From: =?Windows-1252?Q?Enregistr=E9_par_Windows_Internet_Explorer=A07?= Subject: D Date: Thu, 24 Apr 2008 04:54:23 +0200 MIME-Version: 1.0 Content-Type: multipart/related; type="text/html"; boundary="----=_NextPart_000_014B_01C8A5C7.43AB3DB0" X-MimeOLE: Produced By Microsoft MimeOLE V6.0.6000.16545 This is a multi-part message in MIME format. ------=_NextPart_000_014B_01C8A5C7.43AB3DB0 Content-Type: text/html; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Location: http://cinemanageria.ifrance.com/abc_cineastes/d.htm D
D

Daquin, Louis

Louis = Daquin
(1908-1980)
R=E9alisateur=20 fran=E7ais

N=E9 =E0 Calais, Louis Daquin passe = son enfance=20 dans une famille de la petite bourgeoisie commer=E7ante. Promis = =E0 une=20 carri=E8re commerciale, il =E9crit des pi=E8ces de th=E9=E2tre et = se passionne pour=20 le cin=E9ma. =C0 partir de 1933, il est assistant r=E9alisateur de = Pierre=20 Chenal, d=92Abel Gance, = d=92Albert Valentin et=20 surtout de Jean Gr=E9millon. En = 1941, il=20 adh=E8re au Parti communiste fran=E7ais et r=E9alise l=92ann=E9e = suivante Nous les=20 gosses, qui d=E9peint son =E9poque avec une justesse rare, tout en = exaltant=20 l=92esprit de solidarit=E9. Apr=E8s une fantaisie polici=E8re, = Madame et le mort=20 (1942), et une subtile adaptation de Simenon, le Voyageur de la = Toussaint=20 (1942), il sort des studios pour r=E9aliser en d=E9cors r=E9els = Premier de=20 cord=E9e (1943), d=92apr=E8s le roman de Frison-Roche.

En 1944, Daquin, responsable syndical, fonde une coop=E9rative = qui=20 produit des films =E0 sujet politique. Mais Patrie (1945) et les = Fr=E8res=20 Bouqinquant (1947) d=E9=E7oivent. Avec la collaboration de = Wladimir Pozner, il=20 r=E9alise le Point du jour, un film sur la vie des mineurs = tourn=E9=20 principalement en d=E9cors r=E9els =E0 Lenset =E0 Li=E9vin, = m=EAlant acteurs=20 chevronn=E9s (Ren=E9 Lef=E8vre, Gaston Modot), d=E9butants (Jean = Dessailly, Loleh=20 Bellon, Michel Piccoli), et authentiques mineurs.

Jusqu=92=E0 son dernier film, la Foire aux cancres (1963), ses = options=20 politiques ont g=EAn=E9 sa carri=E8re fran=E7aise. Il a tourn=E9 = en Autriche Bel-Ami=20 (1954), d=92apr=E8s Maupassant, et en Roumanie, les Chardons du = Baragan=20 (1957), d=92apr=E8s Panait Istrati. Il a laiss=E9 deux livres de = r=E9flexions=20 parfois am=E8res, le Cin=E9ma, notre m=E9tier (1960) et On ne tait = pas ses=20 silences (1980).

Daquin, Louis

Louis = Daquin
(1908-1980)
R=E9alisateur=20 fran=E7ais

N=E9 =E0 Calais, Louis Daquin passe = son enfance=20 dans une famille de la petite bourgeoisie commer=E7ante. Promis = =E0 une=20 carri=E8re commerciale, il =E9crit des pi=E8ces de th=E9=E2tre et = se passionne pour=20 le cin=E9ma. =C0 partir de 1933, il est assistant r=E9alisateur de = Pierre=20 Chenal, d=92Abel Gance, = d=92Albert Valentin et=20 surtout de Jean Gr=E9millon. En = 1941, il=20 adh=E8re au Parti communiste fran=E7ais et r=E9alise l=92ann=E9e = suivante Nous les=20 gosses, qui d=E9peint son =E9poque avec une justesse rare, tout en = exaltant=20 l=92esprit de solidarit=E9. Apr=E8s une fantaisie polici=E8re, = Madame et le mort=20 (1942), et une subtile adaptation de Simenon, le Voyageur de la = Toussaint=20 (1942), il sort des studios pour r=E9aliser en d=E9cors r=E9els = Premier de=20 cord=E9e (1943), d=92apr=E8s le roman de Frison-Roche.

En 1944, Daquin, responsable syndical, fonde une coop=E9rative = qui=20 produit des films =E0 sujet politique. Mais Patrie (1945) et les = Fr=E8res=20 Bouqinquant (1947) d=E9=E7oivent. Avec la collaboration de = Wladimir Pozner, il=20 r=E9alise le Point du jour, un film sur la vie des mineurs = tourn=E9=20 principalement en d=E9cors r=E9els =E0 Lenset =E0 Li=E9vin, = m=EAlant acteurs=20 chevronn=E9s (Ren=E9 Lef=E8vre, Gaston Modot), d=E9butants (Jean = Dessailly, Loleh=20 Bellon, Michel Piccoli), et authentiques mineurs.

Jusqu=92=E0 son dernier film, la Foire aux cancres (1963), ses = options=20 politiques ont g=EAn=E9 sa carri=E8re fran=E7aise. Il a tourn=E9 = en Autriche Bel-Ami=20 (1954), d=92apr=E8s Maupassant, et en Roumanie, les Chardons du = Baragan=20 (1957), d=92apr=E8s Panait Istrati. Il a laiss=E9 deux livres de = r=E9flexions=20 parfois am=E8res, le Cin=E9ma, notre m=E9tier (1960) et On ne tait = pas ses=20 silences (1980).

Dassin, Jules

Jules Dassin
(1911- )
Cin=E9aste = am=E9ricain=20 remarqu=E9 par Hollywood gr=E2ce =E0 son travail =E0 Broadway, qui = dut s'=E9tablir=20 en Europe =E0 cause du maccarthysme

Metteur en sc=E8ne d'une rare = =E9nergie, obs=E9d=E9=20 par la violence, il a r=E9alis=E9 notamment Nazi Agent (1942) et = les D=E9mons de=20 la Libert=E9 (Brute Force, 1947), avant de livrer ses meilleurs = films : la=20 Cit=E9 sans voiles (The Naked City, 1948), enti=E8rement tourn=E9 = en ext=E9rieurs,=20 les Bas-fonds de Frisco (Thieves Highway, 1949) et les Forbans de = la nuit=20 (Night and the City, 1950). En Europe, il tourna principalement en = Gr=E8ce,=20 souvent en compagnie de son =E9pouse Melina Mercouri : Celui qui = doit mourir=20 (1956), Jamais le dimanche (1960) et Phaedra (1962). Il retrouva = un=20 nouveau souffle aux =C9tats-Unis o=F9 il revint en 1968 pour six = autres=20 films.

Daves, Delmer

Delmer = Daves
(1904-1977)
Sc=E9nariste et=20 cin=E9aste am=E9ricain

N=E9 =E0 San Francisco, Delmer = Daves visite=20 longuement l'Europe et les =C9tats-Unis apr=E8s ses =E9tudes de = droit, se=20 passionne pour la civilisation indienne et les sciences = naturelles, puis=20 devient assistant r=E9alisateur, sc=E9nariste et com=E9dien =E0 la = fin de l=92=E9poque=20 du muet. Il travaille alors avec James Cruze, Busby Berkeley, Frank Borzage et = L=E9o McCarey,=20 avant de passer =E0 la r=E9alisation.

Il s'illustre d=E8s lors dans le film de guerre avec = Destination Tokyo=20 (1943), The Pride of the Marines (1945), Horizons en flammes (Task = Force,=20 1949) et Diables au soleil (Kings Go Forth, 1958), dans le = thriller avec=20 Ombres sur Paris (To The Victor, 1948) et triomphe dans le film = noir avec=20 la Maison rouge (The Red House, 1947) et les Passagers de la nuit = (Dark=20 Passage, 1947).

Il signe =E9galement une com=E9die musicale, Hollywood Canteen = (1944), une=20 com=E9die intitul=E9e A Kiss in the Dark (1949), et des films = d'aventures=20 exotiques comme l'Oiseau de paradis (Bird of Paradise, 1951) et le = Tr=E9sor=20 du Guatemala (Treasure of the Golden Condor, 1953). Il r=E9alise = encore un=20 p=E9plum, les Gladiateurs (Demetrius and the Gladiator, 1954), des = films=20 sociaux comme Return of the Texan (1952), la Montagne des neuf = Spencer=20 (Spencer's Mountain, 1963) et Youngblood Hawke (1963), et des = m=E9lodrames=20 comme Ne me quitte jamais (Never Let Me Go, 1953), Ils n'ont que = vingt ans=20 (Summer Place, 1960), la Soif de la jeunesse (Parrish, 1961), = Susan Slade=20 (1961), Rome Adventures (1962) et The Battle of the Villa Florita=20 (1964).

Il se distingue tout sp=E9cialement dans le western, genre dans = lequel il=20 d=E9bute par une g=E9n=E9reuse d=E9nonciation du racisme, la = Fl=E8che bris=E9e (Broken=20 Arrow, 1950), puis l'Homme de nulle part (Jubal, 1956), la = Derni=E8re=20 Caravane (The Last Wagon, 1956), 3 h 10 pour Yuma (3.10 to Yuma, = 1957),=20 Cow Boy (1958), l'Or du Hollandais (The Badlanders, 1958) et la = Colline=20 des potences (The Hanging Tree, 1959).

Malgr=E9 la diversit=E9 des genres que le cin=E9aste a = abord=E9s, l=92oeuvre de=20 Delmer Daves est marqu=E9e par une grande coh=E9rence, notamment = dans sa=20 fid=E9lit=E9 aux valeurs de la compassion, de la connaissance et = du respect,=20 dans sa d=E9nonciation du racisme, de la barbarie et de = l=92hypocrisie en=20 g=E9n=E9ral, ainsi que par un regard particuli=E8rement r=E9aliste = et humain port=E9=20 sur les personnages. De fa=E7on assez inhabituelle =E0 Hollywood, = Delmer Daves=20 a pu exercer un contr=F4le pouss=E9 sur ses propres films, dont il = a souvent=20 =E9t=E9 le sc=E9nariste, et parfois le producteur.

=C0 la fois lyriques et r=E9alistes, les films de Delmer Daves = sont ceux=20 d=92un grand cr=E9ateur de formes - son usage de la grue et des = panoramiques=20 est remarquable -, d=92un coloriste inspir=E9 et d=92un talentueux = architecte=20 des signes.

Davies, Terence

Davies Terence
(1945- = )
Cin=E9aste=20 britannique

N=E9 =E0 Liverpool, Davies = quitte l=92=E9cole d=E8s=20 l=92=E2ge de quinze ans et travaille plusieurs ann=E9es comme = employ=E9 de bureau.=20 Tourn=E9s avec un budget d=E9risoire, ses trois premiers courts = m=E9trages en=20 noir et blanc et en 16 mm ont =E9t=E9 regroup=E9s sous le nom de = The Terence=20 Davies Trilogy. The Children (1976), Madonna and Child (1980) et = enfin=20 Death and Transfiguration (1983) parlent de l=92enfance d=92un = jeune gar=E7on,=20 catholique homosexuel, grandissant =E0 Liverpool. Lyrique et = angoiss=E9, ce=20 r=E9cit =E9conome bascule continuellement du pr=E9sent au pass=E9, = de la m=E9moire =E0=20 l=92imagination.

Ses longs m=E9trages, Distant Voices, Still Life (1988) et The = Long Day=20 Closes (1992) sont =E9galement des reconstructions = autobiographiques de ses=20 jeunes ann=E9es =E0 Liverpool. Distant Voices, Still Life est la = chronique=20 d=92une famille en crise o=F9 une m=E8re et son fils endurent les = s=E9vices d=92un=20 p=E8re brutal. Servie par une tr=E8s suggestive bande-son = constitu=E9e de=20 chansons populaires de l=92=E9poque, elle communique une = impression=20 profond=E9ment oppressante de la vie au sein d=92une famille = modeste des=20 ann=E9es cinquante. Comme pour compenser la brutalit=E9 de Distant = Voices,=20 Still Lifes, The Long Day Closes (en Technicolor) met en sc=E8ne = un jeune=20 gar=E7on solitaire et anxieux pour qui le cin=E9ma appara=EEt = comme une promesse=20 d=92espoir et de bonheur face =E0 la mis=E8re affective et = intellectuelle de son=20 milieu. Dans ces deux films, la place de la parole et du langage = est=20 r=E9duite au profit des chansons et des =E9missions radiophoniques = de=20 l=92=E9poque. Dans ce cin=E9ma du chuchotement et du murmure, = musiques et=20 chansons finissent par incarner les sentiments que la famille = n=92est pas en=20 mesure d=92exprimer. Des souvenirs, la r=E9f=E9rence =E0 des = peintures ou =E0 des=20 photographies, disent aussi la duret=E9 de cet univers et = suscitent un=20 sentiment d=92=E9touffement.

Adaptation d=92une nouvelle de John Kennedy Toole, The Neon = Bible (1995)=20 relate l=92=E9veil intellectuel et affectif d=92un jeune gar=E7on = accabl=E9 par une=20 m=E8re d=E9pressive et que vient sortir de sa torpeur une tante = excentrique=20 (interpr=E9t=E9e par l=92actrice Gena Rowlands). L=E0 encore, la = mise en sc=E8ne de=20 tableaux (le Nighthawks d=92Edward Hopper par exemple), de = photographies ou=20 la r=E9f=E9rence =E0 de vieux films am=E9ricains viennent hanter = des images=20 =E9l=E9gantes et glac=E9es.

