9ma moderne.

Fritz Lang pendant le = tournage de=20 Metropolis (1926). On le voit ici diriger la r=E9volte des = esclaves parqu=E9s=20 dans les souterrains de la ville

De l=92expressionnisme allemand (Les Trois Lumi=E8res) au = romantisme=20 anglais (Moonfleet), quelque genre qu=92il abord=E2t Fritz Lang a = atteint un=20 sommet. Sa carri=E8re (plus de quarante ann=E9es et presque = cinquante films)=20 est jalonn=E9e de chefs-d=92oeuvre qui sont en m=EAme temps = devenus ceux de=20 l=92histoire du cin=E9ma : M le Maudit, Le Docteur Mabuse, Furie, = J=92ai le=20 droit de vivre. Ses films, a priori disparates mais en r=E9alit=E9 = tous=20 marqu=E9s d=92un style authentique, ont contribu=E9 =E0 = l=92=E9tude du cin=E9ma en tant=20 qu=92art et son influence a =E9t=E9 telle sur les r=E9alisateurs - = ceux de la=20 Nouvelle Vague fran=E7aise notamment - comme sur les critiques que = Fran=E7ois Truffaut = pouvait =E9crire=20 : =ABChaque plan du style de Lang, chaque mouvement d=92appareil, = chaque=20 cadrage, chaque d=E9placement d=92acteur, chaque geste a quelque = chose de=20 d=E9cisif.=BB

Allemagne, 1890-1933 : la = jeunesse

Fritz Lang est n=E9 =E0 Vienne, en Autriche, le 5 d=E9cembre = 1890. Il fait=20 des =E9tudes d=92architecture, de peinture, parcourt le monde. = Apr=E8s la guerre=20 de 1914-1918 - il fut lieutenant dans l=92arm=E9e autrichienne -, = il d=E9bute=20 dans l=92industrie cin=E9matographique, =E9tant tour =E0 tour = acteur, sc=E9nariste=20 et assistant r=E9alisateur. Gr=E2ce =E0 Erich Pommer, grand patron = =E9clair=E9 de la=20 Decla-Bioscop, Lang commence sa carri=E8re de metteur en sc=E8ne = en 1919. Tous=20 les th=E8mes chers =E0 l=92esprit germanique : la mort, les = puissances occultes,=20 le destin, la volont=E9 de puissance, la vengeance vont = impr=E9gner ses films.=20 N=92ayant pu r=E9aliser Le Cabinet du docteur Caligari, Lang = donnera au cin=E9ma=20 expressionniste l=92un de ses chefs-d=92oeuvre, Les Trois = Lumi=E8res, dans=20 lequel la d=E9bauche g=E9om=E9trique des d=E9cors, l=92audace des = motifs en spirale=20 correspondent, comme dans Les Nibelungen et Metropolis, =E0 = l=92apoth=E9ose=20 artistique (picturale et musicale) de l=92Allemagne d=92alors. = Avec Le Docteur=20 Mabuse, c=92est tout le climat du pr=E9-nazisme qui appara=EEt. Le = d=E9sir de la=20 toute-puissance, le danger des soci=E9t=E9s secr=E8tes = parall=E8les, l=92existence=20 d=92organisations criminelles (Les Araign=E9es, Les Espions) = furent autant=20 d=92=E9l=E9ments qui inqui=E9t=E8rent, non sans raison, les = membres du parti nazi.=20 La morale de M le Maudit (des criminels qui veulent se faire = passer pour=20 des justiciers, la police =E9tant incapable d=92arr=EAter un tueur = d=92enfants)=20 rappelait par trop la faiblesse de la r=E9publique de Weimar pour = n=92=EAtre=20 qu=92une co=EFncidence... Le succ=E8s du Docteur Mabuse fit faire = =E0 Lang Le=20 Testament du docteur Mabuse, dans lequel la parabole politique = =E9tait plus=20 que manifeste, puisque le h=E9ros, devenu la chose de Mabuse = prisonnier,=20 accomplissait les volont=E9s de ce ma=EEtre criminel. La = r=E9f=E9rence =E0 Mein=20 Kampf, =E9crit en prison par Hitler, =E9tait tellement claire que = le film fut=20 interdit par Goebbels et que Lang, =E0 qui ce dernier avait = propos=E9 le poste=20 de r=E9alisateur officiel du parti nazi, quitta l=92Allemagne en = 1933.

Am=E9rique, 1934-1957 : la = maturit=E9

La carri=E8re am=E9ricaine de Lang fut plus disparate mais tout = aussi riche=20 que sa p=E9riode allemande. Aussi germanique qu=92il =E9tait en = Allemagne, il=20 fut am=E9ricain aux =C9tats-Unis, et cette apparente rupture ne = fut en r=E9alit=E9=20 que le fruit d=92une =E9volution int=E9rieure. Allant d=92une = compagnie =E0 une=20 autre, Lang devient plus =E9clectique - c=92est-=E0-dire plus = universel - que=20 jamais. Il attaque le lynchage (Furie) et l=92intol=E9rance = sociale (J=92ai le=20 droit de vivre). Hitler et sa clique sont la cible de plusieurs de = ses=20 films (Le Minist=E8re de la Peur, Cape et poignard, Chasse =E0 = l=92homme et=20 surtout Les bourreaux meurent aussi, consacr=E9 =E0 l=92assassinat = d=92Heydrich,=20 et pour lequel Lang fit appel =E0 Bertolt Brecht). Il adapte des = classiques=20 de la litt=E9rature fran=E7aise : La B=EAte humaine de Zola = (D=E9sirs humains) et=20 La Chienne de Georges de La Fouchardi=E8re (La Rue rouge), = =E9trangement=20 transpos=E9s aux =C9tats-Unis.

Du cin=E9ma am=E9ricain, il prend les deux genres les plus = dramatiques : le=20 western et le film policier, y retrouvant ses vieux th=E8mes de la = vengeance, de la corruption, de la soif de puissance et de la = justice. Ce=20 sont Le Retour de Frank James, =E9quivalent am=E9ricain de la = l=E9gende des=20 Nibelungen, L=92Ange des Maudits, Les Pionniers de la Western = Union,=20 R=E8glement de comptes, La Cinqui=E8me Victime, = L=92Invraisemblable V=E9rit=E9. Au=20 milieu de cette carri=E8re apparaissent des films rares, = flamboyants=20 chefs-d=92oeuvre comme Les Contrebandiers de Moonfleet et House by = the River=20 qui sont =E0 la fois un temps de r=E9flexion et la preuve = =E9clatante d=92une=20 perfection stylistique.

Allemagne : la s=E9r=E9nit=E9

En 1958, Lang retourne en Allemagne pour y r=E9aliser les = derni=E8res=20 oeuvres de sa carri=E8re : un film en deux parties, Le Tigre du = Bengale et=20 Le Tombeau hindou, et Le Diabolique Docteur Mabuse, oeuvres pour=20 lesquelles il retrouve toute sa jeunesse germanique. Le Tigre du = Bengale=20 et Le Tombeau hindou, =E0 mi-chemin entre le conte de f=E9es et le = serial,=20 sont une v=E9ritable m=E9ditation, celle d=92un sage, alors = =E2g=E9 de soixante-huit=20 ans, qui apporte =E0 tout un genre, celui du film d=92aventures, = la s=E9r=E9nit=E9=20 du philosophe. Le Diabolique Docteur Mabuse, le plus beau film = allemand de=20 l=92apr=E8s-guerre, renoue avec les pouvoirs occultes et la = volont=E9 de=20 puissance, d=E9non=E7ant une ultime fois le despotisme du = surhomme. Le cercle=20 se referme. Ce retour de Lang en Allemagne est tout =E0 la fois le = retour=20 aux sources de son oeuvre et l=92ach=E8vement de toute une = carri=E8re.=20 L=92adolescent des Araign=E9es (1919) et le vieil homme du Tigre = du Bengale=20 (1959) se sont retrouv=E9s. =C0 la permanence de ses th=E8mes, = Lang ajoute un=20 style, plus pur que jamais, d=E9pouill=E9 jusqu=92=E0 = l=92=E9pure.

En =E9crivant : =ABLa solitude morale, l=92homme menant seul = une lutte contre=20 un univers mi-hostile, mi-indiff=E9rent, tel est le th=E8me favori = de Lang=BB,=20 Fran=E7ois Truffaut = trouve tr=E8s=20 exactement la d=E9finition de l=92art telle que la donne Fritz = Lang : =ABUne=20 chose est s=FBre. L=92art doit =EAtre critique; c=92est sa force = et sa raison.=20 Cette critique doit =EAtre une critique sociale, mais pas = uniquement. Il y a=20 dans ce monde beaucoup de choses qui doivent =EAtre critiqu=E9es. = On ne peut=20 pas proposer de solution, mais il faut toujours lutter pour = d=E9signer le=20 mal. Ainsi mes films policiers am=E9ricains sont d=92abord une = critique=20 dirig=E9e contre la corruption. Il arrive =E9galement qu=92un = cr=E9ateur d=E9couvre=20 en lui-m=EAme des choses qu=92il n=92aime pas, et il doit = critiquer ces=20 choses.=BB

Fritz Lang, r=E9alisateur = autrichien=20 naturalis=E9 am=E9ricain

Lang, Trois Lumi=E8res =E0 propos du = docteur Mabuse, par=20 Fritz Lang (extrait)

Dans Trois Lumi=E8res, un recueil de souvenirs, Fritz Lang = raconte la=20 gen=E8se du Docteur Mabuse, personnage embl=E9matique des troubles = et des=20 angoisses qui ont min=E9, jusqu=92=E0 l=92effondrement, la = R=E9publique de Weimar.=20 Ce bref extrait nous permet d=92appr=E9cier le profond ancrage du = cin=E9ma de=20 Lang dans la r=E9alit=E9 politique et sociale de son temps.

