From: =?Windows-1252?Q?Enregistr=E9_par_Windows_Internet_Explorer=A07?= Subject: F Date: Thu, 24 Apr 2008 04:55:10 +0200 MIME-Version: 1.0 Content-Type: multipart/related; type="text/html"; boundary="----=_NextPart_000_01A5_01C8A5C7.60265920" X-MimeOLE: Produced By Microsoft MimeOLE V6.0.6000.16545 This is a multi-part message in MIME format. ------=_NextPart_000_01A5_01C8A5C7.60265920 Content-Type: text/html; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Location: http://cinemanageria.ifrance.com/abc_cineastes/f.htm F
F

Fassbinder, Rainer = Werner

Rainer Werner=20 Fassbinder
(1945-1982)
R=E9alisateur, producteur, = sc=E9nariste,=20 dramaturge et acteur allemand

C=E9l=E8bre pour ses pi=E8ces = et ses films=20 d=E9voilant son profond engagement politique.

N=E9 =E0 Bad-Worishofen (Bavi=E8re), Fassbinder passe une = grande partie de=20 son enfance avec sa m=E8re, apr=E8s le divorce de ses parents en = 1951. Il=20 arr=EAte ses =E9tudes en 1964 et exerce alors plusieurs m=E9tiers. = C=92est =E0 cette=20 =E9poque qu=92il r=E9alise ses premiers courts m=E9trages : le = Clochard (Der=20 Sadtstreicher, 1965) et le Petit Chaos (Das Kleine Chaos, 1966).=20 Parall=E8lement, il suit des courts d'art dramatique =E0 Munich, = mais =E9choue=20 au concours d=92entr=E9e de la nouvelle =E9cole de cin=E9ma de = Berlin. Il rejoint=20 alors, en 1967, la troupe de th=E9=E2tre d'avant-garde, l=92Action = Theater, et y=20 fait ses premi=E8res mises en sc=E8ne, avant d'=E9crire lui-m=EAme = des pi=E8ces : le=20 Bouc (Katzelmacher, 1968), dont il tire un film homonyme en 1969, = et le=20 Soldat am=E9ricain (Der Amerikanische Soldat, 1968), qu=92il = adapte =E9galement=20 au cin=E9ma en 1970.

Appartenant =E0 la g=E9n=E9ration des auteurs allemands comme = Werner Herzog, = l'acteur et=20 metteur en sc=E8ne Rainer Fassbinder aborde le cin=E9ma en 1969 = avec une=20 oeuvre qui croise les influences et les hommages =E0 Melville, Godard et Straub, = L'Amour est=20 plus froid que la mort. En signant une quarantaine de films au = cours de sa=20 tr=E8s courte carri=E8re, Fassbinder a r=E9alis=E9 une oeuvre = intense et =E9clat=E9e,=20 travers=E9e de part en part par la question du d=E9sir et des = formes de son=20 oppression, une oeuvre =E0 inscrire quelque part du c=F4t=E9 de = celles d'Oshima et de Pasolini. Mais la = fraction la=20 plus connue de sa filmographie abondante demeure sa trilogie = critique des=20 d=E9buts de la RFA sous forme de trois portraits de femmes, Hanna = Schygulla=20 (le Mariage de Maria Braun, 1976, qui connut un succ=E8s = international),=20 Barbara Sukowa (Lola, une femme allemande, 1981) et Rosl Zech = (Veronika=20 Voss, 1982).

En 1968, apr=E8s la dissolution de l'Action Theater, il cr=E9e=20 l'Antitheater, une troupe o=F9 l'on trouve Hanna Schygulla, Peer = Raben et=20 Kurt Raab, et dont le r=E9pertoire est compos=E9 de pi=E8ces = classiques mises en=20 sc=E8ne dans un esprit violemment avant-gardiste, mais aussi = d'oeuvres=20 originales =E9crites par Fassbinder lui-m=EAme.

Les cin=E9astes fran=E7ais Dani=E8le Huillet et = Jean-Marie Straub = l'engagent avec=20 sa troupe pour leur moyen m=E9trage : le Fianc=E9, la com=E9dienne = et le=20 maquereau (Die Brautigam, die Kom=F6diantin und der Zuhalter, = 1968). =C0 la=20 suite de cette exp=E9rience enrichissante, Fassbinder d=E9cide de = cr=E9er sa=20 propre soci=E9t=E9 de production : l=92Antitheater-X-films, dont = la premi=E8re=20 r=E9alisation, L'amour est plus froid que la mort (Liebe ist = Kalter als Tod,=20 1969) t=E9moigne de l'influence de Jean-Luc Godard (qui = dira plus=20 tard de Fassbinder qu=92il est le seul po=E8te du cin=E9ma = allemand=20 d'apr=E8s-guerre) et de ses amis de la Nouvelle Vague. Cependant, = c'est=20 l'adaptation de sa pi=E8ce le Bouc (Katzelmacher, 1968), histoire = d'un=20 immigr=E9 turc pers=E9cut=E9 par ses voisins allemands, qui lui = assure d'embl=E9e=20 une certaine c=E9l=E9brit=E9 dans son pays.

Dot=E9 d'une immense capacit=E9 de travail, il ne cesse, d=E8s = lors, de=20 tourner pour le cin=E9ma et la t=E9l=E9vision, sans pour autant = d=E9laisser ses=20 activit=E9s th=E9=E2trales, qu'il n'abandonne qu'en 1974. =C0 la = fois sc=E9nariste,=20 dialoguiste, monteur, r=E9alisateur et souvent acteur de ses = films, il en=20 r=E9alise quarante et un en quatorze ans. Ce sont souvent des = m=E9lodrames=20 traitant de toutes les formes de passion amoureuse, = h=E9t=E9rosexuelle ou=20 homosexuelle : les Dieux de la peste (G=F6tter der Pest, 1969), le = Caf=E9 (Das=20 Kaffehaus, 1970), le Voyage =E0 Niklashauser (Die Niklashauser = Fahrt, 1970),=20 Prenez garde =E0 la sainte putain (Warn=FCng vor einer Heiligen = Nutte, 1970),=20 Pionniers =E0 Ingolstadt (Pionere in Ingolstadt, 1970), le = Marchand de=20 quatre saisons (H=E4ndler der vier Jahreszeiten, 1971), les Larmes = am=E8res de=20 Petra von Kant (Die Bitteren Tr=E4nen der Petra von Kant, 1972), = Gibier de=20 passage (Wildwechsel, 1972), Libert=E9 =E0 Br=EAme (Bremer = Freiheit, 1972), le=20 Monde sur le fil (Welt am Draht, 1973), Nora Helmer (1973), Martha = (1973),=20 et surtout Tous les autres s'appellent Ali (Angst Essen Seele auf, = 1973),=20 dont le succ=E8s public et critique au festival de Cannes de 1974 = le fait=20 conna=EEtre dans le monde entier.

Loin de se reposer sur ses lauriers, Fassbinder, le prolifique, = continue de tourner avec fr=E9n=E9sie toute une s=E9rie de films = sur le th=E8me=20 dominant de la lutte des classes : Effie Briest (Fontane Effie = Briest,=20 1974), le Droit du plus fort (Faustrecht der Freiheit, 1975), = Maman K=FCster=20 s=92en va au ciel (Mutter K=FCsters f=E4hrt zum Himmel, 1975), = Peur de la peur=20 (Angst vor der Angst, 1975), Je veux seulement qu'on m'aime (Ich = will doch=20 nur dass ihr mich liebt, 1976), Roulette chinoise (Chinesisches = roulette,=20 1976), et le R=F4ti de Satan (Satansbraten, 1977). Pour = Fassbinder, =ABle=20 v=E9ritable outil de l=92oppression, le vrai visage du pouvoir, = c=92est la=20 culture. C=92est la m=EAme culture qui d=E9masque la bonne = conscience=20 id=E9aliste.=BB

C'est alors que son ami et r=E9alisateur suisse Daniel Schmid porte = =E0 l'=E9cran sa=20 pi=E8ce : les Ordures, la ville et la mort (Der M=FCll, die Stadt = und der=20 Tod), sous le titre l'Ombre des anges (Schatten der Engel, 1976), = et=20 qu'une pol=E9mique l'accuse d'antis=E9mitisme. Protestant, =E0 sa = mani=E8re,=20 contre cette interpr=E9tation, il part tourner deux films : la = Femme du chef=20 de gare (Bohlwieser, 1977) et Femmes =E0 New York (Frauen in New = York,=20 1977).

Devenu une c=E9l=E9brit=E9 internationale, il r=E9alise une = grosse production=20 avec Dirk Bogarde en vedette : Despair (Despair: Eine reise ins = Licht,=20 1977), puis s'engage de fa=E7on radicale contre la r=E9pression = politique et=20 polici=E8re en signant le film l'Allemagne en automne (Deutschland = im=20 Herbst, 1978), inspir=E9 des actes terroristes de =ABla bande =E0 = Baader=BB. Dans=20 la foul=E9e, il interroge le pass=E9 proche de son pays en = brossant le=20 portrait d'une femme dans l'Allemagne de l'Ouest apr=E8s la = Seconde Guerre=20 mondiale dans son film le Mariage de Maria Braun (Die Ehe der = Maria Braun,=20 1979). La m=EAme ann=E9e, Fassbinder r=E9alise un film =E9mouvant, = l'Ann=E9e des=20 treize lunes (In einem Jahr mit dreizen Mond, 1979), qui retrace=20 l=92histoire dramatique d'un travesti, et finit l=92ann=E9e =E0 = nouveau sur le=20 th=E8me du terrorisme dans la Troisi=E8me G=E9n=E9ration (Die = Dritte Generation,=20 1979).

Fassbinder, le Mariage de = Maria=20 Braun
Rainer Werner Fassbinder est sans doute le seul = cin=E9aste=20 allemand qui ait os=E9 prendre =E0 bras le corps l'histoire = r=E9cente de=20 l'Allemagne depuis la p=E9riode nazie jusqu'au = =AB miracle =BB de la=20 reconstruction =E9conomique. Aux yeux de Fassbinder, cette = Allemagne=20 autosatisfaite, riche et opulente, est par trop amn=E9sique = puisqu'il lui=20 est impossible, dans son h=E9g=E9monie =E9conomique naissante, de = saisir ce en=20 quoi elle assure, =E0 certains =E9gards, la survivance du = nazisme.

Apr=E8s avoir achev=E9 un film fleuve pour la t=E9l=E9vision = allemande, Berlin=20 Alexanderplatz (1980), d'apr=E8s le roman de Alfred D=F6blin, il = s'interroge=20 sur le IIIe Reich, =E0 travers le portrait f=E9minin de Lili = Marleen (1980),=20 puis sur les ann=E9es Konrad Adenauer, =E0 travers un autre = portrait f=E9minin :=20 Lola, une femme allemande (Lola, 1981).

Il triomphe dans le monde entier avec le Secret de Veronika = Voss (Die=20 Sehnsucht der Veronika Voss, 1982), son dernier portrait = f=E9minin, portant=20 sur le fl=E9au de la drogue, puis tourne son dernier film : = Querelle=20 (Querelle: Ein Pakt mit dem Teufel, 1982), d'apr=E8s le roman de = Jean Genet,=20 avant de succomber d'une rupture d'an=E9vrisme =E0 37 ans, =E0 = Munich.

Fassbinder : principaux = films

1969

L'amour est plus=20 froid que la mort

Liebe ist k=E4lter=20 als die Tod

1969

Katzelmacher

Katzelmacher

1969

Les = Dieux de la=20 peste

G=F6tter der=20 Pest

1970

Le=20 Caf=E9

Das=20 Kaffehaus

1970

Prenez garde =E0=20 la sainte putain

Warnung vor=20 einer heilige Nutte

1970

Le = Soldat=20 am=E9ricain

Der=20 amerikanische Soldat

1971

Le = Marchand des=20 quatre-saisons

Der = H=E4ndler der=20 vier Jahreszeiten

1972

Les = Larmes=20 am=E8res de Petra von Kant

Die = bitteren=20 Tr=E4nen der Petra von Kant

1972

Gibier de=20 passage

Wildwechsel

1973

Tous = les autres=20 s'appellent Ali

Angst Essen=20 Seele auf

1974

Effi = Briest

Effi = Briest

1974

Martha

Martha

1975

Maman K=FCsters=20 s'en va au ciel

Mutter K=FCsters=20 f=E4hrt zum Himmel

1975

Le = Droit du plus=20 fort

Faustrecht der=20 Freiheit

1976

Roulette=20 chinoise

Chinesisches=20 Roulette

1977

Le = R=F4ti de=20 Satan

Satansbraten

1977

Despair

Despair

1977

La = Femme du chef=20 de gare

Bolwieser

1979

Le = Mariage de=20 Maria Braun

Die = Ehe der=20 Maria Braun

1979

L'Ann=E9e des=20 treize lunes

In = einem Jahr=20 mit 13 Monden

1979

La = Troisi=E8me=20 G=E9n=E9ration

Die = dritte=20 Generation

1980

Lili = Marleen

Lili = Marleen

1981

Lola, une femme=20 allemande

Lola

1982

Veronika=20 Voss

Die = Sehnsucht=20 der Veronika Voss

1982

Querelle

Querelle

Fejos, Paul

Paul = Fejos
(1897-1963)
Cin=E9aste=20 hongrois

N=E9 =E0 Budapest, P=E0l Jej=F6s, = dit Paul Fejos,=20 =E9tudie la m=E9decine avant de combattre sur le front italien = pendant la=20 Premi=E8re Guerre mondiale. Apr=E8s l'armistice, il devient = d=E9corateur pour le=20 th=E9=E2tre, avant de passer =E0 la r=E9alisation de films au = nombre desquels Pan=20 (1920), Hallucination (Lydercnyomas, 1920) d'apr=E8s le Crime de = lord Arthur=20 Saville d=92Oscar Wilde, les Ressuscit=E9s (Ujraelok, 1920), le = Capitaine noir=20 (Fekete Kapitany, 1921), la Derni=E8re Aventure d=92Ars=E8ne Lupin = (Arsen Lupin=20 utolso kalandja, 1921) et la Dame de pique (Pique dame, 1922).