De Palma, Brian

Brian De Palma
(1940- = )
Cin=E9aste am=E9ricain=20 fascin=E9 par Alfred Hitchcock, qui = traite=20 principalement des th=E8mes de l=92innocence et de la = culpabilit=E9 et fait=20 montre d=92une constante fascination pour le voyeurisme et pour le = surnaturel

Brian De Palma est n=E9 =E0 = Newark, dans le New=20 Jersey. Apr=E8s quelques films exp=E9rimentaux, il fut = r=E9v=E9l=E9 au public et =E0=20 la critique internationale par deux longs-m=E9trages qui posaient = les bases=20 d=92un expressionnisme moderne : Soeurs de sang (Sisters, 1973), = sur le=20 rapport entre deux soeurs siamoises et Phantom of the Paradise, = (1974),=20 variation fantastique sur le pouvoir dans les milieux du rock = librement=20 inspir=E9e du Fant=F4me de l=92Op=E9ra de Gaston Leroux. Il se fit = le sp=E9cialiste=20 des thrillers horrifiques, des intrigues excessives et des = personnages=20 hors du commun : Obsession (1976, inspir=E9 du Vertigo d=92Hitchcock), Carrie au = bal du=20 diable (Carrie, 1976, d=92apr=E8s un roman de Stephen King), Furie = (The Fury,=20 1978), Pulsions (Dressed to kill, 1980), Blow Out (1981, dont le = titre=20 fait r=E9f=E9rence au Blow Up d=92Antonioni).

Palma, Phantom of the=20 Paradise
Ce deuxi=E8me long m=E9trage de Brian De Palma, = une relecture=20 tr=E8s libre du Fant=F4me de l'Op=E9ra de Gaston Leroux et du = mythe de Faust, au=20 d=E9coupage fr=E9n=E9tique et =E0 l'esth=E9tique =AB disco=BB, fut = un film culte des=20 ann=E9es soixante-dix.

Il r=E9alisa ensuite avec panache, voire avec emphase, des = remakes comme=20 Scarface (d=92apr=E8s le film d=92Howard Hawks, 1983) = avec Al=20 Pacino, et des traitements cin=E9matographiques de s=E9ries = t=E9l=E9vis=E9es tr=E8s=20 populaires : les Incorruptibles (The Untouchables, 1987), avec = Kevin=20 Costner, puis Mission : impossible (1996), avec Tom Cruise. Parmi = ses=20 autres r=E9alisations figurent encore l=92Impasse (Carlito=92s = Way, 1993) et le=20 B=FBcher des vanit=E9s (1990), adaptation du roman de Tom = Wolfe.

Al Pacino dans Scarface = (1983) de=20 Brian De Palma.

Tony Montana (Al Pacino), petit truand d'origine cubaine, entre = au=20 service d'un ca=EFd de la drogue, Frank Lopez (Robert Loggia). = Ambitieux,=20 pr=EAt =E0 tout, il =E9limine son patron avant d'=E9pouser sa = femme (Michelle=20 Pfeiffer). Refusant un jour de massacrer une famille, il est =E0 = son tour=20 menac=E9 de mort. Adapt=E9 d'un c=E9l=E8bre film d'Howard Hawks = (Scarface, Shame of=20 the Nation, 1931), le long-m=E9trage de Brian De Palma doit = beaucoup =E0 son=20 interpr=E8te principal, Al Pacino, litt=E9ralement transfigur=E9 = par ce=20 personnage de gangster psychopathe.

Souvent grandiloquent dans sa recherche d=92effets et dans ses = surcharges=20 th=E9matiques, Brian De Palma a s=E9duit le public et la critique = en faisant=20 montre d=92un grand sens de l=92image.

De Santis, Giuseppe

Giuseppe De = Santis
(1917-1997)
Cin=E9aste et=20 sc=E9nariste italien

N=E9 =E0 Fondi (petite ville du = Latium, pr=E8s de=20 Latina, dans les Marais-Pontins), Giuseppe De Santis =E9tudie la = philosophie=20 =E0 Rome et =E9crit des nouvelles. Un ami le fait rentrer =E0 la = revue Cinema,=20 dirig=E9e par Vittorio Mussolini, neveu du Duce, o=F9 il entre en = relation=20 avec Carlo Lizzani, Michelangelo = Antonioni et Luchino Visconti avec = lequel il=20 participe =E0 l=92=E9criture et =E0 la r=E9alisation des Amants = diaboliques=20 (Ossessione, 1943). Il travaille =E9galement avec Rossellini et entre = dans la=20 R=E9sistance comme membre du Parti communiste italien. En 1945, il = coordonne=20 avec Mario Serandrei un film collectif, Jour de gloire (Giorni di = gloria),=20 film de montage sur la R=E9sistance et r=E9alise son premier film = en 1946,=20 Chasse tragique (Caccia tragica), dans une veine lyrique et=20 symbolique.

De Santis, Riz = amer
Silvana=20 Mangano, =E0 ses d=E9buts au cin=E9ma, dans une sc=E8ne du film de = Giuseppe De=20 Santis Riz amer (1948), o=F9 elle interpr=E8te le r=F4le d'une = ouvri=E8re agricole=20 aux c=F4t=E9s de Vittorio Gassman. Situ=E9 dans les rizi=E8res de = Vercelli, le=20 film traite de passions, de sentiments et de questions sociales, = de=20 l'histoire du peuple et en m=EAme temps du destin des individus. = Silvana=20 Mangano et Vittorio Gassman anticipent ici un duo de personnages = que l'on=20 retrouvera bien souvent au cin=E9ma : la belle et l'escroc = maladroit.

De Sica, Vittorio

Vittorio De = Sica
(1901-1974)
R=E9alisateur=20 et acteur italien

N=E9 =E0 Sora, Vittorio De Sica = passe son enfance=20 =E0 Naples et =E0 Rome. Il =E9tudie d=92abord la comptabilit=E9, = puis joue au=20 th=E9=E2tre dans des revues dirig=E9es par Mario Mattoli, avant = d=92appara=EEtre=20 dans des films muets comme la Belleza del mondo (1926) de Mario=20 Almirante.

=C0 l=92=E9poque du parlant, De Sica devient une vedette et = interpr=E8te des=20 com=E9dies sentimentales populaires comme les Hommes, quels mufles = (gli=20 Uomini=85 che mascalzoni, 1932) et Je donnerai un million (Dar=F2 = un milione,=20 1935) de Mario Camerini, et = des films=20 commerciaux Ces gar=E7ons (Questi ragazzi, 1937) de Mario Mattoli = ou=20 Ch=E2teaux en l'air (Castelli in aria, 1938) d=92Augusto = Genina.

De Sica, le Voleur de=20 bicyclette
Le Voleur de bicyclette (Ladri di Biciclette, = 1948), de=20 Vittorio De Sica, appara=EEt comme le film le plus embl=E9matique = du=20 n=E9o-r=E9alisme. Un ch=F4meur (Lamberto Maggiorani), dans = l'Italie=20 d'apr=E8s-guerre, a trouv=E9 un travail li=E9 =E0 la possession = d'une bicyclette.=20 Il s'en procure une, mais on la lui vole ; il se lance alors avec = son=20 jeune fils =E0 la recherche du voleur.

Devenu l=92incarnation du s=E9ducteur italien, il fait une = carri=E8re=20 internationale avec Madame de=85 (1953) de Max Ophuls, l'Adieu = aux armes (A=20 Farewell to Arms, 1958) de Charles Vidor, Austerlitz (1958) d=92Abel Gance, l'Ange = pourpre (The=20 Angel Wore Red, 1961) de Nunnaly Johnson, Vive Henri IV, Vive = l'amour=20 (1964) de Claude Autant-Lara et = triomphe en=20 Italie avec Pain, Amour et Fantaisie (Pane, amore e fantasia, = 1953) de Luigi Comencini, la = Belle=20 Meuni=E8re (la Bella Mugnaia, 1955) de Mario Camerini et le = G=E9n=E9ral=20 Della Rovere (il Generale Della Rovere, 1959) de Roberto = Rossellini.

De Sica, le Jardin des=20 Finzi-Contini
Une sc=E8ne du film le Jardin des = Finzi-Contini (1970)=20 que Vittorio De Sica tira du roman de Giorgio Bassani. L'acteur = Lino=20 Capolicchio, aux c=F4t=E9s de l'actrice Dominique Sanda, = interpr=E8te le=20 personnage auquel le romancier s'est lui-m=EAme identifi=E9.

Avec Rose scarlatte (1940), De Sica fait ses d=E9buts de = r=E9alisateur. Il=20 commence =E0 d=E9velopper un style personnel d=E8s les Enfants = nous regardent (I=20 bambini ci guardano, 1943). Dans la d=E9cennie suivante, il = r=E9alise quatre=20 films phares du n=E9or=E9alisme avec la complicit=E9 du = sc=E9nariste Cesare=20 Zavattini : Sciuscia (Scusci=E0, 1946), qui remporte l'oscar du = meilleur=20 film =E9tranger, le Voleur de bicyclette (Ladri di Biciclette, = 1948), qui=20 gagne la m=EAme r=E9compense et conna=EEt un succ=E8s = international, Miracle =E0=20 Milan (Miracolo a Milano, 1951) et Umberto D. (1952). Films = sociaux et=20 humanistes d'une grande qualit=E9 artistique, ces oeuvres font de = De Sica=20 l=92un des principaux cin=E9astes de son temps.

Sophia Loren dans la = Ciociara (1961),=20 de Vittorio De Sica.
Cesira (Sophia Loren), une jeune = veuve, fuit=20 Rome et ses bombardements en compagnie de sa fille, Rosetta = (Eleanora=20 Brown) pour se r=E9fugier dans son village natal, situ=E9 dans une = r=E9gion=20 montagneuse nomm=E9e la Ciociara. Adapt=E9e du roman la Ciociara = d'Alberto=20 Moravia par Cesare Zavattini, Vittorio De Sica filme cette = histoire avec=20 un grand sens des d=E9tails de la vie quotidienne, magnifi=E9s par = la=20 splendeur de paysages d=E9sol=E9s. S'il reste fid=E8le au credo = n=E9or=E9aliste, il=20 n'en offre pas moins =E0 Sophia Loren un r=F4le =E0 sa mesure de = future star,=20 qu'un prix d'interpr=E9tation =E0 Cannes et un oscar =E0 Hollywood = r=E9compenseront.

Il r=E9alise ensuite une vingtaine de films courageux et = g=E9n=E9reux, parmi=20 lesquels il faut surtout retenir Station terminus (Stazione = termini,=20 1953), l'Or de Naples (l'Oro di Napoli, 1954), le Toit (il Tetto, = 1956),=20 la Ciociara (1960), Hier, Aujourd'hui et Demain, (Ieri, oggi, = domani,=20 1963), nouvel oscar du meilleur film =E9tranger, Mariage =E0 = l'italienne=20 (Matrimonio all'italiana, 1964), et le tr=E8s beau Jardin des = Finzi Contini=20 (il Giardino dei Finzi Contini, 1970), son quatri=E8me oscar. Il a = termin=E9=20 sa carri=E8re de cin=E9aste avec le Voyage (il Viaggio, 1974).

Debord, Guy

Guy Debord
(1931-1994)
Ecrivain = et=20 cin=E9aste fran=E7ais, figure importante de l=92avant-garde = apr=E8s la Seconde=20 Guerre mondiale. Cofondateur de l=92Internationale Situationniste, = il a=20 contribu=E9, par son analyse de la soci=E9t=E9 moderne, =E0 = l=92=E9mergence des=20 =E9v=E9nements de mai 1968

Comme beaucoup de jeunes de sa = g=E9n=E9ration,=20 Debord est tr=E8s t=F4t attir=E9 par les avant-gardes artistiques. = S=E9duit dans=20 un premier temps par le surr=E9alisme, il juge le groupe de Breton = obsol=E8te=20 et se tourne un temps vers le lettrisme d=92Isidore Isou. Il rompt = avec ce=20 dernier pour fonder, avec Gil. J. Wolman, l=92Internationale = Lettriste, en=20 1952, pr=E9lude =ABartistico-politique=BB au situationnisme. = Fortement inspir=E9=20 par Hegel, Debord veut faire table rase du pass=E9 et cherche =E0 = construire=20 une nouvelle culture qui m=EAle l=92art et la vie. Il expose ses = conceptions=20 dans les revues Potlach et les L=E8vres nues (1954-1958) et = participe en=20 1957, avec plusieurs artistes issus notamment du mouvement Cobra, = =E0 la=20 fondation de l=92Internationale Situationniste, dont il sera = l=92un des=20 principaux animateurs et dont il dirigera l=92organe =E9ponyme = (Internationale=20 Situationniste, 1958-1969). En 1967, il publie la Soci=E9t=E9 du = spectacle,=20 essai dans lequel, s=92inspirant de la pens=E9e de Marx et de = certains de ses=20 successeurs, dont Luk=E1cs, il condamne les d=E9rives de la = soci=E9t=E9 de=20 consommation o=F9 la repr=E9sentation passe avant la r=E9alit=E9, = ali=E9nant l=92=EAtre=20 dans une com=E9die capitaliste tragique. Ce livre trouvera un = =E9cho favorable=20 dans les milieux estudiantins les plus radicaux =E0 la veille de = Mai 68,=20 mais les ambitions de Debord resteront lettre morte apr=E8s = l=92=E9chec de=20 l=92Internationale Situationniste (dissoute en 1972), qu=92il = consid=E8re=20 r=E9cup=E9r=E9e par =ABle spectaculaire=BB. Il se retire alors de = la sc=E8ne=20 culturelle pour ne pas tomber dans les pi=E8ges qu=92il = d=E9non=E7ait. Dans ses=20 Commentaires sur la soci=E9t=E9 du spectacle (1988), il revient = sur ses=20 conceptions, mais vingt ans apr=E8s l=92effervescence d=92une = =ABr=E9volution=20 culturelle=BB qu=92il aura contribu=E9 =E0 provoquer, il ne trouve = plus de=20 v=E9ritable public. Il met fin =E0 ses jours en 1994. Guy Debord a = =E9galement=20 r=E9alis=E9 quelques films =E0 faible diffusion, dont = l=92adaptation de son essai=20 la Soci=E9t=E9 du spectacle en 1973.