Le Testament du Dr Mabuse fut = r=E9alis=E9 entre=20 la fin de 1932 et le d=E9but de 1933. C'=E9tait le troisi=E8me = film d'une=20 s=E9rie consacr=E9e au personnage du Dr Mabuse. Les deux = premiers, Mabuse le=20 Joueur et Inferno, =E9taient adapt=E9s du roman de Norbert = Jacques et furent=20 r=E9alis=E9s en 1922. Le sc=E9nario =E9tait d=FB =E0 Thea von = Harbou et =E0 moi-m=EAme.=20 La toile de fond de ces films =E9tait le pr=E9sent d'alors, les = ann=E9es qui=20 suivirent imm=E9diatement la Premi=E8re Guerre mondiale. Les = hommes de cette=20 =E9poque se trouvaient pour la premi=E8re fois devoir affronter = une=20 situation qui leur =E9tait inconnue : l'inflation. Ce fut une = p=E9riode=20 d'incertitude, d'hyst=E9rie et de corruption effr=E9n=E9es.

Je m'inspirai, consciemment, = d'=E9pisodes=20 r=E9ellement survenus en Allemagne et ailleurs. Par exemple, =E0 = la fin du=20 second film, le Dr Mabuse se barricade chez lui avec ses hommes = et se=20 d=E9fend par les armes contre la police et les troupes = r=E9guli=E8res. Cet=20 =E9pisode avait pour point de d=E9part le c=E9l=E8bre fait = divers de Fort=20 Chabrol, o=F9 un bandit-automobiliste s'opposa par la force =E0 = l'irruption=20 dans sa tani=E8re de la police fran=E7aise. Au d=E9but du film = je montrais,=20 par des images rapides, des combats de rue et des barricades, = analogues=20 =E0 celles qui surgirent dans une Allemagne qui avait perdu la = guerre ;=20 une br=E8ve sc=E8ne, le meurtre d'un ministre, s'inspirait de = l'assassinat=20 de Rathenau. Je crois me rappeler aussi qu'un metteur en sc=E8ne = de mes=20 amis m'envoya d'Am=E9rique un livre sur Al Capone. Probablement = cela m'a=20 aussi un peu influenc=E9.

Sur cet arri=E8re-plan j'ai = cherch=E9 =E0 inscrire=20 le supercriminel, l'homme qui pr=E9pare ses m=E9faits quasi = scientifiquement=20 avant de les ex=E9cuter en personne, ou de les faire ex=E9cuter = par=20 d'autres, avec une pr=E9cision math=E9matique. Il contr=F4le les = membres de=20 son organisation au moyen de la terreur. Une r=E9bellion =E0 ses = ordres=20 signifie la mort s=FBre. Le Dr Mabuse qui dit de lui-m=EAme : = =AB Je suis la=20 loi=BB est le criminel parfait, le grand montreur de = marionnettes, celui=20 qui organise dans les coulisses le crime parfait. Il est en = lutte=20 ouverte contre les institutions sociales existantes, il est le = grand=20 joueur qui joue en bourse avec l'argent, avec l'amour et avec le = destin=20 des hommes, mais qui dans ses crimes ne laisse rien au hasard. = Son arme=20 favorite est l'hypnose. (Si je me souviens bien, dans Dr Mabuse = nous=20 montrions pour la premi=E8re fois l'hypnose =E0 l'=E9cran, et il = fallut=20 surmonter de grandes difficult=E9s de censure, car =E0 cette = =E9poque il =E9tait=20 interdit de montrer l'hypnose dans un film.) La conception du = monde de=20 Mabuse conduit ce criminel fou de grandeur directement =E0 la=20 folie.

Source : Lang (Fritz), Trois = Lumi=E8res,=20 textes r=E9unis et pr=E9sent=E9s par Alfred Eibel, =E9ditions = Flammarion, coll. =AB=20 Cin=E9mas=BB, Paris, 1988.

Les principaux films de = Fritz=20 Lang

1922 Le = Docteur=20 Mabuse Dr. = Mabuse der=20 Spieler
1924 Les=20 Nibelungen Die=20 Nibelungen
1926 Metropolis Metropolis
1928 Les=20 Espions Spione
1929 La = Femme sur la=20 Lune Die = Frau im=20 Mond
1931 M le=20 Maudit M
1933 Le = Testament du=20 docteur Mabuse Das = Testament=20 des Dr. Mabuse
1934 Liliom Liliom
1936 Furie Fury
1937 J'ai = le droit=20 de vivre You = Only Live=20 Once
1939 Casier=20 judiciaire You = and=20 Me
1940 Le = Retour de=20 Frank James The = Return of=20 Frank James
1941 Les = Pionniers=20 de la Western Union Western=20 Union
1941 Chasse =E0=20 l'homme Man=20 Hunt
1943 Les = bourreaux=20 meurent aussi Hangmen Also=20 Die
1944 Espions sur la=20 Tamise Ministry of=20 Fear
1944 La = Femme au=20 portrait The = Woman in=20 the Window
1945 La = Rue=20 rouge Scarlet=20 Street
1945 Cape = et=20 Poignard Cloak = and=20 Dagger
1948 Le = Secret=20 derri=E8re la porte The = Secret=20 Beyond the Door
1950 House = by the=20 River House = by the=20 River
1950 Gu=E9rillas American=20 Guerrilla in the Philippines
1952 L'Ange des=20 Maudits Rancho=20 Notorious
1952 Le = d=E9mon=20 s'=E9veille la nuit Clash = by=20 Night
1953 La = Femme au=20 gard=E9nia The = Blue=20 Gardenia
1953 R=E8glements de=20 comptes The = Big=20 Heat
1954 D=E9sirs=20 humains Human = Desire
1954 Les=20 Contrebandiers de Moonfleet Moonfleet
1956 La = Cinqui=E8me=20 Victime While = the City=20 Sleeps
1956 L'Invraisemblable V=E9rit=E9 Beyond a=20 Reasonable Doubt
1959 Le = Tigre du=20 Bengale Der = Tiger von=20 Eschnapur
1959 Le = Tombeau=20 hindou Das = indische=20 Grabmal
1960 Le = Diabolique=20 Dr Mabuse Die = tausend=20 Augen von Dr Mabuse

Langdon, Harry

Harry = Langdon
(1884-1944)
Acteur,=20 sc=E9nariste et r=E9alisateur am=E9ricain

N=E9 =E0 Council Bluffs (Iowa), = Harry Langdon=20 d=E9bute =E0 douze ans au cirque et au music-hall, travaille dans = les=20 minstrel's show et les th=E9=E2tres de vaudeville, puis int=E8gre = =E0 trente ans=20 la troupe cin=E9matographique de Mack Sennett avec = Picking Peaches=20 (1924) de Erle Kenton. Il d=E9veloppe en une vingtaine de courts = m=E9trages un=20 extraordinaire personnage po=E9tique et burlesque, jouant de = l'ahurissement=20 et de la na=EFvet=E9 avec une pointe de perversit=E9.

Devenu une vedette, il est engag=E9 par Frank Capra pour = Plein les bottes=20 (Tram Tramp Tramp, 1926), l'Athl=E8te incomplet (The Strong Man, = 1926) et Sa=20 premi=E8re culotte (Long Pants, 1927) qui connaissent un =E9norme = succ=E8s=20 public.

Au sommet de la gloire, il cr=E9e alors sa propre compagnie de = production=20 et se met lui-m=EAme en sc=E8ne dans Papa d'un jour (Three's A = Crowd, 1927),=20 The Chaser (1927) et Heart Trouble (1927).

L'=E9chec de ces films et l'arriv=E9e du parlant lui font = perdre son aura,=20 mais il appara=EEt encore dans quelques r=F4les plus ou moins = importants,=20 notamment dans A Soldier Plays Things (1930) de Michael Curtiz, Hallelujah I'm A Bum = (1933) de Lewis=20 Milestone, His Bridal Sweet (1935) d=92Edmund Goulding, Zenobia = (1938) de=20 Gordon Douglas, Double Trouble (1941) de William West et Block = Busters=20 (1944) de Wallace Fox.

Comme sc=E9nariste, il a collabor=E9 avec Laurel et Hardy pour = T=EAtes de=20 pioche (Blockheads, 1938) de John G. Blystone, Laurel et Hardy = conscrits=20 (The Flying Deuces, 1939) d=92Edward Sutherland, les As d'Oxford = (A Chump At=20 Oxford, 1940) d=92Alfred Goulding et Laurel et Hardy en = croisi=E8re (Saps at=20 Sea, 1940) de Gordon Douglas.

Tomb=E9s dans l'oubli apr=E8s sa mort, ses films ont =E9t=E9 = red=E9couverts dans=20 les ann=E9es soixante. Il est aujourd=92hui consid=E9r=E9 comme = l'un des plus=20 grands cr=E9ateurs comiques du cin=E9ma muet.

Lattuada, Alberto

Alberto = Lattuada
(1914-)
Cin=E9aste=20 italien

Eclectique, il s=92est fait = conna=EEtre par ses=20 m=E9lodrames avant de rencontrer des difficult=E9s avec la censure = pour ses=20 pr=E9occupations =E9rotiques et politiques.

Alberto Lattuada est n=E9 =E0 Milan. Le Bandit (il Bandito, = 1946), son=20 troisi=E8me film, a =E9t=E9 sa contribution la plus d=E9cisive au = n=E9or=E9alisme=20 naissant. Son go=FBt pour le m=E9lodrame s=92affirme dans des = chroniques parfois=20 satiriques : les Feux du music-hall (Luci del variet=E0, 1951), = Anna (1953),=20 la Pensionnaire (la Spiaggia, 1954). Il a r=E9alis=E9, = =E9galement, de=20 soigneuses adaptations litt=E9raires dont le Manteau (il Cappotto, = 1952), la=20 Temp=EAte (la Tempesta, 1958), Coeur de chien (Cuore di cane, = 1976). Apr=E8s=20 une s=E9rie de films dont les h=E9ro=EFnes sont des adolescentes, = il a tourn=E9 un=20 chef-d'oeuvre d'humour noir : Venez donc prendre le caf=E9 chez = nous (Venga=20 a prendere il caff=E8 da noi, 1970).