Il s'embarque pour les =C9tats-Unis en laissant inachev=E9 les = =C9toiles=20 d'Eger (Egri Csillagok, 1923) et exerce divers m=E9tiers pendant = cinq ans=20 avant de tourner =E0 nouveau, =E0 Hollywood, le Dernier Moment = (The Last=20 Moment, 1928), Solitude (Lonesome, 1928), Broadway (1929) et Erik = le Grand=20 (The Last Performance, 1929). Il travaille sur Captain of the = Guard (1930)=20 de John Stuart Robertson, sans =EAtre cr=E9dit=E9 au = g=E9n=E9rique, et ne se voit=20 ensuite confier que les versions fran=E7aise et allemande de Big = House=20 (1930). Il part alors en France o=F9 le producteur Pierre = Braunberger lui=20 confie une adaptation de Fant=F4mas (1931).

De retour en Hongrie, il r=E9alise Marie, une l=E9gende = hongroise (Tavaszi=20 zapor, 1932) et Temp=EAtes (Itel a Balaton, 1932), puis passe en = Autriche=20 pour tourner Gardez le sourire (Sonnestrahl, 1933) et les Voix du=20 printemps (Fruhlingstimmen, 1933), avant d'=E9migrer au Danemark = o=F9 il signe=20 les Millions en fuite (Flugten fra, 1934), le Prisonnier num=E9ro = 1 (Fange=20 NR 1, 1935) et le Sourire d'or (Det gyldne smil, 1935).

Il se consacre ensuite au documentaire et r=E9alise des films = sur=20 Madagascar, Horizons noirs (Svarta Horisonter, 1935-1936), les = Indes=20 orientales (1937-1938) et le P=E9rou (1940), ainsi qu'un=20 documentaire-fiction au Siam, Une poign=E9e de riz (En Handful = ris,=20 1938).

=C0 partir de 1941, il abandonne le cin=E9ma, s'installe =E0 = New York o=F9 il=20 s'occupe d'anthropologie.

Paul Fejos est une figure marquante du septi=E8me art, tant par = son=20 parcours international et atypique que par ses choix esth=E9tiques = et par=20 son int=E9r=EAt humaniste pour les petites gens ou les = r=E9prouv=E9s.

Paul Fejos est m=E9connu malgr=E9 la c=E9l=E9brit=E9 de l=92un = de ses=20 chefs-d=92oeuvre, Lonesome (Solitude), r=E9alis=E9 en 1928 =E0 la = jointure du muet=20 et du parlant. Vers la fin du film, l=92apparition de sc=E8nes = dialogu=E9es=20 procurait au spectateur un grand choc, un peu comme si nous = assistions =E0=20 la naissance de la parole. Solitude raconte, avec une tendresse et = une=20 d=E9licatesse de touche in=E9galables, la rencontre de deux jeunes = gens=20 solitaires dans la grande ville. S=92=E9tant perdus dans la foule = d=92un=20 luna-park sans avoir eu le temps de se demander leur nom, ils = d=E9sesp=E8rent=20 de se retrouver un jour quand ils d=E9couvrent, in fine, qu=92ils = sont voisins=20 de palier. La beaut=E9 de cette oeuvre vant=E9e par tous les = historiens de=20 cin=E9ma a malheureusement eu pour effet de cacher le reste de = l=92oeuvre de=20 Fejos, pourtant assez fournie.

=C9clectique et cosmopolite, Fejos tourna d=92abord en Hongrie, = sa terre=20 natale, ensuite aux =C9tats-Unis, en France, en Autriche, au = Danemark, =E0=20 Madagascar, dans les Indes orientales, en Su=E8de, au Siam, au = P=E9rou...=20 L=92=E9parpillement g=E9ographique de cette oeuvre qui, pour une = bonne part, est=20 documentaire et t=E9moigne de l=92inlassable curiosit=E9 de son = auteur rend=20 difficile, voire impossible, d=92en avoir une vue synth=E9tique. = Comme d=92autre=20 part le grand seigneur qu=92=E9tait Fejos d=E9daigna toujours de = soigner sa=20 publicit=E9 personnelle ou de se cr=E9er un personnage =E0 = l=92image d=92un Stroheim ou d=92un Sternberg, on arrive = =E0=20 s=92expliquer que ses films ne soient pas mieux connus. Avec la = guerre,=20 Fejos pr=E9f=E9ra se d=E9tourner du cin=E9ma et se consacrer =E0 = l=92anthropologie,=20 discipline o=F9 il acquit rapidement une solide r=E9putation de = savant.

Dans le cin=E9ma de Fejos, dont la modernit=E9 frappe le = spectateur=20 d=92aujourd=92hui, la sensibilit=E9 domine, une sensibilit=E9 = exempte de=20 m=E9lodrame, non truqu=E9e, aristocratique et rare, et toujours = infiniment=20 respectueuse des personnages d=E9crits et du public. Que ce soit = dans une=20 com=E9die avec s=E9quences musicales, Gardez le sourire = (Sonnestrohl, 1933),=20 dans l=92adaptation d=92un conte na=EFf de Hongrie (Marie, = l=E9gende hongroise,=20 1932) ou dans la pr=E9sentation semi-documentaire de la vie d=92un = couple=20 d=92indig=E8nes au Siam, dans Une poign=E9e de riz (En Handfull = Ris, 1938),=20 Fejos s=92emploie =E0 montrer le plus souvent des =EAtres = vuln=E9rables et sans=20 malice, en prise directe avec la vie, qui pourtant ne les = =E9pargne pas;=20 mais leur grande capacit=E9 d=92amour les sauvera, et c=92est en = g=E9n=E9ral la=20 le=E7on de ces films, poignants et lumineux.

Dans sa fa=E7on de montrer avec une attention minutieuse les = difficult=E9s=20 quotidiennes rencontr=E9es, aux quatre coins de l=92univers, par = des =EAtres=20 modestes et nullement exceptionnels, Fejos peut =EAtre = consid=E9r=E9 comme un=20 anc=EAtre du n=E9o-r=E9alisme. Mais il s=92agit alors d=92un = n=E9o-r=E9alisme pur de=20 toute scorie naturaliste et soucieux, avant tout, de souligner = avec un=20 lyrisme discret la dignit=E9 et l=92humanit=E9 profonde des = personnages=20 qu=92observe l=92oeil, pour une fois v=E9ridique, de la = cam=E9ra.

Fellini, Federico

Federico = Fellini
(1920-1993)
Sc=E9nariste et=20 r=E9alisateur italien

N=E9 =E0 Rimini, sur la c=F4te = adriatique,=20 Federico Fellini est issu d=92une famille de la petite = bourgeoisie. Amoureux=20 de la bande dessin=E9e am=E9ricaine (Flash Gordon et surtout = Mandrake, qu'il=20 souhaitera plus tard, mais en vain, porter =E0 l'=E9cran) et du = cirque, il=20 passe son enfance entre r=EAve et ennui.

Jeunesse

Ayant quitt=E9 les siens =E0 dix-huit ans pour s'installer =E0 = Florence, il=20 travaille comme =E9chotier et caricaturiste dans un p=E9riodique = satirique=20 =E9dit=E9 par Nerbini, puis d=E9cide de tenter sa chance =E0 Rome = o=F9 il s=92installe=20 en 1939. Collaborateur r=E9gulier du journal Marc'Aurelio, il = b=E9n=E9ficie de=20 ce fait d'une belle r=E9putation de dessinateur humoristique. = C=92est ce qui=20 lui permet de travailler comme gagman pour les films = interpr=E9t=E9s par le=20 com=E9dien Macario (1902-1980) et de se lier d'amiti=E9 avec Aldo = Fabrizi, qui=20 lui permet de faire ses d=E9buts comme sc=E9nariste de = cin=E9ma.

Premiers pas au cin=E9ma

D=E8s 1942, Fellini travaille pour Mario Bonnard sur Avanti = c'=E8 posto=20 (1942) puis sur Campo de=92fiori (1942). Il =E9crit =E9galement le = Diamant=20 myst=E9rieux (l'Ultima Carrozzella, 1942) de Mario Mattoli, avant = de=20 travailler au bureau des projets dans la soci=E9t=E9 de production = de Roberto Rossellini. = Il r=E9dige=20 dans le m=EAme temps des textes pour la radio et rencontre =E0 = cette occasion=20 Giulietta Masina qu'il =E9pouse en 1943.

Roberto Rossellini = l'entra=EEne=20 dans la mouvance du n=E9or=E9alisme en le faisant participer =E0 = l=92=E9criture de=20 Rome ville ouverte (Roma citt=E0 aperta, 1945), puis de Paisa = (Pais=E0, 1946),=20 du Miracle (sketch de l'Amore, 1948), dont il est aussi l=92un des = interpr=E8tes, des Onze Fioretti de Fran=E7ois d'Assise = (Francesco, giullare=20 di Dio, 1950) et d=92Europe 51 (Europa 51, 1952).

Il travaille =E9galement avec Pietro Germi et = surtout Alberto Lattuada pour = le Crime de=20 Giovanni Episcopo (il Delitto di Giovanni Episcopo, 1947) et Sans = piti=E9=20 (Senza piet=E0, 1948), avant de cosigner avec ce dernier la mise = en sc=E8ne=20 des Feux du Music hall (Luci del variet=E0, 1951), une oeuvre = nostalgique et=20 baroque qui tranche avec le n=E9or=E9alisme de l'=E9poque et = annonce ses futurs=20 chefs-d'oeuvre par le choix du th=E8me et par le go=FBt de = l'insolite.

Premiers films

En 1952, Fellini r=E9alise Courrier du Coeur / le Scheik blanc = (lo=20 Sceicco bianco), une satire d=E9capante du milieu du roman-photo, = univers=20 qu'il conna=EEt bien pour y avoir travaill=E9 autrefois, puis les = Vitelloni (i=20 Vitelloni, 1953), chronique =E0 la fois tendre et am=E8re d=92un = groupe de=20 jeunes provinciaux d=E9soeuvr=E9s. Il collabore ensuite =E0 un = film collectif,=20 l'Amour =E0 la ville (l'Amore in citt=E0, 1953) avec le sketch = Un=92agenzia=20 matrimoniale) qui ent=E9rine son =E9loignement du n=E9or=E9alisme = vers un univers=20 ludique et onirique, ce que confirme son m=E9lodrame populaire, la = Strada=20 (1954), fable po=E9tique et cruelle qui r=E9v=E8le au monde le = talent de=20 Giulietta Masina et assure une gloire internationale =E0 son = auteur.

Fellini, la = Strada

En 1954, Federico Fellini, avec cette errance de saltimbanques = sur les=20 routes d'une Italie d=E9pourvue de tout pittoresque, annonce un = tournant du=20 cin=E9ma italien. Les personnages de Gelsomina (Giulietta Masina) = et de=20 Zampano (Anthony Quinn, l'emploi d'acteurs am=E9ricains =E9tant = courant en=20 Italie) demeurent inoubliables ; ils introduisent le monde du = cirque que=20 l'auteur ne cessera de filmer par la suite.

Apr=E8s un film caustique sur une bande d'escrocs d=E9guis=E9s = en pr=EAtres, il=20 Bidone (1955), il =E9crit avec Ennio Flaiano et Pier Paolo Pasolini = les Nuits de=20 Cabiria (le Notte di Cabiria, 1957), chronique d=E9chirante o=F9 = Giulietta=20 Masina incarne une prostitu=E9e path=E9tique. Ce film semble = marquer un retour=20 vers la doctrine du n=E9or=E9alisme, bien qu=92il demeure tr=E8s = personnel dans sa=20 forme.