Delannoy, Jean

Jean Delannoy
(1908- = )
Cin=E9aste fran=E7ais,=20 dont le nom fut synonyme de =ABqualit=E9 fran=E7aise=BB et qui a = r=E9alis=E9 ses films=20 les plus significatifs sous un patronage = litt=E9raire

R=E9alisateur de plusieurs = m=E9lodrames, il=20 avait d=E9j=E0 connu le succ=E8s, notamment avec Pontcarral, = colonel d'Empire=20 (1943), lorsqu'il put r=E9aliser l'=C9ternel Retour (1943), avec = la=20 collaboration de Jean Cocteau. Plus = tard, ce=20 dernier adapta pour lui la Princesse de Cl=E8ves (1961). Au = classicisme un=20 peu froid de la Symphonie pastorale (1946), des Jeux sont faits = (d'apr=E8s=20 Sartre, 1947) ou de Maigret tend un pi=E8ge (1958) ont succ=E9d=E9 = nombre de=20 films acad=E9miques, voire pesants, et qui ont conduit leur = r=E9alisateur vers=20 la t=E9l=E9vision =E0 partir de 1976, puis =E0 tourner une = trilogie purement=20 hagiographique : Bernadette (1988), la Passion de Bernadette = (1990) et=20 Marie de Nazareth (1995).

Delvaux, Andr=E9

Andr=E9 Delvaux
(1926- = )
Cin=E9aste=20 belge

Cin=E9aste r=E9v=E9l=E9 par des = films oniriques et=20 myst=E9rieux, qui a =E9largi son champ d'action =E0 d'ambitieuses = adaptations=20 d'=9Cuvres litt=E9raires tout en conduisant une r=E9flexion = originale sur les=20 singularit=E9s de son pays.

N=E9 =E0 Heverlee, Andr=E9 Delvaux =E9tudie la philosophie =E0 = l'universit=E9 de=20 Bruxelles et le solf=E8ge au conservatoire. Familier de la = Cin=E9math=E8que=20 royale, il d=E9bute dans le cin=E9ma en accompagnant au piano des = projections=20 de films muets. Apr=E8s quelques courts m=E9trages et une s=E9rie = de=20 documentaires sur des cin=E9astes (Jean Rouch, Federico Fellini) = destin=E9s =E0 la=20 t=E9l=E9vision belge, il tourne ses deux premiers films de = fiction, qui jouent=20 sur diff=E9rents niveaux de r=E9alit=E9 : l'Homme au cr=E2ne = ras=E9 (De man die zijn=20 haar kort liet knippen, 1966) et Un soir, un train (avec Yves = Montand et=20 Anouk Aim=E9e, 1968). Il approfondit son univers avec deux films = plus=20 intimistes : Rendez-vous =E0 Bray (avec Anna Karina et Matthieu = Carri=E8re,=20 d'apr=E8s le Roi Cophetua, une nouvelle de Julien Gracq, 1971) et = Belle=20 (1973), tandis que Benvenuta (avec Fanny Ardant et Vittorio = Gassman,=20 d'apr=E8s un roman de Suzanne Lilar, 1983) souligne sa fascination = pour les=20 jeux de miroir.

Delvaux (Andr=E9), Un = soir, un=20 train
Ce film au climat fantastique subtil, parfaitement = r=E9alis=E9 et=20 interpr=E9t=E9, a d=E9montr=E9 que le r=E9alisme magique de = Delvaux pouvait toucher=20 un large public.

Andr=E9 Delvaux s'est aussi interrog=E9 sur la Belgique, sur = son histoire=20 (Femme entre chien et loup/Een vrouw tussen trond en wolf, 1979) = et sur sa=20 culture (Babel Opera, 1985). Son dernier film est l'adaptation du = livre de=20 Marguerite Yourcenar, l'=8Cuvre au noir (1988), avec Gian Maria = Volont=E9 et=20 Sami Frey.

DeMille, Cecil B.

Cecil Blount=20 DeMille
(1881-1959)
Producteur et r=E9alisateur=20 am=E9ricain

N=E9 =E0 Ashfield (Massachusetts), = Cecil Blount=20 DeMille est le fils du dramaturge Henry DeMille et le fr=E8re = cadet du=20 metteur en sc=E8ne et sc=E9nariste William DeMille, si bien que le = th=E9=E2tre=20 fait, d=E8s son enfance, partie int=E9grante de sa vie = quotidienne. Par la=20 suite il devient lui aussi com=E9dien apr=E8s avoir suivi des = cours d=92art=20 dramatique.

En 1912, il rencontre Jesse Lasky, un producteur de spectacles = musicaux=20 et ils cr=E9ent ensemble la Jesse Lasky Feature Play Company, = avant de=20 s'associer avec Samuel Goldwyn et Arthur Friend pour faire du = cin=E9ma. Ils=20 recherchent alors un emplacement pour cr=E9er un studio et sont = les premiers=20 =E0 s'installer en Californie, =E0 Hollywood.

UN PIONNIER D=92HOLLYWOOD

Il r=E9alise en 1914 son premier film, le Mari de l'Indienne = (The=20 Squawman), un western plein de sympathie pour les Indiens, dont il = fera=20 ensuite deux remakes Un coeur en exil (The Squawman, 1918) et The = Squawman=20 (1931). Son fr=E8re William rejoint alors le groupe, suivi par = d=92autres=20 r=E9alisateurs et =ABl'usine =E0 r=EAves=BB de Hollywood se = d=E9veloppe.

Tout en supervisant le travail de ses collaborateurs, il laisse = libre=20 cours =E0 sa cr=E9ativit=E9. Ses premiers films sont des = com=E9dies comme=20 Brewster's Millions (1914), Chimmie Fadden, (1915), Chimmie Fadden = Out=20 West (1915), The Dream Girl (1916), des westerns comme The = Virginian=20 (1914), l'Appel du Nord (The Call of The North, 1914), la Rose du = ranch=20 (Rose of the Rancho, 1914), The Girl of The Golden West (1914), = The=20 Warrens of Virginia (1915), des m=E9lodrames d'aventures comme The = Master=20 Mind (1914), The Man of the Box (1914), What's his Name (1914), = The Man=20 from Home (1914), The Unafraid (1915), The Captive (1915), The = Wild Goose=20 Chase (1915), l'Arabe (The Arab, 1915), Kindling (1915), Maria = Rosa=20 (1915), Tentations (Temptation, 1915), The Golden Chase (1916), la = Piste=20 du pin solitaire (The Trail of the Lonesome Pine, 1915) et le = Coeur de=20 Nora Flynn (The Heart of Nora Flynn, 1915).

Il entreprend aussi des oeuvres plus ambitieuses comme Carmen = (1915),=20 d'apr=E8s Prosper M=E9rim=E9e, et Forfaiture (The Cheat, 1916), un = m=E9lodrame=20 tr=E8s noir qui r=E9v=E8le l'acteur japonais Sessue Hayakawa, et = Jeanne d'Arc=20 (Joan The Woman, 1916).

Il dirige ensuite Mary Pickford dans un autre m=E9lodrame, la = B=EAte=20 encha=EEn=E9e (A Romance of Redwoods, 1917) et r=E9alise un film = de propagande=20 anti-allemande, la Petite Am=E9ricaine (The Little American, = 1917). Il=20 =E9voque aussi la guerre des Espagnols contre les Azt=E8ques dans = les=20 Conqu=E9rants (The Woman God Forgot, 1917), r=E9alise un western = intitul=E9 Nan=20 Of Music Mountain (1917) et de nouveau des m=E9lodrames traitant = de=20 probl=E8mes moraux, souvent teint=E9s de symbolisme sexuel : le = Talisman (The=20 Devil-Stone, 1917), le Rachat supr=EAme (The Whispering Chorus, = 1918), Old=20 Wives For New (1918) et l'Illusion du bonheur (We Can't Have = Everything,=20 1918).

Apr=E8s un nouveau film de propagande contre l'Allemagne Till I = Come Back=20 to You (1918), il entame une collaboration f=E9conde avec la = com=E9dienne=20 Gloria Swanson. Ils tournent ensemble Apr=E8s la pluie, le beau = temps (Don't=20 Change Your Wife, 1919), For Betters, For Worses (1919), = l'Admirable=20 Crichton (Male and Female, 1919), la Proie pour l'ombre (Why = Change Your=20 Wife, 1919), Something To Think About (1920), le Coeur nous trompe = (The=20 Affairs of Anatol, 1921) et Faut-il se l'avouer? (Don't Tell = Everything,=20 1921).

Apr=E8s le Fruit d=E9fendu (Forbidden Fruit, 1921), le Paradis = d'un fou=20 (Fool's Paradise, 1922), le D=E9tour (Saturday Night, 1921), le = R=E9quisitoire=20 (Manslaughter, 1922) et la Ran=E7on d'un tr=F4ne (Adam's Rib, = 1923), il entame=20 un cycle de superproductions colossales dont une premi=E8re = version des Dix=20 Commandements (The Ten Commandments, 1923), l'Empreinte du pass=E9 = (The Road=20 to Yesterday, 1925), les Bateliers de la Volga (The Volga Boatman, = 1926)=20 et le Roi des rois (The King of Kings, 1927), tout en tournant = plusieurs=20 m=E9lodrames comme Triomphe (Triumph, 1924), le Tourbillon des = =E2mes (Feet of=20 Clay, 1924), le Lit d'or (The Golden Bed, 1925), Chicago (1928) et = les=20 Damn=E9s (The Goldless Girl, 1928).

UNE GRANDE FIGURE DU PARLANT

Le passage du muet au parlant ne g=EAne gu=E8re DeMille, qui = continue =E0 se=20 distinguer par son fastueux sens du spectacle. Il poursuit = parall=E8lement=20 ses r=E9flexions sur des th=E8mes sociaux et moraux comme l'union = libre, la=20 barbarie, le christianisme, l'id=E9alisme am=E9ricain et m=EAme la = d=E9linquance=20 juv=E9nile, comme dans Triomphe de la jeunesse (This Day and Age, = 1933).

Les Dix Commandements = (The Ten=20 Commandments, 1956) de Cecil B. DeMille

Port=E9 sur la d=E9mesure, il donne une dimension grandiose =E0 = des=20 m=E9lodrames comme Dynamite (1929), Forgotten Commandments (1932) = et Four=20 Frightened People (1934), son seul =E9chec commercial, et m=EAme = =E0 une com=E9die=20 musicale comme Madame Satan (Madam Satan, 1930). Il se = sp=E9cialise=20 d=92ailleurs assez vite dans la fresque historique =E0 tr=E8s = grand spectacle,=20 avec le Signe de la Croix (The Sign of The Cross, 1932), = Cl=E9op=E2tre=20 (Cleopatra, 1934), les Croisades (The Crusadeers, 1935), les = Flibustiers=20 (The Buccaneer, 1937) et Land of Liberty (1939).

Il tourne aussi d'excellents westerns : Une aventure de Buffalo = Bill=20 (The Plainsman, 1936), avec Gary Cooper et Pacific-Express = (Union-Pacific,=20 1939), avec Barbara Stanwyck.

Le Technicolor correspond parfaitement =E0 son go=FBt de = l=92=E9pique et du=20 grandiose et lui inspire, dans divers genres, de grands films = populaires=20 somptueusement mis en couleurs, comme les Tuniques =E9carlates = (North West=20 Mounted Police, 1940), les Naufrag=E9s des mers du Sud (Reap The = Wild Wind,=20 1941), les Conqu=E9rants du Nouveau Monde (Unconquered, 1946) = (dont Gary=20 Cooper est encore la vedette apr=E8s avoir particip=E9 =E0 = l'Odyss=E9e du docteur=20 Wassel (Story of Doctor Wassel, 1944), film de propagande = anti-japonaise=20 et contribution de DeMille =E0 l=92effort de guerre), Samson et = Dalila (Samson=20 and Delilah, 1949), Sous le plus grand chapiteau du Monde (The = Greatest=20 Show on Earth, 1953), et enfin sa deuxi=E8me version des Dix = Commandements=20 (The Ten Commandments, 1956)

Malade, il interrompt ses activit=E9s apr=E8s le succ=E8s = mondial des Dix=20 Commandements. Il retournera n=E9anmoins sur les plateaux pour = superviser la=20 mise en sc=E8ne d=92un remake en couleurs de ses Boucaniers (The = Buccaneer,=20 1958), dont son gendre Anthony Quinn signe la mise en sc=E8ne.

Souvent contest=E9 pour ses positions politiques fort = r=E9actionnaires =E0=20 l=92=E9poque du maccarthysme, DeMille est cependant reconnu par la = plupart des=20 historiens et des cin=E9astes comme un p=E8re fondateur de = Hollywood, mais=20 aussi comme un cr=E9ateur de g=E9nie, dont les mises en sc=E8nes = colossales=20 t=E9moignent aussi d=92un sens subtil de l=92=E9motion.

