From: =?Windows-1252?Q?Enregistr=E9_par_Windows_Internet_Explorer=A07?= Subject: C Date: Thu, 24 Apr 2008 04:53:58 +0200 MIME-Version: 1.0 Content-Type: multipart/related; type="text/html"; boundary="----=_NextPart_000_00F8_01C8A5C7.34A8ECE0" X-MimeOLE: Produced By Microsoft MimeOLE V6.0.6000.16545 This is a multi-part message in MIME format. ------=_NextPart_000_00F8_01C8A5C7.34A8ECE0 Content-Type: text/html; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Location: http://cinemanageria.ifrance.com/abc_cineastes/c.htm C
C

Camerini, Mario

Mario = Camerini
(1895-1981)
R=E9alisateur et=20 sc=E9nariste italien

Mario Camerini est d=92abord = assistant, avant=20 de tourner en 1923 un documentaire sur le cirque : Jolly, clown da = circo.=20 Rails (Rotaie, 1929) est un film muet dont le doublage sonore, = effectu=E9=20 ult=E9rieurement, constitue une transition avec les films = parlants. Les=20 Hommes, quels mufles ! (gli Uomini, che mascalzoni !, 1932) = annonce le ton=20 de son oeuvre qui, =E0 son sommet, est une description sensible et = ironique=20 des milieux populaires et petit-bourgeois. Par le recours aux = d=E9cors=20 naturels, le film annonce d=E9j=E0 le n=E9or=E9alisme (voir = Italien, cin=E9ma).

Le film Je donnerai un million (Dar=F2 un milione, 1935) marque = les=20 d=E9buts de sa collaboration avec l=92=E9crivain et sc=E9nariste = Cesare Zavattini,=20 tandis que Monsieur Max (il Signor Max, prim=E9 =E0 Venise en = 1937) offre un=20 r=F4le au futur r=E9alisateur et chef de file du n=E9or=E9alisme = Vittorio De Sica. = Battement de=20 coeur (Batticuore, 1939) est =E9crit en collaboration avec Leo = Longanesi et=20 Renato Castellani.

Avec l=92av=E8nement du n=E9or=E9alisme, Mario Camerini se = d=E9tourne de ses=20 sujets de pr=E9dilection et aborde avec sensibilit=E9 et = comp=E9tence des genres=20 aussi vari=E9s que le drame historique, le film policier ou le = film=20 d=92aventures en Technicolor - Ulysse (Ulisse, 1954), d=92apr=E8s = Hom=E8re, avec=20 Kirk Douglas et Silvana Mangano.

Cameron, James

James Cameron
(de son vrai nom = Ovidio=20 Assonitis)
(1954- )
Cin=E9aste am=E9ricain d=92origine=20 canadienne

N=E9 =E0 Kapuskasing (Ontario), = James Cameron=20 fait des =E9tudes de physique, tourne un court m=E9trage, puis = devient=20 conseiller en sc=E9nario sur de nombreux films, sans =EAtre = cr=E9dit=E9 au=20 g=E9n=E9rique. Il collabore =E9galement aux effets sp=E9ciaux sur = des films =E0=20 petit budget, puis d=E9bute comme r=E9alisateur avec Piranhas II = (Piranha II=20 The Spawning, 1982).

Il rencontre le succ=E8s avec Terminator (The Terminator, = 1984), film de=20 science-fiction o=F9 les effets sp=E9ciaux ont la part belle et = qui fait=20 d=92Arnold Schwarzenegger une star. Cameron se voit alors confier = la=20 r=E9alisation d=92un film =E0 gros budget : la suite du Alien = (1979) de Ridley=20 Scott : Aliens (1986). Il en fait une oeuvre cr=E9pusculaire dont = les=20 qualit=E9s de style annoncent son film suivant Abyss (The Abyss, = 1989),=20 mariage de vigueur, d=92humanisme et de po=E9sie dont l=92=E9chec = commercial le=20 pousse =E0 tourner Terminator 2 (Terminator 2: Judgement Day, = 1991), aux=20 effets sp=E9ciaux sans pr=E9c=E9dent. Les combats des deux robots = venus du futur=20 lui permettent de cr=E9er des sc=E8nes d=92une =E9tranget=E9 = fascinante. D=E9sormais=20 r=E9put=E9 comme r=E9alisateur =E0 succ=E8s d=92oeuvres de = science-fiction =E0 grand=20 spectacle, il pr=E9f=E8re s=92orienter vers la com=E9die = d=92espionnage en=20 produisant et r=E9alisant True Lies (1994), un remake de la Totale = (1991),=20 film fran=E7ais de Claude Zidi. Le film = surprend ses=20 admirateurs par son sens de l=92humour aux limites du burlesque. = Apr=E8s cette=20 insolite incursion, il produit et r=E9alise un m=E9lodrame = flamboyant aux=20 effets sp=E9ciaux superbes : Titanic (1997), dont le succ=E8s est = immense.

Campion, Jane

Jane Campion
(1955- = )
R=E9alisatrice et=20 sc=E9nariste n=E9o-z=E9landaise

N=E9e =E0 Wellington = (Nouvelle-Z=E9lande), Jane=20 Campion est issue d'une famille d'artistes. Anthropologue de = formation,=20 elle suit les cours du Sydney College of the Arts - o=F9 elle = r=E9alise son=20 premier court m=E9trage, Tissues (com=E9die grin=E7ante sur un = p=E8re accus=E9 de=20 mauvais traitements =E0 l'=E9gard d'un enfant) au d=E9but des = ann=E9es=20 quatre-vingt -, puis ceux de la Film, Television and Radio School = de=20 Sydney, en Australie.

La Le=E7on de piano (The = Piano, 1993)=20 de Jane Campion
Pianiste muette, m=E8re d'une petite fille, = Ada=20 (Holly Hunter) accepte de se marier avec un inconnu et emm=E8ne = tous ses=20 biens dans une petite ville de Nouvelle-Z=E9lande. Mais son = =E9poux refuse de=20 garder son piano. Leur voisin r=E9cup=E8re l'instrument = abandonn=E9 sur la=20 plage. Pour le r=E9cup=E9rer - pi=E8ce par pi=E8ce -, Ada doit se = plier au bon=20 vouloir de ce dernier. Le film re=E7ut la palme d'or au festival = de Cannes=20 en 1993.

En 1986, elle obtient la palme d=92or du court m=E9trage =E0 = Cannes avec son=20 film Peels. En 1989, elle r=E9alise un long m=E9trage, Sweetie, = film =E0=20 l=92humour noir accueilli de fa=E7on mitig=E9e par les = spectateurs, o=F9 elle=20 revient sur le th=E8me des m=E9sententes familiales. Le film = suivant, Un ange=20 =E0 ma table (An Angel at my Table, 1990), d'apr=E8s la biographie = de=20 l'=E9crivain n=E9o-z=E9landais Janet Frame, aborde le th=E8me de = la folie. La=20 Le=E7on de piano (The Piano, 1993, production = franco-australienne), remporte=20 la m=EAme ann=E9e la palme d'or au Festival de Cannes. L'histoire = d'Ada, une=20 jeune femme muette envoy=E9e, avec son enfant, en = Nouvelle-Z=E9lande =E0=20 l'=E9poque de la colonisation pour =E9pouser un homme qu'elle ne = conna=EEt pas,=20 est n=E9e du d=E9sir de Jeanne Campion de r=E9aliser un film = narratif sur=20 l'histoire de son pays.

En 1996, Jane Campion r=E9alise une adaptation d=92une oeuvre = d=92Henry=20 James, Portrait de femme, puis, en 1999, Holy Smoke, film d=92un = libertinage=20 cru, mais aussi film contemplatif, sur un sc=E9nario qu=92elle a = =E9crit avec sa=20 soeur Anna Campion.

Capra, Frank

Frank = Capra
(1887-1991)
R=E9alisateur=20 am=E9ricain

N=E9 =E0 Palerme (Sicile) dans une = famille de=20 paysans pauvres et illettr=E9s, Frank Capra arrive aux = =C9tats-Unis =E0 l=92=E2ge de=20 six ans. En 1918, il est dipl=F4m=E9 comme ing=E9nieur chimiste. = Apr=E8s avoir=20 travaill=E9 dans un laboratoire de cin=E9ma, il est engag=E9 comme = =ABgagman=BB chez=20 Hal Roach puis chez le ma=EEtre de la com=E9die burlesque, Mack Sennett. En = trois films,=20 Plein les bottes (Tramp, Tramp, Tramp, 1926), l=92Athl=E8te = incomplet (The=20 Strong Man, 1926) et Sa premi=E8re culotte (Long Pants, 1927), = Frank Capra=20 =E9labore le registre comique du personnage d=92Harry Langdon (dont = le cin=E9aste=20 compare l=92innocence =E0 celle du Brave Soldat Chv=E9ik de = l=92=E9crivain tch=E8que=20 Jaroslav Ha=9Aek).

Embauch=E9 par Harry Cohn =E0 la Columbia, il peaufine son = style qui=20 culmine avec la r=E9ussite de New York-Miami (It Happened One = Night, 1934) :=20 une forme de com=E9die burlesque et bavarde au rythme effr=E9n=E9 = (ou =ABscrewball=20 comedy=BB). Frank Capra inaugure ensuite le cycle de com=E9dies = sociales et=20 id=E9alistes auquel on associe volontiers son nom : = l=92Extravagant M. Deeds=20 (Mr. Deeds Goes to Town, 1936), Vous ne l=92emporterez pas avec = vous (You=20 Can=92t Take it with You, 1938), Monsieur Smith au S=E9nat (Mr. = Smith Goes to=20 Washington, 1939), l=92Homme de la rue (Meet John Doe, 1941), = autant de=20 films dont les th=E8mes et la =ABphilosophie sociale=BB = s=92annon=E7aient d=E9j=E0 dans=20 ses pr=E9c=E9dents films comme la Ru=E9e (American Madness, 1932), = la Femme aux=20 miracles (The Miracle Woman, 1931) ou The Power of the Press = (1928). En=20 1941, il r=E9alise un de ses films les plus c=E9l=E8bres, Arsenic = et vieilles=20 dentelles (Arsenic and Old Lace) avant de diriger, pour les = services=20 cin=E9matographiques de l=92arm=E9e, la s=E9rie de propagande = Pourquoi nous=20 combattons (Why We Fight, 1941-1945).

L'Extravagant M. = Deeds

Longfellow Deeds (Gary Cooper, au centre) habite Mandrake = Falls, une=20 petite ville paisible o=F9 il coule des jours sans histoires, = appr=E9ci=E9 de=20 ses pairs, jouant du tuba et =E9crivant des po=E8mes de = circonstance. Un jour,=20 il h=E9rite d'un oncle inconnu une fortune colossale qui le place = parmi les=20 hommes les plus riches des =C9tats-Unis. T=E9moignant de la crise = qui d=E9chire=20 les =C9tats-Unis de 1936, Frank Capra affirme =E0 travers cette = com=E9die,=20 parfaitement rythm=E9e, et son personnage principal, que la = simplicit=E9,=20 l'honn=EAtet=E9 et la g=E9n=E9rosit=E9 peuvent triompher de = l'hypocrisie sociale, du=20 conformisme et de la convoitise. Le discours critique sur la = soci=E9t=E9 et la=20 d=E9mocratie am=E9ricaines fonde =E9galement l'argument des deux = autres com=E9dies=20 les plus c=E9l=E8bres parmi celles qu'il tourna pour les studios = de la=20 Columbia, Vous ne l'emporterez pas avec vous (You Can't Take It = with You,=20 1938) et M. Smith au S=E9nat (Mr. Smith Goes to Washington, = 1939).