Laughton, Charles

Charles = Laughton
(1899-1962)
Cin=E9aste et=20 acteur am=E9ricain d=92origine anglaise

N=E9 =E0 Scarborough, il fit ses = =E9tudes =E0 la=20 Royal Academy of Dramatic Art (Acad=E9mie d=92art dramatique) et = fut l=92un des=20 acteurs les plus populaires de son =E9poque. Laughton d=E9buta sur = une sc=E8ne=20 londonienne en 1926, dans le Revizor, de Nicolas Gogol. Laughton = s=92imposa=20 rapidement comme acteur de cin=E9ma et, en 1933, il remporta un = oscar pour=20 son r=F4le dans la Vie priv=E9e d=92Henri VIII (The Private Life = of Henry VIII),=20 d=92Alexander Korda. = Hollywood le mit=20 sur le devant de la sc=E8ne et, pendant presque trente ans, il = joua sans=20 interruption : Miss Barrett (The Barretts of Wimpole Street, 1934) = de S.=20 Franklin, l=92Extravagant Mr. Ruggles (Ruggles of Red Gap, 1935) = de Leo Mc=20 Carey, les R=E9volt=E9s du Bounty (Mutiny on the Bounty, 1935) de = Frank Lloyd,=20 les Mis=E9rables (1935) de Richard Boleslawski, Rembrandt (1936) = d=92Alexander Korda, = Quasimodo (The=20 Hunchback of Notre Dame, 1939) de William Dieterle, =C8ve a = commenc=E9 (It=20 Started with Eve, 1941) de Henry Koster, le Proc=E8s Paradine (The = Paradine=20 Case, 1948) d=92Alfred Hitchcock, = Chaussure =E0 son=20 pied (Hobson=92s Choice, 1954) de David Lean, T=E9moin = =E0 charge=20 (Witness for the Prosecution, 1957) de Billy Wilder et = Temp=EAte =E0=20 Washington (Advise and Consent, 1962) d=92Otto Preminger. = Parall=E8lement,=20 Laughton mena une carri=E8re th=E9=E2trale. Il se produisit pour = la premi=E8re=20 fois sur une sc=E8ne new-yorkaise en 1931 dans Payment Deferred = (Paiement=20 diff=E9r=E9). Il joua aussi dans les pi=E8ces Galileo (1947), The = Cherry Orchard=20 (la Cerisaie, 1950), Don Juan aux enfers (Don Juan in Hell, 1951), = Major=20 Barbara (1956), et le Roi Lear (King Lear, 1959). =C0 = cinquante-six ans, il=20 passa =E0 la mise en sc=E8ne et r=E9alisa un film po=E9tique, = myst=E9rieux, qui=20 deviendra mythique, la Nuit du chasseur (1955). Il fut = naturalis=E9=20 am=E9ricain en 1950.

Lautner, Georges

Georges = Lautner
(1926-)
Cin=E9aste fran=E7ais=20 qui renouvela le cin=E9ma comique des ann=E9es 1960 en m=EAlant = les sch=E9mas=20 policiers, l=92humour noir et la parodie

Fils de l=92actrice Ren=E9e = Saint-Cyr, Georges=20 Lautner est n=E9 =E0 Nice. Il r=E9alisa son premier = long-m=E9trage, la M=F4me aux=20 boutons, en 1959. C=92est toutefois son quatri=E8me film, le = Monocle noir=20 (1961), avec un Paul Meurisse inoubliable dans le r=F4le = principal, qui lui=20 a assur=E9 sa double r=E9putation d=92expert en film d=92action et = en com=E9die; il=20 en r=E9alisa deux suites, plus orient=E9es vers la parodie : = l=92=8Cil du monocle=20 (1962) et Le monocle rit jaune (1964). Adapt=E9 d=92un roman = d=92Albert Simonin=20 et dialogu=E9 par Michel Audiard, les = Tontons=20 flingueurs (1963) remporta un immense succ=E8s populaire dans les = salles=20 puis =E0 la t=E9l=E9vision et permit =E0 Lino Ventura de = s=92essayer au film=20 comique.

Georges Lautner a r=E9alis=E9 de nombreux films organis=E9s = autour des=20 vedettes du moment, comme Mireille Darc, qu=92il avait lui-m=EAme = r=E9v=E9l=E9e d=E8s=20 1965 dans les Barbouzes (sept films en dix ans, dont la Grande = Sauterelle=20 en 1967), Jean Lef=E8bvre (Quelques messieurs trop tranquilles, = 1972; Ils=20 sont fous ces sorciers, 1974) ou Michel Constantin (Ne nous = f=E2chons pas,=20 1965; Laisse aller, c=92est une valse, 1971; la Valise, 1973). Il = r=E9alisa=20 =E9galement de nombreux films en collaboration avec des = acteurs-producteurs=20 comme Alain Delon (Il =E9tait un fois un flic, 1972; les Seins de = glace,=20 1974; Mort d=92un pourri, 1977) ou Jean-Paul Belmondo (Flic ou = Voyou, 1979;=20 le Guignolo, 1980; le Professionnel, 1981; Joyeuses P=E2ques, = 1984;=20 l=92Inconnu dans la maison, d=92apr=E8s Georges Simenon, = 1992).

Cin=E9aste consid=E9r=E9 comme un bon artisan, mais aussi trop = souvent tent=E9=20 par les st=E9r=E9otypes du cin=E9ma le plus commercial, il semble = avoir peu =E0=20 peu renonc=E9 =E0 ses ambitions personnelles, mais pas =E0 = l=92efficacit=E9 dont il=20 a fait preuve dans la plupart de ses films.

Lauzier, G=E9rard

G=E9rard Lauzier
(1932- = )
Dessinateur de=20 bandes dessin=E9es et r=E9alisateur fran=E7ais, auteur des = c=E9l=E8bres Tranches de=20 vie.

N=E9 =E0 Marseille, G=E9rard = Lauzier fait ses=20 d=E9buts comme dessinateur humoristique dans la presse et dans la = publicit=E9.=20 En 1974, il rejoint le journal Pilote et livre, d=E8s l=92ann=E9e = suivante, ses=20 premi=E8res Tranches de vie, s=E9rie de portraits cruels de ses = contemporains=20 qui rencontre imm=E9diatement un vif succ=E8s : philosophes=20 post-soixante-huitards et jolies filles lib=E9r=E9es, jeunes = cadres aux dents=20 longues et vieux libidineux, ses personnages, odieux et = path=E9tiques, sont=20 croqu=E9s avec un humour f=E9roce et souvent d=E9rangeant.

Auteur de nombreux albums (Chroniques de l=92=EEle Grande, = 1975; la Course=20 du rat, 1978; les Cadres, 1981), G=E9rard Lauzier =E9crit = =E9galement le=20 sc=E9nario de la s=E9rie Al Crane, western parodique illustr=E9 = par Alexis=20 (1946-1977) et publi=E9 dans Pilote de 1976 =E0 1977. Apr=E8s = avoir collabor=E9 =E0=20 l=92adaptation cin=E9matographique d'un de ses albums, Je vais = craquer,=20 r=E9alis=E9e en 1980 par Fran=E7ois Leterrier, il passe =E0 la = r=E9alisation en 1982=20 avec T=92emp=EAches tout le monde de dormir!, qui est notamment = suivi de P=92tit=20 con (1984), la T=EAte dans le sac (1984), Mon p=E8re ce h=E9ros = (1991) et du=20 Plus beau m=E9tier du monde (1996). Il n=92abandonne cependant = jamais la bande=20 dessin=E9e, signant Souvenirs d=92un jeune homme en 1982 et sa = suite, Portrait=20 de l=92artiste, en 1992.

Lean, sir David

David = Lean
(1908-1991)
Cin=E9aste=20 britannique, c=E9l=E8bre pour ses grandes =E9pop=E9es = lyriques

N=E9 =E0 Croydon (Grande-Bretagne), = Lean fit ses=20 =E9tudes =E0 la Leighton Park School. D=92abord assistant = op=E9rateur, il fut=20 =E9galement un monteur remarquable. Il passa =E0 la r=E9alisation = gr=E2ce =E0 No=EBl=20 Coward, avec qui il signa Ceux qui servent en mer (In Which We = Serve) en=20 1942. Suivirent Heureux Mortels (This Happy Bread, 1944), = L=92esprit s=92amuse=20 (Blithe Spirit, 1945) et Br=E8ve Rencontre (Brief Encounter, = 1945), trois=20 longs m=E9trages influenc=E9s par Coward. Les Grandes Esp=E9rances = (Great=20 Expectations, 1946) et Oliver Twist (1948, d=92apr=E8s Charles = Dickens) mais=20 aussi Chaussure =E0 son pied (Hobson=92s Choice, 1954), une = com=E9die sur la=20 classe ouvri=E8re, sont les plus grands films de sa p=E9riode = britannique.

Lean (Sir David), Br=E8ve = Rencontre
Celia Johnson et Trevor Howard dans Br=E8ve = Rencontre=20 (Brief Encounter, 1945) de sir David Lean.