Extr=EAmement c=E9l=E8bre =E0 son =E9poque, il est l=92un des = rares metteurs en=20 sc=E8ne =E0 avoir jou=E9 son propre r=F4le dans les films = d=92autres r=E9alisateurs.=20 On le voit ainsi dans Hollywood (1923) de James Cruze, Free and = Easy=20 (1930) de Edward Sedgwick, Au pays du rythme (Star-Spangled Rythm, = 1942)=20 et Hollywood en folie (Variety Girl, 1947) de George Marshall, = Boulevard=20 du cr=E9puscule (Sunset Boulevard, 1950) de Billy Wilder, le Fils = de Visage=20 p=E2le (Son of Paleface, 1952) de Frank Tashlin et = l'Homme qui n'a=20 jamais ri (The Buster Keaton Story, = 1956) de=20 Sidney Sheldon.

Il a publi=E9 une autobiographie, The Autobiography of Cecil B. = DeMille=20 (1959).

Demy, Jacques

Jacques = Demy
(1931-1990)
Cin=E9aste fran=E7ais=20 dont l=92oeuvre se compose de contes de f=E9es et de films = chant=E9s, au=20 croisement de la com=E9die musicale, de la romance et de=20 l=92onirisme

N=E9 =E0 Pontch=E2teau, Jacques Demy = =E9tudia =E0 l=92=E9cole=20 des beaux-arts de Nantes avant de se tourner vers le cin=E9ma = d=92animation.=20 Son premier film fut r=E9alis=E9 aux d=E9buts de la Nouvelle = Vague, avec=20 laquelle il tranchait, pourtant, par un m=E9lange original de = r=E9alisme et=20 d=92optimisme romanesque : Lola (1961), avec Anouk Aim=E9e dans le = r=F4le-titre.=20 Apr=E8s la Baie des Anges (1963), un film sous-estim=E9 faisant = pourtant=20 preuve d=92une grande rigueur psychologique et narrative, il = r=E9alisa deux=20 c=E9l=E8bres films aux dialogues chant=E9s : les Parapluies de = Cherbourg (palme=20 d=92or au festival de Cannes en 1964) et les Demoiselles de = Rochefort=20 (1967). Il b=E9n=E9ficia pour ces films de la participation du = compositeur=20 Michel Legrand, qui avait collabor=E9 =E0 ses pr=E9c=E9dents = films, et de=20 l=92interpr=E9tation de sa com=E9dienne f=E9tiche, Catherine = Deneuve.

Demy, Lola
La = tendresse et la=20 m=E9lancolie souriante de Demy impr=E8gnent chaque plan de ce film = aussi doux=20 et profond que le regard d'Anouk Aim=E9e.

Plus tard, de retour =E0 Nantes, il r=E9alisa un autre film = musical, Une=20 chambre en ville (1982), sur une musique de Michel Colombier, dont = l=92intrigue se d=E9roule sur fond de conflits sociaux. Il a = =E9galement tourn=E9=20 Peau-d=92=C2ne (1970), le Joueur de fl=FBte (The Pied Piper, 1972, = r=E9alis=E9 en=20 Grande-Bretagne), un conte philosophique mettant en sc=E8ne un = homme=20 =ABenceint=BB, l=92=C9v=E9nement le plus important depuis que = l=92Homme a march=E9 sur=20 la Lune (1973), une production japonaise en forme de = roman-feuilleton,=20 Lady Oscar (1979), et une nouvelle tentative de film musical = autour d=92Yves=20 Montand, Trois Places pour le 26 (1988).

Nino Castelnuovo et = Catherine Deneuve=20 dans les Parapluies de Cherbourg (1964) de Jacques Demy.

Premier long m=E9trage chant=E9 de Jacques Demy, les Parapluies = de=20 Cherbourg met en sc=E8ne les amours contrari=E9es d'un garagiste = et de la=20 fille d'une marchande de parapluies. La gr=E2ce de Catherine = Deneuve =97 dont=20 ce fut, apr=E8s le Vice et la Vertu de Roger Vadim en 1962, = le second=20 film important =97 et la musique l=E9g=E8re et ent=EAtante de = Michel Legrand=20 donn=E8rent =E0 la com=E9die musicale (palme d'or au festival de = Cannes en 1964)=20 une ind=E9niable dimension po=E9tique. Catherine Deneuve tourna = =E0 nouveau sous=20 la direction du r=E9alisateur dans les Demoiselles de Rochefort = (1967), dans=20 Peau-d'=C2ne (1970) et dans l'=C9v=E9nement le plus important = depuis que l'homme=20 a march=E9 sur la Lune (1973).

Son =E9pouse Agn=E8s Varda lui a = consacr=E9 peu=20 apr=E8s sa mort le film biographique Jacquot de Nantes (1991) = ainsi que Les=20 demoiselles ont eu vingt-cinq ans (1993).

Depardon, Raymond

Raymond Depardon
(1942- = )
Photographe et=20 cin=E9aste fran=E7ais

Il livra dans chaque reportage un = t=E9moignage singulier, empreint d=92une vision personnelle du = monde.

N=E9 =E0 Villefranche-sur-Sa=F4ne, issu d=92un milieu rural, = Raymond Depardon=20 se tourna tr=E8s jeune vers la photographie de reportage. Apr=E8s = une premi=E8re=20 s=E9rie de clich=E9s sur l=92op=E9ration SOS-Sahara publi=E9e par = Paris-Match en=20 1960, il rejoignit l=92agence Dalmas, dont il devint rapidement = l=92un des=20 grands reporters. Il fonda l=92agence Gamma avec Gilles Caron en = 1967 et=20 re=E7ut dix ans plus tard le prix Pulitzer. Son premier livre, = Tchad, parut=20 en 1978; cette ann=E9e-l=E0, il rejoignit l=92agence Magnum.

Photographe, mais =E9galement r=E9alisateur, Depardon aime =E0 = se plonger =E0=20 la mani=E8re d=92un ethnologue dans le milieu qu=92il prend pour = sujet, que ce=20 soit un commissariat parisien, un asile psychiatrique ou un groupe = de=20 rebelles tchadiens. Correspondance new-yorkaise (1981) fut une = exp=E9rience=20 nouvelle, souvent =E9prouvante : une image par jour envoy=E9e au = journal=20 Lib=E9ration pendant un mois (5 ao=FBt 1981, New York, mus=E9e = Guggenheim). Ses=20 longs-m=E9trages (Reporters, 1981; Faits divers, 1983; San = Clemente, 1984;=20 D=E9lits fragrants, 1994; Afriques : comment =E7a va avec la = douleur ?, 1996)=20 tiennent =E0 la fois du documentaire et du cin=E9ma d=92auteur; il = a d=92ailleurs=20 abord=E9 le film de fiction avec la Captive du d=E9sert (1990), en = s=92inspirant=20 d=92une histoire vraie et en mettant en sc=E8ne Sandrine = Bonnaire.

=C9crivain, Raymond Depardon publia en 1995 un ouvrage = partiellement=20 autobiographique, la Ferme du Garet, qui revient sur ses origines=20 paysannes et m=EAle avec nostalgie - =E0 la mani=E8re du Je me = souviens de Perec=20 - le noir et blanc (Chaise d=92enfant, 1956) =E0 la couleur (la = m=EAme Chaise=20 d=92enfant, 1986). Encourag=E9 par des commandes publiques, il = approfondit son=20 travail sur les cultivateurs et sur leur environnement.

Depp, Johnny

Johnny Depp
(1964- )
Acteur et = r=E9alisateur=20 am=E9ricain

N=E9 =E0 Owensboro (Kentucky), Johnny = Depp est=20 d'abord musicien amateur dans un groupe de rock, puis d=E9bute au = cin=E9ma par=20 un petit r=F4le dans les Griffes de la nuit (A Nightmare on Elm = Street,=20 1984) de Wes Craven avant de devenir une star de la t=E9l=E9vision = gr=E2ce =E0 la=20 s=E9rie 21, Jump Street, qui conna=EEt un grand succ=E8s dans le = monde=20 entier.

Il retrouve le grand =E9cran avec John Waters pour Cry Baby = (1990), puis=20 Tim Burton pour Edward aux mains d=92argent (Edward Scissorhands, = 1991). Ce=20 r=F4le de Pierrot lunaire aux doigts d'acier tranchant marque les = esprits et=20 attire sur lui l=92attention de metteurs en sc=E8ne importants. = Emir Kusturica=20 l=92associe =E0 Jerry Lewis dans = Arizona Dream=20 (1992), Tim Burton lui offre un nouveau personnage insolite, le = cin=E9aste=20 travesti d=92Ed Wood (1994), Jim Jarmusch lui confie le r=F4le = principal de=20 Dead Man (1994), une oraison fun=E8bre dans un Far West = d=E9pouill=E9 et Jeremy=20 Leven l=92emploie aux c=F4t=E9s de Marlon Brando pour Don Juan de = Marco (1995).=20 Il accepte ensuite des projets moins ambitieux, Donnie Brasco = (1996) de=20 Mike Newell, Meurtre en suspens (Nick of Time, 1996) de John = Badham, puis=20 finance son propre film, The Brave (1997), qui ne conna=EEt = qu=92un succ=E8s=20 d=92estime. Il repasse alors devant la cam=E9ra pour Las Vegas = Parano de Terry=20 Gilliam (1998) o=F9 il interpr=E8te le r=F4le extravagant du = journaliste=20 psych=E9d=E9lique Hunter Thompson.

Deray, Jacques

Jacques Deray
(1929- = )
R=E9alisateur=20 fran=E7ais influenc=E9 par le cin=E9ma am=E9ricain, qui tourna la = Piscine en=20 1969

N=E9 =E0 Lyon, Jacques Deray = d=E9buta comme acteur=20 dans de petits r=F4les au cin=E9ma. Devenu assistant en 1953, il = aborda la=20 r=E9alisation en 1960 avec le Gigolo, drame psychologique = interpr=E9t=E9 par=20 Alida Valli et Jean-Claude Brialy. Son deuxi=E8me film, Rififi =E0 = Tokyo=20 (1961), confirma ses qualit=E9s d=92habile technicien de la mise = en sc=E8ne pour=20 films de genre, en l=92occurrence policier.

Il lui fallut toutefois attendre 1969 et la Piscine pour = affirmer son=20 talent, fait d=92=E9l=E9gance et de pr=E9cision dans les cadrages = et dans la=20 direction d=92acteurs. Ce fut en m=EAme temps le d=E9but d=92une = longue=20 collaboration avec Alain Delon, au cours de laquelle, malgr=E9 les = succ=E8s=20 populaires, il ne donna pas le meilleur de lui-m=EAme (Borsalino, = 1970;=20 Doucement les basses, 1971 ; Borsalino et Cie, 1974; Flic story, = 1975; le=20 Gang, 1977; Trois Hommes =E0 abattre, 1980; Un crime, 1993; = l=92Ours en=20 peluche, 1994).

Jacques Deray r=E9v=E9la ses qualit=E9s propres de cin=E9aste = discret, capable=20 de servir avec =E9motion et efficacit=E9 des sc=E9narios = classiques, qu=92une=20 pointe de style peut rendre plus attachants, dans des films comme = Un peu=20 de soleil dans l=92eau froide (1971) et surtout Un papillon sur = l=92=E9paule=20 (1978), qui offrit =E0 Lino Ventura l=92un de ses plus beaux = r=F4les. La suite=20 de sa filmographie, par faiblesse des sc=E9narios ou par manque de = conviction, ne confirma pas toujours ces r=E9ussites (le Marginal, = avec=20 Jean-Paul Belmondo, 1983; On ne meurt que deux fois, 1985; Maladie = d=92amour, 1987; les Bois noirs, 1989; Netchaiev est de retour, = 1991).

Derkaoui (Mustapha)

Mustapha Derkaoui
(1941- = )
Cin=E9aste=20 marocain

N=E9 le 11 Novembre 1941 =E0 Oujda. = Il a fait des=20 =E9tudes secondaires puis une formation au Conservatoire d'art = dramatique =E0=20 Casablanca. De 1962 =E0 1963, il accomplit une formation de chef = op=E9rateur =E0=20 l'IDHEC (Paris), puis de 1963 =E0 1965, des =E9tudes sup=E9rieures = =E0 l'Ecole=20 Nationale Sup=E9rieure du Th=E9=E2tre et du Cin=E9ma de Lodz = (Pologne); il y=20 r=E9alisera trois courts m=E9trages. Son cin=E9ma , volontiers = "difficile",=20 caract=E9ris=E9 par la recherche (peu concluante) de formes = narratives non=20 lin=E9aires vers souvent vers l'herm=E9tisme.