Marcello Mastroianni et = Anita Ekberg=20 dans la Dolce Vita (1960) de Federico Fellini

Journaliste mondain, Marcello Rubini (Marcello Mastroianni) = fr=E9quente=20 l'art=E8re la plus =E9l=E9gante de Rome, la via Veneto, o=F9 = gravite un monde en=20 pleine d=E9composition sociale et morale. Pour les besoins de son = journal,=20 il devient le chevalier servant d'une sulfureuse vedette = hollywoodienne=20 (interpr=E9t=E9e par Anita Ekberg). Ses errances l'entra=EEnent = dans l'enfer=20 dor=E9 de l'aristocratie qui, =E0 l'image de l'=E9crivain Steiner = (Alain Cuny),=20 ne surmonte plus ses angoisses et ne cache plus une profonde = volont=E9 de=20 mourir.

Apr=E8s trois ann=E9es de silence, Fellini obtient la palme = d'or au=20 festival de Cannes avec la Dolce Vita (1960), une d=E9rive = po=E9tique, sans=20 concessions ni complaisance, dans le milieu de la grande = bourgeoisie=20 romaine, =E0 la fois riche et d=E9soeuvr=E9e.

Un po=E8te inclassable

Le succ=E8s international de la Dolce Vita permet d=E9sormais = =E0 Fellini=20 d'imposer toutes ses vues artistiques aux producteurs. Il commence = par=20 tourner un sketch de Boccace 70 (Boccaccio 70, 1962), le = Tentazioni del=20 dottore Antonio, fable sur les obsessions d'un homme frustr=E9 et = satire=20 virulente et cocasse de la publicit=E9. Cette oeuvre marque son = =E9loignement=20 de l=92=E9criture cin=E9matographique classique, et on y = d=E9c=E8le l=92influence des=20 =E9crits de Calvino et de Buzzati.

Fellini, Huit et = demi
Huit et=20 demi (Otto e mezzo, 1963) est sans doute le plus c=E9l=E8bre des = films=20 consacr=E9s =E0 la cr=E9ation cin=E9matographique. Double de = Federico Fellini,=20 Marcello Mastroianni interpr=E8te Guido, un cin=E9aste en mal = d'inspiration,=20 assailli par ses propres fantasmes.

Il se livre ensuite =E0 une r=E9flexion sur le monde du = cin=E9ma et sur la=20 cr=E9ation artistique avec Huit et demi (Otto e mezzo, 1963) o=F9 = Marcello=20 Mastroianni incarne un r=E9alisateur italien tr=E8s proche de = Fellini=20 lui-m=EAme. L'oeuvre, mise en musique par Nino Rota, brasse les = angoisses,=20 les fantasmes, les souvenirs et les d=E9lires =E9rotiques de son = auteur dans=20 une structure =E9clat=E9e qui se refuse =E0 toute narration = lin=E9aire. Quoique=20 tr=E8s exp=E9rimental, ce film conna=EEt un succ=E8s sans = pr=E9c=E9dent. Son oeuvre=20 suivante, Juliette des esprits (Giulietta degli spiriti, 1965), = pourtant=20 fond=E9e sur le m=EAme principe de la fable onirique et =E9crite = pour son =E9pouse=20 Giulietta Masina, est en revanche un =E9chec commercial et = critique.

Rencontrant des difficult=E9s dans le financement de ses = projets, il=20 signe un sketch des Histoires extraordinaires (Tre Passi nel = delirio,=20 1968) intitul=E9 Toby Dammit ou Il ne faut jamais parier sa t=EAte = avec le=20 diable, qui impressionne beaucoup par sa volont=E9 d'irr=E9alisme = et son=20 onirisme flamboyant et macabre. Bien que court, ce film a = influenc=E9=20 l=92esth=E9tique visuelle des ann=E9es quatre-vingt =97 cin=E9ma, = clip et publicit=E9=20 confondus.

Fellini peut ensuite tourner Satyricon (Fellini Satyricon, = 1969),=20 d'apr=E8s l'oeuvre de P=E9trone, et laisser libre cours =E0 la = d=E9mesure de son=20 imaginaire, peupl=E9 de =AB monstres f=E9minins=BB (d=E9j=E0 = pr=E9sents dans son oeuvre=20 ant=E9rieure), de d=E9lires sensuels et de fant=F4mes en tous = genres. Baroque,=20 cauchemardesque et d'une imparable beaut=E9 plastique, le film a = obtenu un=20 r=E9el succ=E8s.

Regards sur l'enfance = et=20 l'adolescence

Consid=E9r=E9 d=E9sormais comme un des cin=E9astes les plus = cr=E9atifs du monde,=20 Fellini d=E9cide de se plonger dans le souvenir de ses =E9motions = d'enfant en=20 r=E9alisant un documentaire tr=E8s personnel sur le cirque, les = Clowns (i=20 Clowns, 1970), dont la facture onirique refl=E8te une nouvelle = fois son go=FBt=20 pour la po=E9sie et la magie du spectacle populaire.

Il r=E9alise ensuite Fellini Roma (1972), hymne pittoresque et = lyrique =E0=20 la ville de Rome, qui n'a pour ligne directrice que le fil de ses=20 souvenirs et la puissance de ses fantasmes, o=F9 il m=E9lange = reconstitutions=20 nostalgiques et visions futuristes avec une verve po=E9tique qui=20 n=92appartient qu=92=E0 lui. Confort=E9 par l=92int=E9r=EAt que = lui pr=EAte =E0 nouveau le=20 grand public, il continue d=92explorer le monde des souvenirs avec = Amarcord=20 (1973), chronique foisonnante et satirique d=92une petite ville de = province=20 dans les ann=E9es trente, qui enthousiasme le public par sa = libert=E9 de=20 ton.

Paradis

Il s=92attaque ensuite =E0 un projet ambitieux, Casanova (Il = Casanova di=20 Federico Fellini, 1976), librement adapt=E9 des M=E9moires de = Giacomo=20 Casanova, une oeuvre =E9galement orgiaque par ses moyens = financiers et sa=20 surabondance de visions et de trouvailles baroques, qui = d=E9concerte la=20 critique et le public car la biographie du c=E9l=E8bre s=E9ducteur = s=92y trouve=20 r=E9duite =E0 une d=E9mentielle galerie de monstres et = d=92automates.

Il r=E9alise peu apr=E8s un petit film atypique sur la musique, = R=E9p=E9tition=20 d'orchestre (Prova d'orchestra, 1978), tr=E8s noir mais aussi = plein d=92une=20 dr=F4lerie qui =E9voque le =AB slapstick=BB am=E9ricain du temps = du muet, puis une=20 m=E9taphore apocalyptique et sombre, la Cit=E9 des femmes (la = Citt=E0 delle=20 donne, 1980) qui t=E9moigne de son pessimisme et de son = inqui=E9tude sur le=20 monde moderne et les rapports humains. Et vogue le navire (E la = nave va,=20 1983), r=E9cit all=E9gorique plein d=92exp=E9rimentations = formelles, retrouve=20 quant =E0 lui une certaine l=E9g=E8ret=E9 de ton.

R=E8glements de = comptes

De moins en moins soutenu par le public, Fellini en vient =E0 = accuser la=20 t=E9l=E9vision d'=EAtre responsable de l'ab=EAtissement des = spectateurs et tourne=20 =E0 ce sujet un pamphlet avec Marcello Mastroianni et Giulietta = Masina,=20 Ginger et Fred (Ginger e Fred, 1986). Dr=F4le et path=E9tique, = c'est le r=E9cit=20 de deux anciennes stars du music-hall invit=E9es =E0 s'exhiber sur = le plateau=20 d'une t=E9l=E9vision priv=E9e. La fable grin=E7ante et = sentimentale retrouve ici=20 les bases du n=E9or=E9alisme, tant par l'analyse sociale et = =E9conomique d'un=20 milieu que par la mise en lumi=E8re d'une r=E9alit=E9 = ali=E9nante.

Fellini tourne ensuite Intervista (1987), son testament=20 cin=E9matographique et une r=E9flexion d=E9sabus=E9e sur le = m=E9tier de cin=E9aste et=20 sur le temps qui passe, puis revient une derni=E8re fois =E0 ses = merveilleux=20 fantasmes dans la Voce della luna (1990), une promenade = sentimentale et=20 hallucin=E9e dans un no man's land po=E9tique et inqui=E9tant, = avec l=92acteur=20 Roberto Benigni.

Les principaux films de = Fellini

1952 Le = Courrier du=20 coeur / Sheik blanc Lo = Sceicco=20 bianco
1953 Les=20 Vitelloni I=20 Vitelloni
1954 La=20 Strada La=20 Strada
1955 Il=20 Bidone Il=20 Bidone
1957 Les = Nuits de=20 Cabiria Le = Notti de=20 Cabiria
1960 La = Douceur de=20 vivre La = Dolce=20 Vita
1963 Huit = et=20 demi Otto = e=20 mezzo
1965 Juliette des=20 esprits Giulietta degli=20 spiriti
1969 Satyricon Fellini=20 Satyricon
1970 Les=20 Clowns I=20 Clowns
1972 Fellini=20 Roma Fellini=20 Roma
1973 Amarcord Amarcord
1976 Casanova Il = Casanova di=20 Federico Fellini
1978 R=E9p=E9tition=20 d'orchestre Prova = d'orchestra
1980 La = Cit=E9 des=20 femmes La = Citt=E0 delle=20 donne
1983 Et = vogue le=20 navire E la = nave=20 va
1986 Ginger et=20 Fred Ginger e=20 Fred
1987 Intervista Intervista
1990 La = Voce della=20 luna La = Voce della=20 luna

Fern=E1ndez, Emilio

Emilio = Fern=E1ndez
(1904-1986)
Cin=E9aste=20 mexicain

Les films de Emilio Fern=E1ndez = d=E9crivent=20 avec force d=E9tails la d=E9solation et la mis=E8re de la = population mexicaine.=20 Fern=E1ndez, appel=E9 parfois =ABel Indio=BB (=ABl'Indien=BB), est = n=E9 pr=E8s de Hondo,=20 dans la r=E9gion de Coahuila, d'un p=E8re espagnol et d'une m=E8re = indienne.

Il d=E9buta au cin=E9ma, en 1933, par de petits r=F4les =E0 = Hollywood, puis au=20 Mexique. Il r=E9alisa sa premi=E8re mise en sc=E8ne en 1941. = Influenc=E9s par=20 Eisenstein et par John Ford, les films = de Fern=E1ndez=20 mettent en sc=E8ne des personnages vivant en marge de la = soci=E9t=E9 et pour qui=20 l'existence est une lutte. Dans Mar=EDa Candelaria (1943, prim=E9 = =E0 Cannes),=20 par exemple, un couple est rejet=E9 par la soci=E9t=E9 en raison = de sa mixit=E9.=20 Atteinte de la malaria, la femme se voit refuser de la quinine et = meurt,=20 lapid=E9e par les villageois. L'Imposteur (el Imposter, 1957) = relate=20 l'histoire d'un professeur d'universit=E9 qui perd son travail = pour une=20 question d'honneur. Il part vivre =E0 la campagne, o=F9, pris pour = son cousin=20 d=E9c=E9d=E9, il prend l'identit=E9 de celui-ci. Se lan=E7ant dans = la politique pour=20 gagner sa vie, il d=E9couvre que l'on veut l'assassiner. Le = message d'Emilio=20 Fern=E1ndez est clair et lugubre : la vie n'est qu'une suite de = portes=20 closes, et il est difficile, au Mexique, d'=E9chapper aux pi=E8ges = de=20 l'existence.

La carri=E8re de Fern=E1ndez fut longue et illustre. Il = r=E9alisa=20 quarante-deux films et remporta plusieurs prix internationaux. = Fern=E1ndez=20 d=E9clara que le Mexique prouvait la justesse de ses films car ils = =E9taient=20 des =ABfragments de la vie mexicaine=BB. L'oeuvre de Fern=E1ndez = est une=20 exploration de l'identit=E9 mexicaine.

Ferreri, Marco

Marco = Ferreri
(1928-1997)
Producteur,=20 r=E9alisateur et acteur italien

N=E9 =E0 Milan, Marco Ferreri fait = des =E9tudes de=20 m=E9decine v=E9t=E9rinaire, puis travaille comme repr=E9sentant et = r=E9alise alors=20 des films publicitaires pour la soci=E9t=E9 de spiritueux qui = l'emploie.

