From: =?Windows-1252?Q?Enregistr=E9_par_Windows_Internet_Explorer=A07?= Subject: A Date: Thu, 24 Apr 2008 04:52:58 +0200 MIME-Version: 1.0 Content-Type: multipart/related; type="text/html"; boundary="----=_NextPart_000_0074_01C8A5C7.1174C780" X-MimeOLE: Produced By Microsoft MimeOLE V6.0.6000.16545 This is a multi-part message in MIME format. ------=_NextPart_000_0074_01C8A5C7.1174C780 Content-Type: text/html; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Location: http://cinemanageria.ifrance.com/abc_cineastes/a.htm A
A

Abou El Ouaqar (Mohamed)

Mohamed Abou El Ouaqar
(1946- = )
Cin=E9aste=20 marocain

Cin=E9aste et peintre, est n=E9 =E0 = Marrakech en 1946.=20 De 1966 =E0 1973, il a fait des =E9tudes sup=E9rieures =E0 = l'Institut=20 Cin=E9matographique de Moscou.

Filmographie

  • 1969 : "A=EFcha", court m=E9trage;=20
  • 1970 : "Composition musicale", court = m=E9trage;=20
  • 1971 : "Les tueurs", court m=E9trage;=20
  • 1977 : "Souvenirs d'une ville", court = m=E9trage;=20
  • 1980 : "60=E8 anniversaire de = l'Ecole du=20 Cin=E9ma";=20
  • 1984 : "Hadda", long = m=E9trage

Abou Sayf, Salah

Salah Abou = Sayf
(1915-1996)
Cin=E9aste=20 =E9gyptien, l=92un des r=E9alisateurs les plus f=E9conds du monde=20 arabe

N=E9 au Caire, Salah Abou Saif fut = assistant-r=E9alisateur de Kamal Selim pour la Volont=E9 = (al-Azima, 1939),=20 film fondateur du courant r=E9aliste =E9gyptien, avant de se = lancer dans le=20 long-m=E9trage en 1946. Sa longue carri=E8re (quarante = longs-m=E9trages en=20 cinquante ans) a fait de lui =ABle plus =E9gyptien de tous les = r=E9alisateurs=20 arabes=BB, immerg=E9 dans la r=E9alit=E9 =E0 la mani=E8re des = n=E9or=E9alistes italiens.=20 Il s=92est particuli=E8rement attach=E9 au statut de la femme, = dont il a =E9t=E9 le=20 meilleur avocat au cin=E9ma (la Seconde =C9pouse / az-Zawja = ath-thaniyya,=20 1967) ; toutefois, cet attachement au r=E9alisme ne l=92a pas = conduit =E0=20 d=E9laisser les mod=E8les traditionnels, comme le m=E9lodrame ou = la com=E9die=20 musicale, sa marque personnelle en tous les genres relevant d=92un = humour=20 tr=E8s inspir=E9 de la verve du petit peuple du Caire. Ses = affinit=E9s avec le=20 romancier Naguib Mahfouz l=92ont amen=E9 =E0 r=E9aliser huit films = avec le futur=20 prix Nobel. Sa premi=E8re oeuvre importante, Ton jour viendra (Lak = yum ya=20 zalim, 1951), librement adapt=E9e de Th=E9r=E8se Raquin, inaugura = cette=20 collaboration. Parmi ses autres films particuli=E8rement marquants = d=92une=20 production jamais indiff=E9rente figurent encore le Costaud = (al-Futuwwa,=20 1957), Entre ciel et terre (Bayna as-sama wa al-ard, 1959), Mort = parmi les=20 vivants (Bidaya wa nihaya, 1960), Le Caire 30 (al-Qahira = thalathin,=20 d=92apr=E8s Mahfouz, 1966), l=92Aube de l=92islam (Fajr al-Islam, = film historique,=20 1970), Le porteur d=92eau est mort (as-Saqqa mat, 1978) et = Monsieur K=20 (1994). Abu Sayf a dirig=E9 l=92Organisme g=E9n=E9ral du cin=E9ma = =E9gyptien de 1963 =E0=20 1965.

Acconci, Vito

Vito Acconci
(1940-)
Artiste = am=E9ricain=20 d=92origine italienne, vid=E9aste et performer, qui s=92est = illustr=E9 depuis la=20 fin des ann=E9es soixante dans la mouvance de l=92art conceptuel = et qui est=20 devenu avec Rubbing Piece (1970) l=92un des principaux = repr=E9sentants du Body=20 art (art corporel)

Apr=E8s des =E9tudes litt=E9raires = =E0 New York puis=20 =E0 l=92universit=E9 d=92Iowa, il entame une carri=E8re de = po=E8te. En 1968, alors=20 qu=92il enseigne =E0 la School of Visual Arts de New York, il fixe = sur=20 pellicule photographique des actions (sauts, par exemple), qu=92il = accomplit=20 dans l=92espace (Toe-Touch, 1969).

Au d=E9but des ann=E9es soixante-dix, Acconci d=E9cide = d=92utiliser son propre=20 corps, de mani=E8re radicale, allant jusqu=92=E0 s=92automutiler = (br=FBlures,=20 l=E9sions, suffocations, par exemple dans Hand and Mouth, 1970).=20 G=E9n=E9ralement film=E9es, ces exp=E9rimentations extr=EAmes de = son moi =E9voluant et=20 se transformant dans des contextes divers font de lui l=92un des = artistes du=20 Body art les plus engag=E9s (Conver-sions, 1971). Petit =E0 petit, = Acconci=20 introduit d=92autres agents dans ses travaux, incluant des = spectateurs ou=20 des participants (Broad Jump =9271).

Depuis 1974, Acconci s=92=E9loigne du Body art qui = n=92appara=EEt plus qu=92au=20 travers d=92enregistrements appartenant au dispositif de ses = installations=20 (Other Voices for a Second Sight, 1974). Les installations fixes = sont=20 d=E9sormais le m=E9dia utilis=E9 par l=92artiste pour exprimer ses = positions=20 id=E9ologiques : en 1977, il pr=E9sente au Whitney Museum de New = York son=20 installation Tonight We Escape from New York; =E0 c=F4t=E9 d=92une = =E9chelle de=20 corde, quatre haut-parleurs diffusent des bribes de conversation = racistes.=20 Dans Garbage Seating (1986), il utilise des mat=E9riaux naturels = ou des=20 objets de la vie urbaine (terre, branchages, poubelles) pour = former un=20 meuble sculptural fantaisiste, cherchant m=EAme parfois =E0 les = int=E9grer dans=20 des environnements urbains (Face of the Earth, 1984).

Le travail de Vito Acconci a =E9t=E9 montr=E9 par de nombreux = centres et=20 galeries d=92art contemporain (Grenoble, Prato, Rennes).

Achternbusch, Herbert

Herbert = Achternbusch
(1938-)
Cin=E9aste,=20 acteur, =E9crivain et auteur dramatique allemand

N=E9 =E0 Munich, Herbert = Achternbusch=20 obtient son baccalaur=E9at et =E9tudie la peinture =E0 la = Kunstakademie de=20 Nuremberg. Il commence =E0 tourner des films =E0 partir de 1975. = Sa critique=20 de l=92=C9tat, de la soci=E9t=E9, de l=92=C9glise et de la = religion est extr=EAmement=20 s=E9v=E8re et porte tout particuli=E8rement sur la situation = culturelle et=20 politique en Bavi=E8re. Ses oeuvres subversives provoquent de = nombreux=20 scandales; son film Das Gespenst (le Fant=F4me, 1982), interdit en = Autriche=20 et en Suisse, est boycott=E9 en Allemagne par de tr=E8s nombreuses = organisations catholiques.

Son oeuvre comporte des textes en prose - tels H=FClle (1969), = Das Kamel=20 (1970), Die Alexanderschlacht (1971), Der Tag wird kommen (1973), = Die=20 Stunde des Todes (1975), Land in Sicht (1977), Weg (1985) et = Hundstage=20 (1995) -, des recueils de textes - 1969, Die Alexanderschlacht, = Die=20 Atlantikschwimmer (trois volumes, 1978), Die Olympiasiegerin = (1982) et=20 Wellen (1983) -, des drames comme Ella (1978), Kuschwarda City = (1980),=20 Mein Herbert (1982), Gust (1985), Der Stiefel und sein Socken = (cr=E9=E9 en=20 1993) et Meine Grabinschrift (cr=E9=E9 en 1996), ainsi que des = films : Die=20 Atlantikschwimmer (1976), Bierkampf (1977), Servus Bayern (1978), = Der=20 Komantsche (1979), Das letzte Loch (1981), Der Depp (1982), Der=20 Wanderkrebs (1984), Rita Ritter (1984), Die F=F6hnforscher (1985) = et Heilt=20 Hitler (1986). En 1990 para=EEt le volume MIXWIX qui contient, = outre le=20 script du film =E9ponyme et des r=E9flexions sur la po=E9sie, la = pi=E8ce Auf=20 verlorenem Posten et des textes sur Charlie Chaplin et Akira Kurosawa. En = 1996, sa pi=E8ce=20 pour deux personnages Der letze Gast est cr=E9=E9e aux = Kammerspiele de Munich.=20 En 1997, son film Picasso in M=FCnchen est diffus=E9 dans les = cin=E9mas d=92art et=20 d=92essai o=F9 Pablo Picasso a v=E9cu sa =ABp=E9riode jaune=BB, = lorsqu=92il =E9tait =E0=20 Munich. En 1998, Herbert Achternbusch a tourn=E9 Neue = Freiheit-keine Jobs,=20 essentiellement avec des acteurs des Kammperspiele de Munich.

Il a obtenu la m=E9daille Ludwig-Thoma en 1975, le prix = sp=E9cial du=20 festival du film de Locarno pour Das letzte Loch (1982) et le prix = M=FChlheim de l=92auteur dramatique pour Gust (1986). Il a = refus=E9 le prix=20 Petrarque en 1977.

Akerman, Chantal

Chantal Akerman
(1950- = )
Cin=E9aste belge=20 dont les films, souvent autobiographiques, ont d=92abord =E9t=E9 = marqu=E9s par le=20 cin=E9ma exp=E9rimental avant d=92=E9voluer vers une forme plus = classique et=20 =ABgrand public=BB

N=E9e =E0 Bruxelles, Chantal = Ackerman se destine=20 d=92abord =E0 la litt=E9rature mais s=92oriente vers le cin=E9ma = apr=E8s avoir vu=20 Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard. En = 1967-1968,=20 elle suit les cours de l=92INSAS, importante =E9cole de cin=E9ma = de Bruxelles,=20 et r=E9alise un court m=E9trage remarqu=E9, Saute ma ville, dont = elle est=20 l=92unique interpr=E8te, traitant un sujet grave, le suicide, sur = un mode=20 burlesque. La d=E9couverte du cin=E9ma exp=E9rimental d=92Andy = Warhol influence=20 son premier long m=E9trage, H=F4tel Monterey (1972). Dans Je, tu, = il, elles=20 (1974), dont elle interpr=E8te de nouveau le personnage principal, = une jeune=20 femme se raconte, s=92interroge, passe difficilement de = l=92adolescence =E0=20 l=92=E2ge adulte, en un r=E9cit volontairement bris=E9. Mais = c=92est avec Jeanne=20 Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1975) qu=92elle = devient une=20 des grandes r=E9alisatrices du nouveau cin=E9ma des ann=E9es = soixante-dix. Le=20 film montre simplement le rituel minutieux de la vie quotidienne = d=92une=20 jeune veuve (jou=E9e par Delphine Seyrig), comme un m=E9canisme = qui se d=E9r=E8gle=20 peu =E0 peu jusqu=92=E0 la folie meurtri=E8re.

Ses autres films explorent le d=E9racinement (les Rendez-vous = d=92Anna,=20 1978), la fragmentation de la vie et ses chass=E9s-crois=E9s = (Toute une nuit,=20 1982), sa relation avec ses origines juives (News from Home, 1977; = Histoires d=92Am=E9rique, 1988). =C0 partir de Golden Eighties = (1985), com=E9die=20 musicale qui fait songer aux films de Jacques Demy, la = r=E9alisatrice=20 abandonne progressivement un style exp=E9rimental dont elle semble = avoir=20 =E9puis=E9 les possibilit=E9s pour un cin=E9ma plus volontiers = s=E9duisant en m=EAme=20 temps qu=92elle accorde plus d=92importance au contexte social = qu=92=E0=20 l=92introspection : Nuit et Jour (1991), Portrait d=92une jeune = fille des=20 ann=E9es soixante =E0 Bruxelles (1994), Un divan =E0 New York (A = Couch in New=20 York, 1995), une brillante com=E9die qui s=92apparente tout autant = =E0 la=20 tradition de la com=E9die am=E9ricaine qu=92au jeune cin=E9ma = fran=E7ais des ann=E9es=20 quatre-vingt-dix et rencontre un franc succ=E8s, et la Captive = (pr=E9sent=E9 =E0=20 la Quinzaine des r=E9alisateurs au Festival de Cannes 2000), une = adaptation=20 libre de la Prisonni=E8re de Proust, autour de la guerre du = couple.

Entretien avec Chantal Ackerman

=ABJe suis belge, juive polonaise n=E9e =E0 Bruxelles... Je ne = suis pas plus=20 parisienne que belge. Si je devais me sentir de quelque part, ce = serait=20 sans doute plus de New York que de n=92importe o=F9 ailleurs. Je = n=92ai pas la=20 notion que je suis attach=E9e =E0 la terre o=F9 sont mes pieds. Et = m=EAme l=E0 o=F9=20 ils sont, =E7a tremble un peu.=BB Chantal Akerman se pr=E9sente = volontiers comme=20 une nomade.