Filmographie

  • 1963 : "Les Quatre murs", court m=E9trage;=20
  • 1966 : "Amghar", court m=E9trage;=20
  • 1967 : "Adoption", court m=E9trage;=20
  • 1968 : "Les Gens de la Cave", court = m=E9trage;=20
  • 1969 : "Les Etats g=E9n=E9raux du = cin=E9ma", court m=E9trage;=20
  • 1971 : "Un jour quelque part", court = m=E9trage;=20
  • 1974 : Quatre courts m=E9trages = documentaires r=E9alis=E9s=20 pour l'Irak et l'UNESCO;=20
  • 1975 : De quelques =E9v=E9nements = sans=20 signification, long m=E9trage;=20
  • 1976 : Les cendres du = clos, court=20 m=E9trage (en co-r=E9alisation);=20
  • 1982 : Les beaux jours de = Shahrazade,=20 long m=E9trage;=20
  • 1984 : Titre provisoire, = long=20 m=E9trage";=20
  • 1989 : Fiction Premi=E8re, = long m=E9trage=20

Deschamps, J=E9r=F4me

J=E9r=F4me Deschamps
(1947- = )
Metteur en=20 sc=E8ne, auteur et acteur fran=E7ais, cr=E9ateur des = Deschiens

N=E9 =E0 Neuilly-sur-Seine, = J=E9r=F4me Deschamps=20 collabora dans les ann=E9es 1960 au groupe anim=E9 par Patrice Ch=E9reau et = Jean-Pierre=20 Vincent au lyc=E9e Louis-le-Grand, avant de s'inscrire =E0 = l'=E9cole de th=E9=E2tre=20 de la rue Blanche puis au Conservatoire. Il entra ensuite comme=20 pensionnaire =E0 la Com=E9die-Fran=E7aise, o=F9 il resta trois = ans. C'est =E0=20 l'invitation d'Antoine Vitez qu'il cr=E9a en 1974 sa premi=E8re = pi=E8ce,=20 Baboulifiche et Papavoine. Mais c'est surtout avec la Famille = Deschiens=20 (1979) qu'il trouva son style drolatique et inventif qui rencontra = un=20 succ=E8s public grandissant, notamment dans le Lapin chasseur = (1989), les=20 Pieds dans l'eau (1995) et dans la version t=E9l=E9visuelle de ses = c=E9l=E8bres=20 Deschiens.

J=E9r=F4me Deschamps est parvenu, avec la complicit=E9 de sa = femme, Macha=20 Makeieff, et d'un groupe d'acteurs fid=E8les, =E0 cr=E9er sur = sc=E8ne un univers=20 original, =E0 la fois comique et path=E9tique, banal et = po=E9tique. Fond=E9s sur=20 l'observation minutieuse du quotidien, ses spectacles mettent en = sc=E8ne des=20 gens ordinaires fig=E9s dans leur histoire. La dr=F4lerie na=EEt = moins du=20 langage, r=E9duit =E0 sa plus simple expression comme dans les = films de Jacques Tati, que = d'une gestuelle=20 parfaitement r=E9gl=E9e, d'une succession de gags, de clowneries,=20 d'acrobaties, d'un d=E9fil=E9 de personnages burlesques surgis = comme par=20 erreur sur le plateau, en prise avec des objets qui leur = =E9chappent=20 constamment. Son th=E9=E2tre repose sur un r=E9alisme stylis=E9 et = r=E9v=E8le les=20 petits gestes de la vie dans leur beaut=E9 insolite. Derri=E8re = l'humour=20 transpara=EEt une vision quelque peu d=E9sesp=E9r=E9e du = monde.

Deville, Michel

Michel Deville
(1931- = )
Cin=E9aste fran=E7ais=20 r=E9v=E9l=E9 par une s=E9rie de com=E9dies virevoltantes, dont = l=92oeuvre, devenue de=20 plus en plus d=E9senchant=E9e, s=92attache =E0 d=E9noncer les = manipulations et les=20 fausses apparences

N=E9 =E0 Boulogne-sur-Seine, = Michel Deville=20 s=92oriente tr=E8s jeune vers le cin=E9ma, assistant notamment = Henri Decoin sur=20 plusieurs de ses productions. Apr=E8s Une balle dans le canon = (1958), un=20 film policier traditionnel r=E9alis=E9 en collaboration avec = Charles G=E9rard,=20 il tourne ses premi=E8res com=E9dies sur des sc=E9narios de Nina = Companeez (=C0=20 cause, =E0 cause d=92une femme, 1963; l=92Appartement des filles, = 1963; On a=20 vol=E9 la Joconde, 1966).

Contemporains de la Nouvelle Vague, ses films s=92en =E9cartent = pourtant=20 par de constantes r=E9f=E9rences =E0 Marivaux et par une direction = d=92acteurs=20 rigoureuse (Benjamin ou les M=E9moires d=92un puceau, 1968; = l=92Ours et la=20 Poup=E9e, 1970). Il aborde par la suite des univers plus ambigus : = Eaux=20 profondes (d=92apr=E8s Patricia Highsmith, 1981), P=E9ril en la = demeure (d=92apr=E8s=20 Ren=E9 Belletto, 1985). Le Dossier 51 (1978), qui traite de la = destruction=20 d=92une personnalit=E9 par une organisation polici=E8re =E0 des = fins politiques, a=20 =E9tonn=E9 par son s=E9rieux et par sa froideur. La Petite Bande = (1983), film=20 sans dialogues ni texte, qui raconte la fugue d=92un groupe = d=92enfants, a=20 s=E9duit par son rythme et par son =E9l=E9gance.

Michel Deville a =E9galement tourn=E9 le Paltoquet (1986), la = Lectrice=20 (1988), Nuit d=92=E9t=E9 en ville (1990), Toutes peines confondues = (1992), la=20 Divine Poursuite (1997), la Maladie de Sachs (1999).

Dieterle, William

Wilhelm Dieterle
(De son vai nom = William=20 Dieterle)
(1893-1972)
Cin=E9aste am=E9ricain d=92origine = allemande ayant=20 d=E9but=E9 comme acteur =E0 Berlin au temps du muet, et devenu = l=92un des=20 r=E9alisateurs les plus prolifiques des studios Warner =E0 = Hollywood=20

Wilhelm Dieterle est n=E9 =E0 = Ludwigshafen. Venu=20 du th=E9=E2tre, o=F9 il avait jou=E9 notamment avec Max Reinhardt, = il d=E9buta =E0=20 l=92=E9cran en 1921 et interpr=E9ta de nombreux films, le plus = souvent aux c=F4t=E9s=20 des stars de l=92=E9poque, Henny Porter et Asta Nielsen. = Com=E9dien r=E9put=E9, il=20 fut, entre autres, le personnage principal du Cabinet des figures = de cire=20 (Das Waschsfigurenkabinett, 1924) de Paul Leni, l=92un des sommets = du cin=E9ma=20 expressionniste allemand.

Pass=E9 =E0 la r=E9alisation, il tourna neuf films (o=F9 il = =E9tait =E9galement=20 acteur), notamment Cha=EEnes (Geschlecht in Fesseln, 1928), puis = fut engag=E9=20 aux =C9tats-Unis en 1930. Entre 1931 et 1934, il r=E9alisa = dix-sept films pour=20 Warner. Apr=E8s le Songe d=92une nuit d=92=E9t=E9 (A Midsummer = Night=92s Dream, 1935,=20 codirig=E9 par Max Reinhardt), il tourna une s=E9rie de = biographies film=E9es=20 (Louis Pasteur, Florence Nightingale, =C9mile Zola, Benito Juarez, = etc.).=20 R=E9alisateur de films de prestige, il dirigea =E9galement Charles = Laughton=20 dans Quasimodo (The Hunchback of Notre Dame, 1939), Simone Simon = dans Tous=20 les biens de la terre (All That Money Can Buy, sur le th=E8me de = Faust,=20 1941), Ginger Rogers et Joseph Cotten dans =C9tranges vacances = (I=92ll Be=20 Seeing You, cor=E9alis=E9 par George Cukor, 1944) = et Jennifer=20 Jones dans Portait de Jennie (Portrait of Jennie, 1949).

Revenu en Allemagne en 1950, il y tourna trois films, dont les = Myst=E8res=20 d=92Angkor (Herrin der Welt, 1960), ainsi qu=92un certain nombre = de t=E9l=E9films.=20 Longtemps sous-estim=E9, son talent de cin=E9aste a =E9t=E9 = r=E9cemment reconnu et=20 certains de ses films furent red=E9couverts, comme Kismet (1994), = Blocus=20 (Blockade, avec Henry Fonda, 1938) ou The Last Flight (1931).

Ditvoorst, Adriaan

Adriaan = Ditvoorst
(1940-1987)
Cin=E9aste=20 n=E9erlandais

N=E9 =E0 Bergen op Zoom = (Pays-Bas), dans=20 une famille catholique, il fait ses =E9tudes =E0 l'Acad=E9mie = n=E9erlandaise de=20 cin=E9ma et tourne son premier court m=E9trage, Partir pour Madras = (Ik kom wat=20 later naar Madra, 1965), l'histoire d=92un conscrit qui d=E9serte = pour aller=20 voir sa femme qui vient d'=EAtre accident=E9e. Le film est prim=E9 = dans=20 plusieurs festivals et Jean-Luc Godard = d=E9clare : =ABC'est=20 la plus belle bande-son que j'aie jamais entendue.=BB

Son premier long m=E9trage, Parano=EFa (1967), est l'adaptation = d'une=20 nouvelle de l'=E9crivain Wilhelm Frederik Hermans et d=E9crit une = obsession=20 tragique qui conduit au suicide. Apr=E8s un court m=E9trage de = forme=20 faussement documentaire, Antenna (1970), il revient =E0 Wilhelm = Frederik=20 Hermans pour le Photographe aveugle (De blinde fotograaf, 1972), = o=F9 il=20 explore les troubles d'une fascination sexuelle. Par la suite, le = Manteau=20 de l'amour (Der mantel des liefte, 1978) re=E7oit un mauvais = accueil public=20 et critique. Il tourne encore quelques films, dont De Witte Waan = (1983),=20 une oeuvre d=E9routante sur l'autodestruction, puis, en 1987, se = suicide en=20 se jetant dans l'Escaut.

Le r=E9alisateur n=E9erlandais Thom Hoffman, qui joue le r=F4le = principal=20 dans De Witte Waan lui a consacr=E9 un beau film documentaire, les = Domaines=20 Ditvoorst (De domeineen Ditvoorst, 1992).

Dmytryk, Edward

Edward = Dmytryk
(1908-1999)
R=E9alisateur=20 am=E9ricain, d'origine canadienne et ukrainienne

N=E9 =E0 Grand Forks (Colombie = britannique) dans=20 une famille d'immigr=E9s ukrainiens, il d=E9bute comme gar=E7on de = courses chez=20 Paramount en 1923, puis devient chef monteur en 1930 avant de = r=E9aliser des=20 films de s=E9rie B comme The Hawk (1935), Television Spy (1939), = Emergency=20 Squad (1939), Golden Gloves (1940), Mystery Sea Raider (1940), Her = First=20 Romance (1940), The Devil Commands (1941), Under Age (1941), = Sweetheart of=20 The Campus (1941), The Blonde from Singapore (1941), Secrets of = the Lone=20 Wolf (1941), Confessions of Boston Blackie (1941), = Counter-espionage=20 (1942) et Seven Miles from Alcatraz (1942).

Il se signale ensuite par un implacable m=E9lodrame antinazi, = Hitler's=20 Children (1943), tout en continuant =E0 oeuvrer dans la s=E9rie B = avec The=20 Falcon Strikes Back (1943) et Captive Wild Woman (1943).

Apr=E8s un nouveau film de propagande, Face au soleil levant = (Behind The=20 Rising Sun, 1943), il signe Tender Comrade (1944), un m=E9lodrame=20 progressiste qui lui vaudra d'=EAtre accus=E9 de communisme par la = commission=20 des activit=E9s antiam=E9ricaines du s=E9nateur McCarthy, il = tourne une bonne=20 adaptation du roman Adieu ma jolie (Farewell My Lovely) de Raymond = Chandler, Le crime vient =E0 la fin (Murder my Sweet, 1945), signe = un=20 int=E9ressant film de guerre pacifiste Retour aux Philippines = (Back to=20 Bataan, 1945) et met en sc=E8ne avec brio un autre beau film noir = Cornered=20 (1945).

Son oeuvre devient alors plus ambitieuse et il aborde des = sujets=20 sociaux et politiques avec Till the End of Time (1946), So Well = Remembered=20 (1947) et Feux crois=E9s (Crossfire, 1947), un film = antiraciste.

Convoqu=E9 devant la commission des activit=E9s = antiam=E9ricaines, il refuse=20 de t=E9moigner. Interdit de travail dans son pays, il part pour la = Grande-Bretagne o=F9 il tourne un film sur les travailleurs = immigr=E9s=20 italiens, Donnez-nous aujourd'hui (Give Us This Day, 1949) et un = curieux=20 film =E0 suspense policier, l'Obs=E9d=E9 (Obsession, The Hidden = Room, 1949).

De retour aux =C9tats-Unis o=F9 il purge une peine de prison = pour son refus=20 de t=E9moignage, il accepte finalement, en 1951, de collaborer = avec la=20 commission d'enqu=EAte contre le communisme et d=E9nonce plusieurs = personnes.=20 Il obtient en cons=E9quence le droit de travailler =E0 nouveau = pour les=20 studios am=E9ricains et r=E9alise Mutinerie =E0 bord (Mutiny, = 1952), l'Homme =E0=20 l'aff=FBt (The Sniper, 1952), Eight Iron Men (1952), le Jongleur = (The=20 Juggler, 1953), avant de renouer avec le succ=E8s avec Ouragan sur = le Caine=20 (The Caine Mutiny, 1954), avec Humphrey Bogart dans le r=F4le du = capitaine=20 Quegg, et la Lance bris=E9e (The Broken Lance, 1954), un western = aux=20 r=E9sonances psychologiques interpr=E9t=E9 par Spencer Tracy.