Lean partit pour Hollywood en 1955 o=F9 il r=E9alisa des films = ambitieux et=20 populaires, mais =E0 l=92acad=E9misme souvent convenu. Il tourna = Vacances =E0=20 Venise (Summertime, 1955) avec Katharine Hepburn, puis le Pont de = la=20 rivi=E8re Kwai (The Bridge on the River Kwai, 1957), pour lequel = il remporta=20 un oscar. Cinq ans plus tard, un second oscar lui fut d=E9cern=E9 = pour=20 Lawrence d=92Arabie (Lawrence of Arabia, 1962). Apr=E8s Docteur = Jivago (Doctor=20 Zhivago, 1965) et la Fille de Ryan (Ryan=92s Daughter, 1970), Lean = cessa de=20 travailler pendant quatorze ans. Il fit un retour remarqu=E9 avec = la Route=20 des Indes (A Passage to India, 1984) et remporta la plus haute = distinction=20 cin=E9matographique am=E9ricaine, le David W. Griffith = Award. Lean fut=20 nomm=E9 commandeur de l=92Empire britannique en 1953 et anobli en = 1984.

Leconte, Patrice

Patrice = Leconte
(1947-)
Cin=E9aste et=20 sc=E9nariste fran=E7ais

N=E9 =E0 Paris, Patrice Leconte se = forme aux=20 arts graphiques et =E0 la bande dessin=E9e avant de r=E9aliser = entre 1968 et=20 1974 des courts m=E9trages d=92auteur =E0 diffusion = confidentielle. Cette=20 entreprise =E9tant rest=E9e inaper=E7ue, il lui tourne le dos pour = adapter, sous=20 forme de com=E9die polici=E8re absurde et parodique, une bande = dessin=E9e de=20 Gotlib, Les v=E9c=E9s =E9taient ferm=E9s de l=92int=E9rieur (avec = Jean Rochefort et=20 Coluche, 1975).

Sa carri=E8re prend un tournant avec le succ=E8s commercial des = aventures=20 cin=E9matographiques de l=92=E9quipe du Splendid (Josiane Balasko, = G=E9rard Jugnot,=20 Michel Blanc, Christian Clavier, Thierry Lhermitte), les Bronz=E9s = (1978) et=20 les Bronz=E9s font du ski (1979). Patrice Leconte poursuit son = itin=E9raire en=20 collaborant avec Michel Blanc pour une s=E9rie de com=E9dies : = Viens chez moi,=20 j=92habite chez une copine (1980), Ma femme s=92appelle reviens = (1981) ou=20 Circulez y=92a rien =E0 voir (1982), o=F9 l=92humour se teinte de = satire=20 sociale.

Le r=E9alisateur change ensuite de registre avec un film = d=92action =E0 grand=20 spectacle, les Sp=E9cialistes (1984), avec G=E9rard Lanvin et = Bernard=20 Giraudeau, dont Une chance sur deux (1998), avec Jean-Paul = Belmondo, Alain=20 Delon et Vanessa Paradis, appara=EEtra treize ans plus tard comme = une=20 relecture ironique. Mais c=92est avec Tandem (1987) que Patrice = Leconte=20 acc=E8de =E0 un univers r=E9ellement personnel, en faisant un = portrait sensible=20 et m=E9lancolique d=92une vedette radiophonique sur le d=E9clin. = Il y met au=20 point ce cocktail d=92humour et de d=E9sespoir l=E9ger = qu=92illustre parfaitement=20 par ailleurs la prestation de Michel Blanc dans Monsieur Hire = (1989), une=20 adaptation du roman de Georges Simenon. Suivent alors une s=E9rie = de films=20 qui font la part belle aux fantasmes de leurs personnages comme le = Mari de=20 la coiffeuse (1990) ou le Parfum d=92Yvonne (1995).

Ce cin=E9aste admirateur de Woody Allen semble = d=E9sormais=20 vouloir se consacrer =E0 des oeuvres comme Ridicule (1995), o=F9 = le regard du=20 moraliste perce derri=E8re les =E9clats de rire.

Lee, Spike

Spike Lee
(1957-)
Cin=E9aste=20 am=E9ricain

N=E9 =E0 Atlanta. En 1982, son film = de fin=20 d'=E9tudes Joe's Bed-Stuy Barbershop : We Cut Heads remporta = l'oscar de la=20 premi=E8re oeuvre. Quelques ann=E9es plus tard, en 1986, il tourna = un film =E0=20 petit budget : Nola Darling n'en fait qu'=E0 sa t=EAte (She's = Gotta Have It),=20 gr=E2ce auquel son talent fut reconnu dans tous les =C9tats-Unis. = Ce film=20 =E9tait le premier d'une s=E9rie o=F9 il d=E9peint librement la = vie des=20 Afro-Am=E9ricains : School Daze (1988), com=E9die musicale sur ses = exp=E9riences=20 =E0 l'universit=E9, Do the Right Thing (1989), traitant des = relations raciales=20 dans un quartier de Brooklyn, Mo' Better Blues (1990), l'histoire = un=20 groupe de musiciens noirs, Jungle Fever (1991), racontant une = histoire=20 d'amour entre un homme noir et une femme blanche et Malcolm X = (1992), film=20 de trois heures et demie, retra=E7ant la vie du leader noir. Lee = r=E9alisa=20 =E9galement Crooklyn (1994), film co=E9crit avec ses fr=E8res et = soeurs, qui=20 raconte un =E9t=E9 dans la vie d'une famille afro-am=E9ricaine de = Brooklyn, au=20 d=E9but des ann=E9es 1970. Spike Lee a cr=E9=E9 sa propre = soci=E9t=E9 de production =E0=20 Brooklyn.

Spike Lee a impos=E9 d'embl=E9e un ton extr=EAmement original = avec son=20 premier long m=E9trage, Nola Darling n'en fait qu'=E0 sa t=EAte = (1986),=20 chronique =ABjazz=E9e=BB des amours d'une jeune Noire. En regard = de l'histoire=20 des =C9tats-Unis, toute son oeuvre est une exploration des = diff=E9rentes=20 facettes de la communaut=E9 afro-am=E9ricaine, aussi bien des maux = qui la=20 rongent (drogue, violence, racisme, ch=F4mage) que de ses = r=E9alisations=20 politiques ou artistiques (Black Panthers, Black Muslims, jazz, = rap, soul,=20 funk=85). Parmi ses films les plus convaincants, il convient de = citer Do the=20 Right Thing (1989), Clockers (1995) et Malcom X (1993).

Leigh, Mike

Mike Leigh
(1943-)
Cin=E9aste, = acteur,=20 sc=E9nariste et metteur en sc=E8ne britannique

=C9tudiant =E0 l=92Acad=E9mie royale = d=92art dramatique=20 (RADA), Mike Leigh suivra =E9galement les cours de l=92=C9cole = d=92art de=20 Camberwell et de l=92=C9cole cin=E9matographique de Londres. En = 1967, il int=E8gre=20 la Royal Shakespeare Company, avant de devenir producteur de = th=E9=E2tre =E0=20 Birmingham et un r=E9alisateur de premi=E8re importance =E0 la = BBC. Son premier=20 long-m=E9trage, Bleak Moments (1971), s=92inscrit dans la veine du = r=E9alisme=20 britannique (voir britannique, cin=E9ma) et d=E9peint la vie = quotidienne de=20 modestes gens vivant en autarcie.

Marianne Jean-Baptiste et = Brenda=20 Blethyn dans Secrets et Mensonges (Secrets and Lies, 1996) de Mike = Leigh
Hortense (Marianne Jean-Baptiste), une jeune femme = noire=20 cultiv=E9e et ais=E9e, retrouve sa m=E8re naturelle : Cynthia = Purley (Brenda=20 Blethyn) est une femme blanche de condition modeste. Sur ce = canevas=20 m=E9lodramatique, Mike Leigh se livre une fois de plus =E0 une = cruelle et=20 pourtant =E9mouvante observation des codes culturels de la classe = moyenne.=20 Par-del=E0 les petits =ABsecrets=BB et autres =ABmensonges=BB, la = m=E8re et la fille=20 parviendront =E0 nouer de v=E9ritables relations d'amiti=E9.

Mike Leigh est un observateur sardonique des in=E9galit=E9s de = la soci=E9t=E9=20 britannique, c=E9l=E8bre outre-Manche pour ses pi=E8ces de = th=E9=E2tre et ses=20 t=E9l=E9films, nourri de tableaux au vitriol de la vie dans les = milieux=20 d=E9favoris=E9s. Naked (1993) exprime ainsi =E0 l=92=E9gard de = l=92Angleterre=20 contemporaine un d=E9go=FBt qui n=92a d=92=E9gal dans le cin=E9ma = britannique que=20 celui de Lindsay Anderson. Il = r=E9serve=20 toutefois le plus fort de sa critique =E0 la bourgeoisie, dont il = caricature=20 dans High Hopes (1988) le snobisme, le puritanisme sexuel et le = manque de=20 discernement politique. Les acteurs de Mike Leigh oscillent entre = un jeu=20 dirig=E9 et l=92improvisation, se r=E9fugiant parfois dans un = mutisme qui ne=20 laisse =E9chapper que les expressions grotesques du visage. En = l=92absence=20 d=92un sc=E9nario =E9crit, les acteurs se laissent guider par leur = exp=E9rience et=20 leur intuition, comme c=92est le cas dans Secrets et mensonges = (Secret and=20 Lies, 1996; palme d=92or au festival de Cannes).