Au lendemain de la guerre, Hollywood et le public am=E9ricain = consid=E8rent=20 d=E9sormais Frank Capra comme un metteur en sc=E8ne d=E9suet, = quand bien m=EAme le=20 cin=E9aste signe alors ses derni=E8res r=E9ussites, La vie est = belle (It=92s A=20 Wonderful Life, 1946), l=92Enjeu (State of the Union, 1948) ou de = nouvelles=20 versions de ses anciens films comme Jour de chance (Riding High, = 1950,=20 remake de Broadway Bill, 1934) ou Milliardaire pour un jour = (Pocketful of=20 Miracles, 1961, remake de Lady For A Day, 1933).

Cin=E9aste favori de nombre d=92acteurs (James Stewart, Gary = Cooper,=20 Barbara Stanwyck, Jean Arthur), v=E9ritable =ABauteur=BB avant la = lettre, Frank=20 Capra s=92est efforc=E9 de faire reconna=EEtre, au sein = d=92Hollywood, le statut=20 cr=E9ateur du metteur en sc=E8ne : il est l=92un des premiers = r=E9alisateurs =E0=20 avoir exig=E9 =ABson nom au-dessus du titre=BB dans le = g=E9n=E9rique de ses films =97=20 comme le rappelle son autobiographie =ABMy Name above the = Title=BB, publi=E9e=20 avec succ=E8s en 1971 (la traduction fran=E7aise est publi=E9e en = 1976 sous le=20 titre de Hollywood Story).

Carle, Gilles

Gilles Carle
(1929-)
Cin=E9aste = et=20 producteur canadien

N=E9 =E0 Miniwaki, au Qu=E9bec, = Gilles Carle se=20 forme =E0 l=92=C9cole des beaux-arts de Montr=E9al avant de se = tourner vers le=20 cin=E9ma. Il r=E9alise son premier long-m=E9trage de fiction en = 1965, la Vie=20 heureuse de L=E9opold Z., qui re=E7oit un accueil enthousiaste. = Producteur de=20 ses propres films, il conna=EEt ses premiers succ=E8s publics avec = des oeuvres=20 non conformistes comme le Viol d=92une jeune fille douce (1968), = les M=E2les=20 (1970) et surtout la Vraie Nature de Bernadette (1972). Sa = rencontre avec=20 l=92actrice Carole Laure l=92am=E8ne =E0 c=E9l=E9brer la beaut=E9 = f=E9minine et =E0 =E9voluer=20 vers un cin=E9ma jug=E9 plus amer, voire d=E9senchant=E9 : les = Corps c=E9lestes=20 (1973); la T=EAte de Normande Saint-Onge (1975); l=92Ange et la = Femme (1977);=20 Fantastica (1980).

Devenu plus soucieux de s=92inscrire dans la soci=E9t=E9 et = dans l=92histoire=20 qu=E9b=E9coises, il r=E9alise les Plouffe (1981), une =ABhistoire = de gens heureux=BB=20 qui conna=EEt un grand succ=E8s en salle et =E0 la t=E9l=E9vision, = puis Maria=20 Chapdelaine (d=92apr=E8s le roman de Louis H=E9mon, 1983) avec une = nouvelle fois=20 Carole Laure.

Apr=E8s un documentaire sur Picasso (=D4 Picasso, 1986), il = tourne en 1996=20 Pudding ch=F4meur, une com=E9die dramatique, tendre et lucide, sur = la=20 situation =E9conomique de son pays et, enfin, il signe en 1997 = avec=20 l=92historien Jacques Lacoursi=E8re, une s=E9rie t=E9l=E9vis=E9e = de treize =E9missions,=20 sous le titre Une =E9pop=E9e en Am=E9rique.

Carn=E9, Marcel

Marcel = Carn=E9
(1906-1996)
R=E9alisateur=20 fran=E7ais

Marcel Carn=E9 est l=92un des plus = grands=20 r=E9alisateurs fran=E7ais, dont le nom demeure associ=E9 au = r=E9alisme=20 po=E9tique.

N=E9 =E0 Paris, destin=E9 par son p=E8re =E0 = l=92=E9b=E9nisterie, Marcel Carn=E9 d=E9buta=20 comme journaliste et comme critique de cin=E9ma avant d=92=EAtre = engag=E9 en tant=20 qu=92assistant op=E9rateur par Ren=E9 Clair (Sous = les toits de=20 Paris, 1930) et Jacques Feyder (le = Grand Jeu,=20 1934). En 1929, il r=E9alisa son premier court m=E9trage, Nogent, = Eldorado du=20 dimanche, un documentaire empreint de po=E9sie sur les guinguettes = des=20 environs de Paris. Son premier long m=E9trage, Jenny (avec Albert = Pr=E9jean,=20 1936), marqua le d=E9but d=92une longue et brillante collaboration = avec=20 Jacques Pr=E9vert : ils =E9crivirent ensemble certains des plus = grands=20 classiques du cin=E9ma fran=E7ais.

LA COLLABORATION AVEC PR=C9VERT

Jacques Pr=E9vert =E9crivit jusqu=92en 1949 la quasi-totalit=E9 = des sc=E9narios=20 de Marcel Carn=E9, et Alexandre Trauner signa les d=E9cors de tous = ses films=20 de cette p=E9riode. Apr=E8s Dr=F4le de drame (avec Louis Jouvet et = Michel Simon,=20 1937), le r=E9alisateur tourna Quai des brumes (avec Jean Gabin et = Mich=E8le=20 Morgan, d=92apr=E8s Pierre Mac Orlan, 1938), H=F4tel du Nord (avec = Louis Jouvet=20 et Arletty, sur des dialogues d=92Henri Jeanson, 1938) = et Le jour=20 se l=E8ve (avec Jules Berry et Jean Gabin, 1939).

Louis Jouvet et Arletty = dans H=F4tel du=20 Nord (1938) de Marcel Carn=E9.
Adapt=E9 d'un roman = d'Eug=E8ne Dabit par=20 Henri Jeanson et par = Jean=20 Aurenche, tourn=E9 dans un d=E9cor d'Alexandre Trauner = reconstituant le quai=20 de Jemmapes, le film de Marcel Carn=E9 est l'un des plus grands = classiques=20 du cin=E9ma fran=E7ais. Arletty y lance sa c=E9l=E8bre r=E9plique = : =ABAtmosph=E8re,=20 atmosph=E8re ! Non mais ! Est-ce que j'ai une gueule = d'atmosph=E8re ?=BB

Influenc=E9 par l=92esth=E9tisme de Max Reinhardt, qui = pr=E9f=E9rait mettre=20 l=92accent sur des subtilit=E9s psychologiques plut=F4t que sur = des drames=20 grandiloquents, Marcel Carn=E9 s=92attacha =E0 d=E9crire la vie de = gens ordinaires=20 dans leur environnement quotidien. Il s=92int=E9ressa =E9galement = =E0=20 l=92expressionnisme de Friedrich Wilhelm = Murnau et de Josef von Sternberg, = mais les=20 histoires sombres de ses films, att=E9nu=E9es par une po=E9sie = tendre,=20 traduisent davantage un style qui lui est propre, ce r=E9alisme = po=E9tique=20 dont ses films des ann=E9es 1938-1939 marqu=E8rent = l=92apog=E9e.

Jean-Louis Barrault et=20 Arletty
Jean-Louis Barrault a incarn=E9 =E0 l'=E9cran le = c=E9l=E8bre mime=20 Jean-Gaspard Deburau (1796-1846), dans le film de Marcel Carn=E9, = les=20 Enfants du paradis (1944). Il appara=EEt sur cette affiche aux = c=F4t=E9s=20 d'Arletty, qui interpr=E9ta le personnage de Garance.

En 1942, Carn=E9 dirigea Alain Cuny dans les Visiteurs du soir. = L=92action=20 du film, qui se situe au XVe si=E8cle, dissimule une = allusion =E0=20 la situation du moment, l=92Occupation allemande. Les Enfants du = paradis=20 (1945), fresque sur le Paris romantique des ann=E9es 1840, restent = une=20 r=E9f=E9rence pour le cin=E9ma d=92apr=E8s-guerre, dans lequel les = th=E8mes=20 brillamment d=E9velopp=E9s sont mis en relief par une distribution = exceptionnelle : Jean-Louis Barrault (dans le r=F4le du mime = Jean-Gaspard=20 Deburau), Pierre Brasseur, Arletty, Maria Casar=E8s, etc. Apr=E8s = les Portes=20 de la nuit (1946), dans lequel Yves Montand chante =ABles Feuilles = mortes=BB,=20 la fameuse chanson de Joseph Kosma, et la = Marie du port=20 (1950), d=92apr=E8s Georges Simenon, le tandem Carn=E9-Pr=E9vert = se s=E9para.

DERNI=C8RES OEUVRES

Les derni=E8res r=E9alisations de Marcel Carn=E9 connurent des = succ=E8s in=E9gaux=20 : Juliette ou la Clef des songes (avec G=E9rard Philipe, 1951), = Th=E9r=E8se=20 Raquin (avec Simone Signoret, 1953), les Tricheurs (avec Pascale = Petit,=20 1958), Du mouron pour les petits oiseaux (d=92apr=E8s Albert = Simonin et avec=20 Paul Meurisse, 1963), Trois Chambres =E0 Manhattan (avec Annie = Girardot et=20 Maurice Ronet, 1965). Ayant de plus en plus de difficult=E9s =E0 = financer ses=20 films, il laissa inachev=E9e sa derni=E8re production, Mouchette, = une=20 adaptation du roman de Georges Bernanos.

Marcel Carn=E9 a remport=E9 le Grand Prix oecum=E9nique au = Festival du film=20 de Cannes en 1977, et a =E9t=E9 fait commandeur de la L=E9gion = d=92honneur et=20 commandeur des Arts et des Lettres. Il a publi=E9 ses m=E9moires, = la Vie =E0=20 belles dents, en 1979.

Carn=E9 : principaux = films

1929

Nogent, Eldorado=20 du dimanche

1936

Jenny

1937

Dr=F4le de=20 drame

1938

H=F4tel du=20 Nord

1938

Quai = des=20 brumes

1939

Le = jour se=20 l=E8ve

1942

Les = Visiteurs du=20 soir

1945

Les = Enfants du=20 paradis

1946

Les = Portes de la=20 nuit

1950

La = Marie du=20 port

1951

Juliette ou la=20 Cl=E9 des songes

1953

Th=E9r=E8se=20 Raquin

1954

L'Air de=20 Paris

1956

Le = Pays d'o=F9 je=20 viens

1958

Les=20 Tricheurs

1960

Terrain=20 vague

1965

Trois Chambres =E0=20 Manhattan

1967

Les = Jeunes=20 Loups

1971

Les = Assassins de=20 l'ordre

1974

La = Merveilleuse=20 Visite

Cassavetes, John

John = Cassavetes
(1929-1989)
Acteur,=20 r=E9alisateur, sc=E9nariste et producteur am=E9ricain qui fut = c=E9l=E8bre pour ses=20 psychodrames abordant les probl=E8mes de la vie de couple et dans = lesquels=20 une large place =E9tait laiss=E9e =E0 = l'improvisation

=C0 partir des ann=E9es 1960, = John Cassavetes=20 s'impose comme un r=E9alisateur ind=E9pendant, en rupture avec = Hollywood.=20 Disposant de peu de moyens financiers, il s'attache =E0 montrer la = v=E9rit=E9 de=20 ses personnages dont il cerne au plus pr=E8s les attitudes, les = expressions=20 et les =E9motions.