Apr=E8s Vivre un grand amour (The End of the Affair, 1954), le=20 Rendez-vous de Hong Kong (Soldiers of Fortune, 1955), la Main = gauche du=20 seigneur (The Left Hand of God, 1955), encore avec Humphrey = Bogart, la=20 Neige en deuil (The Mountain, 1956), o=F9 il retrouve Spencer = Tracy, et=20 l'=E9chec d'une superproduction avec Elizabeth Taylor et = Montgomery Clift=20 l'Arbre de vie (Raintree Country, 1957), il triomphe avec un film = de=20 guerre interpr=E9t=E9 par Marlon Brando, Montgomery Clift et Dean = Martin, le=20 Bal des maudits (The Young Lions, 1958), puis se surpasse dans un=20 magnifique western avec Henry Fonda et Anthony Quinn, l'Homme aux = colts=20 d'or (Warlock, 1959), avant de commettre un mauvais remake de = l'Ange Bleu=20 (The Blue Angel, 1956).

Il r=E9alise encore l'int=E9ressant la Rue chaude (Walk on the = Wild Side,=20 1962) et un m=E9lodrame r=E9ussi, les Ambitieux (The = Carpetbaggers, 1963). Par=20 la suite, et jusqu=92=E0 la fin de sa carri=E8re, son talent ne = cesse de=20 d=E9cliner avec Miracle =E0 Cupertino (Where Love Has Gone, 1964), = Mirage=20 (1965), un thriller avec Gregory Peck, Alvarez Kelly (1966), un = western=20 qui r=E9unit Richard Widmark et William Holden, une fresque de = guerre=20 intitul=E9e Bataille pour Anzio (Anzio, 1968), un =ABnouveau = western=BB avec=20 Brigitte Bardot, Shalako (1968), Barbe Bleue (Bluebeard, 1973) = avec Richard Burton, et = une m=E9diocre=20 coproduction anglo-italienne, la Guerre des otages (The Human = Factor,=20 1975).

Doillon, Jacques

Jacques Doillon
(1944- = )
Cin=E9aste fran=E7ais=20 dont l=92oeuvre, souvent audacieuse par les th=E8mes trait=E9s, = t=E9moigne d=92une=20 grande finesse psychologique; il tourna principalement des films=20 intimistes, =E0 petit budget, et employa indiff=E9remment acteurs = r=E9put=E9s et=20 com=E9diens non professionnels

N=E9 =E0 Paris, Jacques Doillon = s=92orienta vers=20 le montage cin=E9matographique avant d=92aborder la r=E9alisation. = Ses deux=20 premiers films, marqu=E9s par l=92esprit de Mai 68, connurent un = grand=20 retentissement : l=92An 01 (1972), s=E9rie de sketches =E9crits en = collaboration=20 avec le dessinateur G=E9b=E9, et les Doigts dans la t=EAte (1974), = chronique=20 douce-am=E8re de la jeunesse des ann=E9es 1970.

Apr=E8s une adaptation d=E9cevante du roman autobiographique de = Joseph=20 Joffo Un sac de billes (1975), il tourna une s=E9rie de huis clos = o=F9 il fit=20 preuve d=92un grand sens de l=92observation et montra un = int=E9r=EAt soutenu pour=20 les situations psychologiques d=E9licates et pour les probl=E8mes = de=20 communication : la Femme qui pleure (1978), la Dr=F4lesse (1979), = la Pirate=20 (1984), la Tentation d=92Isabelle (1985), la Puritaine (1986), = l=92Amoureuse=20 (1987), Du fond du coeur (ou Germaine et Benjamin, 1994). Simple = et=20 pudique, il excella =E0 mettre en sc=E8ne enfants et adolescents = (la Vie de=20 famille, 1984; la Fille de quinze ans, 1989; le Petit Criminel, = 1990; le=20 Jeune Werther, 1993; Ponette, 1996).

Donen, Stanley

Stanley Donen
(1924- = )
Cin=E9aste am=E9ricain,=20 ancien danseur r=E9v=E9l=E9 =E0 Broadway et appel=E9 =E0 = Hollywood, en 1943, =E0=20 l=92initiative de son ami Gene = Kelly

Danseur puis chor=E9graphe dans les = studios de=20 la MGM, cor=E9alisateur avec G. Kelly de Un jour = =E0 New York=20 (On the Town, 1949) et de Chantons sous la pluie (Singin=92 in the = Rain,=20 1952) - =E9norme succ=E8s et classique du genre - il r=E9alisa = plusieurs autres=20 com=E9dies musicales dont Donnez-lui une chance (Give a girl a = Break, 1953),=20 les Sept Femmes de Barberousse (Seven Brides for Seven Brothers, = 1954),=20 Dr=F4le de frimousse (Funny Face, 1957). Il s=92orienta ensuite = vers la=20 com=E9die pure, o=F9 s=92affirma son =E9l=E9gance et son talent = dans la direction=20 d=92acteurs r=E9put=E9s : Indiscret (Indiscreet, 1958), Charade = (Charade, 1963),=20 Voyage =E0 deux (Two for the Road, 1967).

Gene Kelly dans = Chantons sous la=20 pluie (Singin' in the Rain), r=E9alis=E9 en 1952 par Gene Kelly et Stanley = Donen
=C9vocation de l'=E2ge d'or du cin=E9ma muet, le film = est sans=20 doute l'une des plus c=E9l=E8bres com=E9dies musicales du monde. = Amoureux de=20 Kathy Selden (Debbie Reynolds), Don Lockwood (Gene Kelly) chante sa = joie de=20 vivre sans se soucier de la pluie torrentielle qui s'abat sur lui = : son=20 all=E9gresse laissera plus d'un spectateur euphorique.

Doniol-Valcroze, = Jacques

Jacques=20 Doniol-Valcroze
(1920-1989)
Critique, com=E9dien et = cin=E9aste=20 fran=E7ais

N=E9 =E0 Paris, Jacques = Doniol-Valcroze =E9crit (au=20 lendemain de la Lib=E9ration) des critiques de films remarqu=E9es, = qu=92il signe=20 de son nom ou sous le pseudonyme d=92=C9tienne Loinod. Il = collabore =E0=20 Cin=E9monde, =E0 la Revue du cin=E9ma, =E0 France Observateur et = =E0 l'Express.=20 Cofondateur des Cahiers du cin=E9ma, il en assure longtemps la = r=E9daction en=20 chef, puis la direction; il y d=E9fend, entre autres, les oeuvres = de Michelangelo = Antonioni, d=92Elia Kazan, d=92Ingmar Bergman et de Luis Bu=F1uel. Il = organise=20 parall=E8lement, avec Jean Cocteau, le = Festival du film=20 maudit =E0 Biarritz et Objectif 49.

Sc=E9nariste, il =E9crit pour Pierre Chevalier le sc=E9nario de = Vous pigez=20 (1956), et pour son ami Pierre Kast ceux du = Bel =C2ge=20 (1958) et de Vacances portugaises (1962). Excellent com=E9dien, il = appara=EEt=20 dans Orph=E9e (1950) de Jean Cocteau, le Coup = du berger=20 (1956) et Out One (1970) de Jacques Rivette, = l'Immortelle=20 (1960) et le Jeu avec le feu (1975) d=92Alain Robbe-Grillet, = Je t'aime,=20 je t'aime (1968) d=92Alain Resnais, = l'Amour, c'est=20 gai, l'amour, c'est triste (1968) de Jean-Daniel Pollet, = le Voyou=20 (1970) de Claude Lelouch, la D=E9robade (1979) de = Daniel Duval,=20 et Location (1979) de No=EBl Simsolo.

R=E9alisateur de courts m=E9trages ironiques et raffin=E9s, il = signe Bonjour=20 Monsieur la Bruy=E8re (1957), l'oeil du ma=EEtre (1957) et les = Surmen=E9s=20 (1958). Il illustre ensuite avec =E9l=E9gance une certaine = tendance de la=20 Nouvelle Vague en signant de jolies com=E9dies libertines = interpr=E9t=E9es par=20 son =E9pouse Fran=E7oise Brion, l'Eau =E0 la bouche (1959, musique = de Serge=20 Gainsbourg) et le Coeur Battant (1962), qu=92il encha=EEne avec un = film=20 politique sur l'OAS, la D=E9nonciation (1962), avant de r=E9aliser = une oeuvre=20 moderne, ambitieuse et passionnante, le Viol (1967).

Un m=E9lodrame, la Maison des Bories (1970), lui fait = conna=EEtre un grand=20 succ=E8s public, apr=E8s lequel il tourne encore l'Homme au = cerveau greff=E9=20 (1972) et la Femme fatale (1974), avant de r=E9aliser Nick = chasseur de t=EAtes=20 (1987) pour la t=E9l=E9vision.

Membre fondateur de la Soci=E9t=E9 des r=E9alisateurs de films = (SRF) et de la=20 Quinzaine des r=E9alisateurs du Festival de Cannes, Jacques = Doniol-Valcroze=20 est =E9galement l'auteur de deux romans, les Portes du = baptist=E8re (1955) et=20 les Fianc=E9es de l'Empire (1981).

Donsko=EF, Mark = Semenovitch

Mark = Donsko=EF
(1901-1981)
Cin=E9aste=20 sovi=E9tique

L=92un des plus originaux parmi = les cin=E9astes=20 sovi=E9tiques est n=E9 =E0 Odessa, o=F9 son p=E8re =E9tait ouvrier = (la date exacte de=20 sa naissance est inconnue =E0 une ou deux ann=E9es pr=E8s). En = 1917, la=20 r=E9volution lui =ABpermet de faire des =E9tudes=BB, comme il le = dira plus tard.=20 Apr=E8s deux ann=E9es de m=E9decine pendant lesquelles il songe = =E0 devenir=20 psychiatre, il opte pour la litt=E9rature tout en cultivant le = piano et la=20 composition musicale. Joueur de football, il restera longtemps = dirigeant=20 de la F=E9d=E9ration sovi=E9tique de ce sport. D=92une de ses = nouvelles, il tire=20 en 1925 un sc=E9nario qu=92il porte, =E0 Moscou, =E0 Viktor = Chlovski. Celui-ci=20 l=92introduit aupr=E8s d=92Eisenstein, dont il = devient=20 l=92=E9l=E8ve et, bient=F4t, l=92assistant.

=C0 partir de 1927, il r=E9alise quelques films muets, = aujourd=92hui perdus,=20 et, en 1934, son premier vrai film : Le Chant du bonheur. Sa = grande=20 admiration est, =E0 l=92=E9poque, Gorki; il rencontre le vieil = =E9crivain, qui lui=20 objecte : =ABIl n=92est pas bon de dresser des monuments =E0 un = vivant.=BB=20 Toutefois, Donsko=EF s=92attelle =E0 la r=E9alisation de sa = =ABtrilogie=BB adapt=E9e de=20 Gorki : L=92Enfance de Gorki (1938), En gagnant mon pain (1939), = Mes=20 Universit=E9s (1940). Le succ=E8s est immense : prix Staline en = 1941; Donsko=EF=20 ach=E8ve Les Romantiques alors que les troupes hitl=E9riennes = approchent de=20 Moscou : par miracle, cinq copies mutil=E9es de ce film (1 700 sur = 2 900=20 m=E8tres) seront sauv=E9es. Repli=E9 en Turkm=E9nie, Donsko=EF y = dirige Et l=92acier=20 fut tremp=E9 (1941) puis Arc-en-ciel (1943). Le premier de ces = films est un=20 remarquable exemple de propagande patriotique transfigur=E9e en = ballets=20 presque abstraits de combattants; le second, dont le sujet = convient mieux=20 au temp=E9rament romantique du cin=E9aste, exalte la r=E9sistance = =E0 l=92occupant=20 avec autant de po=E9sie que d=92intensit=E9 dramatique.

En 1945, Donsko=EF adh=E8re au Parti communiste. Titulaire de = deux autres=20 prix Staline, f=EAt=E9 =E0 Venise, il voit La Loi de la grande = terre (1948)=20 brutalement interrompu par ordre du dictateur. Il est d=E9plac=E9 = d=92office de=20 Moscou =E0 Kiev, o=F9 il ne mettra en sc=E8ne qu=92un = documentaire, jusqu=92en=20 1954.

Il r=E9alise alors un vieux projet, La M=E8re, d=92apr=E8s = Gorki, puis Le=20 Cheval qui pleure (1956), sans doute son chef-d=92oeuvre (et son = premier=20 film en couleurs). En 1958, il est le d=E9l=E9gu=E9 du cin=E9ma = sovi=E9tique =E0=20 l=92Exposition internationale de Bruxelles, et renoue avec = l=92Occident des=20 contacts jusqu=92alors =E9pistolaires et fragmentaires. Il = r=E9alisera encore=20 Thomas Gordeiev (1959) qui, sans =E9galer Le Cheval qui pleure, en = conserve=20 la force essentielle, Bonjour les enfants (1962) et Le Coeur = d=92une m=E8re=20 (1965), pr=E9sent=E9 hors concours =E0 Cannes l=92ann=E9e = suivante, =E9mouvant premier=20 volet d=92un diptyque consacr=E9 =E0 la m=E8re de L=E9nine, dont = apparemment la=20 seconde partie n=92a jamais =E9t=E9 r=E9alis=E9e.