Lelouch, Claude

Claude Lelouch
(1937- = )
Cin=E9aste et=20 producteur fran=E7ais

N=E9 =E0 Paris, Claude Lelouch = s=92orienta tr=E8s=20 jeune vers le cin=E9ma, pr=E9sentant ses premiers courts = m=E9trages d=E8s 1960 =E0=20 la Maison des lettres (Vers une nouvelle technique), et fondant la = m=EAme=20 ann=E9e sa propre soci=E9t=E9 de production, les Films 13. Apr=E8s = trois longs=20 m=E9trages r=E9alis=E9s dans l=92esprit de la Nouvelle Vague, il = obtint avec Un=20 homme et une femme la palme d=92or au festival de Cannes en 1966 = et deux=20 oscars aux =C9tats-Unis. D=E9sormais suivi par des admirateurs = nombreux et=20 fid=E8les, il tourna quelques films lin=E9aires (le Voyou, avec = Jean-Louis=20 Trintignant, 1970 ; l=92Aventure, c=92est l=92aventure, avec Lino = Ventura et=20 Jacques Brel, 1972 ; Attention bandits, avec Jean Yanne, 1987) et, = tent=E9=20 par le m=E9lodrame, nombre de fictions sentimentales (la Bonne = Ann=E9e, 1973 ;=20 le Bon et les M=E9chants, 1976 ; Robert et Robert, 1978 ; Viva la = vie, 1984=20 ; Partir, revenir, 1985 ; Itin=E9raire d=92un enfant g=E2t=E9, = 1988), offrant aux=20 com=E9diens qu=92il aime et qui font partie de sa =AB famille=BB = (Annie Girardot,=20 Jacques Villeret, Charles Denner, etc.) des r=F4les originaux et = =E9mouvants,=20 dans lesquels l=92improvisation et la spontan=E9it=E9 semblent = toujours avoir=20 une part importante. Sp=E9cialiste du film ambitieux, qui = pr=E9tend brasser=20 les destins individuels et l=92histoire tout enti=E8re (Toute une = vie, 1974 ;=20 les Uns et les Autres, 1981 ; =C9dith et Marcel, 1983 ; la Belle = Histoire,=20 1992), il fait constamment preuve d=92une grande ma=EEtrise = technique. Son=20 adaptation des Mis=E9rables, tourn=E9e en 1995 avec Jean-Paul = Belmondo, n=92a=20 pas convaincu le public fran=E7ais, mais a connu une brillante = carri=E8re aux=20 =C9tats-Unis.

Leone, Sergio

Sergio = Leone
(1929-1989)
Producteur et=20 r=E9alisateur italien

Auteur d'une oeuvre ambitieuse qui = fut sans=20 cesse tiraill=E9e entre flamboyance et parodie, Sergio Leone = s'affirma comme=20 le ma=EEtre incontest=E9 du =AB western spaghetti=BB.

N=E9 =E0 Rome, fils du r=E9alisateur Roberto Leone Roberti et = de l'actrice=20 Bice Valerian, il devient en 1945 le plus jeune assistant = r=E9alisateur=20 d'Italie et travaille ainsi sur de nombreux films, dont le Voleur = de=20 bicyclette (Ladri di biciclette, 1948) de Vittorio De Sica et Fabiola (1948) d=92Alessandro Blasetti. = Il collabore=20 aussi avec Luigi Comencini et = travaille tr=E8s=20 souvent sur des grosses productions am=E9ricaines : Quo Vadis ? = (1951) de=20 Mervyn LeRoy, H=E9l=E8ne de Troie (Helen of Troy, 1955) de Robert Wise et Raoul Walsh, Au = risque de se=20 perdre (The Nun's Story, 1959) ou Ben Hur (1959) de William Wyler. = Longtemps=20 assistant de Mario Bonnard (1889-1965), il r=E9alise pour lui une = partie des=20 Derniers Jours de Pomp=E9i (gli Ultimi Giorni di Pomp=E9i, 1960), = puis signe=20 seul le Colosse de Rhodes (il Colosso di Rodi, 1961), un p=E9plum = barbare,=20 baroque et sophistiqu=E9 dont les =E9videntes qualit=E9s lui = valent un tr=E8s bon=20 accueil critique et public.

Leone, Il =E9tait une = fois en=20 Am=E9rique
Dans ce film-testament, Sergio Leone a mis toute = sa=20 nostalgie, tout son amour du cin=E9ma comme supr=EAme th=E9=E2tre = d'ombres et=20 toute son insatiable fascination pour le visage des acteurs, ici = Robert De=20 Niro dans le r=F4le du gangster Noodles.

Apr=E8s avoir dirig=E9 la seconde =E9quipe de Sodome et = Gomorrhe (Sodom and=20 Gomorrah, 1962) de Robert Aldrich, il = patiente=20 jusqu'en 1964, date =E0 laquelle il accepte de tourner un western = en Espagne=20 : Pour une poign=E9e de dollars (Per un pugno di dollari, 1964). = Impos=E9 en=20 Europe depuis plusieurs ann=E9es, le western italien est =E0 = l'agonie, mais=20 Sergio Leone s'inspire du film de Kurosawa Akira, le = Garde du corps=20 (Yojimbo, 1961), lui-m=EAme plagi=E9 du roman am=E9ricain de = Dashiell Hammett,=20 la Moisson rouge (Red Harvest, 1929), engage un acteur am=E9ricain = de=20 t=E9l=E9vision, Clint Eastwood, lui = donne un=20 com=E9dien italien d'avant-garde pour partenaire, Gian Maria = Volont=E9,=20 collabore pour la premi=E8re fois avec Ennio Morricone et = signe la=20 r=E9alisation du pseudonyme Bob Robertson (Robert, le fils de = Roberti) en=20 hommage =E0 son p=E8re. Le succ=E8s du film est si important que = le western=20 italien est rebaptis=E9 western spaghetti et conna=EEt une = nouvelle vogue.=20 Avec Et pour quelques dollars de plus (Per qualche dollari in = pi=F9, 1965),=20 il installe d=E9finitivement la mythologie de l'homme sans nom, = interpr=E9t=E9=20 par Clint Eastwood et = transforme en=20 star europ=E9enne l=92acteur de s=E9rie B am=E9ricain Lee Van = Cleef. Puis, il=20 ach=E8ve cette premi=E8re trilogie avec le Bon, la Brute et le = Truand (il=20 Buono, il Brutto, il Cattivo, 1966), une superproduction o=F9 il = montre son=20 amour de la peinture surr=E9aliste et fait jouer un grand = com=E9dien issu de=20 l'Actors Studio, Eli Wallach.

Les Am=E9ricains l'invitent alors =E0 r=E9aliser un western = pour eux. Il=20 tourne Il =E9tait une fois dans l'Ouest (C'era una volta il West, = 1968),=20 avec Charles Bronson, Henry Fonda, Jason Robards et Claudia = Cardinale.=20 C'est un op=E9ra de sang, de violence, d'humour et de couleurs qui = devient=20 vite un film culte. Son style tr=E8s personnel s'y impose. = Contraint ensuite=20 de tourner Il =E9tait une fois, la r=E9volution (Giu la testa, = 1971) qu'il=20 devait seulement produire, il en accentue volontairement la = dimension=20 libertaire et pessimiste, tout en donnant des r=F4les magnifiques = =E0 Rod=20 Steiger et =E0 James Coburn.

Leone, Pour une poign=E9e = de=20 dollars
Premier western et premier chef-d'oeuvre de Sergio = Leone,=20 Pour une poign=E9e de dollars fonde le genre du western-spaghetti = avec sa=20 violence stylis=E9e, ses personnages =E0 deux dimensions, ses = d=E9cors naturels=20 arides et son humour grin=E7ant.

Apr=E8s des ann=E9es de silence, au cours desquelles il se = consacre =E0 la=20 production de films comme Mon nom est personne (Il mio nome =E8 = nessuno,=20 1973) de Tonino Valeri et Un g=E9nie, deux associ=E9s, une cloche = (un Genio,=20 due compari, un pollo, 1975) de Damiano Damiani, Leone r=E9alise = enfin son=20 chef-d'oeuvre, Il =E9tait une fois en Am=E9rique (Once upon a Time = in America,=20 1983). Ce film de gangsters est aussi et surtout une longue = m=E9ditation sur=20 la m=E9moire et sur l=92h=E9ritage du cin=E9ma am=E9ricain de = l=92=E2ge d=92or. Sa=20 structure non cart=E9sienne se d=E9ploie avec une majestueuse = lenteur, comme=20 une s=E9rie de visions nostalgiques tour =E0 tour douces ou = fun=E8bres, o=F9 se=20 r=E9v=E8lent pleinement le talent de coloriste de Leone, son sens = de la=20 trag=E9die, son int=E9r=EAt profond pour les personnages et = surtout sa=20 fascination pour le pass=E9 et le lointain, sa conception du = cin=E9ma comme=20 machine spatio-temporelle parfaite et d=E9finitive.

Alors qu'il pr=E9pare les Neuf Cent Journ=E9es de L=E9ningrad, = il succombe =E0=20 une attaque c=E9r=E9brale.

Son influence sur le cin=E9ma moderne est devenue vraiment = immense. De=20 nombreux auteurs reconnaissent son influence : Quentin Tarantino, John Woo, Martin Scorsese=85 = Sergio Leone est=20 un des tr=E8s grands noms de l'histoire du cin=E9ma.

Lepage, Robert

Robert = Lepage
(1957-)
Cin=E9aste, auteur,=20 acteur et metteur en sc=E8ne canadien

N=E9 =E0 Qu=E9bec, il a seize ans = lorsque se=20 dessine sa passion pour le th=E9=E2tre; bien qu=92il n=92ait ni = l=92=E2ge, ni le=20 dipl=F4me requis, il est admis au Conservatoire d=92art dramatique = de Qu=E9bec.=20 Apr=E8s avoir obtenu son dipl=F4me, en 1978, il se rend =E0 Paris = pour suivre un=20 stage aupr=E8s d=92Alain Knapp. Rentr=E9 au Canada, il fonde le = Th=E9=E2tre Hummm;=20 son premier laboratoire de cr=E9ation collective. En 1982, il = entre au=20 Th=E9=E2tre Rep=E8re o=F9 il d=E9veloppe un travail qui sera = repris et diffus=E9=20 largement dans le monde.