Comment filmer le d=E9racinement ? Chantal Akerman aime les = lieux o=F9 l=92on=20 passe, h=F4tels, caf=E9s, halls et quais de gare, trains, = m=E9tros, voitures,=20 camions... Ses premiers courts m=E9trages sont situ=E9s : ils = explorent un=20 espace de transit, donnent un cadre =E0 l=92errance (Saute ma = ville, 1968;=20 H=F4tel Monterey, 1972; La Chambre, 1972). Le vide qui nous = =E9treint dans les=20 longs plans d=E9sol=E9s pr=E9pare toujours quelque rendez-vous. = Parce qu=92on est=20 seul et sans attache, on est disponible. L=92extr=EAme solitude = appelle la=20 rencontre.

L=92h=E9ro=EFne de Je, tu, il, elle (1974) habite une chambre = au=20 rez-de-chauss=E9e. Une large baie vitr=E9e donne sur un petit = jardin et la rue=20 toute proche. On est d=E9j=E0 dehors. Chantal Akerman, qui = interpr=E8te=20 elle-m=EAme le personnage f=E9minin, s=92expose aux regards des = passants, de la=20 cam=E9ra, des spectateurs. Pas de retraite possible. Elle quitte = cette=20 maison sans =E2me, rencontre un chauffeur routier, le suit dans sa = cabine,=20 pour rejoindre finalement une amie qui d=92abord ne veut pas la = recevoir=20 puis accepte de faire l=92amour avec elle, =E0 condition qu=92elle = parte au=20 petit matin.

Dans News from Home (1977), Chantal Akerman lit des lettres de = sa m=E8re=20 sur des images de New York. La plus grande distance cr=E9e ici la = plus vive=20 intimit=E9. Plus pr=E9cis=E9ment encore, l=92h=E9ro=EFne des = Rendez-vous d=92Anna (1978)=20 exprime le besoin de partir. C=92est en voyageant, de la Ruhr =E0 = Paris, en=20 passant par Bruxelles, qu=92Anna retrouve sa m=E8re. Rencontre = fugitive, parmi=20 d=92autres, mais qui marque le coeur du film.

Le d=E9racinement peut se vivre aussi dans un lieu familier. La = femme=20 clou=E9e =E0 sa cuisine, prisonni=E8re des gestes quotidiens du = m=E9nage, se=20 r=E9v=E8le esclave =E0 son insu d=92une m=E8re absente, dont elle = reproduit pourtant=20 les conduites immuables, obs=E9dantes, monotones : moudre le = caf=E9, pr=E9parer=20 le petit d=E9jeuner, mettre le couvert, etc. Faire ce qu=92il = faut, respecter=20 le rituel du travail, jusqu=92=E0 ce que la machine se = d=E9r=E8gle. Cet ordre sans=20 loi, donc sans jeu, est min=E9. Une violence souterraine pousse = =E0 sortir du=20 cycle infernal. Donc =E0 na=EEtre. Quitter la matrice invisible, = briser le=20 double maternel qui interdit de vivre.

Comment mettre =E0 jour l=92=E9trange qui se cache sous le = d=E9j=E0 vu ? Comment=20 briser l=92imaginaire pour rencontrer le r=E9el ? Comment la = re-pr=E9sentation=20 cin=E9matographique peut-elle devenir pr=E9sentation, pr=E9sence = fulgurante de=20 l=92Autre dans ce qu=92on croyait =EAtre le m=EAme ? Chantal = Akerman ne cesse de=20 reformuler ces questions sous une forme plus libre, plus souple = aussi,=20 dans Toute une nuit (1982), Histoires d=92Am=E9rique (1988) ou = encore Nuit et=20 jour (1991).

Aldrich, Robert

Robert = Aldrich
(1918-1983)
R=E9alisateur et=20 producteur am=E9ricain

N=E9 = =E0 Cranston=20 (Rhode Island), Robert Aldrich est issu d=92une famille de = politiciens et de=20 banquiers. Apr=E8s des =E9tudes =E0 la Moses Brown School de = Providence et =E0=20 l'universit=E9 de Virginie, il renonce =E0 faire carri=E8re dans = la finance et=20 devient stagiaire, puis assistant r=E9alisateur pour la firme RKO. = =C0 partir=20 de 1940, il occupe plusieurs postes dans cette industrie pendant = plus de=20 dix ans et travaille, entre autres, avec Jean Renoir pour = l'Homme du Sud=20 (The Southerner, 1945), avec Abraham Polonsky pour l'Enfer de la=20 corruption (Force of Evil, 1949), avec Joseph Losey pour le = R=F4deur (The=20 Prowler, 1951) et M (1951), et avec Charlie Chaplin pour les Feux de la rampe=20 (Limelight, 1952).

Apr=E8s quelques =E9missions dramatiques pour la = t=E9l=E9vision, il passe =E0 la=20 r=E9alisation avec Big Leaguer (1953) : un drame se d=E9roulant = dans le milieu=20 du baseball, puis r=E9alise un film d'aventures sur fond = politique, Alerte =E0=20 Singapour (World For Ransom, 1954), avant de s'associer avec=20 l'acteur-producteur Burt Lancaster pour Bronco Apache (Apache, = 1954) et=20 Vera Cruz (1955).

Ces premi=E8res r=E9alisations affirment d=E9j=E0 la puissance = de son style=20 baroque et teint=E9 de sarcasme, ainsi que son go=FBt pour les = th=E8mes sociaux=20 et politiques li=E9s =E0 l'histoire des =C9tats-Unis.

D=E8s 1955, il produit lui-m=EAme ses films, =E0 commencer par = un thriller=20 particuli=E8rement dur, En quatri=E8me vitesse (Kiss Me Deadly), = tir=E9 du roman=20 noir de Mickey Spillane. Il adapte ensuite une pi=E8ce de Clifford = Odets, le=20 Grand Couteau (The Big Knife, 1955), critique implacable des = moeurs de=20 Hollywood. C'est ensuite un cruel m=E9lodrame avec Joan Crawford, = Feuilles=20 d'automne (Autumn Leaves, 1956) et Attaque (Attack, 1957) = l'adaptation=20 d'une pi=E8ce antimilitariste de Norman Brooks, Fragile Fox, avec = l=92un de=20 ses acteurs favoris, Jack Palance.

Apr=E8s deux films d'espionnage et de guerre, Trahison =E0 = Ath=E8nes (The=20 Angry Hills, 1958) et Tout pr=E8s de Satan (Ten Seconds To Hell, = 1969), il=20 signe un western cr=E9pusculaire El Perdido (The Last Sunset, = 1961) et=20 tourne en alternance avec Sergio Leone la = superproduction=20 Sodome et Gomorrhe (Sodom and Gomorrah, 1962).

C'est ensuite le succ=E8s de Qu'est-il arriv=E9 =E0 Baby Jane ? = (What Ever=20 Happened to Baby Jane?, 1962), drame volontairement outr=E9 dans = lequel deux=20 vieilles soeurs interpr=E9t=E9es par Bette Davis et Joan Crawford = s'affrontent=20 jusqu'au crime. Il fait ensuite un western comique avec Frank = Sinatra et=20 Dean Martin, Quatre du Texas (Four For Texas, 1963), puis Chut = chut ch=E8re=20 Charlotte (Hush Hush Sweet Charlotte, 1964), o=F9 il oppose cette = fois=20 Olivia De Havilland =E0 Bette Davis. Par la suite, il dirige James = Stewart=20 dans le Vol du Ph=E9nix (Flight of The Phoenix, 1965), puis = obtient un=20 m=E9morable succ=E8s avec les Douze Salopards (The Dirty Dozen, = 1967), =E0 la=20 distribution impressionnante (Lee Marvin, John Cassavetes, = Charles Bronson,=20 Robert Ryan et Jim Brown) et au d=E9nouement violent et = interminable.

Aldrich, Vera = Cruz

Avec Vera Cruz, Robert Aldrich ass=E8ne un coup fatal aux = h=E9ros=20 =ABpositifs=BB du western am=E9ricain et annonce avec sa verve = picaresque, =E0 la=20 limite du burlesque, les westerns baroques de Sam Peckinpah et de = Sergio Leone.

Il revient =E0 la satire des moeurs hollywoodiennes dans le = D=E9mon des=20 femmes (The Legend of Lylah Clare, 1968), interpr=E9t=E9 par Kim = Novak, et=20 signe un film grin=E7ant sur un couple de lesbiennes, Faut-il tuer = Sister=20 George ? (The Killing of Sister George, 1968).

=C0 l'exception de Trop tard pour les h=E9ros (Too Late The = Hero, 1970) et=20 de la Cit=E9 des dangers (Hustle, 1975), ses derni=E8res oeuvres = sont tr=E8s=20 r=E9ussies. Pas d'orchid=E9es pour Miss Blandish (The Grissom = Gang, 1971) est=20 la meilleure adaptation du roman =E9ponyme de James Hadley Chase, = Fureur=20 Apache (Ulzana's Raid, 1972) est un western magnifique, l'Empereur = du Nord=20 (Emperor of the North, 1973) transpose avec verve le roman de Jack = London,=20 Plein la gueule (The Longest Yard, 1974) d=E9nonce les bavures et = la=20 corruption dans les prisons, l=92Ultimatum des trois mercenaires = (Twilight's=20 Last Gleaming, 1977) est un hallucinant thriller politique, Bande = de flics=20 (The Choirboys, 1977) stigmatise la police avec un rare culot, et = Un=20 rabbin au Far West (The Frisco Kid, 1979) est un western en partie = comique=20 avec Gene Wilder et Harrison Ford.

Aldrich, Qu'est-il = arriv=E9 =E0 Baby Jane=20 ?
Joan Crawford et Bette Davis dans Qu'est-il arriv=E9 =E0 = Baby Jane ?=20 (Whatever Happened to Baby Jane ?, 1962) de Robert Aldrich.

Performance exceptionnelle de deux monstres sacr=E9s du = cin=E9ma am=E9ricain,=20 le film met en sc=E8ne deux soeurs, anciennes vedettes de = music-hall que la=20 jalousie, la rancoeur et la haine pousseront au crime.

Son ultime film, Deux filles au tapis (All The Marbles, 1981), = est un=20 chef-d'oeuvre d'humour et de tendresse o=F9 Peter Falk = interpr=E8te le manager=20 de deux somptueuses catcheuses, et dans lequel on peut voir une = parfaite=20 m=E9taphore du cin=E9ma d=92Aldrich.

All=E9gret, Marc

Marc = All=E9gret
(1900-1973)
Cin=E9aste=20 fran=E7ais =E0 la facture classique qui fit d=E9buter la plupart = des jeunes=20 acteurs de l=92apr=E8s-guerre

N=E9 =E0 B=E2le, Marc All=E9gret = =E9tait fils de=20 pasteur. Fr=E8re a=EEn=E9 du cin=E9aste Yves All=E9gret, il entra = dans le cin=E9ma par=20 un documentaire r=E9alis=E9 aux c=F4t=E9s d=92Andr=E9 Gide lors de = son p=E9riple=20 africain : Voyage au Congo (1927). Form=E9 =E0 l=92=E9cole = d=92Augusto Genina,=20 assistant de Robert Florey, il mit au service de genres divers sa = grande=20 comp=E9tence technique et une finesse qui fit sa r=E9putation et = lui permit de=20 pr=E9server ses com=E9dies des facilit=E9s souvent inh=E9rentes au = genre en=20 France.

En quarante ans d=92activit=E9, il a sign=E9 de nombreux films = de bonne=20 facture et a donn=E9 =E0 de jeunes com=E9diens (Simone Simon, = Jean-Pierre=20 Aumont, Brigitte Bardot, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, G=E9rard = Philipe)=20 leur premi=E8re chance. On lui a parfois reproch=E9 de trop = s=92effacer derri=E8re=20 des adaptations litt=E9raires et les textes de ses sc=E9naristes,=20 compromettant ainsi l=92unit=E9 d=92une oeuvre qui ne peut gu=E8re = =EAtre appr=E9ci=E9e=20 que film par film. Parmi ses oeuvres principales figurent = notamment=20 Mam=92zelle Nitouche (1931), Lac aux dames (1934), Gribouille = (1937), Orage=20 (1938, avec Mich=E8le Morgan) ; Entr=E9e des artistes (1939, avec = Louis=20 Jouvet), F=E9licie Nanteuil (1942, avec Danielle Delorme), la = Demoiselle et=20 son revenant (1952), Julietta (1953, avec Jeanne Moreau), En = effeuillant=20 la marguerite (1956, avec Brigitte Bardot), Sois belle et tais-toi = (1958,=20 avec Alain Delon) et Un dr=F4le de dimanche (1958, avec Jean-Paul = Belmondo).=20 En 1952, il a r=E9alis=E9 un film en hommage au compagnon de ses = d=E9buts : Avec=20 Andr=E9 Gide.

Allen, = Woody

Woody Allen
(1935- )
Com=E9dien, = sc=E9nariste=20 et r=E9alisateur am=E9ricain

Fort appr=E9ci=E9 par le public = europ=E9en, le=20 cin=E9aste am=E9ricain incarne =E0 l'=E9cran son propre r=F4le : = celui d'un=20 intellectuel juif, presque toujours divorc=E9 et p=E8re de = famille, timide et=20 complex=E9, cultivant un humour volontiers caustique (il = idol=E2tre Groucho=20 Marx) et pour qui la ville de New York r=E9sume l'univers et ses=20 vicissitudes. Son dernier film, Tout le monde dit I love you = (Everyone=20 Says I Love You, 1996, avec Goldie Hawn et Julia Roberts), est une = com=E9die=20 musicale, genre qu'il aborde pour la premi=E8re fois.