Fils d'un homme d'affaires grec, Cassavetes s'illustra tout = d'abord en=20 tant qu'acteur; il interpr=E9ta plus de quatre-vingts r=F4les =E0 = la t=E9l=E9vision=20 et apparut au cin=E9ma dans quelques films au cours des ann=E9es = 1950. Il=20 r=E9alisa son premier long-m=E9trage, Shadows, bas=E9 en grande = partie sur=20 l'improvisation, en 1959. Le film, qui re=E7ut un accueil tr=E8s = favorable en=20 Europe, lui ouvrit les portes d'Hollywood. Refusant les compromis = que lui=20 imposait le syst=E8me de l'industrie cin=E9matographique, = Cassavetes adopta un=20 statut d'artiste ind=E9pendant, r=E9alisant, produisant et = distribuant ses=20 propres films gr=E2ce =E0 ses gains d'acteur. Sa carri=E8re de = com=E9dien fut en=20 particulier marqu=E9e durant les ann=E9es 1960 par les r=F4les = qu'il tint dans =C0=20 bout portant (The Killers, 1964) de Don Siegel, les Douze = Salopards (The=20 Dirty Dozen, 1967) de Robert Aldrich et = Rosemary's Baby=20 (1968) de Roman Polanski. = Parall=E8lement =E0=20 ses activit=E9s d'acteur, Cassavetes se consacra =E0 l'=E9criture = et =E0 la=20 r=E9alisation d'une s=E9rie de drames psychologiques parmi = lesquels figurent=20 Faces (1968), qui analyse la d=E9sint=E9gration d'un mariage, = Husbands (1970),=20 Ainsi va l'amour (Minnie and Moskovitz, 1971), Une femme sous = influence (A=20 Woman under the Influence, 1974), le Bal des vauriens et Meurtre = d'un=20 bookmaker chinois (The Killing of a Chinese Bookie, 1976). Parmi = les=20 com=E9diens qui jou=E8rent r=E9guli=E8rement pour lui figuraient = son =E9pouse, Gena=20 Rowlands, Peter Falk, Ben Gazzara et Seymour Cassell. Cassavetes = fit le=20 plus souvent appel =E0 des acteurs amateurs et joua dans certains = de ses=20 propres films.

Cassavetes, Une femme = sous=20 influence

Dans Une femme sous influence (A Woman Under the Influence, = 1974) de=20 John Cassavetes, Gena Rowlands interpr=E8te une femme dont le mari = (Peter=20 Falk) est absorb=E9 par son travail sur un chantier. Leur vie = quotidienne=20 est un v=E9ritable psychodrame que traversent quelques instants de = bonheur.=20 Dans ce r=F4le d'une =E9pouse qui s'ennuie et souffre jusqu'=E0 la = folie, Gena=20 Rowlands a donn=E9 l'une de ses interpr=E9tations les plus = marquantes.

Laissant la part belle =E0 l'improvisation, les oeuvres de = Cassavetes=20 t=E9moign=E8rent d'une grande fid=E9lit=E9 dans la restitution de = la r=E9alit=E9 des=20 sentiments humains et explor=E8rent toute la gamme des =E9motions, = d=E9crivant=20 parfois des situations paroxystiques. Le style de Cassavetes fut = marqu=E9=20 par l'=E9quilibre cr=E9=E9 entre la r=E9alit=E9 et la fiction et = par la grande=20 libert=E9 laiss=E9e aux acteurs. Parmi ses derniers films en tant = que=20 r=E9alisateur figurent encore Opening Night (1978), Gloria (1980) = et Love=20 Streams, qui re=E7ut le Grand Prix du Festival de Berlin en = 1984.

Cavalier, Alain

Alain Cavalier
(1931- = )
Cin=E9aste=20 fran=E7ais

De son vrai nom Alain Fraiss=E9, = Alain=20 Cavalier est n=E9 =E0 Vend=F4me. Il d=E9buta dans le sillage de la = Nouvelle Vague,=20 mais il s'en distingue toutefois par les r=E9sonances politiques = du Combat=20 dans l'=EEle (1962) et de l'Insoumis (avec Alain Delon dans le = r=F4le d'un=20 officier de l'OAS, 1964). Apr=E8s quelques tentatives plus = commerciales=20 auxquelles l'a entra=EEn=E9 l'insucc=E8s de ses premiers films (la = Chamade,=20 d'apr=E8s Fran=E7oise Sagan, avec Catherine Deneuve et Michel = Piccoli, 1968),=20 il revient =E0 des sujets plus personnels : le Plein de super = (1976), Martin=20 et Lea (1979) et Un =E9trange voyage (1981), qui a =E9t=E9 = couronn=E9 par le prix=20 Louis-Delluc.

Original dans ses sources d'inspiration, pudique dans la = peinture des=20 sentiments, il est le r=E9alisateur de Th=E9r=E8se (1986), une = =E9vocation d'une=20 grande sobri=E9t=E9 de la vie de sainte Th=E9r=E8se de Lisieux, = o=F9 la ferveur=20 religieuse n'est jamais annihil=E9e par la recherche d'une = v=E9rit=E9=20 psychologique et humaine. Apr=E8s une s=E9rie de brefs = documentaires=20 (Portraits) tourn=E9s sur plusieurs ann=E9es pour une cha=EEne de = t=E9l=E9vision, il=20 r=E9alise Libera me (1993), dont l'esth=E9tique minimaliste = d=E9bouche sur le=20 silence le plus accusateur. Puis, dans la Rencontre (1996), il = livre une=20 oeuvre asc=E9tique compos=E9e de brefs instants de la vie du = cin=E9aste et de la=20 femme qu'il aime, film=E9s en vid=E9o sans le moindre concours = technique=20 ext=E9rieur.

Cavani, Liliana

Liliana Cavani
(1933- = )
Cin=E9aste=20 italienne

N=E9e =E0 Carpi (Mod=E8ne), elle = entreprend des=20 =E9tudes sup=E9rieures de lettres et de linguistique =E0 = l=92universit=E9 de=20 Bologne, puis au Centre exp=E9rimental pour le cin=E9ma (Centro = sperimentale=20 per le cinematografia, 1961), avant de travailler pour la RAI = (1962-1965)=20 o=F9 elle r=E9alise des documentaires (Histoire du IIIe = Reich ou la=20 Femme dans la R=E9sistance) et des reportages. Puis elle tourne = son premier=20 long m=E9trage, Francesco d=92Assisi (1966, sorti en salle en = 1972). Les films=20 qui suivent (Galileo, 1968; les Cannibales, 1969; Milarepa, 1974) = abordent=20 alternativement questions sociales et probl=E8mes historiques. = Portier de=20 nuit (1974, avec Dirk Bogarde et Charlotte Rampling) traite -=20 =ABcomplaisamment=BB, a soulign=E9 une partie de la critique - des = rapports=20 sadomasochistes entre un ancien SS et une ancienne prisonni=E8re = d=92un camp=20 d=92extermination, alors qu=92Au-del=E0 du bien et du mal (Beyond = Good and Evil,=20 1977, avec Dominique Sanda) s=92inspire tr=E8s librement des = rapports=20 tumultueux du philosophe Nietzsche et de l=92=E9crivain et = psychanalyste Lou=20 Andreas-Salom=E9. Liliana Cavani a =E9galement assur=E9 la mise en = sc=E8ne d=92un=20 grand nombre de pi=E8ces de th=E9=E2tre et d=92op=E9ras = lyriques.

Charlotte Rampling dans = Portier de=20 nuit (Il Portiere di notte, 1974), de Liliana = Cavani
Victime d'un=20 officier SS dans un camp de concentration, Lucia Atherton = (Charlotte=20 Rampling) devient la ma=EEtresse de son ancien bourreau (Dirk = Bogarde)=20 devenu, depuis la fin de la guerre, portier de nuit dans un = h=F4tel de=20 Vienne. =C0 travers cette relation sadomasochiste, Liliana Cavani = explore=20 l'ambigu=EFt=E9 de la nature humaine, tiraill=E9e entre douleur et = joie,=20 souffrance et jouissance.

Cayatte, Andr=E9

Andr=E9 Cayatte
(de son vrai nom = Ovidio=20 Assonitis)
(1909-1989)
Cin=E9aste fran=E7ais

Auteur de films =E0 th=E8ses sur = les probl=E8mes=20 de soci=E9t=E9, sur la justice, sur l=92enseignement ou sur la = d=E9linquance.

N=E9 =E0 Carcassonne, Andr=E9 Cayatte s=92orienta vers une = carri=E8re d=92avocat,=20 puis de journaliste apr=E8s des =E9tudes de droit. Romancier et = nouvelliste=20 (les Monstres, 1934), mais =E9galement dialoguiste (Caprices, = L=E9o Joannon,=20 1941), il d=E9buta comme r=E9alisateur en adaptant des romans = classiques =E0=20 l=92=E9cran (la Fausse Ma=EEtresse, d=92apr=E8s Balzac, 1942; Au = bonheur des dames,=20 d=92apr=E8s Zola, 1943; Pierre et Jean, d=92apr=E8s Maupassant, = 1943), parvenant =E0=20 une certaine cons=E9cration gr=E2ce aux Amants de V=E9rone (1949, = dialogu=E9 par=20 Jacques Pr=E9vert), librement inspir=E9 de la trag=E9die de = Shakespeare.

Le bon accueil r=E9serv=E9 au film lui permit d=92entamer une = s=E9rie c=E9l=E8bre=20 de plaidoyers sur les incertitudes de la justice des hommes : = Justice est=20 faite (Lion d=92or au festival de Venise en 1950), Nous sommes = tous des=20 assassins (avec Marcel Mouloudji, 1952) et le Dossier noir (avec = Bernard=20 Blier, 1955).

Dans un style souvent d=E9monstratif, voire emphatique et = manich=E9en, il a=20 abord=E9 des sujets graves g=E9n=E9ralement inspir=E9s de faits = authentiques : le=20 Miroir =E0 deux faces (avec Mich=E8le Morgan et Bourvil, 1958), = les Risques du=20 m=E9tier (avec Jacques Brel, 1967), Mourir d=92aimer (avec Annie = Girardot,=20 1971).

Chabrol, Claude

Claude Chabrol
(1930- = )
R=E9alisateur=20 fran=E7ais

N=E9 =E0 Paris dans une famille = bourgeoise,=20 Claude Chabrol passe la Seconde Guerre mondiale dans la Creuse et = regagne=20 Paris en 1945 pour y suivre des =E9tudes de pharmacie, de lettres = et de=20 droit.

LE TEMPS DE LA NOUVELLE VAGUE

Cin=E9phile passionn=E9, il fr=E9quente le cin=E9-club du = Quartier latin que=20 dirige =C9ric Rohmer, et se = lie d'amiti=E9=20 avec les futurs t=E9nors de la Nouvelle Vague : Jacques Rivette, Jean-Luc Godard et Fran=E7ois Truffaut. = Il hante la=20 cin=E9math=E8que de la rue de Messine et commence =E0 collaborer = aux Cahiers du=20 cin=E9ma en 1953. Partisan de la =AB politique des auteurs=BB, il = d=E9fend la=20 com=E9die musicale, les films de Frank Tashlin, de = Richard Quine,=20 de Robert Aldrich et de = Jean-Pierre Melville, = les oeuvres=20 de Howard Hawks et = celles d=92Alfred Hitchcock, = cin=E9aste auquel=20 il consacre d'ailleurs un livre co=E9crit avec Rohmer, Alfred Hitchcock = (1957).