En 1985, Lepage jette les bases de la Trilogie des dragons, son = oeuvre=20 la plus connue =E0 ce jour. Cette cr=E9ation collective consacre = le genre=20 =ABLepage=BB, avec ses nombreux collaborateurs qui participent = tant =E0=20 l=92=E9criture qu=92=E0 la mise en sc=E8ne. Avec Lepage, les = acteurs ne cr=E9ent pas=20 uniquement leur personnage mais la pi=E8ce tout enti=E8re. =C0 la = Trilogie=20 succ=E8de Vinci, son premier spectacle en solo, acclam=E9 par la = critique. Les=20 plus grandes sc=E8nes du monde lui sont alors ouvertes.

En 1992, Lepage est le premier Canadien =E0 mettre en sc=E8ne = une oeuvre de=20 William Shakespeare, le Songe d=92une nuit d=92=E9t=E9, au = National Theatre, =E0=20 Londres. Il poursuit ensuite son exploration du r=E9pertoire = mondial,=20 assurant des mises en sc=E8ne d=92oeuvres th=E9=E2trales =E0 = Munich, Stockholm et=20 Tokyo, puis d=92op=E9ra pour des oeuvres de B=E9la Bart=F3k et = Arnold Schoenberg.=20 Peter Gabriel lui confie la conception et la mise en sc=E8ne de sa = tourn=E9e=20 mondiale Secret World. Passant au cin=E9ma, Lepage r=E9alise le = Confessionnal,=20 pr=E9sent=E9 =E0 Cannes comme film d=92ouverture de la Quinzaine = des r=E9alisateurs=20 (1995).

Apr=E8s la cr=E9ation et la mise en sc=E8ne de plusieurs autres = oeuvres=20 th=E9=E2trales et cin=E9matographiques, dont les Plaques = tectoniques, les=20 Aiguilles et l=92opium, les Sept Branches de la rivi=E8re Ota, le = Polygraphe,=20 Macbeth, Coriolan et la Temp=EAte, Lepage fonde en 1994 =E0 = Qu=E9bec, la=20 compagnie Ex Machina, centre d=92exp=E9rimentation et de = cr=E9ation.

Lewin, Albert

Albert = Lewin
(1894-1968)
Cin=E9aste et=20 producteur am=E9ricain

N=E9 =E0 Newark (New Jersey), = dipl=F4m=E9 de=20 l=92Universit=E9 de Harward, Albert Lewin d=E9bute comme = sc=E9nariste avec Bread=20 (1924) de Victor Schertzinger et poursuit cette activit=E9 avec = huit autres=20 films jusqu=92en 1928. Il devient ensuite producteur d=92oeuvres = importantes,=20 parmi lesquelles le Baiser (The Kiss, 1929) de Jacques Feyder, la = Belle aux=20 cheveux roux (Red Headed Woman, 1934) de Jack Conway, les = R=E9volt=E9s du=20 Bounty (Mutiny of the Bounty, 1935) de Frank Lloyd, les Gars du = large=20 (Spawn of the North, 1938) de Henry Hathaway et = Zaza (1939) de=20 George Cukor.

Intellectuel dot=E9 d=92une immense culture artistique, Lewin = passe =E0 la=20 r=E9alisation en adaptant de mani=E8re rigoureuse et subtile un = livre de=20 Somerset Maugham sur le peintre Paul Gauguin, The Moon and = Sixpence=20 (1942), puis le chef d=92oeuvre d=92Oscar Wilde, le Portrait de = Dorian Gray=20 (The Picture of Dorian Gray, 1945) et un roman de Guy de = Maupassant,=20 Bel-Ami (The Private Affairs of Bel-Ami, 1947). La sophistication = du jeu=20 de l=92acteur George Sanders dans ces trois films r=E9sume tout = l=92esprit des=20 mises en sc=E8ne de Lewin : =E9l=E9gantes, raffin=E9es et nourries = de culture=20 europ=E9enne.

Pandora (Pandora and the Flying Dutchman, 1951), o=F9 il = revisite la=20 l=E9gende du Hollandais volant et donne =E0 Ava Gardner un de ses = plus beaux=20 r=F4les, est souvent consid=E9r=E9 comme son chef-d=92oeuvre. Son = go=FBt pour la=20 peinture surr=E9aliste appara=EEt nettement dans ce film pour = lequel il=20 collabore avec le peintre et photographe Man Ray.

Il a tourn=E9 par la suite Saadia (1953) et The Living Idol = (1957), dont=20 la diffusion et le succ=E8s ont =E9t=E9 mineurs par rapport =E0 = ses premiers=20 films.

Lewis, Jerry

Jerry Lewis
(1926- )
Producteur, = sc=E9nariste, acteur et r=E9alisateur am=E9ricain, l'un des plus = grands comiques=20 burlesques de l'histoire du cin=E9ma

N=E9 =E0 Newark (New Jersey), au = sein d'une=20 famille de com=E9diens juifs, Joseph Levitch, dit Jerry Lewis, = fait ses=20 d=E9buts sur sc=E8ne =E0 l'=E2ge de cinq ans. Renvoy=E9 du = coll=E8ge =E0 quinze ans, il=20 met au point un num=E9ro de music-hall avec mimes et imitations, = puis=20 rencontre le chanteur Dean Martin en 1946 et s'associe avec lui = pour un=20 duo comique qui devient tr=E8s vite populaire.

UN D=C9BUT DE CARRI=C8RE EN DUO

En 1949, le producteur Hal Wallis engage les deux comp=E8res, = Jerry Lewis=20 et Dean Martin, chez Paramount o=F9 ils tournent 16 films = ensemble, qui sont=20 tous d'immenses succ=E8s. Entre le premier film du duo, Ma Bonne = Amie Irma=20 (My Friend Irma, 1949) de Georges Marshall et le dernier, Un vrai = cingl=E9=20 de cin=E9ma (Hollywood or Bust, 1956) de Frank Tashlin, Jerry = Lewis se=20 construit un personnage incongru, d=E9lirant, excessif et = burlesque, qui=20 s'affirme vite comme l'attraction principale du tandem. Le = r=E9alisateur=20 Norman Taurog met d'ailleurs plusieurs fois ses grands dons = comiques en=20 valeur : le Cabotin et son Comp=E8re (The Stooge, 1952), = Parachutiste malgr=E9=20 lui (Jumping Jacks, 1952), Amours, d=E9lices et golf (The Caddy, = 1953), Ce=20 n'est pas une vie (Living it Up, 1954) et surtout Un pitre au = pensionnat=20 (You're Never Too Young, 1955), remake invers=E9 de Uniformes et = jupons=20 courts (The Major and the Minor, 1942) de Billy Wilder. Mais = c'est sa=20 rencontre avec le r=E9alisateur Frank Tashlin sur = Artistes et=20 Mod=E8les (Artists and Models, 1955) qui est d=E9cisive pour le = reste de sa=20 carri=E8re, car ce dernier lui apporte tout un univers de dessin = anim=E9 et=20 d'absurde que l'acteur sait mettre =E0 profit.

UN VIRAGE EN SOLO

Jerry Lewis entame une carri=E8re en solo avec le D=E9linquant = involontaire=20 (The Delicate Delinquent, 1957) de Don McGuire et P'tite t=EAte de = troufion=20 (The Sad Sack, 1957) de George Marshall. Puis il produit et = interpr=E8te=20 plusieurs films de Frank Tashlin : Trois = b=E9b=E9s sur=20 les bras (Rock a Bye Baby, 1958), le Kid en kimono (The Geisha = Boy, 1958)=20 et Cendrillon aux grands pieds (Cinderella, 1960), avant de passer = =E0 la=20 r=E9alisation avec le Dingue du palace (The Bell Boy, 1960), qui = est un bel=20 hommage au cin=E9ma burlesque classique.

M=E9pris=E9 par la critique dans son pays, mais reconnu comme = un auteur de=20 g=E9nie en France, Jerry Lewis alterne ensuite les films qu'il = r=E9alise et=20 interpr=E8te avec ceux dont il est seulement producteur et acteur. = Il signe=20 d'abord une r=E9flexion sur la peur des femmes avec le Tombeur de = ces dames=20 (The Ladies=92 Man, 1961), o=F9, aux c=F4t=E9s de Kathleen Freemen = et Pat Stanley,=20 il affirme un style de mise en sc=E8ne d'une rare intelligence. = Puis il=20 revient au burlesque avec le Zinzin d'Hollywood (The Errand Boy, = 1961) et=20 encha=EEne avec son film le plus c=E9l=E8bre : Docteur Jerry et = Mister Love (The=20 Nutty Professor, 1963).

Il pr=E9cise sa r=E9flexion sur le com=E9dien et son double = dans Jerry=20 souffre-douleur (The Patsy, 1964) et r=E9alise un film ambitieux = sur=20 l'enfance et le rapport du ma=EEtre et du serviteur dans les = Tontons=20 farceurs (The Familly Jewells, 1965), dans lequel il joue sept=20 personnages.

Il continue aussi de jouer dans les films sign=E9s par Frank Tashlin : = l'Increvable=20 Jerry (It's Only Money, 1962), Un chef de rayon explosif (Who's = Minding=20 the Store?, 1963) et Jerry chez les cinoques (The Disorderly = Orderly,=20 1964).

=C0 partir de 1965, il cherche pourtant =E0 transformer son = personnage en=20 r=E9alisant des films o=F9 il s=92attribue un comportement plus = adulte (du moins=20 au d=E9but des films) : Trois sur un sofa (Three on a Couch, = 1965), avec=20 Janet Leigh comme partenaire, Jerry Lewis y interpr=E9tant quatre = r=F4les=20 diff=E9rents, et Jerry la grande gueule (The Big Mouth, 1967), = oeuvres qui=20 n'ont pas beaucoup de succ=E8s. Il signe alors son seul film o=F9 = il=20 n'appara=EEt pas : One More Time (1969), avec Peter Lawford et = Sammy Davis=20 Jr., mais ne retrouve le succ=E8s public et critique qu'avec Ya, = ya, mon=20 g=E9n=E9ral (Which Way to the Front, 1970).