Beaucoup moins th=E9oricien que les =ABgrands=BB du cin=E9ma = sovi=E9tique,=20 suspect au pouvoir =E0 plus d=92un titre (il est d=92origine = juive), Donsko=EF a=20 su m=EAler dans son oeuvre la tendresse et la col=E8re, = l=92=E9motion et le=20 s=E9rieux, en =E9vitant toujours le pr=EAche didactique et les = sentiments=20 plaqu=E9s. Si certaines parties de la trilogie ont vieilli, = d=92autres=20 annoncent plastiquement les r=E9ussites de la guerre et de = l=92apr=E8s-guerre=20 (auxquelles il faut ajouter Varvara, 1946). =C0 la fois chantre de = la nature=20 et interpr=E8te des combats des hommes, Donsko=EF use parfois des = comparaisons=20 eisensteiniennes, mais il sacrifie les effets de montage au = mouvement=20 =ABspontan=E9=BB de sa cam=E9ra : sa calligraphie - ainsi qu=92une = excellente=20 direction d=92interpr=E8tes - est le reflet d=92un amour = panth=E9iste de la vie,=20 per=E7ue selon l=92expression d=92un de ses personnages, comme = =ABune suite de=20 tourbillons=BB jamais gratuits, jamais non plus r=E9duits par le = r=E9alisme.

Dovjenko, Alexandre = Petrovich

Alexandre = Dovjenko
(1894-1956)
Cin=E9aste=20 ukrainien

Fils de paysans ukrainiens, = Dovjenko=20 appartient =E0 la premi=E8re g=E9n=E9ration du cin=E9ma = sovi=E9tique, celle d=92Eisenstein, de Poudovkine, de Donsko=EF. = Th=E9oricien, esth=E9ticien=20 avant d=92=EAtre r=E9alisateur, il a trait=E9 comme ses =E9mules = les th=E8mes=20 fondamentaux de l=92art engag=E9 : la r=E9volution et la = collectivisation. La=20 Terre (Zemlia, 1929-1930), probablement son chef-d=92oeuvre, = constitue une=20 mani=E8re de synth=E8se de sa personnalit=E9 et de son style. = Fonci=E8rement=20 lyrique, ce po=E8me filmique c=E9l=E8bre tout =E0 la fois la = communion de l=92homme=20 avec la nature et la rencontre privil=E9gi=E9e d=92un = temp=E9rament avec les=20 id=E9aux marxistes : =ABCe que Dovjenko exprime avec une franchise = brutale,=20 simpliste mais passionn=E9e, c=92est le sentiment de participer = =E0 une=20 prodigieuse aventure collective, d=92=EAtre une partie d=92un = tout, de=20 s=92identifier =E0 l=92ordre nouveau, expression sup=E9rieure = d=92un grand ordre=20 naturel=BB (L. Marcorelles). S=92il se soucie peu de psychologie = individuelle=20 - ses h=E9ros sont monolithiques -, il a le coeur et le style = =E9piques; son=20 rythme a l=92enthousiasme de l=92esp=E9rance, sa plastique est = d=92un visionnaire=20 inspir=E9, et sa vitalit=E9 se manifeste dans l=92humour parfois = breugh=E9lien qui=20 traverse et rafra=EEchit son souffle h=E9ro=EFque. Dovjenko passa = sans=20 difficult=E9 du muet au parlant - Chostakovitch notamment lui = pr=EAta son=20 concours - et du noir et blanc =E0 la couleur.

=ABIvan=BB (1932), = d=92Alexandre=20 Dovjenko

La Montagne au tr=E9sor (Zvenigora, 1928) forme une sorte de = geste=20 l=E9gendaire de l=92Ukraine, des Vikings au communisme; = L=92Arsenal (1929),=20 Aerograd (1935), Chtchors (1939) chantent la lutte finale qui doit = faire=20 aboutir l=92=E2ge d=92or du socialisme, =E9voqu=E9 dans = Mitchourine (La Vie en=20 fleur, 1949) ainsi que dans Le Po=E8me de la mer; interrompu par = la mort de=20 l=92auteur, celui-ci fut achev=E9 par sa femme, qui fut aussi sa=20 collaboratrice, Youlia Solntzeva.

Dr=E9ville, Jean

Jean = Dr=E9ville
(1906-1997)
Critique et=20 cin=E9aste fran=E7ais

N=E9 =E0 Vitry-sur-Seine, Jean = Dr=E9ville est le=20 fils d'un ing=E9nieur des mines, =E9galement homme de lettres, = po=E8te et=20 journaliste. Il devient dessinateur, photographe, puis critique de = cin=E9ma=20 et dirige les revues Cin=E9graphie et On tourne, avant de passer = =E0 la=20 r=E9alisation de films.

Il d=E9bute avec un reportage original sur le tournage d'un = film de=20 Marcel L=92Herbier, Autour de l'Argent (1928), puis r=E9alise le = premier film=20 sur pellicule panchromatique, Quand les =E9pis se courbent (1929). = Apr=E8s=20 quelques courts m=E9trages, il signe un vaudeville, Pomme d'amour = (1932), un=20 film illustrant une chanson, =C0 la Varennes (1932), et adapte = trois oeuvres=20 de Roger Ferdinand : Trois pour cent (1933), Un homme en or = (1934), et=20 Touche =E0 tout (1934).

R=E9alisateur =E9clectique et bon artisan, il tourne des = m=E9lodrames comme=20 les Petites Alli=E9es (1936), Tro=EFka sur la piste blanche = (1937), les Nuits=20 blanches de Saint-Petersbourg (1937) et Maman Colibri (1937), des = films =E0=20 costumes comme le Joueur d'=E9checs (1938), des com=E9dies comme = Annette et la=20 dame blonde (1941) ou des films r=E9alistes comme les Roquevillard = (1943).=20 Son adaptation des Affaires sont les affaires (1942) d=92Octave = Mirbeau,=20 interpr=E9t=E9e par Charles Vanel et Robert le Vigan, est = exemplaire.

=C0 la fin de la Seconde Guerre mondiale, Dr=E9ville entame = avec la Cage=20 aux rossignols (1944) une longue collaboration avec le com=E9dien = et=20 sc=E9nariste No=EBl-No=EBl, = qu=92il retrouve dans=20 les Casse-pieds (1948), dans un sketch des Sept p=E9ch=E9s = capitaux (1951),=20 dans =C0 pied, =E0 cheval et en spoutnik (1958) et dans la = Sentinelle endormie=20 (1965).

Parmi ses meilleurs films, il faut citer Copie conforme (1946), = o=F9=20 Louis Jouvet tient un double r=F4le, la Bataille de l'eau lourde = (1947), une=20 fresque r=E9aliste sur la R=E9sistance norv=E9gienne, Horizons = sans fin (1952),=20 qui retrace la vie de l'aviatrice H=E9l=E8ne Boucher, la Reine = Margot (1954),=20 une illustration brillante du roman d'Alexandre Dumas, avec Jeanne = Moreau=20 pour la premi=E8re fois en vedette, les Suspects (1956), l=92un = des rares=20 films sur la guerre d'Alg=E9rie tourn=E9 durant les =E9v=E9nements = eux-m=EAmes,=20 Normandie Niemen (1959), produit avec l'Union sovi=E9tique, et La = Fayette=20 (1961), une spectaculaire superproduction internationale = r=E9alis=E9e en 70=20 mm.

=C0 partir de 1968, Jean Dr=E9ville a surtout travaill=E9 pour = la t=E9l=E9vision,=20 notamment avec No=EBl-No=EBl dans le = Voyageur des=20 si=E8cles (1971).

Dreyer, Carl Theodor

Carl = Dreyer
(1889-1968)
Cin=E9aste et=20 sc=E9nariste danois

Auteur d=92une oeuvre =E0 la = dimension dramatique=20 et m=E9taphysique. Son oeuvre, construite sur la fascination des = visages et=20 de leur langage, est compos=E9e d=92une vingtaine de films et de = seulement=20 quatorze longs m=E9trages. Elle se partage entre le muet et le = parlant, et=20 compte parmi les plus marquantes de l=92histoire du cin=E9ma. Par = sa technique=20 originale et la dimension spirituelle de ses films, il a = influenc=E9 toute=20 une g=E9n=E9ration de cin=E9astes, en particulier - et = diff=E9remment - Ingmar Bergman et Jean-Luc Godard.

Apr=E8s avoir d=E9but=E9 comme journaliste, Dreyer fut engag=E9 = =E0 la Nordisk=20 Film, compagnie de production danoise, en tant que sc=E9nariste en = 1912. Il=20 =E9crivit alors une quarantaine de sc=E9narios. Marqu=E9 par = Intol=E9rance de Griffith, son premier = film, le=20 Pr=E9sident, voit le jour en 1919. En 1920 sort Pages arrach=E9es = au livre de=20 Satan, film malicieux et amer qui d=E9peint en quelques traits = l=92action de=20 Satan dans l=92histoire du monde. D=E8s lors, Dreyer travailla = dans plusieurs=20 pays et tourna des films en Norv=E8ge, au Danemark, en France et = en Su=E8de.=20 Influenc=E9 par l=92oeuvre de Victor Sj=F6str=F6m, = Dreyer, dans la=20 Quatri=E8me Alliance de Dame Marguerite (ou la Veuve du pasteur, = 1920),=20 attacha un soin particulier au cadrage et au rythme de l=92action = qui devint=20 caract=E9ristique de son style de la maturit=E9. Le Ma=EEtre du = logis (1925)=20 t=E9moigne de l=92humour f=E9roce de Dreyer, qui appara=EEt peu = dans ses autres=20 films : il y pr=E9sente un tyran domestique et une femme = oppress=E9e et=20 soumise. On peut y voir en germe la critique de la bourgeoisie et = le refus=20 de l=92intol=E9rance qui s=92exprimeront dans plusieurs de ses = films, et=20 notamment Gertrud.

Le po=E8te et acteur = fran=E7ais Antonin=20 Artaud dans La passion de Jeanne d=92Arc (1928), film du = r=E9alisateur danois=20 Carl Dreyer, d=92apr=E8s Joseph Delteil

Dans la Passion de Jeanne d=92Arc (1928), interpr=E9t=E9e = notamment par=20 l=92actrice Ren=E9e Falconetti dans le r=F4le de Jeanne d=92Arc et = par Antonin=20 Artaud dans le r=F4le d=92un moine, Dreyer, qui signait l=E0 = l=92un de ses=20 chefs-d=92oeuvre, mit l=92accent sur la composition d=E9centr=E9e = et sur les=20 propri=E9t=E9s graphiques du plan cin=E9matographique, jouant de = cadrages tr=E8s=20 serr=E9s sur des visages expressifs, tendus et douloureux, qui = firent de ce=20 film muet, selon le mot de Paul Claudel, un =ABfilm qui crie vers = la=20 parole=BB.

Vampyr (Vampire, l=92=E9trange aventure de David Gray, 1932), = tourn=E9 en=20 France, son premier film sonore et seul film =ABfantastique=BB, = suivant un=20 proc=E9d=E9 inverse, attirait l=92attention vers la cam=E9ra par = l=92utilisation de=20 l=92espace hors champ. L=92espace et le temps furent = syst=E9matiquement mis en=20 exergue dans les films dramatiques que Dreyer r=E9alisa =E0 la fin = de sa=20 carri=E8re. Dans Dies Irae (Jour de col=E8re, 1943), Dreyer met en = sc=E8ne un=20 injuste proc=E8s en sorcellerie et d=E9nonce l=92intol=E9rance de = son temps (le=20 Danemark est alors occup=E9 par l=92Allemagne nazie). Dies Irae = est aussi un=20 superbe film sur l=92amour impossible. Pendant la guerre, Dreyer = refusera de=20 tourner un film antis=E9mite pour l=92Allemagne nazie, = l=92adaptation de Pan, de=20 Knut Hamsun.

Falconetti dans le r=F4le = principal de =ABLa=20 Passion de Jeanne d=92Arc=BB (1928), film muet du r=E9alisateur = danois Carl=20 Dreyer (1889-1968), d=92apr=E8s Joseph Delteil

De 1949 =E0 sa mort, il travailla =E0 un projet de film = r=E9aliste sur=20 J=E9sus-Christ, J=E9sus juif. Avec Ordet (la Parole, ou, plus = exactement, =ABle=20 Verbe=BB, 1955), d=92apr=E8s l=92oeuvre du pasteur et dramaturge = Kaj Munk, Dreyer=20 atteignit les sommets mystiques de son oeuvre, d=E9montrant le = pouvoir de=20 r=E9surrection (au propre comme au figur=E9) de la parole, et la = puissance de=20 la foi, =E0 travers l=92=E9trange relation qui s=92instaure dans = une famille entre=20 un fou et un enfant, lors de la mort de la m=E8re de celui-ci. Les = grands=20 th=E8mes de Dreyer : l=92amour, l=92id=E9alisation de la femme et = la mort sont=20 pr=E9sents. Techniquement, il =E9labora pour ce film un syst=E8me = de travelling=20 qui, associ=E9 aux longues prises de vue, r=E9ussit =E0 rendre = compte de la=20 dur=E9e de l=92action et mit l=92accent sur les diff=E9rents plans = pour faire=20 ressortir l=92entit=E9 spatio-temporelle.

Carl Theodor Dreyer (1889-1968), sur le = tournage=20 de la =ABPassion de Jeanne d=92Arc=BB (1928)

Falconetti dans le r=F4le principal de =ABLa Passion de Jeanne = d=92Arc=BB=20 (1928), film muet du r=E9alisateur danois Carl Dreyer (1889-1968), = d=92apr=E8s=20 Joseph Delteil

 Dans Gertrud (Gertrude, 1964), il retrouve le th=E8me de = l=92amour=20 impossible, qu=92une femme mari=E9e d=E9couvre apr=E8s avoir = sacrifi=E9 sa vie au=20 faux bonheur de son couple. Dreyer utilisa pour ce film de longues = prises=20 de vues, pr=E9senta ses personnages de face, utilisa des = sym=E9tries compos=E9es=20 et la pr=E9sence de l=92espace hors champ par le jeu d=92un = miroir, cela afin de=20 produire des effets archa=EFsants. Derri=E8re une apparence = feutr=E9e, ce film,=20 comme tous les films de Dreyer, est d=92une grande violence de = sentiments et=20 d=E9voile un =EAtre de douleur habit=E9 par une forte dimension = spirituelle. =C0=20 la fin de sa vie, pour vivre, Dreyer fut contraint de diriger une = salle de=20 cin=E9ma =E0 Copenhague. Il re=E7ut le Lion d=92Or au Festival du = film de Venise=20 en 1955.