D=E9cid=E9 =E0 faire carri=E8re dans le cin=E9ma, il travaille = comme attach=E9 de=20 presse =E0 la 20th Century Fox, tout en =E9crivant des histoires = polici=E8res=20 pour Myst=E8re Magazine : Musique douce (1953) et le Dernier jour = de la=20 souffrance (1957). Il entretient une longue amiti=E9 avec le = romancier Paul=20 Gegauff, qui deviendra son sc=E9nariste attitr=E9. En 1956, il = devient=20 producteur avec Ajym-Films et finance des courts m=E9trages de Jacques Rivette, Alain Cavalier et =C9ric Rohmer, puis = des longs=20 m=E9trages comme Paris nous appartient (1958-1960) de Jacques Rivette, le = Signe du lion=20 (1959) d=92=C9ric Rohmer, le = Farceur (1960) de=20 Philippe de Broca, la = Ligne=20 droite (1961) de Jacques Gaillard, ainsi que ses deux premiers = films, le=20 Beau Serge (1958) et les Cousins (1958). Consid=E9r=E9 comme un = des chefs de=20 file de la Nouvelle Vague, son ton acerbe et sa rigueur formelle = s=E9duisent=20 le public et la critique.

Apr=E8s =C0 double tour (1959), un film policier tir=E9 de The = Key to=20 Nicholas Street de Stanley Ellin, il conna=EEt une suite = d'=E9checs=20 commerciaux avec les Bonnes Femmes (1960), les Godelureaux (1960), = l'oeil=20 du malin (1961) et Oph=E9lia (1961). En d=E9pit du succ=E8s de son = Landru=20 (1962), avec Charles Denner dans le r=F4le-titre, il ne retrouve = pas tout de=20 suite la confiance des producteurs et doit tourner des films = d'espionnage=20 alimentaires qui frisent la parodie : le Tigre aime la chair = fra=EEche=20 (1964) et le Tigre se parfume =E0 la dynamite (1965) qui = obtiennent un vif=20 succ=E8s. Il signe encore un =E9tonnant film d=92espionnage = parodique,=20 Marie-Chantal contre le docteur Kha (1965) et participe =E0 des = films =E0=20 sketches comme les Sept P=E9ch=E9s capitaux (1961), les Plus = Belles=20 Escroqueries du monde (1963) et surtout "Paris vu par" (1964), = v=E9ritable=20 manifeste d'un second souffle de la Nouvelle Vague.

UN MA=CETRE DE LA S=C9RIE NOIRE = PROVINCIALE

Apr=E8s une oeuvre de commande sur la R=E9sistance, la Ligne de = d=E9marcation=20 (1966), il signe un thriller ambitieux, le Scandale (1966), puis = entame=20 une longue collaboration avec le producteur Andr=E9 G=E9nov=E8s, = d'abord en=20 filmant la Route de Corinthe (1967), puis avec une s=E9rie = d'oeuvres=20 polici=E8res au ton tr=E8s personnel, g=E9n=E9ralement situ=E9es = dans la France=20 profonde : les Biches (1967), la Femme infid=E8le (1968), Que la = b=EAte meure=20 (1969), le Boucher (1969), la Rupture (1970) et Juste avant la = nuit=20 (1970). Plusieurs films de la s=E9rie ont pour vedette son = =E9pouse St=E9phane=20 Audran.

Le succ=E8s de ces films lui permet de r=E9aliser une = adaptation du roman=20 d=92Ellery Queen, la D=E9cade prodigieuse (1971), sombre drame = familial avec=20 Orson Welles en vedette, qui se solde par = un =E9chec=20 commercial et artistique, heureusement compens=E9 par le succ=E8s = de Docteur=20 Popaul (1972), avec Jean-Paul Belmondo. Chabrol revient alors =E0 = ses=20 grin=E7antes chroniques de la bourgeoisie de province avec les = Noces rouges=20 (1973), puis adapte un roman de Jean-Patrick Manchette, Nada = (1973), sur=20 la d=E9rive violente d=92un groupuscule gauchiste, avant de = r=E9aliser un=20 psychodrame =E9crit et interpr=E9t=E9 par Paul Gegauff, Une partie = de plaisir=20 (1974).

La m=EAme ann=E9e, il tourne les Innocents aux mains sales avec = Romy=20 Schneider et Rod Steiger en vedette et commence =E0 travailler = pour la=20 t=E9l=E9vision. La faillite de son producteur, Andr=E9 = G=E9nov=E8s, l'oblige =E0=20 passer d=E9sormais d'un producteur =E0 l'autre. Si les Magiciens = (1975),=20 d'apr=E8s Initiation au meurtre de Fr=E9d=E9ric Dard et Folies = bourgeoises=20 (1976) d'apr=E8s le Malheur fou de Lucie Faure sont peu = convaincants, Alice=20 ou la Derni=E8re Fugue (1976), interpr=E9t=E9 par Sylvia Kristel, = montre qu'il=20 n'a rien perdu de son g=E9nie.

Il adapte encore un roman d=92Ed Mc Cain, les Liens du sang = (Blood=20 Relatives, 1977) et retrouve la faveur de la critique et du public = avec=20 Violette Nozi=E8re (1978), la premi=E8re d=92une belle s=E9rie de = collaborations=20 avec Isabelle Huppert.

LES ANN=C9ES QUATRE-VINGT ET=20 QUATRE-VINGT-DIX

Tr=E8s pris par la t=E9l=E9vision, il tourne moins souvent pour = le cin=E9ma,=20 mais le Cheval d'orgueil (1980) d=92apr=E8s l=92historien breton = Pierre=20 Jaquez-H=E9lias, les Fant=F4mes du chapelier (1982) d'apr=E8s le = roman de=20 Georges Simenon et le Sang des autres (1984) d'apr=E8s le livre de = Simone de=20 Beauvoir sont n=E9anmoins des films importants. En 1984, il = s=92associe avec=20 le producteur Marin Karmitz et = signe Poulet au=20 vinaigre, puis Inspecteur Lavardin (1985), deux films policiers=20 interpr=E9t=E9s par Jean Poiret. Ce sont ensuite Masques (1987) et = le Cri du=20 hibou (1987).

Il retrouve Isabelle Huppert pour l'admirable Une affaire de = femmes=20 (1988) et encha=EEne avec Jours tranquilles =E0 Clichy (1990) = d'apr=E8s Henry=20 Miller, et Docteur M (1990). Puis, toujours avec Isabelle Huppert, = il=20 donne une excellente adaptation du chef-d'oeuvre de Gustave = Flaubert,=20 Madame Bovary (1991) et confie =E0 Marie Trintignant un beau = r=F4le dans une=20 des meilleures transpositions de Georges Simenon =E0 l'=E9cran, = Betty=20 (1992).

Il r=E9alise ensuite son seul essai documentaire =E0 ce jour, = l'oeil de=20 Vichy (1993), un montage d=92actualit=E9s cin=E9matographiques = datant de=20 l'Occupation, r=E9v=E9lateur des m=E9canismes de la propagande = vichyste.

Toujours avec le producteur Marin Karmitz, il = r=E9alise l'Enfer=20 (1994), d'apr=E8s un sc=E9nario de Henri-Georges Clouzot, puis la = C=E9r=E9monie (1995), un=20 =E2pre pamphlet social avec Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire et = Jean-Pierre Cassel. Son cinquanti=E8me film pour le grand =E9cran, = Rien ne va=20 plus (1997), est incompris par la critique et obtient un = m=E9diocre succ=E8s=20 aupr=E8s du public, mais Chabrol retrouve la faveur de tous avec = une=20 incontestable r=E9ussite, Au coeur du mensonge (1999).

Chabrol, = Landru
Charles Denner=20 et Catherine Rouvel dans Landru (1963) de Claude Chabrol.

Durant la Premi=E8re Guerre mondiale, un petit homme galant et = distingu=E9=20 s'attire les faveurs de dames un peu m=FBres qui disparaissent=20 myst=E9rieusement peu apr=E8s. Accus=E9, Landru clame son = innocence mais, malgr=E9=20 l'absence de preuves, finit guillotin=E9. Dialogu=E9 par = Fran=E7oise Sagan, le=20 film retrace avec humour l'=E9pop=E9e de celui qui passe pour l'un = des plus=20 grands criminels du si=E8cle.

Grand styliste et narrateur habile, il est aussi un bon metteur = en=20 sc=E8ne de th=E9=E2tre, un talentueux r=E9alisateur de films = publicitaires et ne=20 d=E9daigne jamais de devenir acteur pour ses amis r=E9alisateurs. = Ses=20 apparitions dans Paris nous appartient (1958-1960) de Jacques Rivette, son = grand r=F4le=20 dans le court m=E9trage de Jean-Fran=E7ois Detr=E9, le Travail = (1969), et son=20 personnage inqui=E9tant des Voleurs de la nuit (1984) de Samuel Fuller = prouvent qu'il=20 aurait pu faire une carri=E8re de com=E9dien.

Claude Chabrol est l'auteur de plusieurs livres dont Et = pourtant, je=20 tourne (1976) et Un jardin bien =E0 moi (1999) ; il est aussi le = directeur=20 litt=E9raire d'une collection consacr=E9e au roman policier = (=E9ditions du=20 Seuil).

Les principaux films de = Claude=20 Chabrol

1958 Le = Beau=20 Serge
1958 Les=20 Cousins
1960 Les = Bonnes=20 Femmes
1962 Landru
1965 Marie-Chantal=20 contre docteur Kha
1965 Le = tigre se=20 parfume =E0 la dynamite
1966 La = Ligne de=20 d=E9marcation
1966 Le=20 Scandale
1967 Les=20 Biches
1968 La = Femme=20 infid=E8le
1969 Que = la b=EAte=20 meure
1969 Le=20 Boucher
1970 Juste = avant la=20 nuit
1971 La = D=E9cade=20 prodigieuse
1972 Docteur=20 Popaul
1973 Les = Noces=20 rouges
1973 Nada
1974 Une = partie de=20 plaisir
1974 Les = Innocents=20 aux mains sales
1975 Les=20 Magiciens
1976 Folies=20 bourgeoises
1976 Alice = ou la=20 Derni=E8re Fugue
1977 Les = Liens de=20 sang
1978 Violette=20 Nozi=E8re
1980 Le = Cheval=20 d'orgueil
1982 Les = Fant=F4mes du=20 chapelier
1984 Le = Sang des=20 autres
1984 Poulet au=20 vinaigre
1985 Inspecteur=20 Lavardin
1987 Masques
1987 Le = Cri du=20 hibou
1988 Une = affaire de=20 femmes
1990 Jours = tranquilles =E0 Clichy
1990 Docteur=20 M.
1991 Madame=20 Bovary
1992 Betty
1993 L'oeil de=20 Vichy
1994 L'Enfer
1995 La=20 C=E9r=E9monie
1997 Rien = ne va=20 plus
1999 Au = Coeur du=20 mensonge

Chahine, Youssef

Youssef Chahine
(1926- = )
Cin=E9aste =E9gyptien=20 qui contribua de fa=E7on =E9clatante =E0 la reconnaissance = internationale du=20 cin=E9ma arabe

N=E9 =E0 Alexandrie, Youssef = Chahine =E9tudia le=20 cin=E9ma en Californie. De retour en =C9gypte en 1950, il tourna = son premier=20 long-m=E9trage, Papa Amine (Baba Amin). Exploitant d'abord les = filons=20 traditionnels, il r=E9alisa en 1958 son premier chef-d'oeuvre, = Gare centrale=20 (Bab al-hadid), dans lequel il interpr=E9tait le personnage = principal,=20 annon=E7ant son tournant autobiographique d'apr=E8s 1978.

Dans l'ambiance patriotique du nass=E9risme, il tourna Djamila=20 l'Alg=E9rienne (Gamila al-gaza, 1958, sur la r=E9sistance = alg=E9rienne) et=20 Saladin / an-Nasir Salah ad-Din (1963, sur le vainqueur des = crois=E9s). La=20 Terre (al-Ard), un hommage aux fellahs pr=E9sent=E9 au festival de = Cannes en=20 1969, lui valut la cons=E9cration internationale. En 1970, il = revint =E0 sa=20 qu=EAte d'int=E9riorit=E9 avec le Choix (al-Ikhtiyar), r=E9alis=E9 = sur un sc=E9nario=20 de Naguib Mahfouz. Le Moineau (al-Usfur, 1973), sur la d=E9faite = de 1967,=20 annonca un nouveau style, en rupture avec la narration = classique.