Les ann=E9es 1950-1960

En 1950, il s'associe avec Cesare Zavattini pour produire des = magazines=20 d'actualit=E9s cin=E9matographiques mensuels, dont il confie = l'=E9criture ou la=20 r=E9alisation =E0 des personnalit=E9s comme Luciano Emmer, Federico Fellini, = Alberto=20 Moravia, Vittorio De Sica ou Luchino Visconti. = L'=E9chec de=20 cette initiative ne le d=E9courage pas. Il devient producteur de = fictions=20 avec l'Amour =E0 la ville (l'Amore in citt=E0, 1953). Cependant, = en 1955, il=20 renonce au cin=E9ma et s'exile en Espagne pour y faire le commerce = d'appareils de projection. Il y rencontre alors le romancier et = sc=E9nariste=20 Rafael Azcona, qui le met en relation avec des producteurs = espagnols et=20 lui =E9crit le sc=E9nario de sa premi=E8re r=E9alisation de = fiction, El Pisito=20 (1958), dont le succ=E8s dans les pays ib=E9riques lui permet de = continuer =E0=20 faire des films, toujours avec Rafael Azcona ; Los Chicos (1959) = et la=20 Petite Voiture (El Cochecito, 1960), fables d'humour noir et = teint=E9es d'un=20 surr=E9alisme intime, r=E9v=E8lent un univers original, fait de = situations=20 paradoxales et de m=E9ditations sur la mort ou sur le sexe. Il = participe=20 encore =E0 la r=E9alisation du Secret des hommes bleus (El secreto = de los=20 hombres azules, 1960), puis rentre en Italie afin de tourner le = sketch gli=20 Adulteri dans Les femmes accusent (le Italiane e l'amore, = 1961).

Son premier long m=E9trage italien, le Lit conjugal (Una storia = moderna :=20 l'ape regina, 1963) est une m=E9taphore cruelle sur le mariage, = qui provoque=20 un scandale au festival de Cannes et choque dans son pays. Il = r=E9cidive de=20 fa=E7on plus radicale avec le Mari de la femme =E0 barbe (la Donna = scimmia,=20 1964), o=F9 Annie Girardot interpr=E8te une femme abondamment = poilue que son=20 mari (Ugo Tognazzi) exhibe dans les cabarets de strip-tease. = Apr=E8s il=20 Professore, un sketch v=E9n=E9neux dans Controsesso (1964), il = tourne Marcia=20 nuziale (1966) puis le Harem (Harem, 1967), o=F9 il montre une = femme qui=20 organise un harem avec ses amants. Il signe ensuite son premier=20 chef-d'oeuvre, Dillinger est mort (Dillinger =E8 morto, 1969), une = grande=20 oeuvre surr=E9aliste et personnelle qui marque sa premi=E8re = collaboration=20 avec Michel Piccoli, puis il reprend son sketch de Oggi, domani et = dopodomani (1965) pour en faire un long m=E9trage stup=E9fiant, = Break-up=20 (1969), o=F9 Marcello Mastroianni interroge son impuissance = sexuelle en=20 =E9tudiant la mani=E8re dont les petits ballons explosent = lorsqu=92on souffle=20 dedans.

Ferreri, la Grande = Bouffe
Ugo=20 Tognazzi, Andr=E9a Ferr=E9ol et Philippe Noiret dans une sc=E8ne = du film la=20 Grande Bouffe =E9crit et r=E9alis=E9 par Ferreri alors au sommet = de sa carri=E8re.=20 Lors de sa sortie en 1973, le film fit scandale pour le = caract=E8re=20 provocateur du sujet et du traitement, mais sa lecture fortement=20 id=E9ologique et m=E9taphorique de la soci=E9t=E9 de consommation = fut appr=E9ci=E9e=20 par le public. Les th=E8mes de la soci=E9t=E9 contemporaine ont = souvent =E9t=E9=20 trait=E9s de fa=E7on surr=E9aliste, grotesque et paradoxale par ce = metteur en=20 sc=E8ne controvers=E9.

=C0 partir des ann=E9es = soixante-dix

Apr=E8s les =E9checs commerciaux de la Semence de l'homme (il = Seme=20 dell'uomo, 1969) et de Perch=E9 pagare per essere felici (1970), = Ferreri=20 peut continuer de tourner gr=E2ce =E0 l'amiti=E9 de ses amis = vedettes ; dans=20 l'Audience (l'Udienza, 1970), r=E9cit proche de Franz Kafka, un = homme=20 cherche en vain =E0 =EAtre re=E7u par le pape ; Liza (1970) conte = avec pudeur=20 une curieuse relation sadomasochiste entre Marcello Mastroianni et = Catherine Deneuve.

La Grande Bouffe (la Grande Abbuffata) qui fit scandale en 1973 = au=20 festival de Cannes relance sa carri=E8re, mais son western = satirique et=20 d=E9cal=E9 Touche pas =E0 la femme blanche (Non toccate la donna = bianca, 1974)=20 est un tel =E9chec qu'il doit attendre deux ans avant de = r=E9aliser la=20 Derni=E8re Femme (l'Ultima Donna, 1976), une r=E9flexion tragique = sur le=20 couple qui s=92ach=E8ve par l'=E9masculation du personnage = interpr=E9t=E9 par G=E9rard=20 Depardieu. Il adapte ensuite Federico Garc=EDa Lorca pour la = t=E9l=E9vision=20 (Yerma, 1977), puis retrouve G=E9rard Depardieu avec R=EAve de = singe (Ciao=20 maschio, 1978), avant de donner son premier grand r=F4le =E0 = Roberto Benigni=20 dans Pipicacadodo (Chiedo asilo, 1979), une fable douce et = terrible sur=20 les =E9coles maternelles. Fid=E8le =E0 ses obsessions qui = associent toujours=20 nourriture, sexe et mort, il adapte Charles Bukowski dans Contes = de la=20 folie ordinaire (Storie di ordinaria follia, 1981), dirige = Isabelle=20 Huppert dans Histoire de Piera (Storia di Piera, 1983), interroge = la=20 maternit=E9 dans Le futur est femme (Il futuro =E8 donna, 1984) et = montre un=20 homme obs=E9d=E9 par un porte-clefs en forme de bouche qui lui = d=E9clare son=20 amour chaque fois qu=92il le siffle (I Love You, 1986).

Ses derniers films rel=E8vent tous d=92une m=EAme = originalit=E9s : Y'a bon les=20 blancs (1988) est une m=E9ditation sur l'aide alimentaire en = Afrique; le=20 Banquet (1989) est une adaptation de Platon; la Chair (la Carne, = 1991) est=20 une histoire d'amour et de cannibalisme; la Maison du sourire (la = Casa del=20 sorriso, 1991), qui lui vaut un ours d'or au festival de Berlin, = est le=20 tendre portrait de deux vieillards amoureux dans une maison de = retraite;=20 Faictz ce que vouldras (1995), apr=E8s Journal d'un vice (Diario = d'un vizio,=20 1993), est un documentaire inspir=E9 de Rabelais; enfin, Nitrate = d'argent=20 (Nitrato d=92argento, 1996) constitue une derni=E8re r=E9flexion = m=E9lancolique=20 sur le cin=E9ma d'autrefois.

Ferreri a aussi =E9t=E9 acteur dans plusieurs films, dont = Porcherie=20 (Porcile, 1969) de Pier Paolo = Pasolini.

Feuillade, Louis

Louis = Feuillade
(1873-1925)
R=E9alisateur=20 fran=E7ais

N=E9 =E0 Lunel (H=E9rault), = Louis Feuillade se=20 dirige d=92abord vers le journalisme, puis exerce des fonctions = importantes=20 aux c=F4t=E9s de L=E9on Gaumont dans son entreprise de cin=E9ma, = alors en passe de=20 devenir l=92une des plus importantes du monde.

Il r=E9dige une centaine de sc=E9narios pour Alice Guy, = =C9tienne Arnaud et=20 Rom=E9o Bosetti avant de passer =E0 la r=E9alisation. C=92est, au = total, pr=E8s de=20 sept cents films de fiction qu=92il va mettre en sc=E8ne au cours = de sa=20 carri=E8re ; des films dont la rapidit=E9, l=92invention, la = plastique, le jeu=20 entre r=E9alisme et onirisme, ainsi que les trouvailles de cadres = et de=20 montage, font de Feuillade l=92un des pionniers du cin=E9ma = moderne.

Feuillade, les=20 Vampires
Certains historiens et critiques voient dans les = Vampires=20 un chef-d'oeuvre du cin=E9ma primitif, convulsif et hallucin=E9, = tandis que=20 d'autres consid=E8rent ce film, et l'oeuvre de Feuillade en = g=E9n=E9ral, comme=20 l'=E9quivalent cin=E9matographique de la pire litt=E9rature de = gare. Quoi qu'il=20 en soit, la silhouette sculpturale et fun=E8bre de Musidora = continue de=20 hanter l'imaginaire du cin=E9ma mondialogue

Il commence en 1906 par de nombreuses bandes comiques et = dramatiques,=20 dont on peut citer, parmi les premi=E8res: Un coup de vent (1906), = l=92Oncle =E0=20 h=E9ritage (1907), les Effets de la chaleur (1907), Une dame = vraiment bien=20 (1908), Histoire de puce (1909) et le Louis de vingt francs = (1910), et=20 parmi les secondes: No=EBl de l=92ouvrier (1907), l=92Innocent = (1908), la Fille=20 du passeur (1909) ou le Martyre d=92une femme (1910).

=C0 partir de 1910, il obtient de gros succ=E8s avec les = s=E9ries comiques=20 B=E9b=E9 (1901-1913) et Bout-de-zan (1913-1916), tout en = continuant =E0 r=E9aliser=20 des drames contemporains, comme la s=E9rie la Vie telle qu=92elle = est. Il=20 tourne toujours, par ailleurs, des films historiques ou = patriotiques.

Ses s=E9ries polici=E8res lui donnent un r=E9putation de = po=E8te moderne et=20 =ABconvulsif=BB parmi les =E9crivains d=92avant-garde -dada=EFstes = puis surr=E9alistes=20 l=92encensent- et vont marquer de futurs cin=E9astes comme Georges Franju et Alain Resnais. = C=92est d=92abord les=20 cinq =E9pisodes de Fant=F4mas (1913-1914), adapt=E9s des romans = populaires de=20 Marcel Allain et Pierre Souvestre, qui connaissent un franc = succ=E8s public=20 et inventent le r=E9alisme po=E9tique. Vient ensuite son = chef-d=92oeuvre, les=20 Vampires (1915) -r=E9alisation majeure du cin=E9ma muet dont = l=92influence sur=20 les r=E9alisateurs am=E9ricains des ann=E9es vingt va =EAtre = consid=E9rable-, puis=20 Judex, en 1917, et la Nouvelle Mission de Judex, l=92ann=E9e = suivante.

Cette m=EAme ann=E9e 1918, il tourne =E9galement une nouvelle = s=E9rie,=20 Vend=E9miaire (1918), qui, quoique patriotique et cocardi=E8re, = annonce tout=20 un courant qui va conduire au n=E9or=E9alisme. Puis il revient aux = s=E9ries=20 polici=E8res (Tih Minh, l=92Homme sans visage, 1918 ; Barabbas, = 1920), aux=20 m=E9lodrames =E0 =E9pisodes (les Deux Gamines, l=92Orpheline, 1921 = ; Parisette,=20 1922 ; l=92Orphelin de Paris, le Stigmate, 1924), et signe enfin = des s=E9ries=20 historiques d=92aventures (le Fils du flibustier, 1922 ; Vindicta, = 1923),=20 tout en tournant sans rel=E2che des com=E9dies et des drames.

Feyder, Jacques

Jacques = Feyder
(1885-1948)
Pseudonyme de=20 Jacques Fr=E9d=E9rix, cin=E9aste fran=E7ais d=92origine = belge

Jacques Feyder est un auteur de = succ=E8s=20 internationaux comme l=92Atlantide (1921) et la Kermesse = h=E9ro=EFque (1935). On=20 a pu discerner deux tendances dans son oeuvre : l=92une, onirique = et=20 po=E9tique, comporte une certaine magie dans les images = (l=92Atlantide, 1921=20 ou l=92Image, Das Bildnis, 1924, tourn=E9 en Autriche), l=92autre, = plus r=E9aliste=20 et psychologique, volontiers populiste, s=92illustre dans = Crainquebille=20 (1923), Th=E9r=E8se Raquin (Du sollst nicht ehebrechten, tourn=E9 = dans un studio=20 berlinois en 1928), le Grand Jeu (1934), Pension Mimosas (1935). = Il a=20 travaill=E9 dans plusieurs pays, y compris les =C9tats-Unis o=F9 = il dirigea=20 Greta Garbo dans le Baiser (The Kiss, 1929). Il =E9tait le mari de = l=92actrice=20 Fran=E7oise Rosay.

Fisher, Terence

Terence = Fisher
(1904-1980)
Cin=E9aste=20 britannique

N=E9 =E0 Londres, Terence Fisher = fait des =E9tudes=20 dans le Sussex avant de suivre deux ans d=92apprentissage sur le = navire=20 =E9cole H.M.S Conway, puis travaille comme second ma=EEtre dans la = Marine=20 marchande britannique. En 1926, il revient =E0 Londres et exerce = divers=20 m=E9tiers, dont celui d=92assistant =E9talagiste d=92un magasin de = tissus. Il=20 entre dans le cin=E9ma comme clapman en 1933, s=92oriente vers = l=92assistanat,=20 devient chef monteur de 1936 =E0 1947, puis commence sa carri=E8re = de=20 r=E9alisateur en signant deux films courts : Colonel Bogey (1947) = et To the=20 Public Danger (1947).