 Les notes que Dreyer prit sur ses films ont =E9t=E9 = rassembl=E9es dans=20 Dreyer in Double Reflection (1973).

Dulac, Germaine

Germaine Dulac
(De son vrai nom = Germaine=20 Saisset-Schneider)
(1882-1942)
Cin=E9aste et th=E9oricienne = du=20 cin=E9ma

N=E9e =E0 Amiens, jeune femme de = bonne famille,=20 elle se passionne pour le journalisme et le f=E9minisme et = collabore =E0 la=20 Fronde, journal f=E9ministe fond=E9 par Marguerite Durand. En = 1915, elle se=20 tourne vers le cin=E9ma et r=E9alise, gr=E2ce =E0 l=92argent de = son mari, les Soeurs=20 ennemies, m=E9lodrame historique. Les films suivants (Geo le = myst=E9rieux,=20 1916 ; Venus Victrix, 1916 ; Dans l=92ouragan de la = vie, 1916) ne t=E9moignent=20 gu=E8re en faveur du talent de leur r=E9alisatrice. En 1917, sur = le tournage=20 d=92=C2mes de fous, son cinqui=E8me film, elle fait la rencontre = d=92un cin=E9aste=20 et critique dont l=92influence sera d=E9terminante : Louis Delluc. = Dulac se=20 lance alors dans le cin=E9ma d=92avant-garde. Les recherches = esth=E9tiques=20 prennent le pas sur l=92exposition du r=E9cit et le jeu des = acteurs.=20 Repr=E9sentante de ce qu=92on appelle parfois le cin=E9ma = =AB impressionniste =BB,=20 elle multiplie les d=E9formations de l=92image, les flous et = surimpressions,=20 les mouvements virtuoses de la cam=E9ra et les effets de montage, = pour=20 r=E9aliser un cin=E9ma d=92art qui tienne son rang parmi les = autres formes=20 artistiques. La F=EAte espagnole (1919), la Mort du soleil (1921), = la=20 Souriante Madame Beudet (1923) ou le Diable dans la ville (1924) = sont des=20 exemples accomplis de ce style esth=E9tisant.

En 1927, elle r=E9alise la Coquille et le Clergyman, sur un = sc=E9nario=20 d=92Antonin Artaud. Artaud et les surr=E9alistes d=E9testeront ce = film, jug=E9=20 profond=E9ment vain, et cette pol=E9mique entravera durablement la = carri=E8re de=20 Dulac. Elle r=E9alise cependant encore quelques courts-m=E9trages, = qu=92elle=20 d=E9finit dans ses =E9crits comme du =ABcin=E9ma pur=BB, de la = =ABmusique visuelle=BB.=20 Il s=92agit d=92adaptations de po=E8mes de Baudelaire = (l=92Invitation au voyage,=20 1927) ou de courtes pi=E8ces musicales (Disque 927, 1928), voire = de po=E9sie=20 scientifique (Germination d=92un haricot, 1928).

Dulac ne s=92=E9tant pas adapt=E9e pas =E0 la r=E9volution du = parlant, elle=20 abandonne la r=E9alisation et devient directrice des actualit=E9s = chez Path=E9=20 puis =E0 la Gaumont.

Duras, Marguerite

Marguerite = Duras
(1914-1996)
Ecrivain,=20 dramaturge et cin=E9aste fran=E7aise

UNE = JEUNESSE=20 DOULOUREUSE

N=E9e =E0 Gia Dinh (Indochine), Marguerite Duras (Marguerite = Donnadieu pour=20 l=92=E9tat civil) grandit sur les bords du M=E9kong, o=F9 ses = parents sont=20 enseignants. Son p=E8re meurt. Sa m=E8re se ruine dans l=92achat = de terrains=20 incultivables et sombre alors dans une sorte de folie. Elle = =E9voque cette=20 partie de sa vie - enfance et adolescence - dans plusieurs de ses = romans :=20 Un barrage contre le Pacifique (1950) et l=92Amant (1984). En = 1932, elle=20 s=92installe =E0 Paris pour achever des =E9tudes de droit, de = math=E9matiques et=20 de sciences politiques, puis adh=E8re au Parti communiste et se = marie avec=20 Robert Antelme. Pendant l=92Occupation, elle publie ses premiers = romans :=20 les Impudents (1943) et la Vie tranquille (1944), tout en faisant = partie=20 d=92un r=E9seau de r=E9sistance. Elle racontera cette p=E9riode de = sa vie, ainsi=20 que l=92histoire de son mari rescap=E9 des camps de concentration, = dans la=20 Douleur (1985).

NOUVEAU ROMAN

Apr=E8s la guerre, elle continue sa production litt=E9raire = dans une=20 =E9criture assez classique : Un barrage contre le Pacifique et le = Marin de=20 Gibraltar (1952), puis inaugure un nouveau style avec les Petits = Chevaux=20 de Tarquinia (1953) et les Chantiers (1954), dont l=92=E9criture = elliptique,=20 simplifi=E9e, objective et musicale la rapproche des essais et des = recherches du Nouveau Roman. Toujours engag=E9e politiquement, = elle signe le=20 Manifeste des 121 (qui proclame le droit =E0 l=92insoumission des = appel=E9s=20 fran=E7ais en Alg=E9rie), s=92engage dans le mouvement de Mai 68 = et milite dans=20 les mouvements f=E9ministes. Elle collabore =E0 quelques journaux, = =E9crit=20 d=92autres romans, dont le Ravissement de Lol V. Stein (1964), le=20 Vice-Consul (1965), D=E9truire, dit-elle (1969), l=92Amour (1971), = Son nom de=20 Venise dans Calcutta d=E9sert (1976), l=92=C9t=E9 80 (1980), la = Douleur (1985) et=20 des pi=E8ces de th=E9=E2tre, comme la Musica (1965), Des = journ=E9es enti=E8res sous=20 les arbres (1973) ou Savannah Bay (1983).

UN STYLE PERSONNEL

Que ce soit dans ses romans, dans ses textes autobiographiques = ou dans=20 ses pi=E8ces de th=E9=E2tre, Marguerite Duras cultive une = =E9criture de l=92absence=20 visant au d=E9pouillement et dont les principaux th=E8mes sont = l=92amour et la=20 mort, ou plus pr=E9cis=E9ment la recherche de l=92amour absolu, = qui est aussi un=20 d=E9sir de mort. Elle abandonne les obligations de la psychologie=20 traditionnelle, la pr=E9sence continue du narrateur omniscient, = les=20 exigences d'une logique =ABs=E9quentielle=BB et la = =ABmotivation=BB des faits. Il ne=20 subsiste alors que le texte, =E0 la limite du silence, que cette = qu=EAte du=20 =ABmot trou o=F9 tous les autres auraient =E9t=E9 enterr=E9s=BB, = et, en d=E9finitive, du=20 possible de l=92=E9criture. D=E9peignant le m=EAme personnage =E0 = travers une=20 pluralit=E9 d=92identit=E9s (Vera Baxter, Lol V. Stein, Aur=E9lia = Steiner),=20 d=E9crivant toujours des lieux vacants, elle compense cette = =E9criture de=20 l=92absence par un travail sur les genres. Ainsi, elle reprend = souvent le=20 m=EAme r=E9cit sous la forme th=E9=E2trale, cin=E9matographique et = romanesque, avec=20 un constant souci d=92=E9puration et de justesse dans = l=92expression. L=92exemple=20 le plus frappant en est le cycle amorc=E9 par le Ravissement de = Lol V.=20 Stein, car l=92anecdote de ce roman est prolong=E9e ou modul=E9e = par de nombreux=20 ouvrages, tels que le Vice-Consul et son double = cin=E9matographique India=20 Song (1973, 1975 pour la r=E9alisation filmique), mais aussi par = l=92Amour ou=20 Son nom de Venise dans Calcutta d=E9sert. Son style conna=EEt = pourtant une=20 mutation avec l=92Amant (1984), qui lui vaut le prix Goncourt et = une gloire=20 internationale, mais qu=92elle adapte =E0 nouveau sur le plan = romanesque dans=20 l=92Amant de la Chine du Nord (1991), en r=E9ponse =E0 = l=92adaptation=20 cin=E9matographique de Jean-Jacques Annaud, = l=92Amant=20 (1991), qu=92elle d=E9sapprouve.

LE CIN=C9MA

Il existe en effet un lien fort entre le cin=E9ma et ses = oeuvres. En=20 1958, Ren=E9 Cl=E9ment = adapte et r=E9alise Un=20 barrage contre le Pacifique, avec une distribution internationale, = et, un=20 an plus tard, Peter Brook tire un = film de=20 Moderato cantabile, jou=E9 par Jeanne Moreau et Jean-Paul = Belmondo. C=92est sa=20 collaboration de sc=E9nariste avec Alain Resnais pour = Hiroshima mon=20 amour qui attire sur elle l=92attention du grand public. Elle = =E9crit ensuite=20 le sc=E9nario de Une aussi longue absence (1960) pour Henri Colpi, = tandis=20 que Tony Richardson transpose sans grand brio son Marin de = Gilbraltar en=20 1967. Apr=E8s avoir r=E9alis=E9 en collaboration avec Paul Seban = la Musica=20 (1966), elle signe seule D=E9truire, dit-elle (1969), puis Jaune = le soleil=20 (1971) et Nathalie Granger (1972), dont elle tire ensuite un = roman. Elle=20 r=E9alise encore la Femme du Gange (1973) et conna=EEt un succ=E8s = d=92estime avec=20 India Song (1975), puis tourne Baxter, Vera Baxter (1977) et = adapte pour=20 la t=E9l=E9vision sa pi=E8ce Des journ=E9es enti=E8res sous les = arbres (1977), avant=20 d=92=E9tonner le festival de Cannes avec le Camion (1977), un film = atypique et=20 distanci=E9, sans trame lin=E9aire ni narration apparente, dont = elle est=20 l=92interpr=E8te avec G=E9rard Depardieu. Ses derniers films sont = Navire Night=20 (1979), Aur=E9lia Steiner (1980), Agatha, l=92Homme atlantique = (1981),=20 Dialogue de Rome (1983) et les Enfants (1984).

Marguerite Duras, = photographi=E9e=20 ici en 1961

Dutt, Guru

Guru Dutt
(1925-1964)
Acteur et = cin=E9aste=20 indien

N=E9 =E0 Bangalore dans une famille = d'artistes,=20 Guru Dutt Shiv Shankar Padukone, dit Guru Dutt, apprend tr=E8s = jeune la=20 danse, la chor=E9graphie, la mise en sc=E8ne de th=E9=E2tre, l'art = du maquillage=20 et le m=E9tier de com=E9dien.

=C0 l=92=E2ge de vingt ans, il devient assistant r=E9alisateur = de cin=E9ma, puis=20 d=E9bute dans la mise en sc=E8ne avec le Jeu (Baazi, 1951), un = m=E9lodrame=20 policier qui conna=EEt un grand succ=E8s. =C0 la fois producteur, = interpr=E8te et=20 r=E9alisateur, il choisit de se consacrer au cin=E9ma musical = populaire, dont=20 il transcende les sch=E9mas routiniers par des mises en sc=E8ne = d=92une qualit=E9=20 exceptionnelle et d=92une rare sensibilit=E9. Dans cette optique, = il r=E9alise=20 coup sur coup le Filet (Jaal, 1952), puis le Faucon (Baaz, 1953), = De part=20 en part (Aar Paar, 1954) et Monsieur et Madame 55 (Mr. and Mrs. = 55,=20 1955).

Cr=E9ateur ind=E9pendant d=E9sormais c=E9l=E8bre dans son pays, = il s'oriente vers=20 des productions de plus en plus novatrices - inspir=E9es =E0 la = fois par les=20 films am=E9ricains et par le cin=E9ma d=92art et d=92essai = europ=E9en - tout en=20 conservant la th=E9matique et les s=E9quences musicales des = m=E9lodrames indiens=20 traditionnels. Dans les ann=E9es cinquante, il donne Remous = (Sailaab, 1956),=20 l=92Assoiff=E9 (Pyaasa, 1957) et Fleurs de papier (Kaagaz Ke = Phool, 1959) qui,=20 apr=E8s avoir connu un =E9chec commercial, se rangent = aujourd=92hui parmi les=20 chefs-d=92oeuvre du cin=E9ma indien. Ces m=E9lodrames fi=E9vreux = c=E9l=E9brant l=92amour=20 et l=92art, fustigeant la bassesse et l=92injustice, mais = d=E9bordants d=92amour=20 et de compassion envers les petites gens, les prostitu=E9es et les = parias de=20 la soci=E9t=E9 indienne, comportent notamment des sc=E8nes = musicales d=92une=20 beaut=E9 incomparable.

D=E9courag=E9 par l=92incompr=E9hension du public, Guru Dutt se = contente par la=20 suite de jouer dans des films m=E9diocres et de produire, = d=92=E9crire et=20 d=92interpr=E9ter des oeuvres dont il