Victime d'un producteur escroc, il ne peut pas monter son film = le Jour=20 o=F9 le clown pleura (The Day the Clown Cried, 1971) et retourne = sur sc=E8ne=20 pendant dix ans avec un immense succ=E8s.

Sur le tournage de son nouveau film, Au boulot, Jerry (Hardly = Working,=20 1981), il est victime d'un grave accident et ne signe plus que=20 l'extravagant hommage au slapstik : T'es fou Jerry (Smogarsbord, = 1983) et=20 un =E9mouvant sketch dans un film contre le racisme, Boy = (1986).

Il appara=EEt cependant comme com=E9dien dans les films = d=92autres=20 r=E9alisateurs, dont la Valse des pantins (The King of Comedy, = 1982) de Martin Scorsese, o=F9 = il donne la=20 r=E9plique =E0 Robert De Niro, Slapstick (1983) de Steven Paul, = Par o=F9 t'es=20 rentr=E9 ? On t'a pas vu sortir, (1984) de Philippe Clair, le = lyrique, dr=F4le=20 et envo=FBtant Arizona Dream (1992) de Emir Kusturica, o=F9, aux = c=F4t=E9s des=20 talentueux acteurs que sont Johnny Depp, Faye Dunaway, Vincent = Gallo et=20 Lily Taylor, il interpr=E8te un vendeur de Cadillac r=EAvant = d=92atteindre la=20 Lune en empilant toutes ses voitures, et le magnifique et = m=E9connu Funny=20 Bones (1995) de Peter Chelsom.

L'Herbier, Marcel

Marcel = L'Herbier
(1888-1979)
Cin=E9aste=20 fran=E7ais

Il fut, dans les ann=E9es 1920, = l'ap=F4tre=20 d'une esth=E9tique int=E9grant les formes plastiques = contemporaines, et dont=20 l'oeuvre fut malgr=E9 cela parsem=E9e d'un grand nombre de films=20 conventionnels, mais qui fut n=E9anmoins le premier directeur de = l'IDHEC,=20 =E9cole sup=E9rieure de cin=E9ma cr=E9=E9e en 1943. Ses principaux = films muets=20 b=E9n=E9ficient de la collaboration de l'architecte = Mallet-Stevens, du=20 couturier Paul Poiret, de Fernand L=E9ger : c'est l'=E9poque de = l'Inhumaine=20 (1924), Feu Mathias Pascal (1925), l'Argent (1929). Il r=E9alisa = plusieurs=20 films policiers d'apr=E8s les livres de Gaston Leroux, mais aussi = des=20 oeuvres dict=E9es par les circonstances (Entente cordiale, = 1939).

Linder, Max

Max Linder
(1883-1925)
Acteur, = sc=E9nariste=20 et cin=E9aste fran=E7ais parfois consid=E9r=E9 comme le = pr=E9curseur de Chaplin et qui connut = une gloire=20 internationale avant 1914

De son vrai nom Gabriel Leuvielle, = Max Linder=20 est n=E9 =E0 Saint-Loub=E8s, en Gironde. Ayant mis au point un = personnage de=20 gandin bondissant, il fut lanc=E9 par Charles Path=E9 sous le = simple nom de=20 =ABMax=BB. Souvent sc=E9nariste, il r=E9alisa lui-m=EAme de = courtes saynettes =E0=20 partir de 1910. Install=E9 aux =C9tats-Unis en 1916, il peina =E0 = s=92imposer,=20 mais y tourna quelques-uns de ses meilleurs films en 1920 et 1921 = (Soyez=20 ma femme, Sept Ans de malheur, l=92=C9troit mousquetaire, = tourn=E9s pour United=20 Artists).

De retour en France, il r=E9alisa notamment le Petit Caf=E9 = d=92apr=E8s une=20 pi=E8ce de Tristan Bernard et interpr=E9ta Au secours sous la = direction d=92Abel Gance. Vivement = concurrenc=E9=20 par les grands burlesques am=E9ricains, il perdit peu =E0 peu une = part=20 importante de sa popularit=E9. Parmi ses derniers films, le plus = c=E9l=E8bre est=20 sans doute le Roi du cirque (Der Zirkusk=F6nig, 1924), r=E9alis=E9 = en Autriche.=20 Malade, d=E9pressif, il se suicida en compagnie de sa jeune = =E9pouse. Sa=20 fille, Maud Linder, est l=92auteur de deux anthologies de son = oeuvre : En=20 compagnie de Max Linder (1963) et l=92Homme au chapeau de soie = (1983).

Lloyd, Harold

Harold Lloyd
(1893-1971)
Acteur, = cin=E9aste=20 et producteur am=E9ricain

Lorsqu'il mit un terme =E0 sa = carri=E8re, en 1945,=20 avait =E0 son actif pr=E8s de cinq cents films, parlants et muets. = Tous sont=20 des com=E9dies o=F9 les poursuites interminables, les acrobaties = p=E9rilleuses=20 et surtout l'avalanche de gags cr=E9ent un burlesque diff=E9rent = de celui de=20 Chaplin ou de Langdon. Harold Lloyd = commen=E7a sa=20 carri=E8re d'acteur, =E0 San Diego en 1913, dans des com=E9dies = d'une bobine=20 (anciens courts m=E9trages). En 1917, il cr=E9a son c=E9l=E8bre = personnage de=20 jeune homme =E0 lunettes, optimiste et maladroit, qu'il incarna en = 1922 dans=20 son premier long m=E9trage : le Talisman de grand-m=E8re = (Grandma's Boy), de=20 Fred Newmeyer.

Harold Lloyd dans Monte = l=E0-dessus=20 (Safety Last, 1923) de Fred Newmeyer et Sam Taylor.
Sommet = du=20 cin=E9ma muet, le film est =E9galement le plus c=E9l=E8bre = d'Harold Lloyd.=20 L'acteur - qui joue involontairement =E0 l'acrobate sur le toit = d'un grand=20 magasin new-yorkais, et se suspend aux aiguilles d'une horloge = g=E9ante -,=20 qui =E9tait =E9galement producteur et souvent metteur en sc=E8ne = de ses propres=20 films, connut un succ=E8s populaire consid=E9rable. L'av=E8nement = du parlant mit=20 cependant un terme =E0 sa carri=E8re.

Fred Newmeyer fut, avec Sam Taylor, un des principaux = r=E9alisateurs de=20 Lloyd. Remportant un vif succ=E8s aupr=E8s du grand public, les = films de Lloyd=20 =E9taient =E9galement connus pour leur haute qualit=E9 technique. = En 1923, Monte=20 l=E0-dessus (Safety Last), de Newmeyer et Taylor, dans lequel = Lloyd escalade=20 un gratte-ciel, fut un triomphe. Parmi les films les plus = repr=E9sentatifs=20 de son style, on peut encore citer Vive le sport ! (The Freshman, = 1925),=20 de Newmeyer, Silence, on tourne (Movie Crazy, 1932), de Clyde = Bruckman, et=20 Soupe au lait (The Milky Way, 1936), de Leo McCarey.

Harold = Lloyd
L'acteur comique=20 am=E9ricain Harold Lloyd (=E0 droite) cr=E9a, en 1917, le = personnage du jeune=20 Am=E9ricain moyen empot=E9 et optimiste =E0 tous crins, portant = lunettes=20 d'=E9caille et canotier, qu'il devait interpr=E9ter par la suite = dans de=20 nombreuses com=E9dies burlesques. Cette photo de groupe a =E9t=E9 = prise lors=20 d'un s=E9jour de Lloyd en Allemagne.

Loach, Kenneth

Ken Loach
(1936-)
Cin=E9aste=20 britannique

Cin=E9aste , qui aborda de front les = probl=E8mes=20 sociaux et politiques, et introduisit dans ses films des gens du = peuple,=20 sans enjoliver la r=E9alit=E9, =E0 une =E9poque o=F9 le cin=E9ma = continental=20 s=92int=E9ressait surtout aux classes moyennes.

N=E9 =E0 Nuneaton, dans le Warwickshire, Kenneth Loach fut = metteur en sc=E8ne=20 de th=E9=E2tre avant de passer =E0 la t=E9l=E9vision. Il r=E9alisa = en 1967 son premier=20 long m=E9trage pour le grand =E9cran : Pas de larmes pour Joy = (Poor Cow). Il=20 obtint une reconnaissance internationale avec Kes (1969), puis = avec Family=20 Life (1971). Il apparut alors comme l=92un des continuateurs les = plus dou=E9s=20 de la grande tradition r=E9aliste britannique (=C9cole = documentariste des=20 ann=E9es 1930, =ABFree Cinema=BB de la fin des ann=E9es 1950).

Loach, Family = Life
Family Life=20 est un film dur et poignant parce qu'il montre sans fard une = r=E9alit=E9 parmi=20 les plus dures et poignantes qui soient, celle du caract=E8re = pathog=E8ne=20 d'une cellule familiale en apparence ordinaire.