Ses premiers films illustrent tous les genres : le m=E9lodrame = avec A=20 Song for Tomorrow (1948), le Myst=E8re du camp 27 (Portrait from = Life,=20 1948), =C9garement (The Astonished Heart, 1949), le film de = myst=E8re avec Si=20 Paris l=92avait su (So Long at Fair, 1949) et le film policier = avec Home to=20 Danger (1950).

En 1951, il entre =E0 la Hammer o=F9 il fait le reste de sa = carri=E8re,=20 tournant des films de natures diverses : film d=92aventures avec = Wings of=20 Danger (1951), Distant Trumpet (1951); films policiers avec The = Last Page=20 (1951), Mantrap (1952), Blood Orange (1953), Face the Music = (1953), Murder=20 by Proxy (1953), The Stranger Came Home (1954), Final Appointment = (1954),=20 The Flaw (1954), Stolen Assigment (1955), The Last Man to Hang ? = (1955),=20 Kill me Tomorrow (1956); films de science-fiction avec Spaceways = (1952),=20 le Triangle =E0 quatre c=F4t=E9s (The Four Sized Triangle, 1952) = et films=20 fantastiques avec Stolen Face (1951).

En 1956, son succ=E8s commence avec l=92exploitation des grands = th=E8mes du=20 fantastique, o=F9 il peut d=E9ployer son talent de coloriste et = explorer avec=20 intelligence une th=E9matique fond=E9e sur la lutte du bien et du = mal. Il=20 d=E9bute dans cette veine avec Frankenstein s=92est =E9chapp=E9 = (The Curse of=20 Frankenstein, 1956) qui porte aussit=F4t les com=E9diens Peter = Cushing et=20 Christopher Lee au rang de vedettes internationales, et reprend le = personnage cr=E9=E9 par Mary Shelley pour la Revanche de = Frankenstein (The=20 Revenge of Frankenstein, 1957), Frankenstein cr=E9a la Femme = (Frankenstein=20 created the Woman, 1966), le Retour de Frankenstein (Frankenstein = must be=20 Destroyed, 1969) et Frankenstein et le Monstre de l=92enfer = (Frankenstein=20 and the Monster from Hell, 1972). Il redonne aussi sa popularit=E9 = au prince=20 des vampires avec le Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula, = 1957), les=20 Ma=EEtresses de Dracula (The Brides of Dracula, 1960) et Dracula, = Prince des=20 t=E9n=E8bres (Dracula-Prince of Darkness, 1965). On lui doit = =E9galement les=20 Deux Visages du docteur Jekyll (The Two Faces of Dr Jekyll, 1959) = - o=F9=20 Hyde est un bel homme - la Mal=E9diction des Pharaons (The Mummy, = 1959),=20 deux aventures de Sherlock Holmes : le Chien des Baskerville (The = Hound of=20 Baskerville, 1958) et Sherlock Holmes et le collier de la mort = (Sherlock=20 Holmes und das Halsband des Todes, 1962), une version du Fant=F4me = de=20 l=92op=E9ra (The Phantom of the Opera, 1961), du loup-garou, la = Nuit du=20 loup-garou (The Curse of the Werewolf, 1960) et de la Gorgone, la = Gorgone=20 (The Gorgon, 1963). Il r=E9alise d=92autres films d=92horreur : = The Man who=20 could cheat Death (1958), The Horror of it all (1963), ou de = science=20 fiction : The Earth Dies Screaming (1964), l=92=CEle de la terreur = (Island of=20 Terror, 1965) et la Nuit de la grande chaleur (Night of the Big = Heat,=20 1967), ainsi qu=92un Robin des bois : le Serment de Robin des bois = (Sword of=20 Sherwood Forest, 1960). Il r=E9alise =E9galement un curieux film=20 anticolonialiste sur les Thugs, les =C9trangleurs de Bombay (The = Stranglers=20 of Bombay, 1959). Son chef-d=92oeuvre est sans doute = l=92adaptation du roman=20 de Denis Wheatley : les Vierges de Satan (The Devil Rides out, = 1967), une=20 magnifique incursion dans le satanisme qui s=92est pas sans = =E9voquer Louis=20 Feuillade.

Terence Fisher est un jalon essentiel dans l=92=E9volution du = cin=E9ma=20 fantastique. Si les films de sa premi=E8re p=E9riode sont souvent = acad=E9miques=20 et parfois d=E9cevants, c=92est en abordant de front les = mythologies=20 populaires qu=92il s=92est impos=E9 comme un ma=EEtre du cin=E9ma. = Savants fous,=20 d=E9tectives du bizarre, vampires, ma=EEtres de l=92occultisme et = monstres=20 divers hantent son oeuvre, mais son travail est moins fond=E9 sur = la volont=E9=20 de faire peur au public que sur celle de se livrer =E0 une =E9tude = quasi=20 m=E9taphysique de la peur et de sa connotation sensuelle. = Longtemps=20 consid=E9r=E9e comme mineure, son oeuvre est aujourd=92hui = reconnue comme=20 essentielle, du moins =E0 partir de Frankenstein s=92est = =E9chapp=E9 (The Curse of=20 Frankenstein, 1956).

Fitzgerald, Francis Scott

Francis Scott=20 Fitzgerald
(1945-1982)
R=E9alisateur, producteur, = sc=E9nariste,=20 dramaturge et acteur allemand

Fitzgerald, Francis Scott = (1896-1940),=20 Sc=E9nariste et auteur am=E9ricain de romans et de nouvelles qui = mettent en=20 sc=E8ne l=92ambiance et les moeurs des ann=E9es 1920, qu=92il = appelait =ABl=92=E2ge du=20 Jazz=BB.

N=E9 =E0 Saint Paul (Minnesota), le 24 septembre 1896, Francis = Scott=20 Fitzgerald d=E9laissa les =E9tudes classiques =E0 l=92universit=E9 = de Princeton pour=20 suivre l=92enseignement d=92=E9crivains et de critiques comme = Edmund Wilson,=20 auquel il resta li=E9 toute sa vie. En 1917, il quitta Princeton = pour=20 devenir officier dans l=92arm=E9e. C=92est dans les camps = d=92entra=EEnement de=20 l=92arm=E9e qu=92il proc=E9da =E0 la r=E9vision de son premier = roman, intitul=E9 d=92abord=20 =ABl=92=C9go=EFste romantique=BB, et publi=E9 finalement sous le = titre de l=92Envers du=20 Paradis (1920). Alors qu=92il se trouvait dans un camp en Alabama, = Fitzgerald tomba amoureux de Zelda Sayre, parfait arch=E9type de = la jeune=20 fille fantasque et d=E9lur=E9e de l=92=E9poque, figure qui = deviendra un =E9l=E9ment=20 essentiel de la fiction fitzg=E9raldienne.

L=92Envers du Paradis, publi=E9 au printemps de 1920, fit de = Fitzgerald un=20 homme riche, assez riche tout au moins pour =E9pouser la tr=E8s = mondaine=20 Zelda. Dans ce roman autobiographique, la lost generation, celle = de=20 l=92apr=E8s-guerre, totalement d=E9sabus=E9e, trouva un reflet de = ses r=EAves=20 bris=E9s, de ses incertitudes et de la vacuit=E9 de son existence. = L=92ouvrage=20 suivant, les Heureux et les Damn=E9s (1922), un roman = d=92atmosph=E8re qui=20 d=E9peint les angoisses et la d=E9bauche d=92un couple ais=E9 = hant=E9 par le=20 pressentiment de la chute prochaine, re=E7ut un accueil plus = mitig=E9. En=20 revanche, les nouvelles de Fitzgerald connaissaient un grand = succ=E8s, et=20 leurs revenus permettaient d=92assurer l=92extravagant train de = vie de Zelda,=20 entre h=F4tels de luxe et =E9v=E9nements mondains. Sur plus de = cent cinquante=20 histoires, l=92auteur en retint quarante-six pour les publier dans = quatre=20 recueils, parmi lesquels les Enfants du Jazz (1920) et Un diamant = gros=20 comme le Ritz (1935).

En 1924, les Fitzgerald quitt=E8rent Long Island pour se rendre = sur la=20 C=F4te d=92Azur, et ne revinrent s=92installer aux =C9tats-Unis = qu=92en 1931. En=20 cinq mois, Fitzgerald acheva Gatsby le Magnifique (1925), fable = sensible=20 et satirique sur la qu=EAte effr=E9n=E9e de la r=E9ussite et = l=92effondrement du=20 r=EAve am=E9ricain. Bien que g=E9n=E9ralement consid=E9r=E9 comme = son chef-d=92oeuvre,=20 Gatsby le Magnifique se vendit mal, ce qui contribua =E0 = acc=E9l=E9rer la ruine=20 de sa vie personnelle. Zelda sombrait dans la folie (elle fut = hospitalis=E9e=20 plusieurs fois de 1930 =E0 sa mort en 1948) et lui dans = l=92alcoolisme. Il=20 n=92en continua pas moins d=92=E9crire, essentiellement pour des = magazines. Ce=20 n=92est qu=92en 1934 que parut son quatri=E8me roman Tendre est la = nuit,=20 l=92histoire =E0 peine voil=E9e, presque la confession, de sa vie = avec Zelda.=20 L=92accueil tr=E8s froid qui lui fut r=E9serv=E9 acc=E9l=E9ra la = d=E9ch=E9ance de=20 Fitzgerald, d=E9ch=E9ance qu=92il d=E9crivit lui-m=EAme dans la = F=EAlure (1945).

Fitzgerald, partiellement remis, devint sc=E9nariste =E0 = Hollywood en 1937,=20 une exp=E9rience qui lui inspira son dernier roman, l=92un des = plus aboutis,=20 le Dernier Nabab (1941). Devant l=92=E9clat et l=92intelligence de = ce livre,=20 pourtant inachev=E9 =E0 la mort de Fitzgerald le 21 d=E9cembre = 1940, les=20 critiques r=E9vis=E8rent leur jugement =E0 l=92encontre de son = auteur, reconnu=20 aujourd=92hui comme l=92un des plus brillants =E9crivains = am=E9ricains du XXe=20 si=E8cle.

Flaherty, Robert

Robert = Flaherty
(1884-1951)
R=E9alisateur=20 am=E9ricain de documentaires

=C0 l'instar de son p=E8re, = Flaherty suivit des=20 =E9tudes de min=E9ralogie dans les universit=E9s du Michigan et de = Toronto et=20 l'accompagna dans ses diverses exp=E9ditions min=E9ralogiques. Au = cours de=20 l'un de ses voyages dans les r=E9gions subarctiques du Canada, il = fit un=20 reportage sur la vie quotidienne des Inuits. En 1913, il organisa = une=20 nouvelle exp=E9dition, mais se munit cette fois d'une cam=E9ra. = Toutefois,=20 m=E9content du r=E9sultat, il parvint de nouveau =E0 financer un = voyage en 1920.=20 L=E0, il concentra le sujet de son film sur la vie d'une famille = inuit et=20 eut recours aux toutes nouvelles techniques cin=E9matographiques. = Nanouk=20 l'Esquimau (Nanook of the North) sortit en 1922, apr=E8s un an de = tournage.=20 Ce documentaire, l'un des premiers en la mati=E8re, fut reconnu = comme un=20 classique en raison de la simplicit=E9 avec laquelle Flaherty = abordait son=20 sujet. Il y montrait par exemple des sc=E8nes de la vie = quotidienne, comme=20 la p=EAche au harpon. C'=E9tait sa fa=E7on d'=E9voquer le mythe = romantique du=20 sauvage dans sa lutte avec la nature. En 1926, il renouvela son = exp=E9rience=20 dans les =EEles Samoa, o=F9 il r=E9alisa un documentaire analogue = (Moana) sur=20 les habitants. Flaherty parvint =E0 une v=E9ritable ma=EEtrise du = documentaire=20 avec Ombres blanches (White Shadows of the South Seas, 1928) et = Tabou=20 (Tabu, r=E9alis=E9 avec Murnau en 1929). = C'est John=20 Grierson qui le fit conna=EEtre au Royaume-Uni et inventa le terme = de=20 "documentaire" en =E9voquant Moana. Il devint alors le chef de = file de la=20 grande vague du documentaire britannique. En 1934, il r=E9alisa = l'Homme=20 d'Aran (Man of Aran) en tournant de longues s=E9quences si bien = que le=20 montage dura plusieurs ann=E9es. La Terre (The Land, 1942) et = l'Histoire de=20 la Louisiane (The Louisiana Story, 1948) furent ses derniers = films.