Un jour le Nil (an-Nass wa an-Nil, 1968-1972), sur la mise en = service=20 du barrage d'Assouan, d=E9plut aux commanditaires =E9gyptiens et = sovi=E9tiques.=20 En 1978, il inaugura avec Alexandrie, pourquoi ? (Iskandariyya lih = ?) sa=20 trilogie autobiographique, qui comprend =E9galement la M=E9moire = (Hadduta=20 Misriyya, 1982) et Alexandrie encore et toujours (Iskandariyya = kaman wa=20 kaman, 1989). En 1985, il dirigea Michel Piccoli dans une = coproduction=20 =E9gypto-fran=E7aise, Adieu Bonaparte. Les extr=E9mistes religieux = firent=20 interdire momentan=E9ment le film l'=C9migr=E9 (al Mohager, 1994), = histoire=20 biblique de Joseph. Le Destin (al-Massir, 1997), qui traite du=20 fondamentalisme et de l'intol=E9rance, remporta le Prix sp=E9cial = du=20 cinquanti=E8me festival de Cannes.

Chan, Jackie

Jackie Chan
(de son vrai nom Chen=20 Gangheng)
(1954- )
Cin=E9aste et acteur = chinois

N=E9 =E0 Hong Kong, Jackie Chan = passe une partie=20 de son enfance en Australie et revient =E0 Hong Kong =E0 l'=E2ge = de sept ans,=20 pour =E9tudier la danse et les arts martiaux pendant plus de dix = ans.

Acteur enfant, il appara=EEt dans de nombreux films cantonais, = puis=20 travaille dans la florissante industrie du cin=E9ma de Hong Kong = comme=20 cascadeur et coordinateur des sc=E8nes de combat. Les films de = Hong Kong=20 doivent leur succ=E8s d'alors =E0 un genre particulier de film = d'action,=20 souvent tr=E8s violent, qui m=EAle les arts martiaux =E0 des = cascades=20 spectaculaires. Depuis la disparition pr=E9matur=E9e en 1973 de = Bruce Lee,=20 star internationale et moteur de la production locale, les studios = cherchent un acteur susceptible de lui succ=E9der. C'est alors = qu'en 1976,=20 le r=E9alisateur Luo Wei remarque Jackie Chan et lui donne le = r=F4le principal=20 dans plusieurs films, dont New Fist of Fury (1976) qui est un = =E9chec=20 commercial et critique.

Il faut attendre le Serpent =E0 l'ombre de l'aigle (Si xing dio = shou,=20 1978) de Yuen Woo-Ping pour que Jackie Chan connaisse enfin le = succ=E8s.=20 Succ=E8s qui lui permet, suivant son go=FBt personnel, de donner = =E0 ses=20 personnages une dimension humoristique d=E8s le Ma=EEtre ivre (Zui = Quan,=20 Drunken Monkey in the Tiger's Eye, 1978).

Le vif succ=E8s de ses films en Asie du Sud-Est fait de Jackie = Chan=20 l=92acteur le mieux pay=E9 du continent, et lui permet d'=E9crire = et de r=E9aliser=20 lui-m=EAme la Hy=E8ne sans peur (Xia quan guai zhao, 1979), le = Jeune Ma=EEtre=20 (Shi di chu ma, 1980), le Seigneur Dragon (Long Shaoye, 1982), = Projet A (A=20 jihua, 1983), Police Story (Jinsha gushi, 1985), qui lui vaut en = Occident=20 le surnom de =ABBuster Keaton des = arts martiaux=BB,=20 Projet A II (A jihua xu ji, 1987) et Police Story II (Jinsha gushi = II,=20 1988).

Il r=E9alise encore un hommage original =E0 la com=E9die = am=E9ricaine, Mr=20 Canton et lady Rose (Qi ji, 1989) et entame comme acteur une = carri=E8re=20 am=E9ricaine avec le Chinois (The Big Brawl, 1980) de Robert = Clouse,=20 l'=C9quip=E9e du Canonball (The Canonball Run, 1980) de Hal = Neddham et le=20 Retour du Chinois (The Protector, 1985) de James Glickenhaus.

Parmi ses grands succ=E8s, on compte Crime Story (Zhong an zu, = 1993) de=20 Kirk Wong, Jackie Chan dans le Bronx (Rumble in the Bronx, 1996) = de=20 Stanley Tong et son premier film am=E9ricain en vedette, Rush Hour = (1998) de=20 Brent Ratner.

Chaplin, Charlie

Chaplin Charlie
(de son vrai nom = Charles=20 Spencer Chaplin)
(1889-1977)
Acteur, r=E9alisateur, = producteur et=20 musicien am=E9ricain d=92origine britannique. Homme du cin=E9ma = muet avant tout,=20 Chaplin fut l=92un des hommes les plus cr=E9atifs de l=92histoire = du=20 cin=E9ma

Avec Buster Keaton et Harold Lloyd, = l'acteur=20 britannique Charlie Chaplin est l'un des plus c=E9l=E8bres = comiques de=20 l'=E9poque du muet. Cette photo le montre sur le toit de l'h=F4tel = Carlton =E0=20 Londres, apr=E8s son retour de New York.

N=E9 =E0 Londres, Charles Spencer Chaplin monta sur sc=E8ne = d=E8s l=92enfance=20 dans des com=E9dies musicales. Apr=E8s une premi=E8re tourn=E9e = aux =C9tats-Unis, il=20 s=92y installa en 1912. Chaplin apparut pour la premi=E8re fois = =E0 l=92=E9cran en=20 1913 dans une production de la Keystone Film Company sous la = direction de=20 Mack Sennett. Dans le = film=20 Charlot est content de lui (Kid Auto Races at Venice, 1914) de = Henry=20 Lehrman, il portait un pantalon ample, des chaussures trop = grandes, un=20 chapeau melon et une canne en bambou. Chaplin venait de cr=E9er le = personnage mondialement c=E9l=E8bre de Charlot le Vagabond. Tr=E8s = vite, il=20 devint lui-m=EAme r=E9alisateur et, reprenant le personnage de = Charlot, il le=20 mit en sc=E8ne dans plus de 70 films parmi lesquels le Vagabond = (The Tramp,=20 1915). Successivement associ=E9 =E0 diverses soci=E9t=E9s de = production (la=20 Essanay Film Company, la Mutual Film Company et la First National = Film=20 Company), il finit par cr=E9er son propre studio =E0 Hollywood, en = 1918.=20 Chaplin d=E9veloppa progressivement son personnage, passant du = st=E9r=E9otype=20 enjou=E9 et bouffon =E0 un personnage de plus en plus complexe = qui, tout en=20 restant comique, prit une dimension m=E9lodramatique. En 1919, il = fonda avec=20 David W. Griffith, = Douglas=20 Fairbanks et Mary Pickford, la soci=E9t=E9 de production United = Artists=20 Corporation, et en fut membre jusqu=92en 1952. Parmi ses tr=E8s = nombreux=20 films, on peut citer le Gosse (The Kid, 1921), le P=E8lerin (The = Pilgrim,=20 1923), la Ru=E9e vers l=92or (The Gold Rush, 1925), le Cirque (The = Circus,=20 1928), les Lumi=E8res de la ville (City Lights, 1931), les Temps = modernes=20 (Modern Times, 1936), le Dictateur (The Great Dictator, = 1939-1940),=20 Monsieur Verdoux (1947), Limelight (1952) et Un roi =E0 New York = (A King in=20 New York, 1957). Son dernier film, la Comtesse de Hong Kong (A = Countess=20 from Hong Kong, 1967), en couleurs, reste tr=E8s peu connu. Il = composa en=20 outre la musique de la plupart de ses films.

La Ru=E9e vers = l'or

Situ=E9e entre le Kid (The Kid, 1921) et les Lumi=E8res de la = ville (City=20 Lights, 1931), la Ru=E9e vers l'or (The Gold Rush, 1925) constitue = une =E9tape=20 essentielle de l'=E9volution du personnage de Charlot, le vagabond = marginal=20 mais au grand coeur, et du style burlesque de Chaplin, devenu = moins=20 fr=E9n=E9tique. Propri=E9taire de ses propres studios sur Sunset = Boulevard, le=20 cin=E9aste produisait ainsi son deuxi=E8me film, avec la = collaboration de=20 United Artists, qu'il avait contribu=E9 =E0 cr=E9er. La fameuse = =ABdanse des=20 petits pains=BB demeure une sc=E8ne d'anthologie.

La Ru=E9e vers l=92or = (1925)

Chaplin affina constamment son jeu d=92acteur en s=92inspirant = du mime et=20 du clown, alliant une gr=E2ce acrobatique, des gestes expressifs = et une=20 grande =E9loquence faciale. Son r=F4le de Charlot, symbole de = l=92individualit=E9=20 triomphante contre l=92adversit=E9 et la pers=E9cution, a fait de = lui une sorte=20 de tragi-com=E9dien. L=92av=E8nement du cin=E9ma parlant allait = =E0 l=92encontre de=20 son style, de l=92efficacit=E9 de la pantomime dont d=E9pendait = son imagination=20 cr=E9ative. Il ne produisit que peu de films parlants. Ses films = prirent peu=20 =E0 peu une dimension politique ; encore absente des Lumi=E8res de = la ville,=20 elle fut manifeste dans les Temps modernes, diatribe contre le = travail =E0=20 la cha=EEne. Dans ces deux premiers parlants, Charlot reste = cependant=20 silencieux. Abandonnant par la suite le personnage du vagabond, il = endossa=20 des r=F4les diff=E9rents. Marquant cette transition, le Dictateur, = v=E9ritable=20 pamphlet anti-hitl=E9rien, utilise toutes les ressources du = parlant. Chaplin=20 traita ses sujets en m=E9langeant satire et path=E9tique, o=F9 se = r=E9v=E8lent son=20 humanisme et son amour de la libert=E9.

1936 Chaplin, les Temps=20 modernes

Le film de Charlie Chaplin impose par le rire la critique = vigoureuse=20 d'une nouvelle forme d'ali=E9nation ouvri=E8re, cons=E9quence des = imp=E9ratifs de=20 production qui ont favoris=E9 le triomphe de la machine et de=20 l'automatisation des t=E2ches dans l'industrie.

Sept ans apr=E8s l=92apparition du parlant, le r=E9alisateur et = acteur=20 am=E9ricain Charlie Chaplin r=E9alise les Temps modernes, sans = aucun dialogue=20 et en noir et blanc. Impitoyable critique de la d=E9shumanisation = =E0 l=92=E8re du=20 travail =E0 la cha=EEne et du taylorisme, le film met en sc=E8ne = un Charlot,=20 sympathique victime d=E9brouillarde, qui r=E9siste =E0 = l=92exploitation. Cette=20 note d=92optimisme conf=E8re =E0 ce chef-d=92oeuvre son = inalt=E9rable modernit=E9.

Charlie Chaplin et Jackie = Coogan dans=20 le Kid

Avec le Kid, Chaplin affirma son style personnel, qui doit = autant =E0=20 l'art du burlesque qu'au romanesque social de Dickens. Le film = connut un=20 immense succ=E8s, d=FB au casting judicieux de l'adorable Jackie = Coogan, tr=E8s=20 jeune artiste de music-hall rep=E9r=E9 par Chaplin lors d'un = spectacle o=F9 il=20 se produisait avec son p=E8re, et =E0 un sc=E9nario =E9mouvant = dans lequel Chaplin=20 a certainement mis beaucoup de sa propre enfance. En effet, = l'artiste a=20 grandi =E0 Londres dans une atroce mis=E8re dont il a pu = s'extraire gr=E2ce =E0=20 une force de caract=E8re et un talent hors du commun.