Avec Black Jack (1979), il se montra =E0 l=92aise dans le film = historique=20 pour d=E9noncer la r=E9pression pratiqu=E9e =E0 l=92=E9cole, dans = la famille ou dans=20 le cadre m=E9dical. Par la suite, il signa plusieurs films sur la = situation=20 de l=92Angleterre contemporaine, traitant de sujets sensibles (le = ch=F4mage=20 avec Regards et Sourires/Looks and Smiles, 1981; l=92Irlande avec = Hidden=20 Agenda, 1990; la pr=E9carit=E9 avec Riff Raff, 1991) tout en = =E9vitant les=20 pi=E8ges du film engag=E9. Apr=E8s Raining Stones (1993) et = Ladybird (1994), il=20 s=92int=E9ressa =E0 des probl=E8mes plus internationaux : = l=92Espagne des Brigades=20 internationales, o=F9 s=92opposent staliniens et militants du = POUM, Parti=20 ouvrier d'unification marxiste, se r=E9clamant du trotskisme (Land = and=20 Freedom, 1995); le Nicaragua, avec une =E9mouvante histoire = d=92amour sur fond=20 de lutte impitoyable entre contras et sandinistes (Carla=92s Song, = 1996).=20 Toujours sur fond social, Ken Loach a r=E9alis=E9 en 1998 My Name = is Joe, une=20 com=E9die dramatique sur les amours d=92un sympathique ch=F4meur = et d=92une=20 assistante sociale.

Losey, Joseph

Joseph = Losey
(1909-1984)
R=E9alisateur et=20 metteur en sc=E8ne am=E9ricain, dont la carri=E8re se d=E9roula = essentiellement en=20 Europe, et en Grande-Bretagne en particulier

Les r=E9cits de Losey sur son = enfance tournent=20 toujours autour des diff=E9rences de culture et de fortune entre = les=20 branches paternelle et maternelle de sa famille. Cette perception = dualiste=20 devint une des sources majeures de son inspiration, de m=EAme que = les grands=20 th=E8mes tels que la peine de mort, les erreurs judiciaires, la = guerre, les=20 ali=E9nations de diverses origines, etc. Ses films sont marqu=E9s = par une=20 composition =E9nergique, des mouvements de cam=E9ra souples, de = fortes=20 interpr=E9tations et une utilisation tr=E8s expressive des = d=E9cors. Ils=20 explorent avec une certaine fascination la hi=E9rarchie sociale, = la=20 domination, la jalousie et la d=E9f=E9rence.

Apr=E8s avoir fait ses =E9tudes =E0 l=92Ivy League, Losey = d=E9buta au th=E9=E2tre =E0=20 New York. En 1936, sa troisi=E8me production pour le th=E9=E2tre = f=E9d=E9ral,=20 Injunction Granted, qui traitait du probl=E8me des ch=F4meurs sur = fond de New=20 Deal, fut politiquement si controvers=E9e que les = repr=E9sentations furent=20 interrompues sous pr=E9texte qu=92on y faisait mauvais usage des = fonds=20 f=E9d=E9raux. Losey d=E9missionna en signe de protestation.

Au cours des ann=E9es qui suivirent, il dirigea des pi=E8ces = exp=E9rimentales=20 =E0 Broadway, des drames diffus=E9s =E0 la radio, ainsi que des = courts m=E9trages=20 qui d=E9bouch=E8rent sur un contrat =E0 Hollywood, sign=E9 = imm=E9diatement apr=E8s un=20 court s=E9jour sous les drapeaux de janvier =E0 novembre 1944.

Losey collabora avec Bertolt Brecht et Charles Laughton sur = le texte=20 anglais et la production de Galileo Galilei en 1947. Losey soutint = Brecht=20 lors de son passage devant la Commission des activit=E9s = antiam=E9ricaines=20 dont le jugement pr=E9cipita le retour du dramaturge en = Europe.

Suivirent cinq longs m=E9trages, parmi lesquels Haines (The = Lawless,=20 1950), le R=F4deur (The Prowler, 1951), M (1951), brillante = reprise de M le=20 Maudit de Fritz Lang (1931), et la Grande Nuit (The Big Night, = 1951). Sous=20 la diversit=E9 des sujets de ces films s=92=E9bauchait une = critique =E9vidente de=20 la soci=E9t=E9 am=E9ricaine.

Afin d=92=E9viter une comparution devant la Commission des = activit=E9s=20 antiam=E9ricaines, Losey dut partir rapidement pour l=92Europe. Il = tourna=20 d=92abord sous des pseudonymes afin que ses films puissent =EAtre = projet=E9s aux=20 =C9tats-Unis. Temps sans piti=E9 (Time Without Pity, 1957) fut le = premier=20 d=92une s=E9rie de grands films : l=92Enqu=EAte de l=92inspecteur = Morgan (Blind=20 Date, 1959), les Criminels (The Criminal, 1960) et les Damn=E9s = (The Damned,=20 1963) sont tous des films sombres et puissants, construits autour = des=20 grands th=E8mes de Losey (peine de mort, justice, etc.). =C0 = partir d=92=C8ve=20 (Eva, 1962), qui fut lamentablement coup=E9 par les producteurs, = il insista=20 sur les rapports personnels, les duels entre deux individus =97 = sujets qu=92il=20 d=E9veloppa avec l=92aide d=92Harold Pinter. De cette = collaboration sortirent=20 trois de ses meilleures oeuvres : The Servant (1963), Accident = (1967) et=20 le Messager (The Go-between, 1971, palme d=92or au festival de = Cannes en=20 1970).

=C0 partir des ann=E9es 1970, la crise du cin=E9ma britannique = l=92incita =E0=20 tourner en Espagne (Deux Hommes en fuite, Figures in Landscape, = 1970), au=20 Mexique et en Italie (l=92Assassinat de Trotski, The Assassination = of=20 Trotsky, 1972), en Norv=E8ge (Maison de poup=E9e, A Doll=92s = House, 1973). En=20 France, il r=E9alisa Monsieur Klein (1976), film sur = l=92occupation allemande,=20 puis s=92essaya avec succ=E8s au genre de l=92op=E9ra film=E9 (Don = Giovanni,=20 1979).

Losey : principaux = films

1947 Le = Gar=E7on aux=20 cheveux verts The = Boy With=20 Green Hair
1950 Haines The=20 Lawless
1951 Le=20 R=F4deur The=20 Prowler
1951 M M
1951 La = Grande=20 Nuit The = Big=20 Night
1952 Un = homme =E0=20 d=E9truire Imbarco a=20 mezzanotte/Stranger on the Prowl
1954 La = b=EAte=20 s'=E9veille The = Sleeping=20 Tiger
1956 L'=C9trang=E8re=20 intime The = Intimate=20 Stranger
1957 Temps = sans=20 piti=E9 Time = Without=20 Pity
1958 Gypsy The = Gypsy and=20 the Gentleman
1959 L'Enqu=EAte de=20 l'inspecteur Morgan Blind = Date
1960 Les=20 Criminels The=20 Criminal
1961 Les=20 Damn=E9s The=20 Damned
1962 =C8ve Eva
1963 The=20 Servant The=20 Servant
1964 Pour=20 l'exemple King = and=20 Country
1966 Modesty=20 Blaise Modesty=20 Blaise
1967 Accident Accident
1968 Boom Boom=20 !
1968 C=E9r=E9monie=20 secr=E8te Secret=20 Ceremony
1970 Deux = Hommes en=20 fuite Figures in a=20 Landscape
1971 Le=20 Messager The=20 Go-between
1972 L'Assassinat de=20 Trotski The=20 Assassination of Trotsky
1973 Maison de=20 poup=E9e A = Doll's=20 House
1975 Une = Anglaise=20 romantique The = Romantic=20 Englishwoman
1976 M.=20 Klein
1978 Les = Routes du=20 Sud
1979 Don=20 Giovanni
1982 La=20 Truite
1983 Steaming Steaming

Lubitsch,=20 Ernst

Ernst=20 Lubitsch
(1892-1947)
Acteur et cin=E9aste qui eut une = double=20 carri=E8re, allemande puis am=E9ricaine

=C0 l=92=E2ge de 18=20 ans, Ernst Lubitsch quitta l=92entreprise de confection de son = p=E8re et=20 devint acteur professionnel. En 1911, il entra au Deutsches = Theater de Max=20 Reinhardt, pour lequel il interpr=E9ta rapidement des r=F4les = principaux. En=20 1913, il joua =E9galement dans des com=E9dies, puis commen=E7a ses = propres mises=20 en sc=E8ne, =E0 partir de 1914. Il connut rapidement la = notori=E9t=E9, aussi bien=20 en tant qu=92acteur que r=E9alisateur. E. Lubitsch fut l=92un des = premiers =E0=20 am=E9liorer, notamment par ses innovations, le plan de la = construction=20 cin=E9matographique, le style am=E9ricain. Il sut, par ailleurs, = emprunter aux=20 pi=E8ces l=E9g=E8res de Reinhardt et =E0 des op=E9rettes, comme en = t=E9moignent la=20 Princesse aux hu=EEtres (Die Austernprinzessin, 1919) et le Chat = sauvage=20 (Die Bergkatze, 1920). Il utilisa des d=E9cors stylis=E9s dans la = Poup=E9e (Die=20 Puppe, 1919). Madame du Barry, r=E9alis=E9 =E9galement en 1919, = fut le premier=20 film allemand distribu=E9 aux =C9tats-Unis apr=E8s la Premi=E8re = Guerre mondiale.=20 Son succ=E8s amena l=92actrice Mary Pickford =E0 faire venir E. = Lubitsch aux=20 =C9tats-Unis o=F9 il r=E9alisa pour elle Rosita, chanteuse des = rues (Rosita,=20 1923). Puis les fr=E8res Warner l=92engag=E8rent pour r=E9aliser = une s=E9rie de=20 productions prestigieuses =97 parmi lesquelles The Marriage Circle = (Com=E9diennes, 1924) =97 qui firent d=92E. Lubitsch l=92un des = r=E9alisateurs les=20 plus admir=E9s =E0 Hollywood. En dehors de To Be or not to Be = (1942), presque=20 tous les films qu=92il r=E9alisa par la suite furent des = adaptations de=20 com=E9dies europ=E9ennes du th=E9=E2tre de boulevard. Par son sens = du spectacle et=20 sa