Avec Nanouk l=92esquimau, = Robert J.=20 Flaherty est le premier cin=E9aste =E0 donner au documentaire ses = lettres de=20 noblesse

Fleischer, Alain

Alain Fleischer
(1944- )
Artiste = aux=20 pratiques multiples, =E0 la fois photographe, cin=E9aste, = plasticien et=20 =E9crivain

N=E9 =E0 Paris, Alain Fleischer = poursuit des=20 =E9tudes litt=E9raires =E0 la Sorbonne avant de se consacrer au = cin=E9ma. Il=20 r=E9alise un premier long m=E9trage en 1968, Montage IV, puis = rencontre une=20 personnalit=E9 d=E9terminante, celle de Christian Boltanski, qui = lui fait=20 entrevoir une autre fa=E7on de s=92exprimer. Depuis, s=92il n=92a = cess=E9 de=20 r=E9aliser des courts, moyens et longs m=E9trages, il consacre = dans ses=20 travaux une place essentielle =E0 la photographie.

Son oeuvre oscille entre cin=E9ma et photographie. Le mouvement = est ainsi=20 largement pr=E9sent dans ses images fixes, qu=92il retranscrit par = des flous,=20 des fil=E9s, des allusions s=E9miologiques comme les trains, les = cyclistes. Le=20 boug=E9, les surfaces r=E9fl=E9chissantes sont autant = d=92artifices pour=20 interroger l=92observateur sur l=92illusion du reflet, de = l=92image fuyante et=20 impalpable.

Dans les s=E9ries les Jouets tracteurs (1986-1987) et Happy = Days=20 (1986-1988), un petit motard m=E9canique ou une petite cycliste = tra=EEnent sur=20 le sol des miroirs o=F9 se refl=E8tent des femmes aux poses = alanguies. L=92image=20 r=E9fl=E9chie vient du hors-champ. Dans sa tentative de capture, = le miroir se=20 d=E9place de fa=E7on effr=E9n=E9e mais son sillage ne d=E9pose = qu=92une empreinte du=20 corps en fil=E9. La femme est insaisissable.

La s=E9rie des Voyages parall=E8les (1990) illustre, par le = fil=E9 du train=20 qui appara=EEt dans chacune des images, le d=E9placement physique = et mental=20 qu=92implique la lecture dans un train en marche. Avec Hard Days=20 (1991-1992), Alain Fleischer nous invite par un jeu de projections = et de=20 miroirs =E0 traverser l=92espace priv=E9. Papiers d=92argent, = Autoportraits, les=20 Lions de Rome (1992) et la Nuit des visages (1995) illustrent sa = r=E9flexion=20 sur l=92empreinte, l=92illusion de la forme, la recherche = d=92identit=E9.

Depuis le d=E9but des ann=E9es soixante-dix, Alain Fleischer = est=20 r=E9guli=E8rement expos=E9 dans les galeries et mus=E9es = d=92Europe, du Qu=E9bec, des=20 =C9tats-Unis, du Br=E9sil. Enseignant =E0 l=92Institut des hautes = =E9tudes=20 cin=E9matographiques (IDHEC), =E0 l=92=C9cole des beaux-arts =E0 = Paris, =E0 l=92=C9cole=20 nationale de la Photographie =E0 Arles, =E0 l=92universit=E9 de = Montr=E9al, il est=20 =E9galement l=92auteur de r=E9cits et d=92essais sur le cin=E9ma = et la photographie=20 comme Faire le noir et autre =E9crits sur le cin=E9ma (1995). Il a = obtenu=20 entre autres prix, la bourse =ABVilla M=E9dicis Hors les Murs=BB = pour le cin=E9ma=20 en 1983 et le prix de Rome de la photographie en 1985.

Fleischer, Richard

Richard Fleischer
(1916- = )
R=E9alisateur=20 am=E9ricain

N=E9 =E0 Brooklyn, fils du = cartooniste Max=20 Fleischer (l=92inventeur de Betty Boop et le cr=E9ateur de la = s=E9rie Popeye),=20 Richard Fleischer =E9tudie la m=E9decine et l=92art dramatique = avant de former=20 une troupe de th=E9=E2tre en 1937, les Arena Players.

En 1940, il int=E8gre le d=E9partement des actualit=E9s de la = RKO o=F9 il=20 travaille sur des documentaires de la s=E9rie This is America, = ainsi que sur=20 des compilations de films muets.

Il acc=E8de =E0 la mise en sc=E8ne avec Child of Divorce = (1946), et signe=20 ensuite de nombreuses s=E9ries B courtes, destin=E9es aux = premi=E8res parties de=20 programme. Sa rigueur d=92artisan y est d=E9j=E0 remarquable. = Particuli=E8rement =E0=20 l=92aise dans le thriller, le Pigeon d=92argile (Clay Pigeon, = 1949) ou=20 l=92Assassin sans visage (Follow Me Quietly, 1949), il affirme son = talent=20 avec l=92=C9nigme du Chicago-Express (The Narrow Margin, 1952), un = exercice de=20 style tourn=E9 dans le d=E9cor unique d=92un train. Puis il = remporte un immense=20 succ=E8s en r=E9alisant pour les studios Walt Disney = l=92adaptation de Vingt=20 mille lieues sous les mers (Twenty Thousand Leagues Under the Sea, = 1954),=20 d'apr=E8s le roman de Jules Verne.

Sous contrat =E0 la Twentieth Century Fox, il montre la = diversit=E9 de sa=20 palette. Ma=EEtrisant parfaitement le format Cin=E9maScope et la = couleur, il=20 sait rendre =E9touffante l=92atmosph=E8re d=92une petite ville = investie par des=20 criminels dans les Inconnus dans la ville (Violent Saturday, = 1955),=20 conjuguer le fait divers scandaleux et le romanesque de la Belle = =C9poque=20 dans la Fille sur la balan=E7oire (The Girl in the Red Velvet = Swing, 1955)=20 ou d=E9noncer la cruaut=E9 mentale des militaires dans le Temps de = la col=E8re=20 (Between Heaven and Hell, 1956).

Excellent directeur d=92acteurs, il offre aussi de grands = r=F4les =E0 Kirk=20 Douglas dans les Vikings (The Vikings, 1958) ou =E0 Anthony Quinn = dans=20 Barabbas (1962).

De ses nombreux films, il faut retenir l=92exploration = f=E9erique du corps=20 humain dans le Voyage fantastique (Fantastic Voyage, 1966), = l'humour=20 charmant de sa com=E9die musicale, l'Extravagant docteur Dolittle = (Docteur=20 Dolittle, 1967), la pr=E9cision du portrait de criminel = psychopathe dans=20 l=92=C9trangleur de Boston (The Boston Strangler, 1968), le sens = du huis clos=20 dans Terreur aveugle (Blind Terror, 1971), la pr=E9cision de la=20 reconstitution d'une affaire criminelle authentique : = l'=C9trangleur de la=20 place Rillington (Ten Rillington Place, 1971), l=92ambiance = apocalyptique de=20 Soleil vert (Soylent Green, 1973), un film de science-fiction, ou=20 l'intelligence de son travail sur les codes de l=92heroic fantasy = dans=20 Kalidor (Red Sonja, 1985).

Richard Fleischer a r=E9alis=E9 son dernier film, Call from = Space, en=20 1990.

Fleming, Victor

Victor = Fleming
(1883-1949)
Cin=E9aste=20 am=E9ricain, auteur de l=92un des films les plus c=E9l=E8bres du = cin=E9ma mondial,=20 Autant en emporte le vent

N=E9 =E0 Pasadena, en Californie, = Victor Fleming=20 d=E9buta comme op=E9rateur dans de petites soci=E9t=E9s de = production qui venaient=20 de se cr=E9er dans cet =C9tat. Devenu reporter-cameraman pendant = la Premi=E8re=20 Guerre mondiale, il fut choisi par le pr=E9sident Wilson pour = filmer la=20 signature du trait=E9 de Versailles. Il se tourna vers la = r=E9alisation en=20 1920 et dirigea tout d=92abord Douglas Fairbanks dans plusieurs = films (The=20 Mollycodler, 1920) puis tourna en 1925 Lord Jim d=92apr=E8s le = livre de Joseph=20 Conrad.

Sous contrat avec la MGM au temps du parlant, il dirigea Jean = Harlow=20 dans la Belle de Sa=EFgon (Red Dust, 1932) et dans Bombshell = (1933), Wallace=20 Beery dans l=92=CEle au tr=E9sor (Treasure Island, 1934), Clark = Gable, dont il=20 accompagna longtemps la carri=E8re (la Soeur blanche/The White = Sister,=20 1933), ou encore Ingrid Bergman, dans le r=F4le de Jeanne d=92Arc = (1948).=20 Consid=E9r=E9 trop souvent comme un simple artisan, il fut = n=E9anmoins un=20 excellent directeur d=92acteurs et, gr=E2ce =E0 lui, plusieurs = vedettes se=20 virent d=E9cerner des oscars dans des films qu=92il avait = r=E9alis=E9s. Certains=20 de ses films restent des r=E9f=E9rences dans l=92histoire du = cin=E9ma, notamment=20 le Magicien d=92Oz (The Wizard of Oz, 1939), un film musical plein = d=92humour=20 et de fantastique souriant avec Judy Garland et, tourn=E9 la = m=EAme ann=E9e, le=20 c=E9l=E8bre Autant en emporte le vent (Gone with the Wind), dont = certaines=20 s=E9quences ont =E9t=E9 dirig=E9es par Sam Wood et d=92autres par = George Cukor; enfin, = Victor=20 Fleming fut le metteur en sc=E8ne d=92une version = cin=E9matographique remarqu=E9e=20 de l=92oeuvre de Stevenson l=92=C9trange Cas du Dr. Jekyll et de = M. Hyde (Dr.=20 Jekyll and Mr. Hyde, 1941), d=92apr=E8s Robert Louis = Stevenson.

Fleming, Autant en = emporte le=20 vent
Film de producteur par excellence, Autant en emporte = le vent=20 (Gone With the Wind, 1939) n'a exist=E9 que par la volont=E9 = inflexible de=20 David O. Selznick, alors producteur ind=E9pendant (apr=E8s avoir = travaill=E9=20 pour plusieurs Majors, dont la MGM qui distribua le film). = Adapt=E9e d'un=20 roman de Margaret Mitchell, cette fresque romantique sur la guerre = de=20 S=E9cession obtint dix oscars en 1939 et connut un immense = succ=E8s public.=20 Plusieurs directeurs se succ=E9d=E8rent =E0 la r=E9alisation, = sign=E9e par le plus=20 important d'entre eux, Victor Fleming : George Cukor, Sam = Wood et le=20 d=E9corateur William Cameron Menzies. Clark Gable (Rhett Butler) = et Vivien=20 Leigh (Scarlett O'Hara) forment l'un des couples les plus = c=E9l=E8bres de=20 l'histoire du cin=E9ma.

Ford, John

John Ford
(1895-1973)
Producteur = et=20 r=E9alisateur am=E9ricain

N=E9 =E0 Cape Elizabeth (Maine), Sean = Aloysius=20 O'Fearna, dit John Ford, est fils d'=E9migr=E9s irlandais. Apr=E8s = un =E9chec =E0=20 l'examen d'entr=E9e de l'Acad=E9mie navale d'Annapolis et de = nouvelles =E9tudes=20 =E0 l'universit=E9 du Maine, il travaille dans une fabrique de = chaussures,=20 puis rejoint son fr=E8re a=EEn=E9 Francis qui r=E9alise des films = =E0 Hollywood ;=20 assistant de celui-ci dans un premier temps, il devient lui-m=EAme = metteur=20 en sc=E8ne sous le nom de Jack Ford, puis de John Ford en 1923, = tandis que=20 Francis d=E9cide de ne plus =EAtre qu'acteur sous le nom de = Francis Ford.

John Ford commence sa carri=E8re de r=E9alisateur en tournant = des courts=20 m=E9trages : la Tornade (The Tornado, 1917), The Trail of Hate = (1917), The=20 Scraper (1917), puis continue dans le genre du western avec Harry = Carey en=20 vedette. Pour son gosse (The Soul Herder, 1917), Cactus My Pal = (1917), le=20 Ranch Diavolo (Straight Shooting, 1917), l'Inconnu (The Secret = Man, 1917),=20 A Marked Man (1917), avant de le rendre c=E9l=E8bre sous les = traits de=20 Cheyenne Harry dans une dizaine de films, parmi lesquels le = Cavalier=20 fant=F4me (The Phantom Riders, 1918) et les Hommes marqu=E9s = (Marked Men,=20 1919), puis il r=E9alise d'autres histoires du genre avec Buck = Jones. Pour=20 le sauver (Just Pals, 1920) et Tom Mix. Three Jump Ahead (1923). = Il dirige=20 par ailleurs des com=E9dies. The Prince of Avenue A (1920), avec = le champion=20 de boxe Jim Corbett, et The Girl in Number 29 (1920), ainsi que = des=20 m=E9lodrames : Jackie (1921) ou Little Miss Smiles (1921).