En 1947, Chaplin fut accus=E9 de sympathies communistes par la = Commission=20 des activit=E9s anti-am=E9ricaines. L=92hostilit=E9 =E0 son = =E9gard ne d=E9sarma pas et,=20 en 1952, il quitta les =C9tats-Unis pour l=92Europe. Un roi =E0 = New York, tourn=E9=20 en Grande-Bretagne en 1957, contient une violente condamnation de=20 l=92obscurantisme du maccarthysme. Install=E9 en Suisse, il ne = retournera=20 qu=92une seule fois aux =C9tats-Unis pour y recevoir un oscar = r=E9compensant sa=20 contribution =E0 l=92industrie cin=E9matographique. Il fut anobli = par la reine=20 d=92Angleterre en 1975. Il mourut le 25 d=E9cembre 1977, =E0 = Corsier-sur-Vevey,=20 en Suisse.

Les principaux films de Chaplin

1915 Charlot dans le=20 parc (court-m=E9trage) In = the=20 Park
1916 Charlot=20 machiniste (court-m=E9trage) Behind the=20 Screen
1916 Charlot patine=20 (court-m=E9trage) The=20 Rink
1917 L'=C9migrant=20 (court-m=E9trage) The=20 Immigrant
1918 Une = vie de=20 chien (court-m=E9trage) A = Dog's=20 Life
1918 Charlot soldat=20 (court-m=E9trage) Shoulder=20 Arms
1919 Une = idylle aux=20 champs Sunnyside
1919 Une = journ=E9e de=20 plaisir A = Day's=20 Pleasure
1921 Le=20 Kid The=20 Kid
1922 Jour = de=20 paie Pay=20 Day
1923 Le=20 P=E8lerin The=20 Pilgrim
1923 L'Opinion=20 publique A = Woman of=20 Paris
1925 La = Ru=E9e vers=20 l'or The = Gold=20 Rush
1928 Le=20 Cirque The=20 Circus
1931 Les = Lumi=E8res de=20 la ville City=20 Lights
1936 Les = Temps=20 modernes Modern=20 Times
1940 Le=20 Dictateur The = Great=20 Dictator
1947 Monsieur=20 Verdoux Monsieur=20 Verdoux
1952 Les = Feux de la=20 rampe Limelight
1957 Un = roi =E0 New=20 York A = King in New=20 York

1967 =

La = Comtesse de=20 Hong-Kong

A = Countess from=20 Hong-Kong

Ch=E9reau, Patrice

Patrice = Ch=E9reau
(1944-=20 )
Metteur en sc=E8ne, directeur de th=E9=E2tre et r=E9alisateur = fran=E7ais

N=E9 =E0 L=E9zign=E9, Patrice Ch=E9reau = fait ses premi=E8res=20 mises en sc=E8ne au groupe th=E9=E2tral du lyc=E9e Louis-le-Grand = puis entreprend=20 des =E9tudes d'allemand =E0 la facult=E9 des lettres de Paris. Il = monte=20 l'H=E9ritier du village de Marivaux, en 1965, et s'impose = rapidement avec=20 ses mises en sc=E8ne de pi=E8ces peu connues, ou peu jou=E9es, = telles que=20 l'Affaire de la rue de Lourcine de Labiche, en 1966, ou les = Soldats de=20 Jakob Michael Reinhold Lenz, en 1967. Il dirige le th=E9=E2tre de = Sartrouville=20 jusqu'en 1969 puis, =E0 partir de 1972, le TNP de Villeurbanne = avec Roger=20 Planchon et Robert Gilbert. D=E8s lors, il forme sa propre troupe = =E0 laquelle=20 se joint le d=E9corateur de th=E9=E2tre Richard Peduzzi. En 1973, = il monte la=20 Dispute de Marivaux, =E0 laquelle il donne une dimension sadienne. = De 1982 =E0=20 1990, Patrice Ch=E9reau dirige le Th=E9=E2tre des Amandiers, =E0 = Nanterre, pr=E8s de=20 Paris. Il veux que ce lieu soit =E0 la fois un th=E9=E2tre, un = cin=E9ma et une=20 =E9cole. En 1983, il y pr=E9sente son premier travail, les = Paravents de Jean=20 Genet, o=F9 il utilise la salle comme une extension de la sc=E8ne. = Par la=20 suite, il fait conna=EEtre l'oeuvre de Bernard-Marie Kolt=E8s en = montant,=20 notamment, Combat de n=E8gres et de chiens, en 1983, et Dans la = solitude des=20 champs de coton, en 1987. Patrice Ch=E9reau se consacre aussi =E0 = l'op=E9ra.=20 Apr=E8s le succ=E8s, en 1976, de sa mise en sc=E8ne de la = T=E9tralogie de Richard=20 Wagner au Festival de Bayreuth, avec Pierre Boulez comme chef = d'orchestre,=20 il est invit=E9 =E0 mettre en sc=E8ne Lulu d'Alban Berg =E0 = l'Op=E9ra de Paris, en=20 1979.

Wagner, Le Cr=E9puscule = des dieux, mis=20 en sc=E8ne par Patrice Ch=E9reau
Le Cr=E9puscule des dieux = de Richard=20 Wagner, dans une mise en sc=E8ne de Patrice Ch=E9reau au festival = de Bayreuth=20 (1978).

En 1992, il pr=E9sente Wozzeck, l'op=E9ra d'Alban Berg, puis, = en 1994, Don=20 Giovanni de Mozart au Festival de Salzbourg. En tant que = r=E9alisateur,=20 Patrice Ch=E9reau tourne la Chair de l'orchid=E9e en 1975, = adaptation libre du=20 thriller de James Hadley Chase, No Orchids for Miss Blandish. Mais = surtout, en 1983, il r=E9alise l'Homme bless=E9, la path=E9tique = histoire d'une=20 passion homosexuelle. Le film bouleverse autant qu'il scandalise. = Parmi=20 ses autres r=E9alisations, on trouve Judith Therpauve (1978), = H=F4tel de=20 France (1987), la Reine Margot, avec Isabelle Adjani (1994). Il a = =E9t=E9=20 nomm=E9 officier des Arts et Lettres et a obtenu un moli=E8re pour = sa mise en=20 sc=E8ne de Hamlet, pr=E9sent=E9 au Festival d'Avignon en 1988.=20

Choukchine, Vassili Makarovitch

Vassili = Choukchine
(1929-1974)
Cin=E9aste=20 sovi=E9tique

L=92enfance et la jeunesse de = Choukchine=20 sont celles de nombreux jeunes de sa g=E9n=E9ration : enfance = pauvre dans un=20 kolkhoz de Sib=E9rie, avec ses privations, mais aussi ses joies, = qu=92il a=20 d=E9crites dans ses nouvelles =E0 caract=E8re autobiographique = (Lointaines=20 Soir=E9es d=92hiver...). =C0 seize ans, il travaille au kolkhoz, = puis part sur=20 des chantiers et fait mille m=E9tiers : ouvrier, radio dans la = marine,=20 directeur d=92=E9cole... Ce n=92est qu=92=E0 vingt-cinq ans = qu=92il entre =E0 l=92Institut=20 du cin=E9ma de Moscou. Il en sort en 1960, ayant entre-temps = jou=E9 dans=20 plusieurs films; en 1962 paraissent ses premi=E8res nouvelles. Il = m=E8ne de=20 front diverses activit=E9s : de 1962 =E0 1974, cinq recueils de = nouvelles,=20 trois romans, cinq films (dont le dernier, L=92Obier rouge, a = suscit=E9 des=20 discussions passionn=E9es dans toute l=92U.R.S.S.), nombreux = r=F4les au cin=E9ma.=20 Cette oeuvre abondante est in=E9gale mais a toujours suscit=E9 un = grand=20 engouement qui tient d=92abord =E0 son r=E9alisme : elle sonne = juste. Choukchine=20 se d=E9clare ennemi de tout sch=E9ma (h=E9ros positif contre = h=E9ros n=E9gatif), de=20 tout =ABembellissement de la r=E9alit=E9=BB. Respectueux de ses = lecteurs, de son=20 public, conscient de ses devoirs de cr=E9ateur et de communiste, = il veut=20 dire la v=E9rit=E9, m=EAme peu agr=E9able.

C=92est dans ses nouvelles, o=F9 il se sent plus =E0 l=92aise = que dans ses=20 romans, que ses talents de conteur (dialogues pleins de verve, = langue=20 riche en mots et expressions populaires, d=E9tails pris sur le = vif) se=20 r=E9v=E8lent le mieux. Il s=92agit le plus souvent de courtes = sc=E8nes, de =ABchoses=20 vues=BB, sans sujet, pr=E9textes =E0 la peinture de types humains = (un de ses=20 recueils s=92intitule Caract=E8res). Car son succ=E8s est d=FB = aussi =E0 son amour=20 pour ses personnages, qui fait de chacun d=92entre eux un individu = n=92entrant=20 pas dans les cat=E9gories habituelles.

Choukchine aime les originaux (Un original, tel est le titre de = ses=20 nouvelles) : un m=E9canicien qui cherche le mouvement perp=E9tuel, = un pope qui=20 croit =E0 la r=E9volution scientifique. Ses personnages font des = actes=20 irraisonn=E9s, ils aiment raconter des histoires. Ce sont parfois = des=20 portraits d=92artistes autodidactes : sculpteur sur bois, joueur = de=20 balala=EFka, chanteur... Ce sont presque toujours des =AB=E2mes = pures=BB. Car ces=20 ruraux des Habitants de la campagne (son premier recueil) croient = en leur=20 travail, se heurtent aux indiff=E9rents, m=EAme s=92ils = d=E9testent les grandes=20 phrases sur les devoirs d=92un communiste. Cette harmonie entre = l=92homme=20 social et l=92homme priv=E9, entre l=92homme et la nature ferait = de la vie une=20 idylle (L=E0-bas au loin, son second recueil), s=92il n=92y avait = les disputes=20 et les bagarres, l=92ivresse : =ABNotre moujik ne conna=EEt pas de = milieu.=BB =ABMon=20 =E2me a besoin de f=EAte=BB, dit, dans le dernier film de = Choukchine, le voleur=20 =C9gor. Car il croit aux pulsions incontr=F4l=E9es, au primat de = l=92instinct sur=20 le raisonnement.

Par cette recherche du caract=E8re national russe, des valeurs = morales=20 dans le monde rural, Choukchine appartient au groupe des = =AB=E9crivains=20 paysanniers=BB qui ont introduit vers le milieu des ann=E9es = soixante des=20 th=E8mes nouveaux en rempla=E7ant le jeune homme intellectuel de = la d=E9cennie=20 pr=E9c=E9dente par le paysan. Son oeuvre se situe dans le courant = litt=E9raire=20 le plus vivant =E0 l=92heure actuelle, =E0 c=F4t=E9 = d=92=E9crivains comme Abramov,=20 Nossov, Belov surtout. comme eux, il est par toutes ses racines un = paysan,=20 et la ville reste pour lui un monde =E9tranger, o=F9 les liens = avec les=20 autres, ceux d=92une communaut=E9 rurale, se dissolvent. Les = paysans de=20 Sib=E9rie transplant=E9s dans la ville ou bien y sont comme des = g=E9ants=20 incongrus, ou bien sont =E9cras=E9s par la ville et les = petits-bourgeois qui=20 la peuplent. =C0 l=92inverse, le citadin est un corps =E9tranger = =E0 la campagne,=20 il y apporte la discorde, la mort parfois (dans L=92Envie de = vivre, qui a=20 donn=E9 son titre au recueil de ses oeuvres publi=E9 en France). = Pour les=20 paysans transplant=E9s, le retour =E0 la campagne appara=EEt, = quand tout va=20 bien, comme un r=EAve et parfois comme le salut : ainsi dans = L=92Obier rouge,=20 le paysan =C9gor, devenu voleur =E0 la ville, trouve sa = r=E9demption en=20 redevenant un kolkhozien. Choukchine traduit le d=E9sarroi des = millions de=20 paysans qui, =E0 la ville, ont perdu les valeurs du monde = patriarcal et=20 vivent dans un vide moral, la morale communiste n=92=E9tant = souvent que=20 discours. Ce qu=92il y a de conventionnel dans cette = probl=E9matique est=20 transform=E9 par l=92absence de pass=E9isme, par l=92optimisme et = la chaleur=20 humaine, car, comme chez tous les vrais =E9crivains russes, = c=92est la=20 confiance dans la vie qui domine.