LES PREMIERS ESSAIS : = CABARET,=20 T=C9L=C9VISION, TH=C9=C2TRE ET CIN=C9MA

N=E9 =E0 New York dans le quartier de Brooklyn, Allen Stewart = Konigsberg,=20 dit Woody Allen, est autodidacte, malgr=E9 un bref passage =E0 = l'universit=E9 et=20 au coll=E8ge de New York, dont il a =E9t=E9 exclu. =C0 quinze ans, = il signe des=20 textes humoristiques sous le nom de Woody Allen puis, =E0 dix-neuf = ans, vend=20 des gags =E0 la station de t=E9l=E9vision NBC, se marie et = entreprend sa=20 premi=E8re analyse. Ses dons pour les one-liners (plaisanteries en = une=20 ligne) lui permettent tr=E8s rapidement de gagner beaucoup = d'argent. Il=20 devient alors r=E9dacteur dans l'=E9quipe de Sid Caesar pour = l'=E9mission =E0=20 succ=E8s Show of Shows. =C0 partir de 1961, il se produit = lui-m=EAme comme=20 com=E9dien dans les cabarets et =E0 la t=E9l=E9vision. Le = producteur Charles=20 Feldman le remarque au Blue Angel et l'engage pour =E9crire le = sc=E9nario de=20 Quoi de neuf Pussycat? (What's New, Pussycat ?, 1965) de Clive = Donner, o=F9=20 il tient un r=F4le important aux c=F4t=E9s de Peter O'Toole, de = Romy Schneider=20 et de Peter Sellers.

Manhattan
Auteur = de sketches=20 comiques pour la t=E9l=E9vision, Isaac Davis (Woody Allen) vit une = relation=20 amoureuse avec Tracy, une lyc=E9enne de dix-sept ans (Mariel = Hemingway,=20 ci-dessus =E0 gauche). M=EAme si Tracy d=E9clare vouloir vivre =E0 = ses c=F4t=E9s,=20 Ike/Isaac, mal =E0 l'aise en raison de ses quarante-deux ans, ne = cesse de=20 mettre en garde la jeune fille contre le caract=E8re impossible de = leur=20 relation. Tel est le point de d=E9part de Manhattan, chronique = intimiste=20 moderne et satirique qui frappe par sa puissante unit=E9 = narrative, visuelle=20 et sonore. Woody Allen y parfait son personnage d'intellectuel = n=E9vros=E9 et=20 cin=E9phile, au caract=E8re autobiographique prononc=E9, dont le = burlesque est =E0=20 rapprocher de celui de Buster Keaton ou de = Jerry Lewis.

Il proc=E8de ensuite =E0 un d=E9tournement du film Kizino kizi = de Senchiki=20 Taniguchi, cin=E9aste de Hong-Kong, en y ajoutant un commentaire = tr=E8s=20 personnel et en filmant quelques sc=E8nes additionnelles, puis = rebaptise le=20 film Lyly la tigresse (What's Up, Tiger Lily ?, 1966). Il = travaille=20 parall=E8lement sur Casino Royale (1967) de John Huston, Val = Guest, Ken=20 Hughes, Robert Parrish et Joseph McGrath, dans lequel il incarne = le neveu=20 de James Bond. Pour le th=E9=E2tre, il =E9crit Une aspirine pour = deux (Play it=20 Again Sam, 1969), port=E9 =E0 l'=E9cran par Herbert Ross sous le = titre de Tombe=20 les filles et tais toi (Play it Again Sam, 1972), et Nuits de = Chine (Don't=20 Drink the Water, 1972), tourn=E9 par Howard Morris avec Jackie = Gleason dans=20 le r=F4le principal.

UNE OEUVRE = AUTOBIOGRAPHIQUE,=20 ABSURDE ET GRAVE

Woody Allen interpr=E8te, =E9crit et r=E9alise son premier = film, Prends=20 l'oseille et tire-toi (Take The Money and Run, 1969), dans lequel = il joue=20 autant de l'absurde que du burlesque et de la parodie, puis = r=E9cidive avec=20 Bananas (1971), Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le = sexe=20 sans oser le demander (Everything You always Wanted to Know about = Sex but=20 Were Afraid to Ask, 1972) et Woody et les Robots (Sleeper, 1973). = =C0 partir=20 de 1975, il aborde des th=E8mes =E0 la fois s=E9rieux et comiques = dans Guerre et=20 Amour (Love and Death, 1975), et surtout Annie Hall (1977), qui = affirme sa=20 volont=E9 de construire une oeuvre en partie autobiographique o=F9 = il alterne=20 humour juif et =E9motion avec des personnages citadins, = n=E9vros=E9s et=20 dissertant de fa=E7on burlesque ou d=E9lirante sur l'amour, le = sexe et la=20 mort. Le film r=E9colte les oscars du meilleur film, du meilleur=20 r=E9alisateur, du meilleur sc=E9nario et de la meilleure actrice, = Diane=20 Keaton, qui devient l=92une des partenaires privil=E9gi=E9es de=20 l'auteur-acteur-r=E9alisateur.

DES TH=C8MES = R=C9CURRENTS : NEW YORK,=20 LA CR=C9ATION ARTISTIQUE, FICTION ET R=C9ALIT=C9

Woody Allen signe ensuite un drame o=F9 il n'appara=EEt pas = lui-m=EAme comme=20 acteur, Int=E9rieurs (Interiors, 1978), oeuvre influenc=E9e par le = style du=20 r=E9alisateur su=E9dois Ingmar Bergman, mais revient =E0 la = com=E9die de moeurs=20 avec Manhattan (1979), o=F9 il dresse un portrait personnel de New = York, sa=20 ville f=E9tiche, et trouve une =E9criture d'images et de sons qui = lui est tout=20 =E0 fait propre. Il r=E9alise alors Stardust Memories (1980), = r=E9flexion=20 existentielle sur la cr=E9ation, Com=E9die =E9rotique d'une nuit = d'=E9t=E9 (A=20 Midsummer Night's Sex Comedy, 1982), nouvel hommage d'une douce = ironie aux=20 oeuvres d=92Ingmar Bergman dans = lequel il=20 dirige Mia Farrow pour la premi=E8re fois, Zelig (1983), film = d'avant-garde=20 comique et Broadway Dany Rose (1984), p=E9tillante parodie = polici=E8re dans=20 les milieux du spectacle et de la mafia. Il r=E9alise ensuite, = sans y =EAtre=20 acteur, la Rose pourpre du Caire (The Purple Rose of Cairo, 1985), = m=E9lodrame qui analyse les rapports de la fiction et de la = r=E9alit=E9, avec un=20 sens de la fluidit=E9 remarquable.

Il alterne alors com=E9dies percutantes et films graves, = affirme un style=20 cin=E9matographique encore plus formel et tourne Hannah et ses = soeurs=20 (Hannah and Her Sisters, 1986), Radio Days (1987), September = (1987), Une=20 autre femme (Another Woman, 1988), Oepidus Wrecks dans New York = Stories=20 (1989), Crimes et d=E9lits (Crimes and Misdemeanors, 1989), Alice = (1990),=20 Ombres et brouillards (Shadows and Fog, 1991), Maris et femmes = (Husbands=20 and Wives, 1992), Meurtre myst=E9rieux =E0 Manhattan (Manhattan = Murder=20 Mystery, 1993), Coup de feu sur Broadway (Bullets over Broadway, = 1994),=20 Don't Drink the Water, film de t=E9l=E9vision r=E9alis=E9 en 1995, = Maudite=20 Aphrodite (Mighty Aphrodite, 1995), Tout le monde dit I Love You = (Everyone=20 Says I Love You, 1996), Harry dans tous ses =E9tats = (Deconstructing Harry,=20 1997) et Celebrity (1998).

UNE ACTIVIT=C9 = ARTISTIQUE MULTIPLE ET=20 DIVERSIFI=C9E

Woody Allen appara=EEt en outre comme simple acteur dans le = Pr=EAte Nom=20 (The Front, 1976) de Martin Ritt et dans Sc=E8nes de m=E9nage dans = un centre=20 commercial (Scenes from A Mall, 1991) de Paul Mazursky. Il pr=EAte = sa voix=20 pour le film d'animation Fourmiz (1998) de Damell et Johnson. Il = est=20 encore l'auteur de pi=E8ces de th=E9=E2tre =97 Death Knocks, = Death, God, The Query=20 et The Floating Lightbulb =97 et d=92essais : Pour en finir avec = la culture=20 (Getting Even, 1971), Dieu, Shakespeare et moi (Without Feathers, = 1976) et=20 Side Effects (1981).

Les principaux films de Woody = Allen

1969 Prends=20 l'oseille et tire-toi Take = the Money=20 and Run
1971 Bananas Bananas
1972 Tout = ce que=20 vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser = le=20 demander Everything You=20 Wanted to Know About Sex but Were Afraid to = Ask
1973 Woody = et les=20 Robots Sleeper
1975 Guerre et=20 Amour Love = and=20 Death
1977 Annie = Hall Annie = Hall
1978 Int=E9rieurs Interiors
1979 Manhattan Manhattan
1980 Stardust=20 Memories Stardust=20 Memories
1982 Com=E9die=20 =E9rotique d'une nuit d'=E9t=E9 A = Midsummer=20 Night's Sex Comedy
1983 Zelig Zelig
1984 Broadway Danny=20 Rose Broadway Danny=20 Rose
1985 La = Rose pourpre=20 du Caire The = Purple Rose=20 of Cairo
1986 Hannah et ses=20 soeurs Hannah and Her=20 Sisters
1987 Radio = Days Radio = Days
1987 September September
1988 Une = autre=20 femme Another=20 Woman
1989 Crimes et=20 D=E9lits Crimes and=20 Misdemeanors
1990 Alice Alice
1991 Ombres et=20 Brouillard Shadows and=20 Fog
1992 Maris = et=20 Femmes Husbands and=20 Wives
1993 Meurtre=20 myst=E9rieux =E0 Manhattan Manhattan=20 Murder Mystery
1994 Coups = de feu=20 sur Broadway Bullets Over=20 Broadway
1995 Maudite=20 Aphrodite Mighty=20 Aphrodite
1996 Tout = le monde=20 dit I love You Everyone Says I=20 Love You
1997 Harry = dans tous=20 ses =E9tats Deconstructing=20 Harry
1998 Celebrity Celebrity
1999 Accords et=20 d=E9saccords Sweet = Lowdown

Allio, Ren=E9

Ren=E9 = Allio
(1924-1995)
Cin=E9aste=20 fran=E7ais

Il r=E9alisa la Vieille Dame indigne = en 1965. N=E9=20 =E0 Marseille, Ren=E9 Allio d=E9buta comme peintre, d=E9corateur = et sc=E9nographe=20 (notamment au Th=E9=E2tre de la Cit=E9 =E0 Villeurbanne, =E0 = partir de 1957). Apr=E8s=20 un essai d=92animation et un court-m=E9trage (la Meule, 1963), il = aborda le=20 long-m=E9trage en 1965 avec la Vieille Dame indigne, adapt=E9 = d=92une nouvelle=20 de Bertolt Brecht, dont l=92oeuvre th=E9=E2trale l=92avait = beaucoup impressionn=E9.=20 =C0 l=92=E9cart des modes et des courants, il poursuivit = jusqu=92=E0 sa mort une=20 oeuvre exigeante, issue d=92un conflit int=E9rieur entre une vive = sensibilit=E9,=20 qui l=92a pouss=E9 =E0 s=92int=E9resser en priorit=E9 aux gens du = peuple, et un d=E9sir=20 de th=E9orie, qui l=92a conduit =E0 sans cesse se remettre en = cause. Son premier=20 film se passait =E0 Marseille, sa ville natale, o=F9 il est = constamment revenu=20 (Pierre et Paul, 1969; Retour =E0 Marseille, 1980; l=92Heure = exquise, 1981,=20 essai autobiographique; Transit, 1991; Marseille ou la vieille = ville=20 indigne, t=E9l=E9film, 1994) et o=F9 il a fond=E9 le Centre = m=E9diterran=E9en de=20 cr=E9ation cin=E9matographique (1980-1984). C=92est encore l=E0 = qu=92il r=E9alisa en=20 1984 le Matelot 512, avec Dominique Sanda. En 1972, les Camisards=20 inauguraient un autre courant de son oeuvre, vou=E9 aux paysans = dans=20 l=92histoire, marqu=E9 par Moi, Pierre Rivi=E8re, ayant =E9gorg=E9 = ma m=E8re, ma soeur=20 et mon fr=E8re... (1976) et par Un m=E9decin des Lumi=E8res = (t=E9l=E9film, 1988). Il=20 a laiss=E9 =E9galement deux portraits de femme, attachants et = subtils : l=92Une=20 et l=92Autre (avec Marka Ribowska, 1967) et Rude journ=E9e pour la = reine (avec=20 Simone Signoret, 1973).

Allio, La Vieille Dame=20 indigne
=C0 la mort de son mari, Berthe (Sylvie, ci-contre) = embrasse=20 une libert=E9 nouvelle et go=FBte des plaisirs qu'une existence = vou=E9e au=20 service des autres ne lui avait pas permis de conna=EEtre. Au = grand dam de=20 ses petits-enfants, elle acquiert une 2 CV d'occasion et part en = vacances=20 avec ses nouveaux amis. Adapt=E9e d'une nouvelle de Bertold = Brecht, la=20 Vieille Dame indigne de Ren=E9 Allio t=E9moigne une sympathie = sinc=E8re pour la=20 vie des d=E9munis en m=EAme temps qu'une interrogation des = dysfonctionnements=20 de notre soci=E9t=E9.