John Ford tourne en 1924 un film de format long et d'un style=20 admirable, le Cheval de fer (The Iron Horse), =E9pop=E9e sur la = construction=20 de la ligne de chemin de fer Union Pacific Railroad, et poursuit = avec=20 bonheur et r=E9ussite ses exp=E9rimentations =E0 travers les = genres. Il signe=20 quelques chefs-d'oeuvre, dont les Trois Sublimes Canailles (Three = Bad Men,=20 1926) et les Quatre Fils (Four Sons, 1928).

De sa p=E9riode muette, on peut encore retenir un film de = prison, Un=20 homme libre (The Big Punch, 1921), des drames d'amour maternel : = Silver=20 Wings (1922) et Maman de mon coeur (Mother Machree, 1928), un film = de boxe=20 avec Victor McLaglen, le Champion (The Fighting Heart, 1925), une = com=E9die=20 grin=E7ante dans un asile de vieux com=E9diens, Upstream (1927), = et un film=20 policier, Rilley the Cop (1928).

LA MATURIT=C9 : UNE OEUVRE = =C9CLECTIQUE

Le=20 cin=E9ma parlant ne pose aucun probl=E8me =E0 John Ford, qui = continue de filmer=20 de genre en genre, et signe jusqu=92=E0 quatre films la m=EAme = ann=E9e. Il=20 collabore souvent avec le sc=E9nariste Dudley Nichols sur = des films=20 mettant en sc=E8ne des hommes seuls et isol=E9s face au danger : = Hommes sans=20 femmes (Men Without Women, 1930), la Patrouille perdue (The Lost = Patrol,=20 1934) ou les Hommes de la mer (The Long Voyage Home, 1940), mais = =E9galement=20 pour des films de gangsters (Born Reckless (1930) ou de guerre) = The Seas=20 Beneath (1931), pour des m=E9lodrames. Deux femmes (Pilgrimage, = 1933), des=20 com=E9die de moeurs : Judge Priest (1934), des com=E9dies : = Steamboat Round=20 the Bend (1935), des drames historiques : Mary Stuart (Mary of = Scotland,=20 1936), des films sur la r=E9volte irlandaise : le Mouchard (The = Informer,=20 1935) et R=E9volte =E0 Dublin (The Plough and The Stars, 1936), = des m=E9lodrames=20 exotiques : Hurricane (The Hurricane, 1937) ou des westerns : la=20 Chevauch=E9e fantastique (Stagecoach, 1939), qui permet =E0 John Wayne = d=92acqu=E9rir le statut=20 de star du cin=E9ma.=20

Sans Dudley Nichols, John = Ford adapte=20 un roman de Sinclair Lewis : Arrowsmith (1931), interpr=E9t=E9 par = Ronald=20 Colman, tourne une =E9pop=E9e d'aviation. T=EAte br=FBl=E9e = (Airmail, 1932), un=20 drame sordide avec Wallace Beery. Une femme survint (Flesh, 1932), = une=20 fresque politique et sociale : le Monde en marche (The World Moves = On,=20 1934), une com=E9die polici=E8re avec Edward G. Robinson. Toute la = ville en=20 parle (The Whole Town's Talking, 1935), un drame sur une erreur=20 judiciaire. Je n'ai pas tu=E9 Lincoln (The Prisonner of Shark = Island, 1936),=20 un film d'aventures avec Shirley Temple : la Mascotte du = r=E9giment (Wee=20 Willie Winkie, 1937), un drame =E9pique. Quatre hommes et une = pri=E8re (Four=20 Men and A Prayer, 1938), une biographie de la jeunesse de Lincoln = avec=20 Henry Fonda. Vers sa destin=E9e (Young Mister Lincoln, 1939), une = fresque=20 historique sur la cr=E9ation des =C9tats-Unis d'Am=E9rique. Sur la = piste des=20 Mohawks (Drums Along The Mohawk, 1939), une adaptation du roman de = John=20 Steinbeck, les Raisins de la col=E8re (The Grapes of Wrath, 1940) = et une=20 autre du roman de Erskine Caldwell, la Route du tabac (Tobacco = Road, 1941)=20 et un m=E9lodrame social sur l'Irlande. Quelle =E9tait verte ma = vall=E9e (How=20 Green was My Valley, 1941).=20

LES FILMS DE GUERRE

Pendant la = Seconde=20 Guerre mondiale, John Ford sert dans la marine : il devient amiral = et=20 r=E9alise des films documentaires pour la pr=E9vention =E0 l'usage = des soldats.=20 Sex Hygiene (1941) et des oeuvres de propagande sur les combats : = la=20 Bataille de Midway (The Battle of Midway, 1942), Torpedo Squadron = 8=20 (1942), December 7th (1943) et Nous partons ce soir (We Sail at = Midnight,=20 1943). Il tourne en outre une fiction de guerre, les Sacrifi=E9s = (They Were=20 Expendable, 1945). Lors des conflits en Cor=E9e, il r=E9cidive = avec This is=20 Korea (1951) et Korea (1959) et participe en 1971 au film Vietnam = Vietnam=20 (1971), produit par les services de propagande am=E9ricains.=20

LE WESTERN =C0 SON APOG=C9

Vera Miles et James Stewart dans l'Homme qui tua Liberty = Valance (The=20 Man Who Shot Liberty Valance, 1961) de John Ford.

Ford, l'Homme qui tua = Liberty=20 Valance
R=E9alis=E9 en 1961, au moment m=EAme o=F9 le genre = bascule dans le=20 d=E9clin, l'Homme qui tua Liberty Valance est l'un des films qui = t=E9moignent=20 avec le plus d'=E9vidence des enjeux multiples et de la richesse = du western.=20 En effet, on peut voir simultan=E9ment dans ce film un r=E9cit = d'aventure, une=20 r=E9flexion civique, un conte moral et un po=E8me nostalgique en = hommage =E0=20 l'Ouest sauvage peu =E0 peu soumis =E0 la civilisation. Sous son = apparente=20 simplicit=E9, ce chef-d'oeuvre r=E9v=E8le toute l'habilet=E9 de = John Ford =E0=20 raconter en quelques plans humbles et justes l'histoire = am=E9ricaine, =E0=20 relier le pass=E9 au pr=E9sent dans une trame d'=E9v=E9nements = continue et surtout=20 =E0 montrer avec pr=E9cision les interactions vitales entre = individu et=20 collectivit=E9.

Apr=E8s la Seconde Guerre mondiale, John Ford r=E9alise de = nombreux=20 westerns avec John Wayne : le = Massacre de Fort=20 Apache (Fort Apache, 1948), vision tr=E8s critique de l'attitude = du g=E9n=E9ral=20 Custer, le Fils du d=E9sert (Three Godfathers, 1948), la Charge = h=E9ro=EFque=20 (She Wore a Yellow Ribbon, 1949), Rio Grande (1950), la = Prisonni=E8re du=20 d=E9sert (The Searchers, 1956), les Cavaliers (The Horse Soldiers, = 1959),=20 l'Homme qui tua Liberty Valence (The Man Who Shot Liberty Valence, = 1961)=20 et la Conqu=EAte de l'Ouest (How the West Was Won, 1962). Il = tourne=20 =E9galement sans John Wayne la = Poursuite infernale=20 (My Darling Clementine, 1946) avec Henry Fonda, le Convoi des = braves=20 (Wagon Master, 1950) et quelques oeuvres constituant autant de = plaidoyers=20 contre le racisme : le Sergent noir (Sergeant Ruttledge, 1960), = les Deux=20 Cavaliers (Two Rode Together, 1961) et les Cheyennes (Cheyenne = Autumn,=20 1964).

AUTRES GRANDES OEUVRES

Le succ=E8s des westerns de John Ford ne doit pas faire oublier = ses=20 autres films majeurs, =E0 l=92instar de Dieu est mort (The = Fugitive, 1947),=20 d'apr=E8s le roman la Puissance et la Gloire (The Power and the = Glory) de=20 Graham Greene, ses films de guerre ironiques. Planqu=E9 malgr=E9 = lui (When=20 Willie Comes Marching Home, 1950), What Price Glory (1952) et = Permission=20 jusqu'=E0 l'aube (Mister Roberts, 1955), son film ayant la jungle = comme=20 cadre avec Ava Gardner et Clark Gable : Mogambo (1953), sa = com=E9die : la=20 Taverne de l'Irlandais (Donovan Reef, 1963), son film sur la = politique :=20 la Derni=E8re Fanfare (The Last Hurrah, 1958), ses oeuvres autour = de=20 l'Irlande : l'Homme tranquille (The Quiet Man, 1952), Quand se = l=E8ve la=20 lune (The Rising of the Moon, 1957) et le Jeune Cassidy (Young = Cassidy,=20 1964), son film policier anglais : Inspecteur de service (Gideon = Day,=20 1959), et surtout ses bouleversants m=E9lodrames : Le Soleil = brille pour=20 tout le monde (The Sun Shines Bright, 1953), Ce n'est qu'un au = revoir (The=20 Long Gray Line, 1955), L'aigle vole au soleil (Wings of the Eagle, = 1957),=20 ainsi que son ultime chef-d'oeuvre : Fronti=E8re chinoise (Seven = Women,=20 1966).

John Ford est =E9galement le producteur de Mister Joe = (Mighty Joe=20 Young, 1948), r=E9alis=E9 par Ernest B. Schoedsack et Merian = Cooper, et=20 l=92auteur de trois films pour la t=E9l=E9vision : la = R=E9v=E9lation de l'ann=E9e=20 (Rookie of the Year, 1955), The Colter Craven Story (1960) et = Flashing=20 Spikes (1962).=20

De 1917 =E0 1966, John Ford a r=E9alis=E9 environ 126 films et = remporte=20 plusieurs oscars : le Mouchard (The Informer, 1936), les Raisins = de la=20 col=E8re (The Grapes of Wrath, 1940), Quelle =E9tait verte ma = vall=E9e (How=20 Green was My Valley, 1941) et l'Homme tranquille (The Quiet Man, = 1952).=20 Marqu=E9e par l'amour de l'Am=E9rique, son go=FBt du western, mais = =E9galement par=20 son penchant pour le r=E9alisme, la perspicacit=E9 psychologique = et les sujets=20 audacieux, comme ceux de l'Irlande et du racisme, sa carri=E8re = est=20 unanimement salu=E9e par la critique et le public. Son lyrisme = rigoureux, un=20 sens de l'humour caustique et direct, une sensibilit=E9 de grande = humanit=E9=20 et une conception plastique admirable de l'image ont en effet fait = de lui=20 un ma=EEtre incontest=E9 du septi=E8me art.

Forman, Milos

Milos Forman
(1932- )
Cin=E9aste = am=E9ricain=20 d'origine tch=E8que qui fut l'un des repr=E9sentants majeurs de la = Nouvelle=20 Vague tch=E9coslovaque avant de s'exiler aux = =C9tats-Unis

Apparu en m=EAme temps que d'autres = jeunes=20 r=E9alisateurs comme Passer ou Papouek, Milo = Forman est l'une des figures=20 de proue du renouveau du cin=E9ma tch=E8que =E0 partir des = ann=E9es soixante.=20 Apr=E8s son premier long m=E9trage l'As de pique (1963), il = rencontre une=20 reconnaissance mondiale avec les Amours d'une blonde (1965) qui = s=E9duit par=20 son ton juv=E9nile et sa facture libre. Exil=E9 aux =C9tats-Unis = depuis 1971, il=20 a multipli=E9 les r=E9ussites artistiques et commerciales (Hair, = 1979;=20 Amadeus, 1984; Larry Flint, 1996) mais demeure avant tout le = r=E9alisateur=20 de Vol au-dessus d'un nid de coucou, chef d'oeuvre cinq fois = =ABoscaris=E9=BB et=20 l'une des meilleures description au cin=E9ma du syst=E8me = psychiatrique.

De son vrai nom Tomas Jan, Milos Forman est n=E9 =E0 = =C8=E1slav, en=20 Tch=E9coslovaquie. Orphelin tr=E8s jeune, il fut =E9lev=E9 par de = proches parents.=20 Il suivit les cours de la facult=E9 de cin=E9ma de Prague et = travailla pour la=20 radio avant de devenir l'assistant du cin=E9aste Alfred Radok. Son = premier=20 long-m=E9trage, l'As de pique (=C8ern=FD Petr, 1963), fut = rapidement suivi par=20 les Amours d'une blonde (L=E1sky Jedn=E9 Plavovl=E1sky, 1965), = tendre portrait=20 de la jeunesse tch=E9coslovaque qui connut un grand succ=E8s au = Festival de=20 Cannes, puis par Au feu les pompiers (Ho=F8i m=E1 Panenko, 1967), = qui obtint=20 une nomination aux oscars.