Christensen, Benjamin

Benjamin=20 Christensen
(1879-1959)
R=E9alisateur et com=E9dien=20 danois

N=E9 =E0 Viborg, Benjamin = Christensen est=20 une figure originale de l=92=E9poque du cin=E9ma muet. Il exerce = d=92abord les=20 m=E9tiers de m=E9decin et de chanteur d=92op=E9ra, se produisant = notamment dans le=20 Don Giovanni de Mozart en 1902. Il devient ensuite acteur de = th=E9=E2tre avant=20 de se consacrer au cin=E9ma. Le Danemark produit alors des films = policiers=20 dans un style fran=E7ais, tr=E8s populaire =E0 cette =E9poque. = Christensen r=E9alise=20 l=92X myst=E9rieux (Det hemmelighedstade, 1913) et Nuit vengeresse = (Haevnens,=20 1915), dont il est aussi l=92interpr=E8te et qui annonce son = oeuvre =E0 venir,=20 plac=E9e sous le signe du fantastique.

C=92est en Su=E8de qu=92il r=E9alise son film le plus = c=E9l=E8bre, la Sorcellerie =E0=20 travers les =E2ges (H=E4xan, 1921), une oeuvre atypique, entre = fiction et=20 documentaire, consacr=E9e aux rites d=E9moniaques, o=F9 il incarne = lui-m=EAme=20 Satan. Cette =ABchronique de l=92occulte=BB poss=E8de une force = visuelle=20 saisissante qui =E9voque Goya, Bosch et D=FCrer. Par-del=E0 son = =E9tonnante beaut=E9=20 plastique, ce film s=92attache =E0 d=E9noncer l=92intol=E9rance et = =E0 analyser les=20 relations qui s=92=E9tablissent entre d=E9monisme et = sexualit=E9.

En 1923, Christensen part pour Berlin. Il y dirige trois longs = m=E9trages=20 : Unter Juden (1923); la Femme, cette inconnue (Seine Frau die = Unbekannte,=20 1923); Die Frau mit dem schlechten Ruf (1925), et incarne sous la=20 direction de son compatriote Carl Dreyer le r=F4le = d=92un peintre=20 amoureux de son mod=E8le masculin dans Mikael (1924).

Il =E9migre ensuite =E0 Hollywood o=F9 il r=E9alise des = thrillers =ABgothiques=BB,=20 poursuivant ainsi son travail sur le mat=E9riau fantasmagorique : = le Cirque=20 du Diable (Devil=92s Circus, 1926); l=92Idiot (Mockery, 1927), = dans lequel il=20 dirige Lon Chaney; la Maison de la terreur (House of Horror, 1928) = et=20 Seven Footprints to Satan (1929). =C0 la m=EAme =E9poque, il = collabore =E0 l=92=CEle=20 myst=E9rieuse (Mysterious Island, 1928) d=92apr=E8s Jules Verne. = Seul le=20 sc=E9nariste Lucien Hubbard signera ce film dont Christensen = ach=E8ve la=20 r=E9alisation, succ=E9dant =E0 Maurice Tourneur et = Clarence=20 Brown.

=C0 la veille de la Seconde Guerre mondiale, il revient au = Danemark o=F9 il=20 r=E9alise des m=E9lodrames : Enfants du divorce (Skilsmisens born, = 1939);=20 l=92Enfant (Barnet, 1940); Rentre = avec moi=20 (Gaa med mig Hjem, 1941) et un film policier, la Femme aux gants = clairs=20 (Damen medde Lyse handoker, 1942). L=92=E9chec de ces derniers = films le=20 contraint =E0 abandonner la r=E9alisation cin=E9matographique. De = 1942 =E0 1959,=20 il est directeur de salles de cin=E9ma.

Christian-Jaque

Christian-Jaque
(de son vrai nom = Christian=20 Maudet)
(1904-1994)
Cin=E9aste fran=E7ais, l=92un des = r=E9alisateurs les=20 plus productifs et les plus populaires entre 1930 et = 1960

Christian-Jaque est n=E9 =E0 Paris. = D=92abord=20 affichiste et d=E9corateur (il travailla, entre autres, pour le = cin=E9aste=20 Andr=E9 Hugon), il se sp=E9cialisa tr=E8s vite dans la com=E9die, = offrant=20 notamment =E0 Fernandel, avec lequel il tourna six films (dont = Fran=E7ois=20 Ier en 1937 et Ernest le rebelle en 1938), certains de = ses=20 r=F4les les plus populaires. Adapt=E9 d=92un roman de Pierre = V=E9ry, les Disparus=20 de Saint-Agil (1938), avec Erich von Stroheim et = Michel=20 Simon, connut un grand retentissement =E0 la fin des ann=E9es 1930 = et permit =E0=20 Marcel Mouloudji de faire ses premiers pas au cin=E9ma. Apr=E8s = l=92Assassinat=20 du p=E8re No=EBl (avec Harry Baur, 1941) et Sortil=E8ges (sur des = dialogues de=20 Jacques Pr=E9vert, 1945), dans lesquels il fit appara=EEtre sa = grande ma=EEtrise=20 du genre policier, il r=E9alisa =E0 la Lib=E9ration une version = tr=E8s patriotique=20 de Boule de Suif (avec Micheline Presle, 1945). Il dirigea = G=E9rard Philipe=20 =E0 de multiples reprises, notamment dans la Chartreuse de Parme = (1948),=20 dans Souvenirs perdus (1950) et dans un Fanfan la Tulipe tr=E8s = enlev=E9=20 (1952).

Mari=E9 successivement aux actrices Simone Renant, Ren=E9e = Faure et Martine=20 Carol, il s=92est mis plusieurs fois au service de cette = derni=E8re (Lucr=E8ce=20 Borgia, 1953; Madame du Barry, 1954; Nana, 1955) et offrit =E0 = Brigitte=20 Bardot l=92un de ses r=F4les les plus c=E9l=E8bres (Babette s=92en = va-t-en guerre,=20 1959).

Cimino, Michael

Michael Cimino
(1943- = )
Cin=E9aste=20 am=E9ricain, r=E9alisateur de la Porte du paradis (Heaven's Gate) = en=20 1980

N=E9 =E0 New York, Cimino est le = fils d'un=20 =E9diteur de musique. Il =E9tudia l'histoire de l'art =E0 = l'universit=E9 Yale=20 avant de se tourner vers la r=E9alisation de films publicitaires = pour la=20 t=E9l=E9vision.

Dans cette odyss=E9e am=E8re qui conduit de jeunes ouvriers = am=E9ricains=20 d'origine lituanienne jusqu'au Vi=EAt Nam, d'o=F9 certains ne = reviendront=20 jamais, Michael Cimino se penche sur une Am=E9rique modeste o=F9 = les jeunes=20 gens doivent se r=E9signer =E0 subir l'exploitation, = l'ali=E9nation et la=20 guerre.

Cimino, Voyage au bout de = l'enfer

Apr=E8s avoir collabor=E9 =E0 divers sc=E9narios, Cimino fit = ses d=E9buts de=20 r=E9alisateur avec le Canardeur (Thunderbolt and Lightfoot, 1974), = une=20 com=E9die =E0 suspense avec Clint Eastwood et = Jeff Bridges.=20 Son film suivant, Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter, = 1978), qui=20 traitait de la guerre du Vi=EAt Nam, fut couronn=E9 par cinq = oscars =E0=20 Hollywood, notamment ceux du meilleur film et du meilleur = r=E9alisateur.

L'excellent accueil dont b=E9n=E9ficia Voyage au bout de = l'enfer permit =E0=20 Cimino d'entreprendre la Porte du paradis (1980), un western = historique=20 con=E7u =E0 l'=E9chelle d'une =E9pop=E9e. Durant le tournage, le = budget initial fit=20 plus que quintupler. Lorsqu'il sortit, le film fut rejet=E9 tant = par la=20 critique que par le public et provoqua la faillite de son studio, = United=20 Artists. Il fallut attendre plusieurs ann=E9es avant que certains = critiques=20 y voient un v=E9ritable chef-d'oeuvre.

L'Ann=E9e du dragon (The Year of the dragon), sorti en 1985, = permit =E0 son=20 auteur de reconqu=E9rir une partie de son public, mais ses = r=E9alisations=20 suivantes (The Desperate Hours, 1990; Sunchaser, 1996) ne furent = que des=20 succ=E8s relatifs.

Ciss=E9, Souleymane

Souleymane Ciss=E9
(1940- = )
Cin=E9aste=20 malien

N=E9 =E0 Bamako, il fait ses = =E9tudes =E0 Dakar et, =E0=20 l=92=E2ge de vingt ans, re=E7oit une bourse pour poursuivre ses = =E9tudes dans une=20 =E9cole de cin=E9ma moscovite. De retour au Mali, influenc=E9 par = l=92id=E9ologie=20 marxiste et anticolonialiste, il tourne d=92abord pour le = minist=E8re de=20 l=92Information des documentaires =E0 vocation sociale et = p=E9dagogique :=20 l=92Homme et les idoles (1965), Sources d=92inspiration (1966) et = l=92Aspirant=20 (1968). En 1974, il r=E9alise son premier long-m=E9trage de = fiction. La Jeune=20 Fille (Den muso) est le premier film malien en langue bambara. Il = sera=20 aussi le premier film malien censur=E9 : cette histoire d=92une = jeune muette,=20 m=E8re c=E9libataire rejet=E9e par sa famille, est per=E7ue comme = une vive attaque=20 des moeurs de la soci=E9t=E9 traditionnelle. Les films suivants, = qui en font=20 un cin=E9aste de tout premier plan en Afrique noire (voir = africain, cin=E9ma),=20 continuent =E0 interroger les structures sociales de son pays = comme dans=20 Travail (Bara, 1981) ou dans le Vent (Finy=E9, 1982) qui relate = l=92opposition=20 entre le pouvoir militaire et les =E9tudiants. Yeelen (1987), que = Ciss=E9=20 produit avec beaucoup de difficult=E9s, se d=E9tourne des = tourments du pr=E9sent=20 pour renouer avec les traditions africaines du r=E9cit, du conte = et de=20 l=92oralit=E9 (voir Afrique, litt=E9ratures d=92). L=92histoire = d=92un jeune homme =E0=20 la recherche des pouvoirs magiques de son p=E8re donne = l=92occasion =E0 Ciss=E9 de=20 mettre en sc=E8ne la figure essentielle du griot et de construire = le r=E9cit=20 autour de la palabre et des l=E9gendes fantastiques bambara. Dans = Waati=20 (1995), son dernier film =E0 ce jour, Ciss=E9 quitte le Mali pour = filmer=20 l=92Afrique enti=E8re =E0 travers les tribulations d=92une jeune = femme, de=20 l=92Afrique du Sud aux tribus touareg du Sahara. Il semble qu=92il = revendique=20 d=E9sormais un retour vers le pass=E9 et les coutumes (son = h=E9ro=EFne est docteur=20 en anthropologie) - fondement indispensable =E0 ses yeux et seul = capable de=20 fonder une identit=E9 africaine supranationale.