Almendros, Nestor

Nestor = Almendros
(1930-1992)
Chef=20 op=E9rateur et r=E9alisateur espagnol

N=E9 =E0 Barcelone, Nestor = Almendros d=E9couvre=20 le cin=E9ma durant son adolescence. En 1948, il part rejoindre son = p=E8re =E0=20 Cuba o=F9 il ach=E8ve ses =E9tudes de lettres et cor=E9alise un = film avec Thomas=20 Guti=E9rrez Alea, Una confusi=F3n cotidiana (1949). Il d=E9cide de = devenir=20 cin=E9aste, =E9tudie le septi=E8me art avec Hans Richter =E0 New = York, puis=20 retourne en Europe pour suivre des cours au Centro Sperimentale de = Rome.

De retour =E0 Cuba au moment de la victoire de Castro, il = tourne des=20 documentaires, mais son Gente en la Playa (1961) est interdit par = les=20 autorit=E9s cubaines. Il s'exile alors en France, o=F9 il fait la = connaissance=20 d=92=C9ric Rohmer, qui = l=92engage comme=20 chef op=E9rateur pour les courts m=E9trages Nadja =E0 Paris (1964) = et Une=20 =E9tudiante d'aujourd'hui (1966), ainsi que pour le sketch Place = de l'=C9toile=20 du film collectif "Paris vu par" (1965). Dans le m=EAme film, = Almendros=20 signe =E9galement la photographie du sketch de Jean Douchet,=20 Saint-Germain-des-Pr=E9s.

Apr=E8s avoir d=E9but=E9 dans le long m=E9trage avec la = Collectionneuse (1966),=20 premier succ=E8s public de Rohmer, il part pour = les=20 =C9tats-Unis o=F9 il travaille avec Roger Corman et signe = la photo de=20 The Wild Racers (1967) de Daniel Haller.

De retour en France, il retrouve =C9ric Rohmer pour Ma = nuit chez=20 Maud (1969). Par la suite, il collaborera =E0 nouveau avec ce = r=E9alisateur=20 pour le Genou de Claire (1970), l'Amour l'apr=E8s-midi (1972), la = Marquise=20 d'O (1976), Perceval le Gallois (1979) et Pauline =E0 la plage = (1982).

Ses images limpides et lumineuses lui valent entre-temps une = excellente=20 r=E9putation. Barbet Schroeder lui confie l'image de More (1969), = puis Fran=E7ois Truffaut = l'engage pour=20 des films aussi prestigieux que l'Enfant sauvage (1969), Domicile = conjugal=20 (1970), les Deux Anglaises et le Continent (1971), l'Histoire = d'Ad=E8le H=20 (1975), l'Homme qui aimait les femmes (1977), la Chambre verte = (1978),=20 l'Amour en fuite (1979), le Dernier M=E9tro (1980) et Vivement = dimanche!=20 (1983).

Parall=E8lement, il travaille =E0 Hollywood sur les Moissons du = ciel (Days=20 of Heaven, 1978) de Terence Malick, qui lui vaut un oscar, Kramer = contre=20 Kramer (Kramer vs. Kramer, 1979), les Saisons du coeur (Places in = the=20 Heart, 1984) et Billy Bathgate (1991) de Robert Benton, le Choix = de Sophie=20 (Sophie's Choice, 1982) d=92Alan Pakula et la Br=FBlure = (Hearthburn, 1985) de=20 Mike Nichols.

Il r=E9alise =E9galement deux documentaires critiques sur le = r=E9gime=20 castriste Mauvaise Conduite (Conducta impropria, 1984) et Personne = ne=20 voulait entendre (Nadie escucha, 1988).

Nestor Almendros a publi=E9 un livre remarquable sur son = m=E9tier, Un homme=20 =E0 la cam=E9ra (1980), et Martin Scorsese a = pr=E9fac=E9 une=20 =E9dition posthume de ses =E9crits, intitul=E9e Cin=E9mania = (1992).

Almod=F3var,=20 Pedro

Pedro = Almod=F3var
(1949-=20 )
R=E9alisateur espagnol

N=E9 =E0 Calzada de Calatrava, dans la = province de=20 Ciudad Real, Pedro Almod=F3var est issu d=92une famille modeste et = re=E7oit une=20 =E9ducation tr=E8s marqu=E9e par la religion. Passionn=E9 de = cin=E9ma, il monte =E0=20 Madrid =E0 l=92=E2ge de dix-sept ans dans l=92intention = d=92int=E9grer l=92=E9cole de=20 cin=E9ma, mais celle-ci ferme ses portes =E0 la m=EAme =E9poque = et, pour subvenir=20 =E0 ses besoins, Pedro Almod=F3var doit entrer =E0 la Telefonica, = compagnie=20 nationale du t=E9l=E9phone o=F9 il restera pendant douze ans. Cet = emploi lui=20 permet d=92acheter une cam=E9ra et de r=E9aliser plusieurs courts = m=E9trages qui,=20 pr=E9sent=E9s de 1972 =E0 1978 dans le circuit de l=92underground, = s=E9duisent le=20 milieu de la movida madril=E8ne.

Prolifique, talentueux et plein d=92=E9nergie, Pedro = Almod=F3var devient=20 rapidement une figure incontournable de la movida avec ses = courts-m=E9trages=20 mais aussi avec des sc=E9narios de bandes dessin=E9es et de = romans-photo, des=20 nouvelles, du th=E9=E2tre et son groupe de punk-rock : Almod=F3var = y McNamara.=20 En 1980, il sort son deuxi=E8me long m=E9trage Pepi, Luci, Bom et = autres=20 filles du quartier (Pepi, Luci, Bom y otras chicas del monton) = r=E9alis=E9 =E0=20 partir d=92un sc=E9nario de roman-photo, avec des moyens de = fortune et le=20 soutien de la com=E9dienne Carmen Maura. Dans ce film figurent = d=E9ja les=20 pr=E9mices de son oeuvre futur, tant sur le plan th=E9matique avec = les=20 complexes d=E9m=EAl=E9s sentimentaux et sexuels d=92une galerie de = personnages=20 plus ou moins marginaux, que sur le plan stylistique avec un = regard=20 r=E9solument contemporain, des appels constants =E0 la culture = populaire=20 (bandes dessin=E9e, presse =E0 scandale, roman de gare, = roman-photo) et une=20 =E9tonnante libert=E9 de ton.

Almod=F3var, Femmes au = bord de la crise=20 de nerfs
D=E9cors aux couleurs acidul=E9es, sexualit=E9s = d=E9brid=E9es,=20 consommation h=E9doniste de drogues, bande sonore aux couleurs du = temps et=20 troupe d'acteurs f=E9tiches (Carmen Maura ou Antonio Banderas) = dont le jeu=20 oscille entre la com=E9die et le m=E9lodrame, autant de traits qui = distinguent=20 la filmographie prolifique du chef de file du cin=E9ma espagnol, = Pedro=20 Almod=F3var. S'il go=FBte moins le sens de la provocation =E0 quoi = l'on a voulu=20 bien le r=E9duire parfois, le cin=E9ma d'Almod=F3var a gagn=E9 en = densit=E9=20 romanesque (En chair et en os, 1997).

Sous des dehors kitsch et d=E9cadents, le talent = d=92Almod=F3var se r=E9v=E8le=20 d=E8s ses premiers films celui d=92un moraliste et d=92un fin = critique des=20 pr=E9jug=E9s et des id=E9es re=E7ues. En maniant avec bonheur = l=92=E9motion, l'humour=20 et la sympathie, il invite le spectateur =E0 regarder l=92autre, = quelle que=20 soit sa diff=E9rence, avec ouverture et compassion. Cette = pr=E9occupation est=20 au coeur du Labyrinthe des passions (Laberinto de Pasiones, 1982), = de Dans=20 les t=E9n=E8bres, de Qu'est-ce-que j'ai fait pour m=E9riter =E7a ? = (Que he hecho=20 yo para merecer esto ?, 1984), portrait =E9tonnant, dans le milieu = ouvrier,=20 d'une m=E8re opprim=E9e mais invincible, incarn=E9e par Carmen = Maura. Apr=E8s=20 Matador (1985) et la Loi du d=E9sir (la Ley del deseo, 1986) dont = le=20 personnage principal, un r=E9alisateur de film underground, est = peut-=EAtre un=20 autoportrait, Almod=F3var r=E9alise Femmes au bord de la crise de = nerfs=20 (Mujeres al borde de un ataque de nervios, 1988), une superbe = com=E9die au=20 style visuel sophistiqu=E9, qui remporte un tr=E8s grand succ=E8s = international.=20 Le r=E9alisateur r=E9v=E8le dans ce film toute l'euphorie d'un = pays d=E9livr=E9 du=20 joug franquiste, jouissant d'une libert=E9 nouvelle et d'un bel = essor=20 =E9conomique.

Dans les ann=E9es quatre-vingt-dix, son style se fait plus = rigoureux,=20 moins syst=E9matiquement kitsch et d=E9lirant, Attache-moi! = (Atame!, 1989),=20 avec Victoria Abril et Antonio Banderas, et Talons aiguilles = (Tacones=20 lejanos, 1991) avec Marisa Paredes sont des oeuvres plus profondes = et=20 =E9pur=E9es que par le pass=E9, m=EAme si elle conservent la = marque tr=E8s=20 personnelle du r=E9alisateur, son go=FBt des marginaux, de la = culture=20 populaire et des couleurs vives. Apr=E8s Kika (1993), la Fleur de = mon secret=20 (la Flor de mi secreto, 1996) et En chair et en os (Carne tremula, = 1997),=20 Pedro Almod=F3var a remport=E9 un nouveau grand succ=E8s, =E0 la = fois public et=20 critique, avec Tout sur ma m=E8re (Todo sobre mi madre, 1998), = interpr=E9t=E9=20 par Cecilia Roth et Marisa Paredes, un =E9blouissant m=E9lodrame = qui confirme=20 son rang dans la lign=E9e des tr=E8s grands metteurs en sc=E8ne = europ=E9ens.

Altman, Robert

Robert Altman
(1925- = )
R=E9alisateur,=20 producteur et sc=E9nariste am=E9ricain

Les films de Robert Altman sont = d'une grande=20 invention formelle ont marqu=E9 le cin=E9ma am=E9ricain des = ann=E9es 1970. N=E9 =E0=20 Kansas City (Missouri), il a commenc=E9 par =E9crire des = sc=E9narios, des pi=E8ces=20 radiophoniques et des articles de journaux. Il devint par la suite = r=E9alisateur de films industriels et tourna son premier film =E0 = Hollywood en=20 1957. =C0 la fin des ann=E9es 1950, il r=E9alisa des feuilletons = pour la=20 t=E9l=E9vision. Ses premiers films sont des =E9checs commerciaux; = le succ=E8s ne=20 vient qu'en 1970 avec M*A*S*H. Son style audacieux (dialogues = souvent=20 improvis=E9s, mouvements de cam=E9ra et montage rappelant le style = documentaire) et son attitude irr=E9v=E9rentieuse envers le = cin=E9ma et=20 Hollywood devinrent rapidement l=E9gendaires.

Apr=E8s M*A*S*H, Altman r=E9alisa en dix ans une quinzaine de = films d'une=20 audace constante et qui furent relativement bien re=E7us, parmi = lesquels=20 John Mc Cabe (McCabe and Mrs. Miller, 1971), Images (1972), le = Priv=E9 (The=20 Long Goodbye, 1973), Nous sommes tous des voleurs (Thieves Like = Us, 1974),=20 California Split (1974) et Nashville (1975). Apr=E8s ce dernier = film, il=20 perdit peu =E0 peu les faveurs du public comme des critiques. = Buffalo Bill=20 et les Indiens (Buffalo Bill and the Indians, or Sitting Bull's = History=20 Lesson, 1976), Un mariage (A Wedding, 1978) et Quintet (1979) = furent assez=20 mal accueillis.

Altman quitta Hollywood, apr=E8s avoir r=E9alis=E9 Popeye = (1980), film qui ne=20 fut pas =E0 la hauteur de ce qu'on attendait. Il se tourna vers le = th=E9=E2tre,=20 filmant parfois ses mises en sc=E8nes comme Reviens, Jimmy Dean, = reviens=20 (Come Back to the Five and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean (1982). Il = s'installa en Europe et poursuivit son activit=E9 dans de = multiples=20 directions - th=E9=E2tre, op=E9ra, vid=E9o, cin=E9ma, etc. Il = tourna ainsi =E0 cette=20 =E9poque Laundromat (1983), Streamers (1983) et Secret Honor = (1984), et=20 r=E9alisa pour la t=E9l=E9vision Vincent et Th=E9o (Vincent and = Theo) en 1990. Les=20 longs m=E9trages qu'il tourna =E0 cette p=E9riode - Beyond Therapy = (1987), Fool=20 for Love (1985) -, tr=E8s fid=E8les =E0 son style, pass=E8rent = inaper=E7us jusqu'=E0=20 The Player en 1992, qui fut un triomphe. Le succ=E8s de cette = satire am=E8re=20 sur Hollywood lui permit de tourner Short Cuts (1993) =E0 partir = de=20 nouvelles de Raymond Carver puis Pr=EAt-=E0-porter (1994). Short = Cuts propose=20 les trajectoires crois=E9es de diff=E9rents personnages au = comportement=20 caricatural, tandis que Pr=EAt-=E0-porter, r=E9flexion sur la = vanit=E9, brosse un=20 portrait d'une humanit=E9 vari=E9e et toute en contraste.

Altman obtint quatre fois l'oscar du meilleur r=E9alisateur = pour M*A*S*H,=20 Nashville, The Player, et Short Cuts.