En 1971, Forman s'installa =E0 San Francisco et r=E9alisa = Taking Off. Ce=20 r=E9cit ironique, =E9crit par Jean-Claude Carri=E8re, raconte = l'histoire d'une=20 jeune fille et de ses parents qui m=E8nent chacun de leur c=F4t=E9 = une vie=20 priv=E9e mouvement=E9e. Apr=E8s un documentaire consacr=E9 aux = jeux Olympiques de=20 Munich (Visions of Eight, 1973), il r=E9alisa Vol au-dessus d'un = nid de=20 coucou (One Flew Over the Cuckoo's Nest, 1975) : interpr=E9t=E9 = notamment par=20 Jack Nicholson, le = film remporta=20 cinq oscars. Milos Forman dirigea =E9galement Hair (1979), Ragtime = (1981),=20 Amadeus (1984), d'apr=E8s la pi=E8ce de Peter Shaffer, et Valmont = (1989), une=20 libre adaptation des Liaisons dangereuses de Choderlos de = Laclos.

Fosse, Bob

Bob = Fosse
(1925-1987)
R=E9alisateur,=20 danseur, chor=E9graphe, et com=E9dien am=E9ricain

D'abord danseur, il fait ses = d=E9buts au cin=E9ma=20 dans des r=F4les dansants sous la direction de Stanley Donen et Richard Quine. Parall=E8lement, il devient = l'un des=20 chor=E9graphes les plus r=E9put=E9s de Broadway, avant de passer = avec brio =E0 la=20 mise en sc=E8ne et parfois =E0 l'=E9criture de ses spectacles. En = 1969, il=20 fourbit ses premi=E8res armes au cin=E9ma avec le film Sweet = Charity qu'il=20 adapte de la sc=E8ne. Avec Cabaret (1972), tir=E9 d'une nouvelle = de=20 Christopher Isherwood, il conjugue, en un spectacle total, la = com=E9die=20 musicale et l'=E9vocation de la mont=E9e du nazisme. Sa biographie = film=E9e du=20 comique am=E9ricain Lenny Bruce (Lenny, 1974) frappe par sa = noirceur. Son=20 exploration des arcanes du spectacle se prolonge avec une fresque=20 grandiose, Que le spectacle commence, (1979). Son dernier film, = Star 80=20 (1983) d=E9peint la vie et la mort cruelle de la playmate Dorothy=20 Stratten.

N=E9 =E0 Chicago (Illinois), Robert Louis Fosse, dit Bob Fosse, = d=E9bute=20 comme danseur =E0 Broadway d=E8s l=92=E2ge de treize ans et = s=92oriente vers la=20 chor=E9graphie et la mise en sc=E8ne. Il joue et danse au cin=E9ma = dans The=20 Affairs of Dobie Gillis (1953) de Don Weiss, Embrasse moi, = ch=E9rie (Kiss me=20 Kate, 1953) de George Sidney, Donnez-lui sa chance (Give a Girl a = Break,=20 1954) de Stanley Donen, Ma Soeur est du tonnerre (My Sister Eileen, = 1955) de=20 Richard Quine, Damn Yankees (1955) et Pique-nique en pyjama (The = Pajama=20 Game, 1955), deux films de Stanley Donen, dont il r=E8gle aussi la chor=E9graphie.

Il quitte Hollywood pour revenir danser =E0 Broadway o=F9 il = chor=E9graphie=20 et met en sc=E8ne plusieurs spectacles, dont Bells are Ringing = (1956),=20 Little me (1962) et Sweet Charity (1966) qui lui vaut de revenir = au cin=E9ma=20 comme metteur en sc=E8ne en 1969. Cette adaptation des Nuits de = Cabiria de=20 Federico Fellini en = com=E9die=20 musicale b=E9n=E9ficie =E0 l=92=E9cran de l=92interpr=E9tation de = Shirley MacLaine. Sa=20 deuxi=E8me r=E9alisation, Cabaret (1972), lui vaut un succ=E8s = mondialogue Il=20 encha=EEne avec un film non musical et tragique, Lenny (1974), une = biographie en noir et blanc du com=E9dien Lenny Bruce avec Dustin = Hoffman=20 dans le r=F4le principal. Puis il tourne une nouvelle com=E9die = musicale aux=20 r=E9sonances dramatiques, Que le spectacle commence (All That = Jazz, 1979)=20 qui obtient la palme d=92or au festival de Cannes. Enfin, Star 80 = (1983),=20 son dernier film, est une r=E9flexion sur le sexe et la mort qui = se double=20 d=92une analyse cruelle des milieux du spectacle.

Franju, Georges

Georges = Franju
(1912-1987)
Cin=E9aste=20 fran=E7ais qui fut l=92un des fondateurs de la Cin=E9math=E8que = fran=E7aise aux=20 c=F4t=E9s d=92Henri Langlois et dont l=92oeuvre t=E9moigne d=92une = attirance=20 particuli=E8re pour le fantastique

N=E9 =E0 Foug=E8res, dans = l=92Ille-et-Vilaine,=20 Georges Franju d=E9buta comme d=E9corateur de th=E9=E2tre avant de = se tourner vers=20 le cin=E9ma. H=E9ritier du r=E9alisme po=E9tique de certains = pionniers, proche de=20 conceptions surr=E9alistes rarement mises en pratique =E0 = l=92=E9cran, il r=E9alisa=20 des documentaires quasi pamphl=E9taires : le Sang des b=EAtes = (1949, sur les=20 abattoirs), H=F4tel des Invalides (1952, sur les invalides de = guerre). Il=20 s=92est exprim=E9 dans le long-m=E9trage avec un regard o=F9 la = tendresse se m=EAle=20 =E0 la violence : les Yeux sans visage (d=92apr=E8s = Boileau-Narcejac et avec=20 Pierre Brasseur, 1960), Th=E9r=E8se Desqueyroux (d=92apr=E8s = Fran=E7ois Mauriac et=20 avec Philippe Noiret, 1962), la Faute de l=92abb=E9 Mouret = (d=92apr=E8s =C9mile Zola=20 et avec Francis Huster, 1970). Ses films ont su =EAtre tout =E0 la = fois=20 pol=E9miques et libertaires, en particulier son adaptation de la = T=EAte contre=20 les murs (d=92apr=E8s Herv=E9 Bazin et avec Jean-Pierre Mocky, = 1959). Il a=20 rendu un hommage tr=E8s r=E9ussi =E0 <= FONT=20 color=3Dblue>Louis Feuillade dans Judex (1964).

Frank, Robert

Robert Frank
(1924- )
Cin=E9aste = am=E9ricain=20 d'origine suisse

Photographe et cin=E9aste = suisse qui fut =E0=20 l=92origine des premiers reportages subjectifs.

Frank naquit =E0 Zurich, o=F9 il =E9tudia la photographie et = travailla comme=20 photographe industriel. Il partit pour les =C9tats-Unis en 1947 et = devint =E0=20 New York photographe de mode pour de nombreux journaux (Life, = Fortune,=20 etc.). En 1948, il accomplit son premier reportage en Am=E9rique = du Sud.

Frank s=92initie d=E8s 1942 =E0 l=92utilisation d=92appareils = de grand format. Il=20 =E9volue vers un style propre et in=E9dit en photographiant des = sc=E8nes de rue=20 =E0 Zurich. En 1947, il =E9migre aux =C9tats-Unis. Son talent y = sera d=E9couvert=20 et exploit=E9 par Alexey Brodovitch, le directeur artistique de la = c=E9l=E8bre=20 revue new-yorkaise Harper=92s Bazaar, qui l=92engage comme = photographe=20 publicitaire. Il collaborera aussi =E0 divers p=E9riodiques dont = Life, Look,=20 Fortune ou The New York Times. =C0 c=F4t=E9 de ce travail =E0 = vocation purement=20 commerciale, Frank obtient des contrats en Europe et en Am=E9rique = du Sud.=20 L=92album Indiens pas morts, publi=E9 en 1956 =E0 Paris par Robert = Delpire,=20 regroupe des photographies de la vie quotidienne des Indiens du = P=E9rou=20 sign=E9es par Frank, Werner Bischof et Pierre Verger.

Dans les ann=E9es cinquante, Frank se lia avec les artistes de = la beat=20 generation. En 1955, une bourse de la fondation Guggenheim lui = permit de=20 voyager pendant deux ans =E0 travers les =C9tats-Unis. Les = Am=E9ricains, recueil=20 qu=92il publia en France en 1958 puis aux =C9tats-Unis un an plus = tard avec=20 une pr=E9face de Jack Kerouac, expriment sa vision personnelle et = ironique=20 de l=92Am=E9rique.

Au d=E9but des ann=E9es soixante, Frank se tourna vers le = cin=E9ma=20 exp=E9rimental, r=E9alisant en particulier Pull My Daisy (1959) = d=92apr=E8s une=20 pi=E8ce de Kerouac. Il revint =E0 la photographie vers 1970, = s=92int=E9ressant=20 notamment =E0 la technique du Polaroid. Depuis 1969, Frank vit en=20 Nouvelle-=C9cosse, au Canada.

L=92oeuvre photographique de Robert Frank, multiple, complexe = et=20 radicalement personnelle, appara=EEt comme le lieu d=92une = exploration=20 int=E9rieure. Partant de la th=E8se que =ABla photographie reste = toujours la=20 r=E9action instinctive de l=92op=E9rateur vis-=E0-vis de = lui-m=EAme=BB, th=E8se=20 radicalement oppos=E9e au principe du =ABmoment d=E9cisif=BB cher = =E0 Cartier-Bresson, il = subjectivise les=20 r=E9alit=E9s qu=92il aborde avec une intensit=E9 qui va bien = au-del=E0 de=20 l=92expression prosa=EFque d=92un simple point de vue.

En 1955, il est le premier non-Am=E9ricain =E0 recevoir la = bourse=20 Guggenheim; lib=E9r=E9 de toute contrainte financi=E8re, il voyage = =E0 travers les=20 =C9tats-Unis durant un an. Les Am=E9ricains, s=E9lection de = quatre-vingt-trois=20 photographies, sera publi=E9 =E0 Paris en 1958 par Delpire et =E0 = New York=20 l=92ann=E9e suivante. Le recueil, qualifi=E9 de sinistre et = pervers par la=20 critique dans son ensemble, est per=E7u comme une attaque contre = l=92optimisme=20 am=E9ricain. En 1972, Frank publie au Japon The Lines of my Hand, = un recueil=20 de photographies pr=E9sent=E9 comme une v=E9ritable = =ABautobiographie=20 photographique=BB. Compl=E9t=E9 en 1989 et publi=E9 = simultan=E9ment aux =C9tats-Unis,=20 au Canada, en Suisse et en Grande-Bretagne, il constitue = aujourd=92hui le=20 plus important ouvrage de r=E9f=E9rence sur l=92oeuvre de = Frank.

Sans vouloir nuire =E0 la coh=E9rence globale de l=92oeuvre de = Robert Frank,=20 il faut distinguer deux grandes phases dans sa production = photographique,=20 s=E9par=E9es par une p=E9riode d=92abandon temporaire de la = photographie au profit=20 du cin=E9ma. La premi=E8re phase correspond approximativement =E0 = son travail=20 professionnel de reporter, qu=92il poursuit de 1947 =E0 1958. = Influenc=E9 au=20 d=E9part par les oeuvres de Walker Evans et d=92Andr=E9 Kert=E9sz, = Frank explore=20 les potentialit=E9s de la prise de vue directe et sans retouche = des th=E8mes=20 du reportage classique : sc=E8nes de rue, d=E9cors de la vie = quotidienne,=20 portraits, dans lesquels il renouvelle les r=F4les et fonctions de = l=92=E9clairage, de la nettet=E9 et du cadrage. Les surexpositions = sont=20 r=E9cup=E9r=E9es =E0 des fins expressives; le flou appara=EEt non = plus comme=20 alt=E9ration, mais comme indice de pr=E9occupations = existentielles; la=20 pratique, occasionnelle, du d=E9cadrage exacerbe une frustration, = caus=E9e par=20 le manque, l=92absence d=92un =E9l=E9ment d=E9terminant et = soulign=E9e encore par la=20 convergence des regards vers le hors-champ. Frank pratique de = fa=E7on=20 syst=E9matique la d=E9multiplication de l=92image, qu=92il joue = sur la=20 juxtaposition de plusieurs clich=E9s se succ=E9dant dans le temps = ou proches=20 dans l=92espace, qu=92il exploite la mise en abyme (pr=E9sence = r=E9currente=20 d=92=E9crans de t=E9l=E9vision, de panneaux publicitaires), = qu=92il cr=E9e des effets=20 de surimpression =E0 partir de reflets dans des vitres ou des = miroirs, ou=20 encore qu=92il privil=E9gie les sujets d=E9j=E0 morcel=E9s et use = du =ABcadre dans le=20 cadre=BB (personnages vus au travers des fen=EAtres d=92immeubles, = de bus ou de=20 voitures). Cette esth=E9tique extr=EAmement coh=E9rente implique = une double=20 r=E9flexion sur les notions d=92espace et de temps, et annonce en = cela la=20 nature discursive et =ABfictionnelle=BB de sa photographie = future.

L=92oeuvre cin=E9matographique de Frank, entreprise en 1958, = prolonge par=20 de nombreux aspects son travail ant=E9rieur : qu=EAte et = exploration de soi,=20