Clair, Ren=E9

Ren=E9 Clair
(de son vrai nom = Ren=E9=20 Chomette)
(1898-1981)
R=E9alisateur = fran=E7ais

N=E9 =E0 Paris, Ren=E9 Clair est = d=92abord=20 journaliste, parolier, com=E9dien et assistant aupr=E8s de J. de = Baroncelli.=20 Puis, il tourne ses premiers films dont Entr'acte (1924), qui = s'inscrit=20 dans le mouvement dada=EFste des ann=E9es 1920, sur un sc=E9nario = de Francis=20 Picabia et une musique d'=C9rik Satie. Apr=E8s la r=E9alisation de = films=20 fantastiques (le Fant=F4me du Moulin-Rouge, 1924 et le Voyage = imaginaire,=20 1925), il adapte deux com=E9dies de Labiche : Un chapeau de paille = d'Italie=20 (1927) et les Deux Timides (1928). Avec l'arriv=E9e du son, Ren=E9 = Clair donne=20 =E0 ses films une nouvelle dimension. Les oeuvres de cette = p=E9riode, Sous les=20 toits de Paris (1929), le Million (1930), =C0 nous la libert=E9 = (1931),=20 conduisent les critiques de cin=E9ma =E0 le consid=E9rer comme le = premier=20 r=E9alisateur =E0 avoir enti=E8rement explor=E9 le potentiel du = parlant.

=C0 nous la libert=E9 = (1931) de Ren=E9=20 Clair

D=E9nonciation du travail =E0 la cha=EEne, le film de Ren=E9 = Clair est l'un des=20 premiers films parlants et chantants du cin=E9ma fran=E7ais. Charlie Chaplin s'en = inspira pour=20 tourner, cinq ans plus tard, les Temps modernes (Modern = Times).

Apr=E8s Quatorze Juillet (1933), une charmante com=E9die = populaire, Clair=20 est amen=E9 =E0 travailler en Angleterre, o=F9 il dirige son = premier film en=20 anglais, Fant=F4me =E0 vendre (The Ghost Goes West, 1935). Puis, = pendant la=20 Seconde Guerre mondiale, il r=E9side aux =C9tats-Unis, o=F9 il = conna=EEt un succ=E8s=20 consid=E9rable avec des films tels que Ma femme est une sorci=E8re = (I Married=20 a Witch, 1942) et C'est arriv=E9 demain (It Happened Tomorrow, = 1943),=20 poursuivant la m=EAme d=E9marche cin=E9matographique (truquages et = associations=20 d'images) pour =E9voquer le fantastique. Apr=E8s la guerre, il = rentre en=20 France, o=F9 il r=E9alise la Beaut=E9 du diable (1949), les Belles = de nuit=20 (1952), les Grandes Manoeuvres (1955), Porte des Lilas (1957) et = les F=EAtes=20 galantes (1965). Clair a instill=E9 dans ces oeuvres la maturit=E9 = d'une=20 r=E9flexion nouvelle, associ=E9e =E0 la gr=E2ce et au charme des = films de ses=20 d=E9buts. Il a publi=E9 R=E9flexion faite (1953) et, en 1960, est = entr=E9 =E0=20 l'Acad=E9mie fran=E7aise.

Un jour le Nil (an-Nass wa an-Nil, 1968-1972), sur la mise en = service=20 du barrage d'Assouan, d=E9plut aux commanditaires =E9gyptiens et = sovi=E9tiques.=20 En 1978, il inaugura avec Alexandrie, pourquoi ? (Iskandariyya lih = ?) sa=20 trilogie autobiographique, qui comprend =E9galement la M=E9moire = (Hadduta=20 Misriyya, 1982) et Alexandrie encore et toujours (Iskandariyya = kaman wa=20 kaman, 1989). En 1985, il dirigea Michel Piccoli dans une = coproduction=20 =E9gypto-fran=E7aise, Adieu Bonaparte. Les extr=E9mistes religieux = firent=20 interdire momentan=E9ment le film l'=C9migr=E9 (al Mohager, 1994), = histoire=20 biblique de Joseph. Le Destin (al-Massir, 1997), qui traite du=20 fondamentalisme et de l'intol=E9rance, remporta le Prix sp=E9cial = du=20 cinquanti=E8me festival de Cannes.

Clarke, Shirley

Shirley = Clarke
(1919-1997)
Cin=E9aste=20 am=E9ricaine

N=E9e =E0 New York, fille d=92un = industriel juif=20 new-yorkais, Shirley Clarke (n=E9e Shirley Brimberg) quitte tr=E8s = t=F4t sa=20 famille pour suivre des cours de danse moderne aupr=E8s de Martha = Graham. En=20 1948, elle renonce =E0 sa carri=E8re de danseuse, mais, toujours = tr=E8s attach=E9e=20 =E0 ce milieu, r=E9alise Dance in the Sun (1953) autour des = chor=E9graphies=20 avant-gardistes de Daniel Nagrin. Remarqu=E9e par la = r=E9alisatrice Maya=20 Deren, elle conna=EEt ses premiers succ=E8s dans les festivals = internationaux=20 avec Bullfight (1955), fr=E9quente la jeune garde du cin=E9ma = documentaire=20 am=E9ricain (Richard Leacock, D. A. Pennenbaker), et r=E9alise = dans ce cercle=20 une s=E9rie de courts m=E9trages pour l=92exposition universelle = de Bruxelles en=20 1958. Cette rencontre est l=92occasion d=92une confrontation avec = le Cin=E9ma=20 V=E9rit=E9, pratique cin=E9matographique avec laquelle elle = entretiendra toute=20 sa carri=E8re un rapport ambigu.

Son premier long m=E9trage important, The Connection (1961), = est=20 l=92adaptation d=92une pi=E8ce du dramaturge Jack Gelber et, selon = les propres=20 termes de la cin=E9aste, un exercice de =ABfaux Cin=E9ma = V=E9rit=E9=BB. Mani=E8re d=92=ABEn=20 attendant Godot de la drogue=BB (selon le cin=E9aste Mekas Jonas), The = Connection=20 portraiture un groupe de jeunes drogu=E9s qui =E9changent leurs = visions du=20 monde en attendant l=92improbable arriv=E9e du dealer. S=92il est, = =E0 n=92en pas=20 douter, un document r=E9aliste sur une =E9poque, une situation et = certaines=20 facettes de la culture underground, le film se d=E9tache pourtant=20 compl=E8tement du genre documentaire au sens strict : la = cin=E9aste s=92appuie=20 sur un dispositif de fiction en faisant participer une fausse = =E9quipe de=20 tournage (constitu=E9e de vrais acteurs) aux discussions des = personnages qui=20 improvisent =E0 partir du texte de Jack Gelber. Accompagn=E9e = d=92une pol=E9mique=20 avec les comit=E9s de censure new-yorkais, la sortie en salle = conna=EEt un=20 grand succ=E8s.

Avec Harlem Story (The Cool World, 1963), Shirley Clarke = poursuit dans=20 la veine du semi-documentaire en filmant une bande d=92adolescents = noirs,=20 proches de la d=E9linquance, dans leurs d=E9ambulations =E0 = travers New York. La=20 plupart des personnages de ses films sont amen=E9s =E0 jouer leur = propre r=F4le=20 : l=E0 o=F9 l=92on pourrait l=E9gitimement craindre une certaine = fausset=E9 dans la=20 repr=E9sentation, le cin=E9ma de Shirley Clarke atteint souvent = une grande=20 justesse de ton. Au-del=E0, les films de Clarke donnent une image = fid=E8le des=20 luttes et des conditions de vie des minorit=E9s am=E9ricaines dans = les ann=E9es=20 soixante. Portrait of Jason (1966) met en sc=E8ne quelques heures = de la vie=20 d=92un jeune noir prostitu=E9 homosexuel, qui, entre deux = bouff=E9es de=20 cigarette de marijuana, fabule sur son existence =E0 la marge de = la soci=E9t=E9,=20 une existence =E9maill=E9e de beuveries et de rixes, de nuits = d=92amour et de=20 r=EAves.

Install=E9e au Chelsea Hotel, r=E9sidence de la boh=E8me = artistique=20 new-yorkaise, Clarke fr=E9quente la frange la plus radicale des = artistes=20 new-yorkais et participe =E0 la cr=E9ation du Filmmakers = Distribution Center=20 avec Mekas Jonas et Louis = Brigante en=20 1966. Mais c=92est dans un quasi-d=E9nuement qu=92elle vit apr=E8s = avoir engag=E9=20 ses propres deniers dans la production de ses films, dont la = rentabilit=E9=20 financi=E8re est presque nulle. =C9cart=E9e du cercle form=E9 = notamment par Jonas Mekas et le = critique et=20 th=E9oricien P. Adams Sitney lors de la cr=E9ation de = l=92Anthology Film Archive=20 (1972), Shirley Clarke ne trouve plus de producteurs et se tourne=20 d=E9sormais vers les cha=EEnes de t=E9l=E9visions par c=E2ble, = r=E9alisant de nombreux=20 films vid=E9o, dont la plupart restent =E0 d=E9couvrir, notamment = Wendy and=20 Shirley (1973), Ornette : Made in America (1985). Shirley Clarke = tient son=20 propre r=F4le dans le film d=92Agn=E8s Varda = Lion=92s Love (1969).=20 Atteinte par la maladie d=92Alzheimer, elle meurt =E0 Boston.

Cl=E9ment, Ren=E9

Ren=E9 = Cl=E9ment
(1942-1999)
Cin=E9aste=20 fran=E7ais

R=E9v=E9l=E9 par ses films sur la = R=E9sistance et=20 qui fut l=92un des r=E9alisateurs les plus engag=E9s dans les = coproductions=20 europ=E9ennes des ann=E9es 1950.

N=E9 =E0 Bordeaux, Ren=E9 Cl=E9ment entreprit des =E9tudes = d=92architecture avant=20 de se tourner vers le cin=E9ma. D=92abord documentariste, il se = vit confier=20 par les instances de la R=E9sistance la r=E9alisation de la = Bataille du rail=20 (1946), un film sur les cheminots qui m=EAle habilement = documentaire et=20 fiction. Conseiller technique de Jean Cocteau pour le = tournage de=20 la Belle et la B=EAte (1946), il tourna la m=EAme ann=E9e le = P=E8re tranquille,=20 nouveau film sur la R=E9sistance avec No=EBl-No=EBl, une = grande vedette de=20 l=92=E9poque. R=E9alisateur europ=E9en, il dirigea en Italie = Au-del=E0 des grilles=20 (le Mura di Malapaga, 1949) et Quelle joie de vivre! (Che gioia di = vivere,=20 1961), et r=E9alisa =E0 Londres Monsieur Ripois (1954, avec = G=E9rard Philipe)=20 sur des dialogues de Raymond Queneau. Son film le plus c=E9l=E8bre = et son plus=20 grand succ=E8s populaire fut sans doute Jeux interdits (1952), qui = re=E7ut un=20 oscar =E0 Hollywood et r=E9v=E9la Brigitte Fossey. Paris = br=FBle-t-il, fresque=20 historique ambitieuse tourn=E9e en 1966 avec une distribution=20 internationale, fut un essai peu concluant de film =E0 grand = spectacle; en=20 revanche, avec Plein soleil (d=92apr=E8s Monsieur Ripley de = Patricia=20 Highsmith, 1960), Ren=E9 Cl=E9ment r=E9alisa l=92un des plus = grands films=20 policiers fran=E7ais de l=92apr=E8s-guerre, offrant peut-=EAtre = =E0 Alain Delon son=20 plus