Anderson, Lindsay

Lindsay = Anderson
(1923-1994)
R=E9alisateur=20 britannique pour le cin=E9ma, le th=E9=E2tre et la t=E9l=E9vision, = =E0 qui l'on doit=20 le film "If"

Anderson est sans doute le plus = grand=20 cin=E9aste britannique de l'apr=E8s-guerre. N=E9 =E0 Bangalore = (Inde) et fils d'un=20 officier de l'arm=E9e britannique, il rejeta violemment = l'=E9ducation=20 traditionnelle de la haute soci=E9t=E9 qu'il re=E7ut =E0 l'=E9cole = priv=E9e et au=20 Wadham College de l'universit=E9 d'Oxford, et d=E9non=E7a la = suffisance de la=20 bourgeoisie britannique. Ses longs-m=E9trages sont de v=E9ritables = all=E9gories=20 de la soci=E9t=E9 britannique, de son obsession des classes = sociales et son=20 d=E9ni de tout sentiment. le Prix d'un homme (This Sporting Life, = 1963),=20 If... (1968), le Meilleur des Mondes possibles (O Lucky Man!, = 1973) et=20 Britannia Hospital (1982) peignent de mani=E8re incisive une = soci=E9t=E9=20 attach=E9e =E0 son int=E9r=EAt personnel et m=E9prisante des = classes inf=E9rieures. =C0=20 l'instar de George Orwell, autre enfant du sous-continent indien = qui=20 s'=E9leva contre l'hypocrisie de la soci=E9t=E9 britannique, = Anderson fut un=20 partisan actif de la gauche politique =E0 laquelle il = s'associa.

If

Lindsay Anderson a remport=E9 la palme d'or en 1969 avec son = film-br=FBlot,=20 If, succ=E8s commercial dans le monde et scandale au Royaume Uni. = =C9crit avec=20 les =E9v=E9nements de Mai 68, ce tableau de l'aust=E8re syst=E8me = =E9ducatif d'une=20 public school, gentiment bouscul=E9 par trois de ses =E9l=E8ves = (ci-dessus=20 Malcom McDowell), finit par basculer dans la violence et la = r=E9volte=20 active.

Anderson travailla pour le th=E9=E2tre en =E9troite = collaboration avec David=20 Storey dont il adapta le roman le Prix d'un homme, pour son = premier=20 long-m=E9trage. Ce film, qui raconte l'histoire d'un mineur devenu = joueur de=20 rugby, fut tr=E8s controvers=E9, mais consacra le talent de = l'acteur anglais=20 Richard Harris. Toutefois, comme ce fut le cas de la plupart de = ses=20 longs-m=E9trages =E0 l'exception de If..., il ne rencontra pas de = succ=E8s=20 aupr=E8s du public. S'ils sont profond=E9ment britanniques, les = films=20 d'Anderson sont =E9galement marqu=E9s par l'influence = d'=E9crivains fran=E7ais=20 comme Voltaire et Louis-Ferdinand C=E9line. Anderson =E9tait = attir=E9 au cin=E9ma=20 par l'imaginaire po=E9tique de John Ford et les = documentaires du=20 r=E9alisateur britannique Humphrey Jennings. Ces premiers essais = dans ce=20 genre, Thursday's Children (1953, avec Guy Brenton), film=E9 dans = une =E9cole=20 pour enfants sourds, et Every Day Except Christmas (1957), dont = l'action=20 se situe sur le march=E9 de Covent Garden, m=EAlent ces = influences, tandis que=20 About John Ford (1981) et = les Baleines=20 du mois d'ao=FBt (The Whales of August, 1987) sont un hommage =E0 = ses p=E8res du=20 cin=E9ma.

Les observations d'Anderson sur la Grande-Bretagne, notamment = dans son=20 documentaire O Dreamland (1953) et dans ses longs-m=E9trages, = provoquent=20 parfois un sentiment de malaise. La violence de la r=E9volte = contre le=20 patriotisme et le snobisme de l'establishment, exprim=E9e dans = If...,=20 tranche avec la gentille r=E9bellion de Z=E9ro de conduite (1933), = de Jean Vigo. Quant =E0 O Lucky Man!, sans = doute son=20 chef-d'oeuvre, et Britannia Hospital, ils font le proc=E8s incisif = d'une=20 nation c=E9l=E9brant ses propres fun=E9railles.

Angelopoulos, Theo

Theo Angelopoulos
(1935- = )
R=E9alisateur et=20 sc=E9nariste grec

N=E9 =E0 Ath=E8nes, Theo = Angelopoulos fait=20 des =E9tudes de droit, puis suit, en 1962, les cours de l'Institut = des=20 hautes =E9tudes cin=E9matographiques (Idhec, remplac=E9 = aujourd=92hui par la=20 Femis) =E0 Paris. De 1964 =E0 1967, il est critique de cin=E9ma au = quotidien=20 grec Allagi. Parfois acteur ou directeur de production sur des = films, il=20 commence un long m=E9trage qui reste inachev=E9, Formix Story = (1965), puis=20 tourne un court m=E9trage, l'=C9mission (I ekpombi, 1968).

Auteur de onze longs-m=E9trages de 1970 =E0 1998, le cin=E9aste = grec Th=E9odore=20 Angelopoulos est probablement l=92une des figures les plus = =ABeurop=E9ennes=BB du=20 cin=E9ma contemporain. Loin des productions commerciales = m=E9diocres et=20 interchangeables, toute son oeuvre porte la marque d=92un = =ABauteur=BB, tant sur=20 le plan esth=E9tique que th=E9matique. =C0 la fois sc=E9nariste et = r=E9alisateur,=20 Angelopoulos a su, en effet, s=92entourer de collaborateurs = fid=E8les, en=20 particulier le sc=E9nariste italien Tonino Guerra, le directeur de = la=20 photographie Georges Arvanitis, le d=E9corateur Mikes = Karapip=E9ris et la=20 musicienne El=E9ni Kara=EFndrou. Le caract=E8re europ=E9en de son = oeuvre est=20 encore accentu=E9 par la pr=E9sence, dans ses films, aux c=F4t=E9s = de grands=20 com=E9diens grecs pour la plupart venus du th=E9=E2tre, = d=92acteurs originaires de=20 tout le continent, comme Marcello Mastroianni, Julio Brogi, Jeanne = Moreau,=20 Ma=EFa Morgenstern, Gregory Karr, Erland Josephson, Harvey Keitel = ou Bruno=20 Ganz.

Son premier long m=E9trage achev=E9, Reconstitution = (Anaparastassi, 1970),=20 est prim=E9 dans plusieurs festivals, de m=EAme que Jours de 36 = (Imerestou 36,=20 1972). Mais c'est avec le Voyage des com=E9diens (O thiassos, = 1975) qu'il=20 est consacr=E9 comme l'un des r=E9alisateurs importants de sa = g=E9n=E9ration.

La rigueur et l'originalit=E9 de son style, ainsi que ses = exigences=20 id=E9ologiques (tout comme sa volont=E9 d'interroger la m=E9moire = politique et=20 humaine sans verser dans un discours naturaliste ou dogmatique), = se=20 retrouvent enti=E8rement dans les Chasseurs (I kynighi, 1977), = Alexandre le=20 Grand (Omegalexandros, 1981) et le Voyage =E0 Cyth=E8re (Taxidi = sta Kythira,=20 1984), =E9crit par Tonino Guerra, qui devient alors le = sc=E9nariste de tous=20 ses films.

Avec l'Apiculteur (O melissokomos, 1986), interpr=E9t=E9 par = Marcello=20 Mastroianni, il adopte un ton plus intimiste que l=92on retrouve = dans=20 Paysage dans le brouillard (Topio stin omichli, 1988) et le Pas = suspendu=20 de la cigogne (To meteoro vima tou pelargou, 1991), o=F9 il = r=E9unit Jeanne=20 Moreau et Marcello Mastroianni.

En 1996, sa fresque sur l'ex-Yougoslavie, le Regard d'Ulysse = (To vlemma=20 tou Odyssea), est une magnifique synth=E8se de tous ses travaux = pr=E9c=E9dents.=20 Angelopoulos a re=E7u la palme d'or du festival de Cannes pour = l'=C9ternit=E9 et=20 un jour (Mia Coniotita ke mia mera, 1998), interpr=E9t=E9 par = Bruno Ganz.

Un cin=E9ma =E9pique

Mais c=92est plus encore la dimension politique de son cin=E9ma = qui fait de=20 Th=E9o Angelopoulos l=92une des grandes figures de la conscience = europ=E9enne.=20 Des dictatures, occupations ou guerres civiles, subies par le = peuple grec=20 depuis le d=E9but du si=E8cle, jusqu=92aux conflits actuels dans = les Balkans,=20 Angelopoulos a fait de l=92histoire collective la mati=E8re m=EAme = de son=20 oeuvre. Avec Le Voyage des com=E9diens, en 1975, la structure = narrative du=20 film elle-m=EAme va =E9pouser la temporalit=E9 chaotique de la = m=E9moire : au sein=20 d=92un m=EAme plan, le pr=E9sent soudain s=92effondre et le = r=E9cit bascule dans le=20 pass=E9. Ces audaces formelles comme l=92exigence morale d=92un = cin=E9ma engag=E9=20 dans les affaires de la cit=E9 expliquent sans doute pourquoi, = bien que=20 reconnue depuis longtemps par la critique internationale (avant la = palme=20 d=92or, d=E9cern=E9e =E0 L=92=C9ternit=E9 et un jour en 1998, sept = de ses films ont re=E7u=20 un prix dans les festivals de Cannes, de Venise ou de Berlin), = l=92oeuvre=20 d=92Angelopoulos passe encore pour =EAtre d=92un acc=E8s = difficile.

Optant pour un cin=E9ma =E9pique (au sens o=F9 Brecht parle de = =ABth=E9=E2tre=20 =E9pique=BB), il s=92=E9carte, d=E8s ses premiers films, de = l=92approche=20 =ABpsychologisante=BB et individualiste commun=E9ment admise, pour = mettre en=20 sc=E8ne non des individus, mais des groupes socialement = d=E9termin=E9s, dans le=20 cadre d=92une Gr=E8ce rurale peu =E0 peu vid=E9e de sa population = (La=20 Reconstitution, 1970). Sensible =E0 l=92oppression =E9conomique, = Angelopoulos ne=20 l=92est pas moins =E0 la r=E9pression politique qui s=92abat sur = les opposants aux=20 r=E9gimes autoritaires successifs qu=92a connus la Gr=E8ce, de la = dictature du=20 g=E9n=E9ral M=E9taxas en 1936 (Jours de 36, 1972) =E0 celle du = mar=E9chal Papagos en=20 1952, en passant par l=92occupation allemande de 1939, puis = britannique et=20 am=E9ricaine =E0 la =ABLib=E9ration=BB (treize ann=E9es mises en = sc=E8ne dans Le Voyage=20 des com=E9diens). Or, les vainqueurs successifs se sont acharn=E9s = =E0 =E9radiquer=20 toute trace des r=E9bellions ant=E9rieures =E0 leur acc=E8s au = pouvoir. C=92est=20 pourquoi la figure du =ABrevenant=BB va venir incarner, dans Les = Chasseurs=20 (1977) ou dans Voyage =E0 Cyth=E8re (1984), le =ABretour du = refoul=E9=BB=20 r=E9volutionnaire, expuls=E9 de la m=E9moire collective par la = bourgeoisie=20 triomphante. Alexandre le Grand (1980) constitue, sur le mode de = la fable,=20 l=92ultime r=E9flexion d=92Angelopoulos sur l=92avortement des = r=EAves=20 r=E9volutionnaires auxquels les divers r=E9gimes socialistes ont = substitu=E9 le=20 culte des =ABpetits p=E8res des peuples=BB.

Le voyage comme exp=E9rience = int=E9rieure

Avec L=92Apiculteur (1986) et Paysage dans le brouillard = (1988), une=20 rupture s=92esquisse, sensible dans l=92infl=E9chissement donn=E9 = au motif du=20 voyage, qui structure tous les films d=92Angelopoulos. Le Voyage = des=20 com=E9diens mettait en sc=E8ne une troupe d=92acteurs ambulants, = dont les=20 d=E9placements =E0 travers la Gr=E8ce donnaient surtout l=92image = d=92un=20 pi=E9tinement, tant l=92Histoire semblait se r=E9p=E9ter. Pour le = vieil homme de=20 L=92Apiculteur ou les enfants de Paysage dans le brouillard, = perdus dans une=20 Gr=E8ce amn=E9sique et silencieuse, le voyage devient un = itin=E9raire=20 initiatique. Dans Le Regard d=92Ulysse (1995) ou L=92=C9ternit=E9 = et un jour=20 (1998), o=F9 la qu=EAte du pass=E9 constitue un motif majeur, le = mouvement=20 s=92av=E8re essentiellement r=E9gressif. Si le d=E9placement = s=92impose aux=20 personnages c=92est qu=92ils sont comme =E9trangers au monde qui = les entoure en=20 attente d=92un improbable ailleurs, comme les r=E9fugi=E9s du Pas = suspendu de la=20 cigogne (1991). Parvenu au terme de sa vie, le h=E9ros de L = =92=C9ternit=E9 et un=20 jour (dernier volet de la trilogie inspir=E9e par L =92Exil et le = Royaume=20 d=92Albert Camus), Alexandre le po=E8te, qui n=92a eu d=92autre = royaume que les=20 mots, comprend que cette qu=EAte de la Terre Promise a fait de lui = un=20 exil=E9.

La dimension plus existentielle que politique de cet exil = =E9voquerait=20 l=92univers d=92Antonioni si elle = n=92=E9tait, plus=20 encore, emprunt=E9e =E0 l=92Odyss=E9e comme =E0 la tradition = chr=E9tienne du mystique=20 errant. Profond=E9ment enracin=E9e dans la civilisation grecque = (et par l=E0=20 m=EAme europ=E9enne), l=92oeuvre d=92Angelopoulos superpose les = strates de la=20 culture antique - de la trag=E9die des Atrides =E0 l=92=E9pop=E9e = d=92Alexandre - et=20 celles du christianisme byzantin. Les questions en d=E9bat dans la = Querelle=20 des Images (725-843) semblent, par exemple, au coeur des = interrogations du=20 cin=E9aste. La d=E9fiance que marquent ses premiers films = vis-=E0-vis du=20 caract=E8re illusionniste du spectacle cin=E9matographique = rel=E8verait ainsi=20 d=92une position =ABiconoclaste=BB, tandis qu=92=E0 partir de = Voyage =E0 Cyth=E8re=20 l=92image, cessant d=92=EAtre seulement une = =ABrepr=E9sentation=BB, permettrait=20 =ABl=92apparition=BB de l=92invisible. Toutefois, chez = Angelopoulos, et =E0 la=20 diff=E9rence de Tarkovski, le d=E9sir = d=92une=20 travers=E9e des apparences par l=92image bute sur une absence. La = fr=E9quence=20 des cadres vides ou plut=F4t =ABvid=E9s=BB, dont les contours = m=EAme s=92effacent,=20 noy=E9s dans la brume, le choix d=92espaces largement ouverts au = regard, mais=20 infranchissables, dessinent une =ABesth=E9tique du manque=BB, = expression=20 plastique d=92une oeuvre essentiellement m=E9lancolique.

Anger, Kenneth

Kenneth Anger
(1932- = )
Cin=E9aste=20 exp=E9rimental am=E9ricain et figure majeure de la culture = underground et gay.=20 Constamment en butte aux interdits de la censure, il n=92a = achev=E9 =E0 ce jour=20 qu=92une dizaine de films dont aucun ne d=E9passe les quarante=20 minutes

N=E9 =E0 Santa Monica (Californie), = Kenneth Anger=20 est d=E9couvert en 1949 lors du festival du film maudit de = Biarritz, pr=E9sid=E9=20 par Jean Cocteau, qui = accorde le prix=20 de l=92oeuvre po=E9tique =E0 son court m=E9trage Fireworks = (r=E9alis=E9 en 1947). Avec=20 une violence et une cruaut=E9 qui =E9voquent les =E9crits de = Lautr=E9amont, auteur=20 de r=E9f=E9rence du cin=E9aste, Fireworks est la mise en images = d=92un fantasme=20 homosexuel sadomasochiste construit comme le =ABr=EAve d=92un = r=EAve=BB d=92un jeune=20 homme dont le corps est expos=E9 au sadisme d=92une bande de = marins. V=E9ritable=20 br=FBlot au sens litt=E9ral du terme, le film met en sc=E8ne sa = propre=20 destruction par le feu, au cours d=92une apoth=E9ose qui est une = apologie=20 volontaire du mauvais go=FBt.

En 1953, Kenneth Anger r=E9alise =E0 Rome Eaux d=92artifice, = film poursuite=20 d=92une insaisissable marquise dans les jardins de la Villa = d=92Este, =E0=20 Tivoli, sur la musique des Quatre Saisons de Vivaldi; r=EAverie=20 labyrinthique en noir et blanc teint=E9e en bleu lors du tirage de = la=20 pellicule, le court m=E9trage se joue en virtuose des effets de = transparence=20 liquide suscit=E9s par cascades et fontaines.

Puis Kenneth Anger tourne, en 1954, le court m=E9trage Puce = Moment,=20 =E9vocation nostalgique des mythes et du d=E9clin de Hollywood, = film d=E9di=E9 par=20 le cin=E9aste =E0 sa grand-m=E8re (qui fut costumi=E8re sur les = plateaux du muet=20 et a provoqu=E9 et encourag=E9 sa vocation, et dont il utilise = dans ce film=20 les robes et les accessoires de maquillage). De fait, Kenneth = Anger a tr=E8s=20 t=F4t =E9t=E9 fascin=E9 par les fastes et les scandales qui = d=E9fray=E8rent la=20 chronique mondaine en pleine apog=E9e de l=92usine =E0 r=EAves, au = point de signer=20 un livre sulfureux et idol=E2tre, Hollywood Babylone, interdit aux = =C9tats-Unis et publi=E9 en France aux =E9ditions Jean-Jacques = Pauvert en 1957.=20 C=92est aussi en compagnie de sa grand-m=E8re qu=92il a assist=E9 = =E0 une projection=20 d=92une version tronqu=E9e de Que Viva Mexico!, le film maudit = d=92Eisenstein, dont il = r=E9alisera=20 lui-m=EAme un montage au d=E9but des ann=E9es cinquante (=E0 = partir des notes=20 laiss=E9es par le cin=E9aste russe) lors de son s=E9jour en = France.

De retour aux =C9tats-Unis, Kenneth Anger se consacre =E0 = Inauguration of=20 the Pleasure Dome (1954). Inspir=E9 des rites dramaturgiques = d=92Aleister=20 Crowley, figure de l=92=E9sot=E9risme anglo-saxon, le film = orchestre crescendo=20 une longue incantation, sensuelle et color=E9e, o=F9 divinit=E9s = (Astart=E9, Kali,=20 Shiva, Bacchus, Isis) et personnages mythologiques (Pan, H=E9cate, = Ganym=E8de), interpr=E9t=E9s par l=92artiste et certains de ses = amis, se r=E9pondent=20 =E0 travers des volutes d=92encens. Kenneth Anger travaille ici la = mati=E8re=20 m=EAme de l=92image, les couleurs s=92accordant progressivement au = trouble des=20 perceptions. Le plan est envisag=E9 comme un espace aux dimensions = infinies,=20 propre =E0 une succession d=92ench=E2ssements, o=F9 les visages, = les objets et les=20 =E9toffes se superposent sans r=E9pit. Avec les exp=E9rimentations = formelles=20 d=92Inauguration of the Pleasure Dome, Anger se classe d=E9sormais = parmi les=20 grands cin=E9astes de l=92hallucination visuelle et auditive, = pr=E9curseur du=20 vid=E9o-clip et des manipulateurs actuels de l=92image. Chantre de = la jeunesse=20 des ann=E9es soixante et proche du pop art d=92Andy Warhol et de = Lichtenstein,=20 il tourne ensuite =E0 New York son film culte, Scorpio Rising = (1963), film=20 sur des motards rencontr=E9s =E0 Brooklyn. Plus qu=92une apologie = de la violence=20 (comme d=92aucuns l=92ont imagin=E9), Scorpio Rising est un film = qui rel=E8ve pour=20 l=92essentiel du f=E9tichisme : Kenneth Anger y convertit en = ic=F4ne =E9rotique=20 chaque signe du d=E9corum (blousons de cuir, puissantes motos, = musique pop=20 et d=E9linquance). Satur=E9 =E0 chaque plan d=92images de mort et = de destruction,=20 le film op=E8re, =E0 cet =E9gard, un retour =E0 la violence des = d=E9buts=20 cin=E9matographiques d=92Anger et en particulier =E0 la = sexualit=E9 trouble de=20 Fireworks.

Aujourd=92hui, sa passion pour l=92occultisme est telle qu=92il = s=92emploie=20 d=E9sormais =E0 faire du cin=E9ma une forme de magie noire et de = lui-m=EAme, un=20 =ABmage=BB. Invocation of my Demon Brother (1966-1969) d=E9crit = une messe noire=20 rythm=E9e par une lancinante composition =E9lectronique de Mick = Jagger. En=20 proie =E0 de graves probl=E8mes financiers, attaqu=E9 de toutes = parts par la=20 censure =97 il publie un faux avis de d=E9c=E8s dans le Village = Voice le 26=20 octobre 1967 =97, Anger poursuit malgr=E9 tout son travail. Il = faut dix ans =E0=20 cet admirateur de Georges M=E9li=E8s = pour terminer=20 Lucifer Rising (1970-1980), en hommage, selon le cin=E9aste, =E0 = =ABl=92ange de=20 lumi=E8re, puisque le cin=E9ma n=92est rien d=92autre, dans tous = les sens du=20 terme, qu=92une projection de lumi=E8re=BB. On lui doit = =E9galement une pantomime=20 lunaire qui emprunte =E0 la fois =E0 la commedia dell=92arte et = =E0 la mythologie=20 japonaise, Rabbit=92s Moon (1949-1970) ou Kustom Kar Kommandos = (1964),=20 portrait ironique d=92une communion =E9rotique r=E9ussie entre un = jeune homme et=20 sa voiture tout en chromes.

Annaud, Jean-Jacques

Jean-Jacques Annaud
(1943- = )
Cin=E9aste=20 fran=E7ais

Cin=E9aste qui a connu la = cons=E9cration=20 internationale dans les ann=E9es 1980, apr=E8s avoir longuement = travaill=E9 dans=20 le cin=E9ma publicitaire. N=E9 =E0 Juvisy-sur-Orge, Jean-Jacques = Annaud tourna=20 plusieurs centaines de films publicitaires avant de r=E9aliser en = 1976 son=20 premier long-m=E9trage, la Victoire en chantant, un pamphlet sur = le=20 colonialisme en 1914-1918. Couronn=E9 d'un oscar =E0 Hollywood, le = film fut de=20 nouveau programm=E9 dans les salles sous le titre Noirs et Blancs = en=20 couleur. Annaud s'attaqua alors =E0 une satire des milieux du = football, Coup=20 de t=EAte (1979), offrant =E0 Patrick Dewaere l'un de ses = meilleurs r=F4les.

Une s=E9rie de films =E0 gros budgets l'a rendu c=E9l=E8bre = dans le monde=20 entier, la Guerre du feu (1981), le Nom de la rose (1986), l'Ours = (1988)=20 et l'Amant (1991). Ce sont quatre adaptations de romans, sign=E9s = de J.-H.=20 Rosny a=EEn=E9, Umberto Eco, J.-O. Curwood et Marguerite Duras, = donc de styles=20 tr=E8s divers mais qui ont en commun d'=EAtre tr=E8s connus (celui = de Curwood=20 essentiellement d'un public jeune) et de receler un potentiel = d'action ou=20 de romanesque tr=E8s cin=E9matographique (l'Amant vu par Annaud = =E9tant=20 d'ailleurs un cas extr=EAme, tendant selon l'=E9crivain =E0 trop = s'=E9loigner du=20 livre). En 1995, il a pr=E9sent=E9 les Ailes du courage, un film = r=E9alis=E9 selon=20 la technique Imax 3D et consacr=E9 =E0 l'aventure authentique de = Guillaumet,=20 pilote de l'A=E9ropostale perdu dans les Andes dans les ann=E9es = 1930.

Annaud, la Guerre du = feu
Une=20 attaque ennemie a d=E9truit le feu protecteur de la tribu des = Ulams. Trois=20 vaillants guerriers sont charg=E9s de le reconqu=E9rir. Au bout = d'un p=E9riple=20 dangereux et sem=E9 d'emb=FBches, ils apprendront =E0 le faire et = le=20 rapporteront aux leurs. Adapt=E9 par G=E9rard Brach d'un roman = pr=E9historique=20 de Rosny A=EEn=E9, le film - qui ne comporte aucun dialogue - fut = couronn=E9 par=20 deux c=E9sars (meilleur film, meilleur r=E9alisateur) et connut un = succ=E8s=20 international.

Anouilh,=20 Jean

Jean=20 Anouilh
(1910-1987)
Auteur dramatique et metteur en = sc=E8ne=20 fran=E7ais, dont le r=E9pertoire =E9clectique m=EAle le = classicisme des sentiments=20 =E0 la nouveaut=E9 de la forme th=E9=E2trale

N=E9 =E0 Bordeaux, Anouilh fait des = =E9tudes de droit =E0=20 Paris, puis travaille dans la publicit=E9 avant de devenir le = secr=E9taire de=20 Louis Jouvet en 1928. Cette rencontre est d=E9cisive et conforte = sa volont=E9=20 de se consacrer au th=E9=E2tre. Ses premi=E8res pi=E8ces, = l=92Hermine (1932), le=20 Voyageur sans bagages (1937) et la Sauvage (1938), rencontrent = l=92adh=E9sion=20 d=92un vaste public. Sous leur apparente ing=E9nuit=E9, elles = d=E9veloppent une=20 vision profond=E9ment pessimiste de l=92existence.

Extrait d'un entretien (1976) de Jean Anouilh dans lequel il = parle de=20 son oeuvre Beckett ou l'Honneur de Dieu (1959). Cette pi=E8ce = obtient, d=E8s=20 sa cr=E9ation, un tr=E8s vif succ=E8s (618 repr=E9sentations), = avant d'entrer dans=20 le r=E9pertoire de la Com=E9die-Fran=E7aise en 1971.

Anouilh se r=E9v=E8le =E9galement dou=E9 pour la com=E9die, = parvenant =E0 =E9chapper=20 aux facilit=E9s du th=E9=E2tre de boulevard jusque dans ses = pi=E8ces =AB bourgeoises=20 =BB comme le Bal des voleurs (1938). Sous l=92Occupation, il donne = deux=20 adaptations modernes de trag=E9dies grecques qui obtiennent un = succ=E8s=20 retentissant : Eurydice (1942) et Antigone (1944). L=92Antigone de = Sophocle=20 devient une adolescente obstin=E9e dont l=92innocence provoque la = catastrophe=20 finale. =C9maillant les dialogues de familiarit=E9s et = d=92anachronismes,=20 Anouilh fait basculer sa trag=E9die dans un univers de violence = absurde qui=20 =E9voque le chaos dans lequel l=92Europe se trouve alors = plong=E9e.

=C0 partir de la Lib=E9ration, Anouilh r=E9partit sa production = dramatique,=20 r=E9guli=E8re et f=E9conde, en pi=E8ces =ABnoires=BB, =ABroses=BB, = =ABbrillantes=BB,=20 =ABgrin=E7antes=BB, =ABcostum=E9es=BB, =ABsecr=E8tes=BB et = =ABfarceuses=BB, suivant leur degr=E9=20 de pessimisme, de f=E9rocit=E9 et d=92hypocrisie. Bien qu=92il = soit d=92apparence=20 classique, son th=E9=E2tre comprend quelques-unes des oeuvres les = plus=20 avant-gardistes du XXe si=E8cle. L=92Alouette (1953) est une = adaptation, ou=20 plus exactement une =ABr=E9invention=BB de la l=E9gende de Jeanne = d=92Arc. Dans=20 Becket ou l=92Honneur de Dieu (1959), l=92histoire est =E0 nouveau = pr=E9texte =E0=20 une cr=E9ation originale. La pi=E8ce, qui obtient un triomphe = d=E8s sa premi=E8re=20 repr=E9sentation, sera adapt=E9e au cin=E9ma en 1964, puis reprise = en 1971 =E0 la=20 Com=E9die-Fran=E7aise.

=C9pris de modernit=E9, Anouilh est aussi un d=E9fenseur = convaincu du th=E9=E2tre=20 =ABnouveau=BB. Apr=E8s avoir r=E9v=E9l=E9 Samuel Beckett au public = francophone, il=20 d=E9fend Steve Passeur et Ionesco. Il exhume la pi=E8ce de Vitrac, = Victor ou=20 les Enfants au pouvoir, qu=92il monte en 1962. Parfois = consid=E9r=E9 comme un=20 auteur de th=E9=E2tre de distraction - il a donn=E9 des pi=E8ces = de pur=20 divertissement comme la Culotte (1978) et le Nombril (1981) -, = Anouilh=20 n=92en a pas moins contribu=E9 =E0 renouveler les techniques = dramatiques=20 traditionnelles. Convaincu de l=92importance primordiale du jeu et = de la=20 mise en sc=E8ne, il a explor=E9 toutes les possibilit=E9s offertes = par l=92espace=20 sc=E9nique. D=E9non=E7ant le mensonge social et les id=E9aux = na=EFfs, son oeuvre=20 constitue un vaste r=E9quisitoire contre la famille, l=92amour et=20 l=92amiti=E9.

=C0 la fin des ann=E9es soixante, il s=92est tourn=E9 vers un = th=E9=E2tre plus=20 autobiographique o=F9 se r=E9affirme cependant sa nostalgie = d=92une puret=E9=20 inaccessible (le Boulanger, la boulang=E8re et le petit mitron, = 1968 ; Cher=20 Antoine ou l=92Amour rat=E9, 1969 ; les Poissons rouges, 1970 ; Ne = r=E9veillez=20 pas Madame, 1970).

Antoine, Andr=E9

Andr=E9 = Antoine
(1858-1943)
Acteur, metteur=20 en sc=E8ne, directeur de th=E9=E2tre et cin=E9aste fran=E7ais, = l=92un des initiateurs=20 de la mise en sc=E8ne moderne

N=E9 =E0 Limoges, Andr=E9 Antoine, = modeste employ=E9=20 de la Compagnie du gaz et com=E9dien amateur, cr=E9e, en 1887, = avec le soutien=20 d=92=C9mile Zola, le Th=E9=E2tre-Libre de Paris, qu=92il animera = jusqu=92en 1894. Dans=20 des conditions financi=E8res et mat=E9rielles difficiles, il monte = et=20 interpr=E8te, en r=E9action contre le th=E9=E2tre de boulevard = alors dominant, des=20 pi=E8ces naturalistes : des oeuvres pour le th=E9=E2tre ou des = adaptations de=20 romans de Zola, des fr=E8res Goncourt, de Balzac et de Daudet, des = cr=E9ations=20 originales de Brieu, de Curel et du groupe de la =ABg=E9n=E9ration = de 1887=BB=20 (Jullien, Ancey, Icres, dont la mise en sc=E8ne de la pi=E8ce les = Bouchers=20 fait scandale en 1888 =E0 cause des quartiers de viande expos=E9s = sur sc=E8ne),=20 et enfin, dans le domaine =E9tranger, Tolsto=EF (la Puissance des = t=E9n=E8bres,=20 1888), Ibsen (les Revenants, 1890; le Canard sauvage, 1891), = Tourgueniev=20 (le Pain d=92autrui, 1890), Strindberg (Mademoiselle Julie, 1892) = et=20 Hauptmann (les Tisserands, 1892).

Antoine applique les th=E9ories de Zola sur la mise en sc=E8ne, = cherchant =E0=20 reproduire sur sc=E8ne avec exactitude un milieu social pr=E9cis. = Il=20 d=E9barrasse son th=E9=E2tre des artifices et des vieilles = conventions sc=E9niques=20 (d=E9cors interchangeables ou toiles peintes, cabotinage des = acteurs et jeu=20 d=E9clamatoire =E0 l=92avant-sc=E8ne, luxe exag=E9r=E9 des = costumes =E9labor=E9s par des=20 grands couturiers) et impose des d=E9cors et des accessoires = r=E9els, un jeu=20 sobre et le plus =AB naturel=BB possible, un ton proche de la = conversation, =AB=20 comme si le spectateur n=92=E9tait pas l=E0=BB, l=92acteur au = besoin jouant de dos.=20 Il insiste =E9galement sur la gestuelle, selon lui le moyen = d=92expression le=20 plus intense de l=92acteur, et r=E8gle avec grand soin les = sc=E8nes de groupe.=20 Il adopte le principe wagn=E9rien de l=92obscurit=E9 dans la salle = et=20 l=92=E9clairage =E9lectrique. L=92action est cens=E9e se = d=E9rouler derri=E8re un =AB=20 quatri=E8me mur=BB, invisible, qui laisse p=E9n=E9trer le regard = du spectateur,=20 invit=E9 =E0 assister en voyeur =E0 une =AB tranche de vie=BB = (Causeries sur la mise=20 en sc=E8ne, 1903).

Avec Antoine, la mise en sc=E8ne, qui revenait jusqu=92ici = souvent =E0=20 l=92acteur principal, devient essentielle. Le metteur en sc=E8ne, = de simple=20 =ABr=E9gisseur=BB, devient =AB coauteur=BB. Son Th=E9=E2tre-Libre = fait des =E9mules; des=20 =ABth=E9=E2tres-libres=BB sont cr=E9=E9s =E0 Londres, Munich et = Berlin.

De 1897 =E0 1906, apr=E8s l=92=E9chec de sa premi=E8re = direction du Th=E9=E2tre de=20 l=92Od=E9on (18 jours seulement), il fonde le Th=E9=E2tre Antoine, = non=20 subventionn=E9, et s=92installe =E0 la Com=E9die-Parisienne, une = salle de 1000=20 places. Il fait placer une horloge au-dessus de la sc=E8ne; les = spectacles=20 commencent bien =E0 l=92heure. Il reprend ses succ=E8s du = Th=E9=E2tre-Libre et=20 r=E9v=E8le de nouveaux auteurs : Jules Renard, dont le Poil de = carotte, en=20 1900, est un triomphe et, la m=EAme ann=E9e, Henry Bernstein, dont = il monte la=20 premi=E8re pi=E8ce, le March=E9.

Antoine est finalement rappel=E9 =E0 la direction de = l=92Od=E9on. De 1906 =E0=20 1913, il monte ou =ABproduit=BB 364 pi=E8ces, une par semaine = environ, abordant=20 le r=E9pertoire classique avec Corneille (le Cid, 1910; = reconstitution =ABaux=20 chandelles=BB de la premi=E8re repr=E9sentation de 1636), = Moli=E8re (Tartuffe,=20 1907) et Racine (Esther, 1912). Pour ses mises en sc=E8ne de = Shakespeare=20 (Jules C=E9sar, 1906 ; Coriolan et Rom=E9o et Juliette, 1910), il = s=92inspire de=20 la sc=E8ne =E9lisab=E9thaine et des dispositifs =E0 mansions du = th=E9=E2tre m=E9di=E9val,=20 inaugurant la pratique de la fragmentation de l=92espace = sc=E9nique.

Mais, apr=E8s la Premi=E8re Guerre mondiale, l=92endettement le = contraint =E0=20 renoncer au th=E9=E2tre. Il revient n=E9anmoins sporadiquement =E0 = la mise en=20 sc=E8ne, avec notamment Judith (1922) de Bernstein, s=92essaie = avec succ=E8s au=20 cin=E9ma, r=E9alisant une dizaine de films, dont la Terre (1919) = d=92apr=E8s Zola,=20 l=92Arl=E9sienne (1921) d=92apr=E8s Daudet, et l=92Hirondelle et = la M=E9sange (1922),=20 qui, m=EAlant documentaire et fiction, peut =EAtre consid=E9r=E9 = comme une oeuvre=20 n=E9or=E9aliste avant la lettre. Il se consacre =E0 la critique = dramatique et=20 cin=E9matographique et r=E9dige ses m=E9moires (Mes souvenirs sur = le=20 Th=E9=E2tre-Libre et Mes souvenirs sur le Th=E9=E2tre Antoine, = 1928).

Antonioni, = Michelangelo

Michelangelo Antonioni
(1912- = )
Sc=E9nariste=20 et cin=E9aste italien

N=E9 =E0 Ferrare, Michelangelo = Antonioni fait=20 ses =E9tudes =E0 l'universit=E9 de Bologne, puis se consacre au = journalisme.=20 Install=E9 =E0 Rome en 1939, il devient critique de cin=E9ma, puis = se rend en=20 France pour =EAtre assistant stagiaire de Marcel Carn=E9 pour = les Visiteurs=20 du soir (1942).

De retour en Italie, il r=E9alise des courts m=E9trages = documentaires :=20 Gente del Po (1943), Nettezza urbana (1948), l'Amorosa Menzogna = (1949),=20 Superstizione (1949), Sette Canne un vestito (1949), la Funivia = del=20 Faloria (1950), la Villa dei mostri (1950), consacr=E9 au jardin = Bomarzo, et=20 Uomini in pi=F9 (1950), et collabore comme sc=E9nariste avec Giuseppe De Santis = pour Chasse=20 tragique (Caccia tragica, 1948) et avec Federico Fellini pour = Courrier du=20 coeur / le Cheik blanc (lo Sceicco bianco, 1952).

Il tourne son premier long m=E9trage de fiction, Chronique d'un = amour=20 (Cronaca di un amore, 1950), o=F9 recherches plastiques, = introspection et=20 r=E9alisme social se m=EAlent dans un constat sur = l'incommunicabilit=E9 entre=20 les =EAtres. Ce courant th=E9matique et stylistique s'affirme avec = les Vaincus=20 / Nos fils (I Vinti, 1952), la Dame sans cam=E9lias / Corps sans = =E2mes (la=20 Signora senza camelie, 1953), Suicides manqu=E9s (Tentato = suicidio, 1953,=20 sketch de l'Amour =E0 la ville), Femmes entre elles (le Amiche, = 1955,)=20 d'apr=E8s une nouvelle de Cesare Pavese, et trouve son =E9pure = avec le Cri (il=20 Grido, 1957), r=E9cit bouleversant d'un amour d=E9liquescent dans = un milieu=20 ouvrier, qui aboutit =E0 un suicide.

L=92impossible communion du couple est le th=E8me directeur = d=92une trilogie=20 compos=E9e de l=92Avventura (1960), qui provoque une violente = pol=E9mique au=20 festival de Cannes et r=E9v=E8le la com=E9dienne Monica Vitti, de = la Nuit (la=20 Notte, 1961) qui met en sc=E8ne un couple en crise (Jeanne Moreau = et=20 Marcello Mastroianni) et de l'=C9clipse (l'Eclisse, 1962), o=F9 = Alain Delon=20 est magnifique. Dans ces trois films, Antonioni prend ses = distances avec=20 la narration classique et d=E9peint le vide et l=92absence au = moyen d'images=20 d=E9pouill=E9es et raffin=E9es, mettant en relief la lente et = po=E9tique d=E9rive de=20 ses personnages.

Antonioni, = l'Avventura

Claudia (Monica Vitti) se d=E9sesp=E8re de retrouver son amie = Anna,=20 disparue au cours d'une excursion dans les =EEles =C9oliennes. = C'est le point=20 de d=E9part =E9nigmatique de cette oeuvre phare de la modernit=E9=20 cin=E9matographique dont l'intrigue, d=E9pouill=E9e - totalement = =E0 rebours des=20 conventions psychologiques et romanesques -, met surtout en valeur = la=20 confusion existentielle de personnages =E9gar=E9s dans un monde = priv=E9 de=20 rep=E8res. L'Avventura annonce la trilogie de = l'incommunicabilit=E9=20 qu'Antonioni r=E9alise dans les ann=E9es soixante et qui comprend = la Nuit (la=20 Notte, 1961) et l'=C9clipse (l'Eclisse, 1962).

Sans d=E9laisser ses th=E8mes habituels (ali=E9nation, ennui, = =E9rotisme sans=20 amour), il =E9volue techniquement et esth=E9tiquement avec son = premier film en=20 couleurs, le D=E9sert rouge (Deserto rosso, 1964), analyse du = comportement=20 d'une femme aux fronti=E8res de la folie et d=E9nonciation = politique=20 distanci=E9e, puis avec le sketch il Provino (1965) de i Tre = Volti, o=F9 il=20 critique les moeurs cin=E9matographiques de l'=E9poque, et enfin = avec Blow up=20 (1966), premi=E8re de ses oeuvres tourn=E9es en anglais et qui a = obtenu la=20 palme d'or au festival de Cannes. Tourn=E9 =E0 Londres pendant la = vogue du=20 psych=E9d=E9lisme, ce film, tir=E9 d'une nouvelle de Julio = Cort=E1zar, est une=20 r=E9flexion sur le pouvoir de l=92image.

La Nuit
L'actrice = Monica Vitti=20 appara=EEt ici dans une sc=E8ne de la Nuit de Michelangelo = Antonioni. Le film,=20 qui obtient en 1961 l'ours d'or au festival de Berlin, s'inscrit = dans une=20 trilogie qui comporte l'Avventura (1960, prix sp=E9cial du jury = =E0 Cannes) et=20 l'=C9clipse (1962). Monica Vitti, dont la sensualit=E9 froide = traduit =E0=20 merveille l'univers d=E9sabus=E9 d'Antonioni, s'y impose comme = l'actrice=20 f=E9tiche du cin=E9aste italien.

Il tourne ensuite Zabriskie Point (1970) aux =C9tats Unis, puis = un=20 documentaire sur la Chine de Mao, Chung kuo, la Chine (Chung kuo, = Cina,=20 1972), avant de radicaliser encore ses exp=E9rimentations = visuelles dans=20 Profession : reporter (il Reporter / The Passenger, 1975) qui = r=E9unit Jack Nicholson et = Maria=20 Schneider.

Passionn=E9 par les innovations techniques, il explore les = possibilit=E9s=20 offertes par la vid=E9o et ses truquages dans le Myst=E8re = d'Oberwald (il=20 Misterio di Oberwald, 1980), d'apr=E8s l'Aigle =E0 deux t=EAtes de = Jean Cocteau, puis = revient sur=20 les th=E8mes de tout son oeuvre ant=E9rieur dans Identification = d'une femme=20 (Identificazione di una donna, 1982) et pr=E9pare ensuite une = adaptation du=20 roman de Joseph Conrad, Nostromo, qu'il ne pourra jamais = tourner.

Antonioni, Blow = Up
David=20 Hemmings et Vanessa Redgrave dans Blow Up (1966) de Michelangelo=20 Antonioni, palme d'or du festival de Cannes en 1967.

Victime d'une attaque c=E9r=E9brale qui le laisse aphasique, il = r=E9alise=20 pourtant un dernier film avec la complicit=E9 du cin=E9aste = allemand Wim Wenders : = Par-del=E0 les nuages=20 (Al di l=E0 delle nuvole, 1995), film qui constitue = vraisemblablement son=20 testament cin=E9matographique. En 1995, Michelangelo Antonioni a = obtenu un=20 oscar pour l=92ensemble de sa carri=E8re.

Antonioni est =E9galement peintre et l=92auteur d=92un recueil = de nouvelles,=20 Rien que des mensonges (Quel bowling sul Tevere), publi=E9 en = 1983.

Argento, Dario

Dario = Argento
(1900-1973)
Cin=E9aste et=20 sc=E9nariste italien

Il d=E9bute au cin=E9ma comme = critique=20 cin=E9matographique au Paese sera. =C0 la fin des ann=E9es = soixante, il=20 collabore =E0 l=92=E9criture de diff=E9rents sc=E9narios - dont = celui d=92Il =E9tait une=20 fois dans l=92Ouest (C=92era una volta il West, 1968) de Sergio Leone.

Son premier film, l=92Oiseau au plumage de cristal (l=92Uccello = dalle piume=20 di cristallo, 1970), ouvre une s=E9rie de =ABthrillers =E0 = l=92italienne=BB (ou=20 =ABthriller-horrifique=BB ou encore =ABthriller-spaghetti=BB). = Outre le Cinque=20 Giornate (1973), inspir=E9 d=92=E9v=E9nements historiques, Argento = met en sc=E8ne=20 deux longs m=E9trages du m=EAme ton, le Chat =E0 neuf queues (il = Gatto a nove=20 code, 1971) et Quatre Mouches de velours gris (Quattro mosche di = velluto=20 grigio, 1971).

Par la suite, ses films versent plus ou moins parodiquement = dans=20 l=92horreur. C=92est le cas des Frissons de l=92angoisse (Profondo = rosso, 1975),=20 de T=E9n=E8bres (Tenebre, 1982), de Trauma (1993) ou encore du = Syndrome de=20 Stendhal (la sindrome di Stendhal, 1996).

Argento est =E9galement le producteur de certains films de = l=92Am=E9ricain=20 George A. Romero (Zombie, 1978) et de Lamberto Bava (D=E9mons, = 1986; D=E9mons=20 2, 1988), dont le p=E8re, Mario, est sans doute la r=E9f=E9rence = majeure de=20 Dario Argento. =C0 son travail de production s=92ajoute une = collaboration=20 sc=E9naristique et parfois musicale. En 1973, il cr=E9e et = participe =E0 la=20 r=E9alisation de la s=E9rie t=E9l=E9vis=E9e la Porta sul buio.

Dario Argento, l'Oiseau = au plumage de=20 cristal
Dans l'Oiseau au plumage de cristal (l'Uccello = dalle piume=20 di cristallo, 1970), Sam Dalmas (Tony Musante), un =E9crivain = am=E9ricain, est=20 t=E9moin d'une tentative de meurtre dont le suspect est un tueur = en s=E9rie,=20 qu'il d=E9cide de traquer. Avec son premier long m=E9trage, Dario = Argento=20 r=E9alise un thriller horrifique o=F9 les sc=E8nes de suspense et = d'angoisse=20 alternent avec les crimes sanglants aux cadrages et aux effets = sp=E9ciaux=20 soign=E9s. Cette atmosph=E8re trouble baigne dans la musique = synth=E9tique d'Ennio Morricone.

Arias, Alfredo

Alfredo Arias
(1944- = )
R=E9alisateur de=20 cin=E9ma, homme de th=E9=E2tre argentin particuli=E8rement = inventif, =E9clectique et=20 prolixe, metteur en sc=E8ne de th=E9=E2tre et d'op=E9ra, = p=E9dagogue, directeur du=20 Centre dramatique national d'Aubervilliers de 1985 =E0 = 1991

N=E9 =E0 Buenos Aires, Alfredo Arias = suivit des=20 =E9tudes de th=E9=E2tre =E0 l'Alliance fran=E7aise de sa ville = natale. Il monta son=20 premier spectacle, Dracula, en 1966. =C0 vingt-quatre ans, il = fonda =E0 Buenos=20 Aires le TSE, troupe avec laquelle il arriva =E0 Paris en 1970. = D'embl=E9e,=20 ses cr=E9ations associaient fantastique, f=E9erie et humour, = cocktail que l'on=20 retrouve dans la litt=E9rature argentine.

En 1970, Arias mit en sc=E8ne Eva Per=F3n, une pi=E8ce de Copi, = dramaturge=20 d'origine argentine qui est devenu son auteur de pr=E9dilection. = Quand il=20 n'=E9crit pas lui-m=EAme ses spectacles, comme Luxe (1973), = Vingt-Quatre=20 Heures (1975), Notes (1976), il aime les cr=E9er en collaboration = avec=20 d'autres artistes : avec Kado Koster, il =E9crivit Trio (1982), = Sortil=E8ges=20 (1983), Fuegos (1987), Familles d'artistes (1989). Arias travaille = par=20 coup de coeur, s'int=E9ressant aussi bien au th=E9=E2tre qu'au = music-hall (Fous=20 de folies, 1993), qu'=E0 l'op=E9rette (la Veuve joyeuse, 1982), et = m=EAme =E0=20 l'op=E9ra qu'il d=E9sacralise et popularise gaiement (The Rake's = Progress de=20 Stavinski, 1992; le Songe d'une nuit d'=E9t=E9 de Britten, 1995). = Attir=E9 par=20 les univers esth=E9tiques o=F9 souffle un vent de fantaisie et de = merveilleux,=20 il aime fr=E9quenter Goldoni, Marivaux, Shakespeare, Maeterlinck = (l'Oiseau=20 bleu, 1988).

Ce fut une adaptation de Balzac, les Peines de coeur d'une = chatte=20 anglaise (1977), qui le r=E9v=E9la vraiment au public. Dans cette = pi=E8ce jou=E9e=20 plus de trois cents fois, les acteurs portaient des masques = d'animaux=20 d'une grande beaut=E9. La B=EAte dans la jungle d'Henry James, = adapt=E9 par Marguerite Duras, fut = une autre=20 grande r=E9ussite qui r=E9unit en 1981 Sami Frey et Delphine = Seyrig.

Alfredo = Arias
Alfredo Arias, =E0=20 gauche, dans sa mise en sc=E8ne des Jumeaux v=E9nitiens de Carlo = Goldoni, cr=E9=E9=20 au Th=E9=E2tre national populaire de Paris, le 24 septembre = 1980.

Dans Mortadela, qui lui valut le Moli=E8re du meilleur = spectacle musical=20 en 1993, il revisitait son enfance argentine dans un spectacle = nourri de=20 r=E9alisme, d'images fantasm=E9es, d'humour et de nostalgie. En = 1996, dans la=20 parodie musicale Faust argentin, o=F9 il retrouva les planches = comme=20 com=E9dien, l'esprit de l'Argentine est pr=E9sent comme dans tous = ses=20 spectacles.

Arrabal, Fernando

Fernando = Arrabal
(1932-)
Cin=E9aste et=20 =E9crivain espagnol d=92expression espagnole et fran=E7aise, = fondateur du=20 =ABth=E9=E2tre panique=BB

N=E9 =E0 Melilla (Maroc = espagnol), Arrabal=20 est profond=E9ment marqu=E9 dans sa jeunesse par l=92ex=E9cution = de son p=E8re=20 durant la guerre civile espagnole. Influenc=E9 par les = surr=E9alistes, il=20 publie des pi=E8ces habit=E9es par un esprit de totale r=E9volte = et par un sens=20 aigu de la transgression. Anticl=E9rical, antimilitariste et = violemment=20 irrespectueux, son =ABth=E9=E2tre panique=BB, imagin=E9 en = collaboration avec=20 Jodorowsky et Topor, s=92inspire du =ABth=E9=E2tre de la = cruaut=E9=BB d=92Artaud et du=20 Living Theater am=E9ricain. Consid=E9rant que la nature m=EAme du = drame implique=20 une relation de type sadomasochiste entre les personnages et le=20 spectateur, il met en sc=E8ne un monde cruel et amoral, dans = lequel=20 l=92=E9rotisme et la perversit=E9 occupent une place importante = (Fando et Lis,=20 1955; le Cimeti=E8re des voitures, 1958; Pique-nique en campagne, = 1959; le=20 Jardin des d=E9lices, 1967; l=92Architecte et l=92Empereur = d=92Assyrie, 1967).=20 Sans jamais abandonner sa lutte contre le pouvoir franquiste (Baal = Babylone, 1959), il exprime toutefois un certain nombre de = r=E9serves =E0=20 l=92=E9gard du marxisme (Lettre aux militants communistes = espagnols, 1978;=20 Lettre =E0 Fidel Castro en 1984, 1983). Po=E9tique et violent, son = cin=E9ma=20 appara=EEt comme un prolongement de son univers dramatique (Viva = la Muerte,=20 1971; J=92irai comme un cheval fou, 1973). Outre les textes = qu=92il a r=E9dig=E9s=20 lors de sa p=E9riode surr=E9aliste, on lui doit un roman (la Tour = prends garde=20 !, 1983), dont le titre rappelle sa passion pour les =E9checs et = le jeu en=20 g=E9n=E9ral.

Astruc, Alexandre

Alexandre Astruc
(1923- = )
Cin=E9aste,=20 sc=E9nariste et romancier fran=E7ais

N=E9 =E0 Paris d=92un p=E8re = =E9crivain et journaliste=20 et d=92une m=E8re dessinatrice, Alexandre Astruc se passionne = d=92abord pour la=20 litt=E9rature et les math=E9matiques. Licenci=E9 =E8s lettres et = en droit, il=20 rencontre Jean Lescure pendant l=92Occupation et, gr=E2ce =E0 son = aide, commence=20 =E0 =E9crire des articles sur le cin=E9ma, la litt=E9rature et la = philosophie pour=20 diverses revues (Messages, Confluences, Po=E9sie 42). Il fait = ainsi la=20 connaissance de Martin Heidegger, Jean-Paul Sartre et Boris Vian. = =C0 la=20 lib=E9ration, il travaille comme journaliste et critique (Action, = Combat, la=20 Nef, les Temps modernes, l=92=C9cran fran=E7ais, la Gazette du = cin=E9ma), publie=20 un roman, les Vacances (1945), et lance le manifeste de la = =ABcam=E9ra stylo=BB=20 (1948). Il fait partie de l=92=E9quipe d=92=ABObjectif 49=BB, le = cin=E9-club pr=E9sid=E9=20 par Jean Cocteau et = r=E9alise des=20 courts m=E9trages en 16 millim=E8tres : Aller-retour (1948), = Ulysse ou les=20 Mauvaises Rencontres (1949) et le Rideau cramoisi (1952). Critique = aux=20 Cahiers du cin=E9ma d=E8s 1951, il est aussi assistant = r=E9alisateur de Marc All=E9gret et = sc=E9nariste de la=20 Putain respectueuse (1952) de Marcel Pagliero. Il tourne son = premier long=20 m=E9trage, les Mauvaises Rencontres (1955), avec Anouk Aim=E9e et = Jean-Claude=20 Pascal, puis une adaptation de Guy de Maupassant, Une Vie (1958), = avec=20 Maria Schell. Il =E9crit et r=E9alise ensuite la Proie pou